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Interview
samedi 17 décembre 2022 12 :22

Jean-Baptiste Guegan en interview : "Je suis sincère dans ma démarche"

Jean-Baptiste Guegan nous donne rendez-vous entre Nashville et Saint-Barthélemy sur son nouvel album "Toutes les larmes sèchent un jour". Ses racines bretonnes, les galères de ses débuts, son hommage à Johnny Hallyday : le chanteur se confie en toute franchise en interview pour Purecharts.
Crédits photo : Yann Orhan
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

C'est toujours du stress la sortie d'un disque ?
C'est un peu comme attendre son bébé qui va arriver, la veille d'un accouchement. (Rires) Comme pour chaque album, je suis assez excité. J'ai hâte et en même temps, j'ai comme une petite appréhension. Est-ce qu'il va être apprécié, adoubé par le public ? Il y a toujours un peu de pression. On croit qu'on a bien fait les choses et puis on peut être surpris. Je reste toujours un peu sur la défensive, je ne me dis pas que c'est gagné d'avance. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

« J'ai la culture bretonne dans le sang »
Pour ouvrir ce troisième chapitre, tu as montré une facette qu'on te connaissait peu avec ''Mon pays d'Armor'' où tu nous emmènes en terres bretonnes au son des cornemuses. La musique celtique, ça fait partie de ton ADN ?
Je suis tombé dans la marmite quand j'étais petit. (Sourire) Je suis né en Bretagne donc forcément, j'ai la culture bretonne dans le sang. J'ai toujours été fasciné par la musique de la région. La première fois que j'ai aperçu la Bretagne vraiment profonde, dans ce qu'elle a de plus beau, c'était à travers les danses bretonnes, avec les bigoudènes. Et puis les paysages ! J'aime les paysages. C'est un endroit magnifique. Par tous temps, d'ailleurs !

Et contrairement à ce qu'on dit, il ne pleut pas toujours en Bretagne !
Ce n'est pas forcément vrai mais ce n'est pas forcément faux non plus. (Rires)

Tu as commencé dans les bars en Bretagne, c'est ça ?
Oui ! J'ai grandi à Saint-Brieuc, où je suis né. C'est là que j'ai commencé à écumer un petit peu tous les endroits cultes, là où les festoù-noz étaient organisés. J'ai grandi avec ce patrimoine-là et j'ai appris mon métier là-bas. J'ai commencé dans les karaokés mais je n'y allais pas pour me dire "Tiens, je vais en faire mon métier". Je ne songeais pas à être chanteur. On y allait pour s'amuser ! On y allait en mobylette, on prenait des bières, on était entre potes... On s'éclatait. C'était notre sortie du week-end.




« J'ai appris le métier sur le tas »
Et ce métier alors, tu t'y es dirigé comment ?
J'ai été connu sur le tard. J'ai fait des études de menuiserie, j'étais menuisier et ébéniste en formation. Quand je me suis aperçu que l'école ce n'était pas fait pour moi, j'ai arrêté. J'ai quand même été jusqu'au bout de mes études, j'ai décroché mon BEP mais j'ai arrêté l'école assez tôt, je devais avoir 17 ou 18 ans. Il a fallu ensuite rentrer dans le monde du travail mais ce n'était pas facile. Je n'arrivais pas à trouver du travail dans la branche que j'avais choisie. Et je me suis dit : "Mince après tout... Je sais que j'ai du talent, je sais chanter. Je vais essayer d'en faire mon métier". Alors là... Ben, c'est autre chose. A ce moment-là, on n'a pas trop cru en moi, surtout mes parents. Pour eux, ce n'était pas un métier de chanter. J'ai voulu prouver aux autres qu'en fait si, ça devient un métier quand on le prend au sérieux.

