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Interview
vendredi 11 décembre 2015 12:55

Régine en interview : "Goldman n'a jamais voulu de moi aux Enfoirés"

Régine a accordé une interview fleuve à Pure Charts à l'occasion de sa tournée française et la sortie d'un coffret regroupant ses "50 plus belles chansons". Découvrez la deuxième partie de l'entretien.
Crédits photo : ABACA
Propos recueillis par Matthieu Renard.




« C’est idiot de ne pas profiter de mon talent »
Pourquoi n'avez-vous jamais rejoint la troupe des Enfoirés ?
Les Enfoirés, je ne l'ai jamais fait parce que Goldman n'a jamais voulu. Parce qu'il a dit que moi, je m'occupais de la drogue. J'ai une énorme association anti-drogue. Et selon lui, il ne fallait pas mélanger. Pas mélanger quoi ? Il y a beaucoup de drogués qui vont chercher à manger… Et en plus, la première personne qui a entendu parler des "Restos", c'est moi. Quand on a remis la légion d’honneur à Alain Delon à Europe 1, Coluche m'a prise à part. Il m'a dit : "Pendant les deux ans qui viennent, je vais en profiter pour parler comme je veux, j'aimerais aider les gens qui n'ont pas à bouffer". Je lui ai dit comment faire. L'idée des Restos n'est pas venue de moi, mais Coluche a voulu se servir de mon expérience. Il m'a posé des questions précises... Je lui ai dit que j'étais à sa disposition.

Vous regrettez de ne pas avoir pu profiter de tout ça ?
Je trouve que c'est idiot de ne pas profiter de mon talent. Palmade lui a demandé, Bruel lui a demandé… Il a dit non. Ils ont dit : "Elle serait formidable avec nous". Parce qu'ils m'adorent. Un jour j’ai posé une question à Goldman. Je lui ai dit : "J'aimerais bien que tu me fasse une chansons". Et il m'a répondu : "J'oserai jamais".

« Goldman est un très bon homme d'affaires »
Pourquoi ?
Parce que j'ai de trop belles chansons !

C’est un beau compliment.
Oui. Et il avait raison. Il est un commercial. Lui et son frère, ce sont de très bons hommes d’affaires. Il a eu raison de ne pas chercher à me faire une chanson. Je ne l'aurais surement pas prise.



Avec quels auteurs auriez-vous aimé travailler ?
J'adore Voulzy, Souchon… Je suis fan de certains personnages. Mais je ne suis pas fan de Goldman. Peut-être qu'il l'a senti, je ne sais pas. Je ne m’attarde pas sur sa vie. Il est très riche, ça va très bien, malgré ses pulls déchirés et tout le bataclan… Il ne m'impressionne pas.

Vous pensez quoi des Enfoirés aujourd'hui ?
C'est pas mon problème. Je trouve que ça a perdu de sa spontanéité, ils sont tous un peu fatigués. C'est moins drôle qu'avant. Et puis ce côté un peu déguisé n'importe comment... C'est aussi la femme de Coluche qui veut absolument que ça continue. Je crois que les gens achèteront toujours un disque des Enfoirés. Pour aider. C'est une belle façon d'aider. Et ça a été bien plus loin que ce que pensait Coluche. Je ne vais pas aller plus loin parce que je finis par dire des horreurs sur tout le monde ! (rires)

« La chirurgie est quelque chose de formidable »
Jane Fonda, à 77 ans, s'affiche en couverture de "Vanity Fair". La société est toujours aussi dure avec les stars qui vieillissent ?
Je l'ai connue elle avait 18 ans. (Silence). C'est une fille qui a toujours fait énormément de sport. Je l'ai connue mariée à Vadim. Elle a un corps de rêve et la chirurgie est quelque chose de formidable. Moi j’aimais son père Henry Fonda (rires). Il me plaisait plus qu'elle ! Je les aimais ces légendes… Comme Steve McQueen. C'était mon meilleur ami, quelqu'un d'extraordinaire. Je l'ai connu quand il faisait son feuilleton, "Hors la loi". Il y avait eu une grande soirée pour lui au Régine et on est resté amis toute notre vie. C'était un sacré mec. Ensuite il a épousé une fille que j'adorais. Ali MacGraw, sa veuve, une actrice. De toutes les stars américaines, à part Paul Newman et Robert Redford… (elle s'arrête). Il a diminué d'intérêt Vanity Fair quand même…

Pourquoi ? Il y a trop de publicités ?
Elle feuillette le magazine. C'est pas ça... Mais ce qu'on y voit pourrait être dans n'importe quel journal… Comme cette publicité "Galeries Lafayette"… C'est la version française ? Bizarre, pourtant Denisot choisit bien… M'enfin… C'est le côté fric qui est important. Donc, quand je vois Jane Fonda là, je ne vois pas la fille que c'était. Aujourd'hui elle a à peine l'air vivante. Attention, elle est intéressante, elle a de l’esprit, c’est une activiste.

