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Chronique d'album
samedi 06 juin 2020 13:12

Hoshi, Loïc Nottet, The 1975 : 3 albums au banc d'essai

Pure Charts passe en revue trois albums du moment. Au programme, Hoshi confirme son talent avec "Sommeil levant", Loïc Nottet prend son envol avec "Sillygomania" et The 1975 séduit autant que déroute avec "Notes on a Conditional Form". Critiques en quelques lignes !
Crédits photo : Axel Vanhessche / Pochette d'album / Dirty Hit

Hoshi | "Sommeil levant"


Fenêtre sur coeur. L'étape du deuxième album n'est jamais évidente pour un artiste. Surtout quand le succès a été au rendez-vous. Hoshi relève le défi haut la main avec "Sommeil levant" en plongeant à la fois dans notre histoire et la sienne, sans rien éluder. « Face à mon miroir, comment me ressembler ? » débute la chanteuse, vulnérable, en revenant sur son succès et le tourbillon, entre rêve éveillé et cauchemar. Avec une rage de vivre qui lui colle à la voix, comme une urgence, la chanteuse met ses tripes sur la table à chaque fois, affine au passage ses textes sans perdre l'essence de ses premières chansons, avec un certain goût des mots, parfois même un peu de maladresse. Entre nostalgie, hymnes pour la jeunesse, et sentiments profonds, Hoshi s'engage contre l'homophobie avec le tube imparable "Amour censure", se fait la voix de sa génération, notamment sur le puissant "Marche ou rêve", qui résonne encore plus fort actuellement, évoque les attentats sur "Coule mascara", alerte sur le dérèglement climatique sur "Enfants du danger" ou les dérives du capitalisme sur "Bluff". Si elle bouillonne sur ces chansons pensées pour la scène, Hoshi sait aussi montrer une facette touchante et désarmante, comme lorsqu'elle évoque son adolescence sur le nostalgique "Sqy", ses problèmes d'audition sur la ballade sensible "Fais-moi signe" ou "Médicament", où elle pose les armes pour parler de sa dépression. Un album intense, avec ses failles, comme son interprète. JG

Ça ressemble à un deuxième album ardent
A écouter : "Fais-moi signe", "Amour censure", un hymne fort, l'inspirant "Marche ou rêve", l'haletant "Bluff"
A zapper : "Coule mascara", qui aurait mérité un refrain à la hauteur, "Migracoeur"





Loïc Nottet | "Sillygomania"


Lâcher-prise. Quiconque l'a déjà vu dans "DALS" ou sur scène le sait : Loïc Nottet a un talent fou à revendre. Trois ans après l'intense ''Selfocracy'', qui marquait des débuts placés sous le signe de l'introspection, la révélation belge sort de sa bulle et lâche du lest avec "Sillygomania", un deuxième album plus fédérateur, plus éclectique, plus ambitieux aussi, qui voit le touche-à-tout de 24 ans diluer sa mélancolie naturelle dans des singles taillés sur-mesure pour l'été. Tube instantané, "Heartbreaker" s'inscrit dans une mouvante funk très en vogue dans la pop du moment (hello Dua Lipa) qui distille une fougue contagieuse auquel il est bien difficile de résister. Si cette volonté louable d'explorer des sonorités plus ensoleillées rate sa cible avec ''Rosa Maria'', dispensable, ou "TWYM", calqué sur les tubes de Bruno Mars, Loïc Nottet se montre beaucoup plus convaincant sur des titres plus authentiques comme l'excellent ''On Fire'' et ''Liar'', prochain single tout désigné. Fidèle à son ADN, Loïc Nottet n'a ni renié son attrait pour Halloween (''Doctor'', ''Candy'') ni pour les belles ballades. Contant une rupture douloureuse, ''29'' arrache des frissons d'émotions dès la première écoute et ''Cry Out'' prouve que le chanteur jette encore des regards d'admiration pour Sia. Quand c'est si bien fait, pourquoi s'en priver ? Parfois brouillon mais riche, le disque est structuré par une introduction et une conclusion parlées donnant vie à cette thématique du collectionneur de souvenirs, mais cache un dernier trésor : ''Mr/Mme'', cri du coeur troublant de sincérité où Loïc pose sur quelques notes de piano - et en français - ses pensées les plus intimes et les sombres, pour raconter son histoire et revendiquer sa différence. Son titre le plus poignant à ce jour. YR

Ça ressemble à : la confirmation d'un talent pétri de créativité
A écouter : ''On Fire'', la bombe ''Heartbreaker'', ''29', ''Gun'', ''Doctor'', le bouleversant ''Mr/Mme''
A zapper : ''TWYM'' et ''Rosa Maria'', trop superficiels





The 1975 | "Notes on a Conditional Form"


TOOMUCHTIME. Avec The 1975, c'est une histoire d'amour complexe. Si l'on reste toujours circonspect face aux critiques dithyrambes de la presse britannique, le groupe de Manchester a toujours su accoucher de pépites synth-pop impeccables, placées sur des albums souvent beaucoup trop longs. L'histoire se répète avec "Notes on a Conditional Form", quatrième album et dernier volet du diptyque "Music for Cars". Sauf qu'après avoir signé son disque le plus abouti et le plus cohérent avec "A Beautiful Inquiry Into Online Relationships", The 1975 nous offre là son disque le plus brouillon. Il faut dire qu'avec 22 titres au programme (!) pour 1h20, on frôle l'indigestion. D'autant plus que l'album se perd avec ses interludes peu utiles, là où celles des premiers albums collaient parfaitement à l'ambiance. Enlevez cela et le reste de l'album se divise en deux catégories : des ballades ou des titres rock mid-tempos comme "Roadkill", "Jesus Christ 2005 God Bless America" ou "Then Because She Goes", ou des expérimentations électro sur "Shiny Collarbone" ou "Having No Head". De plus, en passant de l'habituelle intro "The 1975" (avec Greta Thunberg en guest) au punk et énervé "People" puis à une première interlude instrumentale et cinématographique, on a l'impression d'avoir affaire à un album sans véritable ligne directrice, qui part un peu dans tous les sens. Heureusement, c'est dans les singles déjà sortis que The 1975 vise juste et excelle, avec l'électro minimaliste de "Frail State of Mind", le "teen-rock" très 2000 de "Me & You Together Song", le délicat "The Birthday Party" ou l'évident "If You're Too Shy (Let Me Know)" et son inévitable solo de saxo, le groupe retrouve l'espace de quelques morceaux la flamme d'antan et parvient à nous séduire grâce à cette insolente facilité à produire des mélodies tubesques dès la première écoute. Pas de quoi enterrer The 1975 mais il aurait juste été plus judicieux de faire de "Notes on a Conditional Form", un album plus compact sur un format 12 titres. TB

Ça ressemble à un album qui en fait trop
A écouter : les singles "The Birthday Party", "Me & You Together Song", "If You're Too Shy (Let Me Know)", "Frail State of Mind", "Roadkill"
A zapper : les nombreuses interludes qui cassent le rythme, le répétitif "Yeah I Know", "Tonight (I Wish I Was Your Boy)", "Shiny Collarbone"


La rédaction

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