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Interview
samedi 12 novembre 2016 16:15

Sting en interview : "Mylène Farmer est une artiste fascinante et mystérieuse"

Sting fait son grand retour cette semaine avec "57th & 9th", son premier album rock en 13 ans. Dans la belle chambre d'hôtel du Fouquet's où nous l'avons rencontrée, la légende britannique s'est confiée en toute décontraction sur sa carrière, l'aventure The Police, sa rencontre avec Mylène Farmer et ses nouvelles chansons, où il aborde la question du réchauffement climatique et de la crise des réfugiés. Interview !
Crédits photo : Polydor
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Vous venez de ressortir l'intégralité de votre discographie dans un coffret vinyles. J'aimerais, si vous êtes d'accord, remonter le fil du temps et évoquer d'abord votre carrière avant votre nouvel album...
Ok, allons-y !

« Mes idoles ? Elvis Presley et les Beatles »
Est-ce qu'il y a un souvenir marquant dans votre enfance qui vous relie à la musique ?
Je me souviens surtout de ma mère jouant du piano. Ma mère est une très bonne pianiste. Je m'asseyais à côté d'elle, sur le sol, et je la regardais jouer. En fait j'étais si minuscule que je restais rivé sur ses pieds qui appuyaient sur les pédales ! C'est elle qui m'a encouragé à devenir musicien. Elle ramenait à la maison des disques de rock'n'roll, de musique classique ou des chansons de Broadway... Elle a été ma source d'inspiration ! Mon père chantait et quand ils ne se disputaient pas, ils chantaient ensemble (Rires) Ça n'arrivait pas très souvent !

Quelles étaient vos idoles de jeunesse ?
La première fois que j'ai entendu Elvis Presley, je devais avoir sept ans peut-être, et ça a été un choc. J'étais particulièrement excité par ce son nouveau, qu'on a fini par appeler le rock'n'roll. J'adorais Jerry Lee Lewis, Little Richard, Eddie Cochran... Je les écoutais sur des disques 78 tours ! Erf, ça fait vieux de dire ça. (Rires) Et puis après, il y a eu la folie Beatles. Eux aussi venaient du nord de l'Angleterre, d'une ville industrielle et portuaire, comme moi à Newcastle. Et ils ont réussi à conquérir le monde avec leurs chansons. Ça a en quelque sorte donné la permission à ma génération d'essayer de faire la même chose. A partir de là, je suis devenu obsédé par la musique, je jouais de la guitare tout le temps... J'avais ce rêve auquel je m'accrochais. Et l'aventure a commencé !

Pourquoi le rock plutôt que le disco-funk ? C'est ce qui cartonnait à l'époque !
Hmmm, disons que la permanente ne m'allait pas très bien. (Rires)

« Je veux surprendre mon public »
Vous avez connu la gloire dans les année 80 avec le groupe The Police. On sait tous que ce fut une période compliquée, entachée par des tensions continues entre vous trois, mais vous êtes parvenus à créer des chansons fantastiques qui sont aujourd'hui des classiques de la musique rock : "Every Breathe You Take", "Roxanne", "Message In A Bottle"... 30 ans plus tard, que regard portez-vous sur cette ère ?
Je suis sincèrement reconnaissant d'avoir pu vivre cette aventure avec ces musiciens, des musiciens d'exception. Ce qu'on a réussi à accomplir durant les 5 ou 6 années où on a été ensemble est remarquable. J'en suis très fier. Ça sonne encore bien, non ? Mais pour être honnête, je suis heureux de ne plus être dans le groupe. C'est trop... restrictif. Pour un artiste créatif, c'est trop de compromis. (Sourire) En tant qu'artiste, j'avais besoin de peindre avec plus de couleurs. Donc j'ai fait quelque chose de très instinctif : j'ai quitté ce qui était alors le plus grand groupe du monde et j'ai recommencé tout à zéro. Les gens me disaient : "Mais tu es dingue !" Et c'était le cas. (Rires) Mais mon instinct me disait que c'était la bonne décision à prendre et je crois que ça l'était. Ça m'a offert la liberté de tenter de nouvelles choses, d'avoir une autre carrière.

Quel est le secret pour durer ?
Rester curieux, apprendre constamment... Pour moi la musique est un océan dans lequel tu peux nager à l'infini. C'est ça qui est excitant. Moi je recherche la surprise. Quand j'écoute de nouvelles chansons, je veux être surpris, quand je compose de nouveaux morceaux, je veux surprendre mon public. C'est sûrement pour cette raison que ce nouveau disque est très rock'n'roll : ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas entendu dans ce registre.

Une chose qui m'a toujours fasciné dans votre carrière, c'est l'extrême diversité et richesse de vos collaborations. Vous avez fait des duos avec des pointures comme Eric Clapton, Cheb Mami, Craig David, Mary J Blige, Sheryl Crow et bien d'autres... Quelle est la qualité que vous recherchez d'abord chez un autre artiste ?
Et bien, quand il y a du respect mutuel, ça facilite les choses. Il faut accepter de sortir de sa zone de confort car il faut évidemment faire des compromis entre deux visions artistiques qui peuvent ne pas être similaires. Mais les meilleures collaborations sont celles qui donnent naissance à autre chose. 1+1 = 3 ! J'ai été chanceux de rencontrer toutes ces personnes formidables. Miles Davis, Luciano Pavarotti... Ce sont de vraies légendes. Mais il n'y a pas de secret, nous parlons simplement le même langage : la musique.

