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Interview
samedi 14 septembre 2019 12:20

Metronomy en interview : "Les Français nous adorent, ils ont bon goût"

Metronomy pour toujours ? Avec "Metronomy Forever", le groupe anglais fait un bilan musical, des instrumentaux des débuts aux titres plus rock d'aujourd'hui. Rencontre avec Joseph Mount, la tête pensante du groupe, qui nous explique la conception de l'album, les 20 ans de Metronomy... et son admiration pour Clara Luciani.
Crédits photo : Michele Yon
Propos recueillis par Théau Berthelot.

C'est votre sixième album. Après tout ce temps, y a-t-il toujours une certaine appréhension au moment de la sortie ?
A la fois oui et non. Avec ce nouvel album, je ne me sens pas particulièrement stressé ou angoissé mais plutôt détendu. Tu sais, on attend toujours les premières critiques (rires) mais cette fois-ci, je prends les choses de façon assez cool.

Dans notre précédente interview, vous nous disiez "C'est sûr qu'il surprendra mais je ne sais pas de quelle façon". Vous le pensez toujours ?
(Il sourit) Je pense toujours qu'il va surprendre les gens. Ce n'est pas quelque chose de cynique. Pour moi, ce disque sonne vraiment comme quelque chose de plus "naturel". Mais ça ne me surprendrait pas que le public trouve ça surprenant. Il y a beaucoup de profondeur, d'intensité dans "Metronomy Forever", donc je pense que ce sera plutôt une bonne surprise.

Comment on fait pour se réinventer au bout de six albums ?
Je n'ai pas l'impression qu'on ait besoin de se réinventer à chaque fois. Tu sais, ça me fait penser aux personnes qui se prennent en photo chaque jour. Tout est pareil et à la fois différent parce que chaque jour est complètement différent. Je n'essaie pas de me réinventer à chaque fois. Je suis toujours intéressé par l'idée de faire les choses différemment, mais ce n'est pas ce que j'essaie de faire au quotidien. D'un côté, faire toujours la même chose, c'est un peu comme si on se réinventait, même si ce n'est pas supposé l'être.

Regardez le nouveau clip de Metronomy, "Lately" :


« Sortir des compilations aujourd'hui, c'est inutile »
C'est l'album le plus long de votre carrière avec 17 titres : pourquoi avoir mis tant de morceaux ?
Et pourquoi pas ? (rires) Aujourd'hui, on peut mettre autant de chansons que l'on veut sur un disque. Techniquement, faire un album implique de mettre au minimum plus de six chansons, mais je me suis dit que cela pourrait être ça la surprise, de mettre autant de titres. J'aime me dire qu'après six albums, on peut être toujours aussi aventureux. Si tu achètes le CD, enfin pour ceux qui le font encore, tu seras heureux d'avoir autant de chansons. Mais si tu l'écoutes sur Internet, tu n'as pas à écouter le tout, tu peux passer les titres que tu veux. Le choix s'offre à toi !

Au départ, ça devait être un album plutôt court avec 10 titres. Pourquoi avez-vous changé de direction ?
Je pensais que 10 titres, c’était plutôt un bon chiffre mais quand j'écoutais le tout, je sentais que quelque chose manquait. Il manquait une certaine profondeur. Les chansons étaient bonnes mais j'ai l'impression que cela ne racontait pas grand chose de ma personne, en tant qu'artiste. C'est à ce moment-là que je me suis permis de voir plus gros, de faire un véritable disque. J'ai ajouté de nombreuses idées et plus d'instruments. L'idée était surtout de faire mieux respirer l'ensemble. J'aurais préféré faire ça plus tôt, avec "Summer '08" par exemple. J'aurais voulu qu'il soit plus fourni, avec des sonorités plus élargies. Parfois, quand tu fais de la pop, les gens te jugent sur la façon de faire des chansons catchy et mainstream. D'un autre côté, c'est génial de savoir que des gens acceptent que tu fasses des choses plus recherchées. Quand on compare cela à des popsongs plus "classiques", ça change la vision des choses.