A quoi ressemblait ta vie avant la télévision et la notoriété ?
Il m'a fallu du temps pour percer. Moi, j'étais bien ! J'ai fait toutes sortes de soirées : des mariages, des comités d'entreprise... Je me suis même mis à animer des karaokés. C'est pour ça que j'étais assez polyvalent, ça m'a forgé. J'ai appris le métier sur le tas. Aujourd'hui plus rien ne peut me surprendre, parce que j'en ai vu des vertes et des pas mûres !

C'est cette persévérance dont parle ''Toutes les larmes sèchent un jour'', qui donne son nom à l'album ?
Cette chanson parle de toutes les galères que j'ai pu rencontrer. Malgré le temps qui passe, on s'aperçoit que oui, toutes les larmes sèchent un jour. Ça ne fonctionne pas que pour moi, ça vaut pour tout le monde. Et heureusement ! La vie serait triste... C'est le but de tout être humain sur Terre, d'essayer de surmonter les obstacles. Peu importe les moyens, il faut le faire.

« Avec Michel Mallory, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre »
Ce troisième album consolide la belle amitié qui te lit avec le parolier Michel Mallory. C'était évident de continuer avec lui ?
Déjà, c'est lui qui décide ! Michel et moi avons une relation assez spéciale, très fusionnelle. On s'est lié d'amitié un peu comme lui s'est lié d'amitié avec Johnny Hallyday pendant 50 ans. C'est un honneur. Des paroliers comme ça, on n'en fait plus. Pour en trouver, il faut se lever tôt le matin ! Il faut le vivre pour s'en apercevoir. Avec Michel, on n'a même pas besoin de se regarder, de se parler. On sait déjà. Par exemple quand il va se mettre à écrire une chanson pour moi, je n'ai pas besoin de lui demander. Il sait. C'est un petit peu comme ma femme et moi ! (Rires) On n'a pas besoin de se dire les choses, on se comprend.

C'est de la confiance mutuelle.
Oui et puis Michel Mallory il marche à l'instinct, un peu comme moi. Il écrit des chansons parce qu'il aime ça et ça se voit. On aime les mêmes choses. Il s'adapte à l'artiste, en fait. Donc il sait pertinemment ce qu'il doit m'écrire. Il me connaît par coeur.


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« En France c'était Johnny, en Amérique c'était Elvis »
On t'a connu comme un grand admirateur de Johnny, mais tu rends hommage à une autre figure du rock'n'roll dans l'album, c'est Elvis Presley. Tu connais bien son oeuvre ?
Moi j'ai connu Elvis Presley tardivement ! J'ai d'abord connu Johnny Hallyday, forcément, mais c'est en regardant des reportages et des vidéos, et en écoutant de nombreuses reprises de beaucoup d'artistes qui ont chanté Elvis Presley que je me suis intéressé à lui. J'ai surtout un ami, Yvan, qui est fan d'Elvis Presley et se produit sur scène comme sosie sous le nom Jessy Morgan. Elvis c'était un mythe, c'était le King ! En France c'était Johnny Hallyday, et en Amérique c'était Elvis Presley. Les deux avaient un charisme monstrueux.

Et comment la chanson est née ?
C'est une chanson de Marc Lavoine. La proposition s'est faite vers la fin du processus, on allait presque boucler l'album. Il m'a envoyé une maquette que lui avait pré-chantée. Et la chanson m'a plu ! On a simplement changé quelques paroles qui ne me correspondaient pas. Je préfère choisir les chansons que je vais défendre, je ne suis pas du genre à chanter pour chanter.

Tu as vu le biopic sur Elvis réalisé par Baz Luhrmann ?
J'ai été voir le film au cinéma, oui ! J'ai aimé la façon dont ça a été fait, avec le point de vue du producteur véreux. Lui, y'a pas mieux ! (Rires) Et pourtant Elvis était un grand ! C'était un cheval de course, qui se produisait tous les jours ou presque. Et puis hop ça te fait signer un contrat sur un bout de table, à la va-vite, en te promettant monts et merveilles... A l'époque, les artistes faisaient moins attention. Tous les grands chanteurs connaissent ça un jour ou l'autre, je crois...

