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Interview
samedi 18 novembre 2017 12:34

Brigitte en interview : "Sur l'album "Nues", on a retiré la perruque et le maquillage"

Trois ans après "A bouche que veux-tu", le duo Brigitte revient avec un nouvel album "Nues". En interview pour Pure Charts, Aurélie et Sylvie évoquent leur retour, la notoriété ou le féminisme et la parole des femmes. Rencontre !
Crédits photo : Shelby Duncan
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Comment vous vous sentez alors que votre troisième album "Nues" sort ?
Aurélie : On est très excitées, on est très heureuses. C'est une nouvelle aventure. On a voyagé, écrit, composé, produit, on est même allées jusque dans le désert. Avec de belles couronnes de fleurs du carnaval de la Nouvelle-Orléans.

« C'est intéressant de bousculer les habitudes »
Ce nouvel album est très différent du précédent "A bouche que veux-tu", qui était plus disco, sexy. Il est né d'une remise en question ?
Aurélie : C'est marrant, j'ai une copine qui m'a dit un jour : le premier enfant tu le fais parce que tu en as très très envie, tu y mets tout, ça peut mettre du temps. Le deuxième tout le monde le fait pour le premier. Le troisième, il vient tout seul. Et là, c'est pareil. Il a été fait beaucoup plus vite, avant on avait eu deux ans pour se reposer, là très rapidement, j'ai commencé à écrire des choses. Sylvie est venue me rejoindre en janvier à Los Angeles pour continuer à écrire, et on l'a enregistré en mai.

Vos albums ont toujours des concepts. Là, l'idée c'était de faire l'inverse du précédent ?
Aurélie : On ne s'est pas posé de question. On a embrassé la situation, j'étais loin, à Los Angeles, Sylvie à Paris. Dans la maison que je louais, il y avait un vieux piano, un peu désaccordé. Je n'en avais jamais fait avant. C'est un instrument très inspirant. C'était bien qu'on aille dans une zone d'inconfort.

Partir à Los Angeles, c'était une décision personnelle et artistique ?
Aurélie : Oui, c'était pour tout ça, pour faire quelque chose de différent. C'est intéressant de bousculer les habitudes. C'est le mouvement qui fait la création. Etre un étranger, être seul, ça donne un regard différent sur ce qu'on vit, sur les souvenirs, sur le manque. Ça met dans un état émotionnel très propice à l'écriture.

« C'est comme si on avait retiré la perruque, le maquillage »
Qu'est-ce que ça a changé concrètement ?
Sylvie : La manière dont on l'a fait, c'était vraiment différent. Il y avait beaucoup de solitude, d'introspection. Notamment dans les textes d'Aurélie, qu'elle a fait seule. Avec "A bouche que veux tu", on sortait de la tournée, on était toutes euphoriques de l'ascension, on était saoules du bonheur, du succès. On avait envie de danser. Là, c'est une nouvelle étape de vie. On ne peut pas toujours être dans le même état d'esprit.

Justement, le précédent était centré sur l'amour heureux, là, c'est la gueule de bois après l'euphorie ?
Aurélie : Non, mais c'est l'envers du décor. ll est sur la douleur. Le précédent, il y a plein d'artifices, on adore ça, on avait des perruques, on portait des grandes robes à paillettes. Tout était léché dans l'image. Aujourd'hui, on voulait quelque chose de plus intime, de plus profond. C'est comme si on avait retiré la perruque, le maquillage, la première couche de peau, et que l'intérieur c'est ça.

Partir aux Etats-Unis, c'était aussi pour s'extraire, de ne plus être toujours associée à l'autre ? Est-ce qu'on peut vraiment être soi même dans un duo comme le vôtre ?
Aurélie : Justement, c'est l'exercice. Réussir à être différents, parce que nous sommes différentes, mais ensemble. On ne peut construire qu'en acceptant que l'autre est différent.

Sylvie : C'est le propre du métissage.