Regardez le clip "Stolen Car" avec Mylène Farmer :



« Mylène Farmer est incroyable »
Et bien sûr, l'an dernier, c'est avec Mylène Farmer que vous avez décroché la première place du Top singles en France grâce à "Stolen Car". Quelles ont été vos impressions en la rencontrant pour la première fois ?
Je l'ai connue par l'intermédiaire de son manager, Thierry Suc, que j'ai connu en 2008 lorsque je suis venu présenter sur la scène du théâtre du Châtelet l'opéra-rock "Welcome to the Voice". C'est devenu l'un des producteurs de ma comédie musicale "The Last Ship", et il m'a alors présenté Mylène. Elle m'a demandé : "Est-ce tu as des chansons qu'on pourrait faire ensemble ?". J'ai réfléchi et finalement... "Peut-être oui, une vieille chanson qui s'appelle "Stolen Car". Dans mon esprit, je l'avais toujours envisagée comme un duo. Quand je lui ai joué, elle a tout de suite adoré. Elle m'a demandé si elle pouvait écrire des paroles en français par-dessus et je lui ai dit : "Mais bien sûr !". A partir de là, on a travaillé sur cette version franco-anglaise et passé de très bons moments en studio. On a fait une très jolie vidéo, très sexy ! (Rires) Je l'admire et l'aime beaucoup.

Vous connaissiez son oeuvre ?
Je savais que c'était une énorme star en France. J'ai regardé tous ses clips, j'ai trouvé ça... fascinant, très mystérieux. C'est une artiste incroyable, quelqu'un de sensible et bienveillant.

Alors, à quand un autre duo avec elle ?
Elle ne m'a pas encore proposé mais j'adorerais ! (Sourire)

Parlons de votre nouvel album "57th & 9th". L'idée était-elle de revenir aux sources ?
J'avais surtout envie d'enregistrer un disque très vite. Pour qu'il conserve une certaine spontanéité, une énergie brute. En fait quand je suis arrivé en studio, à New York, je n'avais aucune idée précise en tête. Juste des feuilles blanches qui ne demandaient qu'à être remplies ! J'ai fait venir mes musiciens et je leur ai dit : "Ok, on va jouer, on va improviser et on verra ce qu'il en ressort". C'était comme un ping-pong musical. Je me suis mis un peu la pression tout seul, je dois l'admettre. (Sourire) On a commencé à avoir des bouts de chansons, des squelettes, sur lesquels j'ai brodé des histoires... Et en dix semaines, on avait dix chansons. Il n'y a pas vraiment de lien entre elles, si ce n'est cette atmosphère très new-yorkaise.

Regardez le clip "I Can't Stop Thinking About You" :



La première fois que j'ai entendu "I Can't Stop Thinking About You", le premier single de l'album, je pensais qu'il s'agissait d'une chanson sur l'amour. Mais en fait...
Pas du tout !(Rires) C'est un morceau sur l'obsession. L'amour peut être obsessif mais ce titre parle de l'obsession de l'écrivain pour trouver l'inspiration. J'aime bien l'analogie du chasseur qui marche dans la neige, à la recherche de sa proie. L'inspiration peut être n'importe où, c'est une Muse qui peut être virtuelle, érotique, romantique... La chanson évoque l'anxiété que tout écrivain connaît un jour, l'angoisse de la page blanche. C'est la première que j'ai écrite pour ce disque.

« Il faut qu'on se réveille ! »
Le titre "One Fine Day" aborde les défis écologiques et les problèmes environnementaux auxquels nous devons faire face aujourd'hui. Pensez-vous qu'il est trop tard pour sauver la planète ?
Vous savez, ma stratégie dans la vie c'est d'être optimiste. Mais ça devient de plus en plus difficile. Cette chanson est très ironique, en fin de compte. J'aimerais vraiment, du fond du coeur, que les climato-sceptiques aient raison. J'aimerais que toutes les preuves scientifiques du réchauffement climatique soient erronées. Mais ce n'est pas le cas. Et il va bien falloir qu'on se réveille un jour ou l'autre, avant qu'il ne soit trop tard. Il faut espérer que tout ira pour le mieux.



Vous avez toujours été un artiste engagé, philanthrope. Sur "Inshallah", vous avez décidé de parler du sort des réfugiés...
C'est une tragédie. (Il marque une pause) Je n'ai pas de solution politique à cette crise. Mais si nous devons trouver une réponse, je pense qu'elle doit relever de l'empathie. Imaginez que cela vous arrive, que la guerre frappe à vos portes et que vous devez fuir les bombes, la violence, la pauvreté, éloigner vos femmes et vos enfants de cette horreur... L'ironie, c'est que toutes ces armes sont fabriquées en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux États-Unis et en Russie. Nous en tirons le profit et après, on feint la surprise quand les réfugiés arrivent dans nos rues... C'est triste. "Inshallah" est un mot arabe qui signifie l'espoir, la résignation, la confiance et le courage. Avec ce titre, j'ai essayé de garder une dimension humaine. Peut-être qu'un jour on sera de l'autre côté... Le monde est si incertain.

Pour finir, quel conseil donneriez-vous à un jeune musicien qui débute ?
(Il éclate de rire) Je ne donne pas de conseil ! Juste... aime ce que tu fais. Et entraîne-toi. Fais de la musique au nom de la musique et non de la célébrité. La musique est avant tout une passion.

Yohann RUELLE
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