Ça a changé ça, aujourd'hui ?
Oui, aujourd'hui tout a évolué. C'est quand même beaucoup plus sérieux.

« On m'a déjà proposé de faire une comédie musicale sur Johnny »
Tu penses qu'un film sur Johnny Hallyday, ce serait une bonne idée ?
Il y avait déjà eu "Jean-Philippe" où il jouait avec Luchini mais c'était assez spécial, puisque ça parlait de si Johnny n'existait pas. En faire un deuxième, ça serait pas possible !

Je pensais plutôt à un biopic, avec un acteur pour l'incarner. Toi par exemple !
Moi j'ai trop de similitudes avec Johnny pour rentrer dans le personnage.

Et une comédie musicale, si on te proposait ?
On m'a déjà proposé de faire une comédie musicale sur Johnny. C'était "L'idole des jeunes" mais... non. Moi je ne suis pas très comédie musicale. Je te le dis franchement, je suis très bien dans ce que je fais aujourd'hui. Moi mon but, ça a toujours été de rester dans le respect de l'artiste et c'est aussi une forme de respect pour moi. Je n'ai pas envie de m'évader dans quelque chose que je n'ai pas envie de faire.

Tu rends un superbe hommage à Johnny Hallyday avec le titre ''Saint-Barthélemy'', dans lequel tu évoques son dernier voyage. C'est ta façon de célébrer le 5ème anniversaire de sa disparition ?
Sur cet album, il fallait une chanson pour ne pas oublier. A travers moi aujourd'hui, il reste encore Johnny Hallyday. Il y aura toujours une part de lui. Je pars du principe qu'il est hors de question de ne penser qu'à moi. Ce sont mes albums avec mes chansons, oui, mais il restera toujours une place pour Johnny Hallyday quelque part. Et Saint-Barthélemy, c'est malheureusement l'endroit où il est enterré. C'était son choix à lui. Toujours dans le respect, j'ai voulu chanter cette chanson parce que c'est vrai. Quand on va en vacances, on dit toujours "on va à Saint-Barth", lui il vivait à Saint-Barthélemy. C'était chez lui et il faut respecter sa volonté.




Sur le précédent album, tu disais vouloir de te détacher de l'étiquette Johnny. [Son manager intervient pour préciser que "Jean-Baptiste ne l'a jamais dit, c'était la presse"]. Là, ta prochaine tournée s'intitulera ''Johnny, vous et moi'', tu lui dédies une chanson... Comment on fait pour trouver l'équilibre et exister sans rester dans son ombre ?
Il n'y a jamais eu de rivalité. Pour bien préciser les choses, Johnny Hallyday fait partie de mon ADN. Et ce sera comme ça à vie. Fort heureusement, j'ai été adoubé par le public hallydesque et j'ai aussi créé, moi, mon propre public. Et je me suis aperçu que les deux pouvaient très bien se mélanger. Alors pourquoi ne pas continuer comme ça ? Puisque ça marche. Ça aurait pu être se passer différemment, qu'on me prenne pour un usurpateur ou un mec qui essaie de prendre la place de... Jamais on n'essaie de prendre la place de Johnny Hallyday ! De toute façon, personne ne pourra le faire. Tout comme personne ne remplacera jamais Michael Jackson ou Elvis Presley. Moi, je n'essaie pas. (Sourire)