Aurélie : Nous sommes un groupe, nous sommes métissées.

« On voulait tellement nous opposer, c'était fatigant »
Mais sur le précédent album, il y avait cette gémellité, très forte visuellement. Aujourd'hui, il y a une cassure dans l'image...
Aurélie : Etre un groupe, c'est être plusieurs.

Sylvie : A la fin du premier album, on voulait tellement nous opposer, nous comparer, et c'était tellement fatigant qu'en réaction on s'est dit "Regardez comme on se ressemble". Il n'y a pas besoin de nous opposer. On fait de la musique ensemble, on a plein de points communs.

Aurélie : On adore déstabiliser, il n'y a pas de problèmes. On travaille sur le fait d'évoluer à chaque fois. On ne le décide pas en amont, on s'en rend compte. C'est bien de pas être là où on nous attend. Un prof de théâtre me disait ; "Surprenez-vous, surprenez-moi". Là, c'est ça !

Regardez le clip "Palladium" de Brigitte :



La notoriété, le succès, ça a été parfois un peu lourd à porter ?
Sylvie : Absolument pas. Rien n'a vraiment changé en fait. C'est sûr que c'est plus confortable d'avoir plus d'argent. C'est marrant, des copines m'ont dit : "Alors tu t'es offert quoi ?". Mais j'ai fait des trucs raisonnés, j'ai sorti ma mère de son HLM. On m'a dit d'ailleurs : "Tu as fait comme tous les rappeurs". (Rires) J'ai acheté une petite maison à ma maman. Je fais des beaux voyages...

Aurélie : On a toujours les mêmes potes. C'est bête mais c'est important.

Sylvie : On a déménagé toutes les deux pour un appartement un peu plus grand.

Aurélie : J'ai acheté mon premier appartement ! Il n'est pas plus grand.

Sylvie : J'ai 20 mètres carrés de plus.

« On a fait la marche des femmes à Los Angeles »
Vous dites que c'est un album "sans artifices". Pourtant, les textes sont parfois un peu énigmatiques, trustés de références à la mythologie (Lilith, Zelda, Scylla)...
Aurélie : "Nues", ça ne veut pas dire simple ! (Rires) Tous ces personnages ont été inspirants. C'était intéressant d'en parler aujourd'hui de ces femmes-là que l'histoire a essayé de taire. A l'origine, Dieu a fait Lilith à l'égale d'Adam. Mais elle ne comprenait pas pourquoi, pendant l'acte sexuel, elle était sous Adam et non sur Adam. On l'a chassée du jardin d'Eden, on l'a effacée des textes sacrés. C'est la première femme qui s'est battue pour l'égalité des sexes.

Si la féminité a toujours été au centre de votre musique et de votre visuel, cette envie de parler autant des femmes est née aussi de l'élection de Donald Trump avec les marches des femmes ? Surtout que toi Aurélie, tu étais aux Etats-Unis à ce moment-là.
Aurélie : Oui, sûrement. Nous avons fait la marche des femmes ensemble à Los Angeles. C'était important pour nous.

« J'espère que la pression ne va pas redescendre »
Sylvie : Le droit des femmes, c'est un sujet qui intéresse toutes les femmes dans tous les pays du monde à des échelles différentes. On a l'impression que le pays des droits de "l'Homme", je dirais les droits humains, en France n'a rien à se reprocher... Bah si ! Les droits des femmes ça concerne l'humanité entière, ce n'est pas juste une petite journée de la femme en mars, que je trouve être un affront...

Aurélie : C'est vrai qu'on assiste à quelque chose d'extraordinaire. Les voix osent. Et à un moment donné le nombre compte, c'est tellement important. Ça fait trembler quelque chose et j'espère que la pression ne va pas redescendre et qu'on va pouvoir commencer à réfléchir sur comment faire pour que l'égalité, le respect deviennent des acquis et plus des combats. Cet album, il s'appelle "Nues" mais ce n'est pas quelque chose de sexy. C'est presque en opposition avec l'album précédent. "Nues" c'est la vérité, c'est être vulnérable, pas très jolie... C'est oser donner la réalité.

