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Interview
vendredi 17 juin 2011 11:00
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Imany en interview

Imany est belle. Pas d'une beauté agressive non, d'une beauté tout en grâce et en douceur, qui lui a valu une carrière de mannequin aux États-Unis. Imany a du coffre. Une voix qui porte et qui résonne, une voix grave et puissante, profonde, qui contraste avec son apparence délicate, mais colle parfaitement à son caractère bien trempé. Imany est une femme pleine de contrastes et cela se ressent sur son premier album. Elle livre avec "The Shape Of A Broken Heart" une perle entre envolées folk et sonorités africaines, chantée tantôt en anglais, tantôt en comorien ou en bambara (dialecte du Mali) : un pont entre différentes cultures. Rencontre avec une chanteuse plurielle et libre.


Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment passe-t-on de mannequin à chanteuse, c'est un sacré grand écart quand même ! (Bridget Ugwe, journaliste)
En fait j'étais mannequin depuis un moment mais au fond j'ai toujours su que je n'avais pas envie d'en faire ma vie, de toute façon on ne peut pas vraiment en faire sa vie ! J'avais en moi ce désir de faire de la musique et au fur et à mesure, à force de rencontres, de scènes, de cours de chant aussi, j'ai peu à peu lâché la corde mannequin pour me laisser aller à la musique. Ça s'est fait très progressivement...

Comment es-tu arrivée au mannequinat ? C'est une opportunité qui est venue à toi ou étais-ce une envie que tu avais ?
Non j'ai été découverte dans le métro à l'époque où j'étais au lycée. A ce moment-là, toutes mes copines bossaient au Mac Do alors quand on m'a proposé ça, j'ai trouvé que c'était plutôt un bon plan ! J'y suis rentrée un peu par hasard et au départ j'ai essayé de concilier cette activité avec mes études. Petit à petit j'ai réalisé que le mannequinat me permettait de voyager et de découvrir autre chose que ce que je connaissais alors je m'y suis consacrée à plein temps.

Justement tu as l'air de quelqu'un d'assez libre, tu bouges sans attaches. Tes parents t'ont toujours laissée libre de faire comme tu le sentais ?
« J'avais un vrai désir de liberté. »
Honnêtement ils n'étaient pas très rassurés, ni très contents d'ailleurs, quand je suis partie aux États-Unis. J'avais négociée une année sabbatique en promettant de reprendre la fac à mon retour. Cette année s'est transformée en sept ans sabbatiques et je ne suis jamais retournée à la fac ! (rires) En fait je me suis toujours forcée à aller au-delà de mes peurs. Partir loin de ma famille, tester des choses que je ne connaissais pas... parce que j'avais un vrai désir de liberté.

Ton nom de scène, Imany, se traduit par la foi. Pourquoi ce choix, la foi est quelque chose qui te caractérise ?
Quand j'ai choisi ce pseudo je ne savais même pas ce que ça voulait dire ! Je l'ai appris par la suite et la signification m'a plu mais à la base je n'étais pas au courant non. Tout est parti du
« Imany ? J'ai trouvé ce pseudo dans "Un Prince à New-York" ! »
mannequinat. A mes débuts, on m'a demandé de changer de nom parce que mon vrai prénom c'est Nadia et qu'il y en avait déjà plein dans l'agence ! Et j'aimais bien ce prénom, je l'avais trouvé dans le film "Un Prince à New-York" avec Eddy Murphy. Il y à cette princesse soumise qui s'appelle Imany Easy et j'avais aimé ce prénom à l'époque. C'est plus tard que j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit : « Tu sais que ça veut dire la foi? », et j'ai trouvé ça plutôt bien !



Le succès est arrivé assez rapidement. Tu as publié un EP en novembre dernier et aujourd'hui déjà l'album ! Comment est-ce que tout ça s'est orchestré ? Tu t'attendais à un accueil aussi positif ?
L'EP a été fait assez rapidement parce que c'était un enregistrement en une prise et aussi parce que ça faisait trois ans qu'on tournait sur pas mal de scènes avec ces titres. Donc à partir de ces morceaux enregistrés en guitare/voix, on a élaboré l''album. Je n'avais pas d'attentes quant à l'accueil, d'ailleurs il vaut mieux ne pas en avoir parce que sinon on est toujours déçu ! Donc je suis à chaque fois surprise et heureuse quand on me dit que mon album plaît ou même qu'on me connaît. Mon but au commencement, c'était vraiment de produire un album de qualité. On a été très très exigeants sur toutes les étapes du projet pour avoir zéro regret. Quitte à ne vendre que cinq Cds ! Bon, ça nous aurait fait mal quand même de n'en vendre que cinq (rires), mais au moins, on aurait été sûrs d'avoir donné le meilleur de nous-même avec les moyens qu'on avait.

Le titre de l'album est "The Shape Of A Broken Heart". On s'attend à une chanson larmoyante, parlant de cœur brisé et d'amour déçu. Finalement c'est bien d'une chanson d'amour qu'il s'agit, mais adressée à l'Afrique. Pourquoi l'avoir choisie comme titre de l'album ?
Déjà "The Shape Of A Broken Heart" mélodiquement c'est très joli, la phrase elle est belle ! Je me suis dit pour le titre d'un album ça le fait quand même ! Ensuite effectivement c'est le titre de cette chanson qui est une chanson assez forte, dont l'histoire est touchante, et j'ai trouvé qu'elle était celle qui représentait le mieux l'univers de ce disque.