« Il n'y a pas de limite d’âge pour faire l’Eurovision »
Elle dit "la télé est un média plus indulgent avec les femmes mûres". Vous êtes d'accord ?
Oui, enfin avec le physique qu'elle a elle peut faire de la télévision ! Celle qui était sur "E Entertainment", elle a au moins 100 ans hein, c'était une copine ! (Joan Rivers, ndlr)

En parlant de télévision, vous aviez dit que vous vouliez faire l'Eurovision. C'est vrai ou c'est une blague ?
Mais je n'ai jamais dit ça ! L'animateur de RTL me parlait de l’Eurovision et il me demande : "Si on vous proposait de faire l’Eurovision, vous le feriez ?" J'ai dit oui, uniquement si j'avais la chanson que je juge formatée pour ça, pourquoi pas ? Il n'y a pas de limite d'âge pour faire l'Eurovision. Si j'avais la chanson oui, je le ferais.

Pourquoi finit-on parmi les derniers tous les ans ?
Vous avez entendu la dernière chanson là ? Et le personnage qui est venu ? Franchement… Faut pas plaisanter… Quand vous voyez qui sont les juges et d'où ça vient, on ne fait pas une chanson qui parle de la guerre et tout ça. C'est un manque de discernement.

Ils ont voulu jouer sur la nostalgie…
De regrets vous voulez dire ? (rires) Je sais pas, je ne me suis pas posé la question. Moi j'avais compris tout de suite lequel gagnait, c'était très clair. Il y a des mecs qui sont vraiment des spécialistes, c'est des musiques bien précises qui gagnent l'Eurovision.

« Vianney est un chanteur formidable »
Dans la scène musicale actuelle, qui vous plait ?
Moi j'aime Vianney. C'est un vrai chanteur français. Il compose. C'est un formidable chanteur. Je l'ai découvert dans un concours, par une amie qui filme plein de jeunes qu'elle voit en festivals. Il y a aussi les deux filles que j'aime beaucoup, les Brigitte. Mais vraiment, j'ai tout de suite vu que c'était Vianney. Et ça a été Vianney.

Vous aviez décelé son potentiel ?
Bah j'ai quand même un certain métier et puis j'ai l'habitude d’écouter des chansons. Les chansons sont des Brigitte sont très agréables, sexy… Mais elles sont modes. Lui il va rester.

Il y a des gens avec qui vous aimeriez travailler ? Ça vous intéresse encore de travailler sur des projets ?
Bien sûr, si Vianney me proposait des chansons je serais très intéressée.

Vous avez fait de la télé-réalité avec "La Ferme des Célébrités"…
On m'en parle toujours. Les deux journalistes qui vous ont précédé, c'étaient des fans de télé-réalité. Tous les gosses de 6 à 8 ans étaient hystériques de mon personnage parce que j'insultais tout le monde : et la régie, et les candidats…

« Avec mon fils, c'était une histoire d'amour »
Vous avez regretté cette expérience ?
Je n'ai pas regretté pour une seule raison. C'est la raison pour laquelle je suis rentrée là dedans. Je voulais faire rire mon fils (Lionel Rotcage, décédé en 2006, ndlr). Je me suis dit que c'était tellement extravagant pour moi d'aller dans un truc pareil. Je pensais qu'il serait suffoqué, qu'il dirait encore une chose désagréable… Au bout de la quatrième semaine, il a quand même flippé parce qu’il y avait des enfants autour de lui qui regardaient tout le temps et qui hurlaient de rire. Il a regardé. Et puis ensuite il m'a envoyé une lettre, après 30 ans où il ne m’avait pas écrit. Non pas qu'on se voyait pas mais… Il écrivait même "love" dans ses lettres, comme dans ses lettres d’amour quand il était plus jeune… C'était une véritable histoire d’amour entre mon fils et moi dans le sens où c'était violent. Il n'acceptait pas que j'appartienne à tout le monde. Voilà… Moi je ne me rendais pas compte de ça. Je n'ai pas eu de famille pour ainsi dire. Quand j'ai eu mon fils j'avais 16 ans et demi. On avait donc très peu de différence d’âge. C'était un personnage. Vous savez qui c'était mon fils quand même ?

Un peu…
C'était un personnage important de la presse. C'était le plus grand critique de musique. Vous regarderez sur Internet, Lionel Rotcage hein. Vous verrez que c'est quelqu’un de violent. Il n'avait comme but que ce qu'il faisait, c'est tout. Il ne m'aimait que quand je chantais… Il voulait qu'on travaille ensemble, qu'on fasse ci et ça mais 24 heures après, c'était oublié. J'avais dit ou fait quelque chose qui ne lui plaisait pas… (rires). C'était un personnage formidable. Il a fait avec Balavoine et Michel Berger des choses formidables. Je lui ai fait avoir "Rolling Stone". Mais il n'en faisait qu'à sa tête. Les 30% de ce qu'il devait respecter comme contenu américain, il considérait que c'était de la merde. Il est passé à 25%, puis 15, plus 5 puis plus rien. Donc il n'a plus eu de contrats. Voilà… Mais il était comme ça, il fallait l'accepter comme ça. Et moi je suis pareille. Quand je ne veux pas faire quelque chose, je le fais pas. Il était très talentueux. Un grand enquêteur. Il avait du caractère. Comme moi.