"Metronomy Forever" sonne comme un titre de best-of : cet album est-il un condensé musical de votre carrière ?
Ça l'est en quelque sorte. On y retrouve des rythmiques et des références à chacun de nos cinq précédents albums. J'aime l'idée que le sixième album soit comme une sorte de compilation. Aujourd'hui, il n'y a plus besoin de sortir des greatest hits, les playlists sur Internet s'en chargent toutes seules. Dans le contexte musical, ce mot "Forever" a une véritable connotation de best-of ou alors de dernier, celui des adieux. J'aime beaucoup ce mot et l'impact qu'il a sur le titre de l'album.

On y retrouve à la fois des pistes instrumentales typiques du premier album et d'autres chansons aux sonorités plus modernes. "Metronomy Forever" est donc plus tourné vers le passé ou l'avenir ?
L'album a été fait en réaction au précédent comme on a toujours fait depuis le début : "Nights Out" était une sorte de réaction au premier, "The English Riviera" une réaction à "Nights Out" etc. "Metronomy Forever" n'est pas vraiment une réaction, ni même une "action", d'ailleurs. L'idée était de prendre des éléments de chaque disque pour rappeler que le premier sonnait de telle manière, et ainsi de suite. Même les sons des débuts me semblent toujours aussi pertinents aujourd'hui.

« Faire ces clips était fun et stressant »
Vous avez récemment quitté Paris pour retourner vivre en Angleterre... Ce retour au pays vous a-t-il inspiré ?
Au départ, ce premier projet d'album de 10 titres a été fait principalement ici, à Paris. Quand je suis revenu en Angleterre, c'est là que j'ai réalisé que l'album avait besoin d'air, de respirer. Revenir dans le Kent, c'est aussi retrouver le grand air et pas seulement pour la musique. Travailler cet aspect en studio m'a permis de rendre les choses plus simples, plus relaxantes.

Il y a beaucoup de titres plus rock que d'habitude : quelle a été l'envie ?
C'est bizarre puisqu'au départ, il n'y avait pas beaucoup de guitares sur l'album. Mon but était de faire un album influencé par la scène baggy de Manchester. A un moment, j'ai commencé à ajouter de nombreuses pistes de guitares mais je me suis rendu compte que ce n'était pas très authentique. Quand j'étais jeune, je ne m'étais pas intéressé au genre. Je ne m'y suis mis que récemment. Quand les Stone Roses était au sommet dans les années 90, moi j'étais plutôt à fond dans Nirvana. Donc l'inspiration qui me semblait la plus authentique, c'était plutôt le grunge. J'ai commencé à composer avec cette idée en tête et c'est pour ça qu'il y a davantage de guitares et de morceaux rock. De cette façon, j'ai pu prétendre que j'étais vraiment influencé par le son baggy (rires).

Découvrez le clip de "Salted Caramel Ice Cream" par Metronomy :


Vous passez pour la première fois à la réalisation des clips. Pourquoi maintenant ?
On a changé de label en Angleterre et ça m'a semblé le bon moment. Avant, je pensais que je pouvais le faire, j'avais toujours voulu en faire mais j'étais assez effrayé par l'expérience. Peut-être à cause du langage cinématographique et tout ce que ça impliquait. Cette fois-ci, j'ai saisi cette opportunité parce que j'avais des idées pour les clips. On en a sorti tellement par le passé que je me suis dit que j'étais apte à en faire. Au moment du changement de label, c'est une idée que j'ai suggéré. C'était la meilleure façon de pouvoir s'y mettre.

Comment ça s'est déroulé?
Des trois vidéos, "Walking in the Dark" était très facile et fun à tourner. C'était la première vidéo que j'ai tourné. Ensuite, il y avait "Salted Caramel Ice Cream" qui était plutôt facile mais stressant. Et "Lately" qui était très stressante.