Oui sur certains morceaux il y a des rythmiques africaines et tu chantes en comorien je crois, sur "Pray For Help". C'est important pour toi de rester attachée à tes racines ?)
En effet sur "Pray For Help" je chante en comorien. Pour "Slow Down" et "I Lost My Keys" c'est Djéneba Koné (jeune chanteuse et comédienne malienne, NDLR) qui chante en bambara. Pour tout dire, on n'a pas fait ça dans une optique particulière ça s'est fait tout seul. On voulait des chœurs, mais pas le chœur lambda de base. Et comme ma voix est grave et qu'il y a beaucoup de fréquences très graves dans les arrangements, c'était bien d'avoir une voix cristalline, un peu plus aiguë. Djéneba, elle, a une voix de griot, elle est très jeune et très talentueuse. On était en Afrique pour enregistrer des percussions et elle y était aussi car on fait partie du même label. On lui a fait écouter les sons en lui demandant : « Toi qu'est-ce que tu ferais là
« Pas besoin de revendiquer nos origines africaines, elles sont en nous ! »
dessus ?
», pareil avec les musiciens. Et quand ça nous touchait, on gardait la prise. Après... comment l'expliquer. C'est vrai qu'on est d'origine africaine mais on ne va pas chercher à le revendiquer à chaque fois on n'en a pas besoin ! C'est en nous, c'est comme ça et ça se voit de toute façon sur notre visage. (rires) Même si on avait fait de l'électro ça se serait ressenti d'une manière ou d'une autre. Donc c'est une part de moi qui est importante certes, mais ça ne fait pas de moi un porte-drapeau.

Ton producteur, Malick N'Diaye, a aussi participé au succès d’Ayo. Tu n'as pas eu peur d'être considérée comme une “folkeuse” de plus entre autres Asa, Irma, ... ?
En tout cas j'ai droit à la comparaison aujourd'hui ! Je pense que toutes les quatre on a tout de même des univers bien différents. On a ce point commun effectivement d'être noires et d'avoir une guitare (rires) ! En dehors de ça, on a quand même quatre voix bien différentes. Et puis, on ne peut pas dire qu'Irma chante comme Ayo, comme Asa ou comme moi. Les autres chanteuses, brunes, blondes ou rousses elles n'ont pas cette inquiétude là, ça serait bien si on pouvait nous aussi ne pas nous associer juste parce que nous sommes des musiciennes noires ! Dans ma tête c'était assez clair même si je me doutais que la comparaison serait faite. Mais malgré la peur, il fallait le faire alors on la fait !

On doit aussi te le répéter souvent, ta voix rappelle vraiment celle de Tracy Chapman...
C'est quelque chose que j'entends souvent et ça me surprend à chaque fois parce que je l'adore et je me dis : « Comment les gens peuvent-ils penser que j'ai la même voix qu'elle ? ». Pour moi il n'y a qu'une seule Tracy Chapman, c'est une voix à part ! Mais c'est un compliment qui me touche et je dis merci à chaque fois que la comparaison est faite (sourire).

C'est quelque chose qui t'a freiné à tes débuts cette voix si particulière, si grave ?
Certaines personnes ne savaient pas du tout comment l'exploiter, on m'a dit que c'était une voix compliquée, que ma voix n'était pas "pop" ! J'ai encaissé beaucoup de "nons" et un seul "oui", c'était avec Malick. Il a fallu après que je trouve mon identité vocale et là encore ça s'est
« Le style r'n'b en short sur un bar, clairement c'est non ! »
fait naturellement, à force de concerts de rencontres, d'écoutes. En plus je n'avais pas une grosse culture musicale au début donc il m'a fallu suivre en quelques sorte des cours du soir, écouter pas mal de choses et faire le tri. Comme une croissance en fait. Je n'avais pas de style prédéfini mais il y avait certaines choses que je savais clairement ne pas vouloir faire. Le style R'n'b en short sur un bar par exemple ou encore l'électro, clairement c'était non !



Tu tournes en ce moment avec Ben L'Oncle Soul, à quand des dates en ton nom propre ?
On a beaucoup tourné avec lui oui, il nous a donné l'occasion de faire ses zéniths et ça c'était bien ! On arrive d'ailleurs à la fin il nous reste quelques dates. Mais même avant la sortie de l'album, on avait déjà commencé les concerts en nom propre, parce que depuis trois ans et demi qu'on tourne dans les petites salles, on a une fan base à Paris qui nous suit depuis nos débuts. Les premières parties sont venues par la suite mais là on repart sur des concerts en nom propre. Tout cet été d'ailleurs ce sera le cas.

Quelles sont tes attentes pour la suite ? Tu chantes en anglais, ton album plaît visiblement, tu te vois dans une carrière internationale ?
« Le rêve, on le vit déjà aujourd'hui. »
Ce serait bien en effet de voyager avec la musique, ce serait l'idéal. Et l'anglais s'exporte plus facilement que le français... On verra bien ! J'essaie de faire comme j'ai fait depuis le début, d'avoir le moins d'attentes possible comme ça ce ne sera que des surprises, mais c'est difficile quand même ! Surtout quand les gens me répètent qu'ils ont beaucoup aimé l'album, je me dis : « Tiens qu'est-ce que ça va nous provoquer, où est ce que ça va nous amener ? » On verra bien, ce serait une autre partie du rêve parce que le rêve on le vit déjà aujourd'hui.
la Redaction
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