Vous avez de nouveaux projets ?
Je suis intéressée pour faire ma comédie musicale, mais en tant que metteur en scène.

Comme France Gall avec "Résiste" ?
Non ça n’a rien à voir. Moi, c'est l’histoire de mon père et moi, à Belleville. Elle a été écrite en 1975. Je n'ai jamais trouvé le temps de la faire. Mais je la ferai. C’est déjà écrit.

Et pourquoi pas un film ?
Vous savez j'ai pas envie qu’un film sur moi soit fait en Amérique. J'ai déjà refusé plusieurs propositions. J'ai pas envie que ce soit déformé, formaté… Je veux vraiment que ce soit Français.

Pourquoi ne pas faire de cinéma en France ?
Moi je n'ai joué que des rôles de fille de joie, alors...

« Aux États-Unis, j'étais adulée »
Je me souviens de vous dans les "Ripoux". Il passait souvent à la télé quand j'étais petit.
J'ai refusé la suite, c'était tellement vulgaire que j'ai pas voulu le faire ! J'ai fait le film pour Philippe Noiret parce que je l'adorais. Mais pour dire la vérité, le premier c'était formidable mais la suite c'était trop vulgaire. Je ne faisais que ce qui m'intéressait. J'ai fait "Le train" aussi avec Trintignant et Romy Schneider. J'adorais cette femme. C'était mon amie. J'adore aussi Trintignant. Il m'avait écrit un mot à la fin. Moi je ne regarde jamais les rushs. Moi je suis nature. J'ai fait aussi "Mazel Tov" de Claude Berri. Ce film a eu un succès mondial. On a été nommés pour les Oscars. Je suis arrivée aux États-Unis, j'étais adulée. Évidemment je chantais en Yidish, une chanson qui est mythique que j'avais entendue par Sarah Lander. C'est une actrice allemande qui est partie ensuite en Amérique. Et je l'ai refait en duo avec Fanny Ardant. C'est magnifique. Mais c'est ce mariage qui fonctionnait. Il n'y a rien que je ne pouvais pas faire. J'ai été voir Aznavour et je lui ai dit "Pourquoi pas moi ?". Ça a été une sacrée aventure…

Écoutez "My Yiddishe Momme" de Régine :


Vous en gardez quoi d'avoir fréquenté, connu, autant d'artistes ?
Je vais vous dire quelque chose. Le passé, c'est le passé. Moi je ne suis pas passéiste du tout. Moi je ne connais qu'une chose c'est aller de l'avant. La vie fait que j'ai une bonne santé. Et j'ai beaucoup de chance. Je n'aime pas dormir et je suis tout le temps en train de gamberger. Voilà.

Je change complètement de sujet. La nuit parisienne, vous en pensez quoi aujourd’hui ?
Rien. Ça ne m'intéresse pas et je n'en fais pas partie. Entre ma nuit à moi et ce qui se passe aujourd'hui c'est vraiment… le jour et la nuit !

Vous ne sortez plus ?
Bien sûr que je sors ! Je sors dîner, je sors avec mes amis, j'adore les piano-bars, je vais d'ailleurs surement en fait un. Je suis très occupée.

Vous trouvez qu'aujourd'hui la nuit parisienne est ennuyeuse ?
On ne peut pas appeler ça la nuit parisienne. C’est un titre trop beau pour ça. Bon allez, ça va, on finira sur ça.

J'ai encore deux questions ! Quel autre métier auriez-vous pu faire ?
J'aurais pu faire tous les métiers. J'aurais pu garder les lépreux avec autant de joie et d'énergie. Mais je ne peux rien faire avec indifférence.

Parmi votre discographie, vos chansons préférées.
Avec le coffret on connaîtra toutes les chansons et mes auteurs. Il y a toujours une chanson qui est plus proche de votre coeur. J'ai fait une chanson pour mon fils, qui s'appelle "Une mère", je lui ai demandé la permission. C'est quelque chose qui me touche moi et qui touche les mères j'imagine. Je ne l'ai pas mise plus en avant que les autres. Ça me suffisait qu’elle nous plaise à nous deux, à mon fils et à moi. C'est une belle chanson.



On finit sur une jolie chanson. Merci Régine, j’ai épuisé toutes mes questions…
Vous avez bien bûché, bravo. Si je pouvais je vous délivrerais un certificat !
Matthieu RENARD
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