Ecoutez "La baby doll de mon idole" de Brigitte :



Vous n'aimez pas trop qu'on vous qualifie de féministes. Aujourd'hui, ça vous dérange moins ?
Aurélie : C'est compliqué. On nous demandait si Brigitte est un groupe féministe. Ce qui voudrait dire que Brigitte devrait militer...

« Nous sommes féministes »
Sylvie : On nous l'a même reproché un jour, que notre deuxième album n'était pas assez féministe. On n'a jamais annoncé qu'on faisait un groupe féministe, on fait de la musique.

Aurélie : Mais après on est un groupe de femmes, et intimement l'une et l'autre nous sommes féministes. Il se trouve que sur celui-là ça transparaît peut-être plus...

Sylvie : Je trouve que ça sent partout, même sur le premier album.

Aurélie : Après, on n'a pas voulu en faire un fer de lance. Il ne s'agissait pas de se coller une étiquette. Etre féministe, c'est militer, c'est se bouger, c'est être active.

C'est un disque très nostalgique dans les sonorités. C'est flagrant, on pense à Richard Cocciante, à Michel Berger, à Véronique Sanson même parfois dans l'interprétation... Ce sont des clins d'oeil voulus ?
Aurélie : Oui et non. On a été très inspirées par plein d'artistes, Michel Berger, Véronique Sanson, Elton John, Paul Simon...

La deuxième piste "Sauver ma peau" c'est quand même du Michel Berger pur. On croirait presque un hommage...
Aurélie : C'est vrai ? Bah c'est super, tant mieux. Les morceaux ont été composés au piano, donc je pense que ce sont des gens qui composaient aussi au piano. Le piano a une mécanique qui va dans ce sens-là.

Ecoutez "La morsure" de Brigitte :



L'album est globalement très 70's. Vous n'aviez envie de faire revivre un âge d'or ?
Aurélie : Il y a aussi des choses un peu orientales, il y en a une un peu chaloupée... Mais non, non, on écrit et on compose comme ça nous vient. Et il se trouve qu'après, tout a une cohérence.

Et on pense aux radios ?
Sylvie : Mais non ! (Rires) Jamais. "Palladium" est entré sur pas mal de radios mais, pour tout te dire, en juillet quand on l'a présenté à la maison de disques, ils étaient embêtés, on nous a dit que c'était super mais qu'on allait avoir un problème de radio, qu'il allait falloir penser à un remix. Mais non ! On ne peut pas penser la musique en pensant aux radios. Il faut rester focus sur l'essentiel.

Mais il faut vendre aussi...
Sylvie : Ah non mais non...

Aurélie : On pense aux gens qui nous écoutent depuis le début. Ce n'est pas la radio qui a fait ce qu'on est devenu. Le premier album, on a quasiment eu aucun passage radio. Le deuxième il y en a eu plus mais on n'en pas vendu plus, on a vendu pareil. Donc comme quoi...

Vous faîtes toujours vos albums toutes les deux. C'est un souhait ? Pourquoi ne pas inviter d'autres voix ?
Aurélie : Pour l'instant, on est inspirée, quand on sera en panne on fera peut-être appel à quelqu'un. (Rires) On a encore plein de trucs à raconter. On a déjà chanté avec pas mal de gens sur scène, mais sur nos albums, non.

On vous distingue très bien désormais, est-ce que c'est dans l'idée de vous lancer chacune en solo dans le futur ?
Sylvie : On a fait le chemin à l'envers nous, on a fait des carrières solo avant de faire Brigitte.

Aurélie : Moi je prépare un film... C'est le truc le plus personnel.

Sylvie : Mais il y aura de la musique dans ce film, non ? (Rires)

Aurélie : Evidemment. C'est sûr que Brigitte fera la musique du film !
Julien GONCALVES
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