« Robyn est une personne importante dans la pop »
Vous avez produit une partie du dernier album de Robyn, "Honey" : comment ça s'est passé ?
C'était une formidable aventure puisque nous avons été très impliqués dans le processus, tous les deux. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé, mais sur les trois-quatre dernières années, on a été très connectés. C'est une personne très importante dans l'histoire culturelle de la pop et le fait qu'elle veuille travailler avec moi était quelque chose d'énorme. On se connaît très bien, on a énormément parlé mais tout le temps que nous avons passé ensemble, nous n'en n'avons pas tiré énormément de musique (rires). J'ai adoré son rapport vital à la musique : collaborer avec elle, ça en revient pratiquement à vivre avec elle. C'est une expérience qui est plus forte que de juste chanter avec elle en studio.

Ce sont les 20 ans de Metronomy cette année. Qu'est-ce que ça fait ?
C'est drôle car c'est comme si tu écrivais le nom de Metronomy quand tu as 17 ans, mais qu'aujourd'hui tu es une personne complètement différente. Le "moi" de 17 ans et le "moi" de maintenant, ce sont deux personnes totalement différentes qui n'ont pas du tout la même expérience de la vie. Cette sorte de groupe, ça reste toujours "moi", donc ça m'impressionne d'avoir toujours en soi quelque chose qui vient de ta jeunesse, comme ce nom de Metronomy. Je pense que ce qui sera plus impactant et étrange, ce sera le 20ème anniversaire du premier album, qui arrivera dans quelques années.

Ecoutez "Miracle Rooftop" :


« J'adore la reprise de Clara Luciani »
De ces 20 années, quel est votre meilleur souvenir ?
Quand tu es jeune, que tu sors un titre et que les gens sont vraiment excités par ça, c'est un sentiment dont je me souviendrais toujours. Il y a toujours un moment où ta musique plaît à tes parents, à tes amis ou à ta copine. Mais quand tu dépasses ce cap et que des gens du monde entier, des gens que tu ne connais pas, commencent à s'intéresser à ta musique, cela reste un sentiment indéfinissable.

Clara Luciani a fait une reprise française de "The Bay", qu'en pensez-vous ?
Sa reprise est vraiment bonne ! Elle a changé les paroles donc j'ai dû traduire ce qu'elle chantait et j'ai dû donner mon accord pour que sa reprise soit sur son album. La première fois qu'on me l'a envoyée, je me suis dit "OK, c'est juste une reprise parmi tant d'autres" mais je n'avais aucune idée de qui elle était, son nom m'était vraiment inconnu. J'étais vraiment gêné parce que je me disais si je n'aime pas, je serais obligé de lui dire "désolé mais tu ne peux pas la mettre sur ton album". Je l'ai donc écouté et j'ai trouvé ça vraiment bien. Ça sonne très différent de ma version, c'est ce qui me plait. Depuis, on est devenus amis, on a joué dans pas mal de festivals en commun. Elle est vraiment très douée. Je n'ai pas l'impression qu'elle ait vraiment eu besoin de cette reprise, elle a déjà de très bonnes chansons (rires). Je suis vraiment heureux de son travail sur cette reprise.

Une collaboration entre vos deux univers serait envisageable ?
Carrément ! Je sais qu'on en a pas mal discuté pour faire des choses.

La tournée française affiche quasiment complet. Comment expliquer cet engouement du public français ?
Les Français ont très bon goût (rires). Quand tu vas des endroits dans lesquels tu passes vraiment du temps, des endroits qui t'intéressent, les gens s'intéressent à toi en retour. Ça fait 14 ans qu'on vient ici et dès la première fois ça a fonctionné. Et je pense que les Français ont trouvé ça drôle qu'on ait un album qui s'appelle "The English Riviera". Depuis, j'ai l'impression qu'on a une relation très intime avec ce public-là. Depuis que je suis plus jeune, j'ai une fascination pour la French Touch qui était très populaire à l'époque en Angleterre, et ça m'a beaucoup influencé. J'ai toujours été très inspiré par la musique française et je pense que ça s'entend dans nos chansons.

Crédits photo : DR .
Théau BERTHELOT
Pour en savoir plus, visitez le site internet officiel et leur page Facebook du groupe.
Écoutez et/ou téléchargez la discographie de Metronomy.
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