« Les critiques, j'en ai rien à foutre ! »
Sur les réseaux sociaux, la critique est facile. Ça blesse ?
Non. Je vais te dire un truc, j'en ai rien à foutre. (Sourire) Les gens ont le droit de penser ce qu'ils veulent. Ce n'est pas gênant. Ça ne me touche pas parce que je suis sincère dans ma démarche. Je ne me suis pas inscrit à "La France a un incroyable talent" d'ailleurs. C'est eux qui m'ont appelé. J'avais refusé au départ, je ne voulais pas. Quand ils m'ont demandé de participer, Johnny n'était déjà plus là, je me suis dit : "Là si j'y vais, c'est trop tôt. On va me prendre pour quoi ?". Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Et fort heureusement, ça ne s'est pas passé comme ça ! Mais ils ont insisté et au bout de la troisième fois, j'ai dit ok. Sauf que j'étais sur le point de partir en vacances à l'île Maurice ! Donc ils sont venus à l'aéroport, ils m'ont interviewé sur place. (Rires) C'est comme ça que ça s'est passé. En fait, le casting a été très simple. Ils sont venus me chercher. Je n'avais pas besoin de ça et quand je suis arrivé sur le plateau, je me suis dit "Ohlala, qu'est-ce que je fous là ?" parce que c'était quand même assez compliqué. Ça passe ou ça casse. D'ailleurs, Marianne James me l'a dit : il faut être culotté pour venir juste après la mort de Johnny ! Mais il n'y a rien de calculé. Et tout le monde l'a compris. Je l'ai fait avec le plus de naturel possible, en rendant hommage au Taulier. Je voulais simplement passer un message d'amour.

Ton ascension avait créé pas mal de remous avec la famille de Johnny Hallyday, son ancien producteur... Aujourd'hui, tu es en paix avec tout ça ?
Je suis serein et je peux vivre encore longtemps en paix. Il ne s'est absolument jamais rien passé. C'est une pure invention, les dires de Laeticia, de machin ou autre. Je ne la connais pas, elle ne me connait pas. Le seul truc que je sais, c'est que David Hallyday est au courant et qu'il sait très bien qui je suis. Lui a dit que c'était impressionnant, donc il soutient très bien le projet. Je connais aussi Sylvie Vartan, très bien même. Pour elle, c'est aussi difficile que pour les autres mais elle n'a jamais empêché quoi que ce soit. Elle est même très contente que je le fasse dans le respect. A partir du moment où on respecte l'artiste, qu'il soit encore vivant ou qu'il soit parti, on reste dans les règles de l'art. Je pense que le public l'a bien compris parce que sinon, je ne serais pas là aujourd'hui, chez Sony Music, avec trois albums déjà.

« C'est un sport, la chanson »
Et une tournée qui arrive !
Et la tournée, bien sûr. Je travaille déjà sur la scénographie. Parce que c'est beau de sortir un album, mais il faut vite le faire vivre sur scène ! On a terminé la période des Zénith donc l'année prochaine, on va toucher des salles plus confidentielles, des théâtres, pour être plus proche des gens, comme l'Olympia. Ce sera une tournée plus intime, plus étalée dans le temps aussi. Ce sera moins l'usine. Il y aura toujours des musiciens, on sera 11 sur scène. On est en train de travailler sur le registre des chansons. Moi j'ai décidé de faire 50-50 : il y aura autant de Johnny Hallyday que de Jean-Baptiste Guegan. On va tout mélanger, on fera des medleys, pour proposer un spectacle avec quelques surprises.

Tu dis "Ce sera moins l'usine"... C'est important de savoir prendre son temps aussi quand on est artiste ?
Il n'y a pas que quand on est artiste. Il faut savoir prendre son temps, surtout savoir réfléchir avant d'entamer quelque chose de sérieux. Tout ça se prépare et pas à la va-vite. Il faut se poser les bonnes questions, avant de foncer. Il faut faire attention. C'est pour ça que les chevaux ont des oeillères, pour ne pas qu'ils regardent en arrière ! Je suis un peu pareil. (Sourire) C'est un sport, la chanson. On est des sportifs de haut niveau donc il ne faut pas se rater. Quand tu prépares une Coupe du monde, c'est pour la gagner.
Yohann RUELLE
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