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Interview
samedi 15 août 2020 11:45

Natasha St-Pier en interview : "Je n'essaie plus de changer pour plaire aux autres"

En ce mois d'août très calme, Natasha St-Pier revient en pleine lumière avec son nouvel album "Croire". Pour la première fois, la chanteuse signe deux chansons de sa main et se livre avec émotion sur la maladie de son fils en musique. Rencontre avec une artiste sereine et entière.
Crédits photo : Thomas Braut
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Vous revenez sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé ''Croire''. Sa conception a été, je l'imagine, un peu particulière avec la crise sanitaire que l'on traverse. Qu'est-ce que ça signifie pour vous de le sortir là, maintenant, dans ce contexte ?
C'est la preuve qu'on a encore envie de faire de la musique. La musique continue d'exister. Je pense que c'est important de ne pas mettre tous les projets sur pause et priver tout le monde de culture, de musique et de divertissement alors que l'on traverse une crise sanitaire. On a grandement besoin de divertissement. Je préfère faire partie de ceux qui prennent une chance et tentent un lancement dans une période complexe, quitte à avoir moins de ventes, plutôt que de faire partie de ceux qui sont protectionnistes et pensent au marché avant de penser au plaisir.

« La spiritualité fait partie de ma vie »
Vous n'avez pas envisagé avec votre équipe de le reporter ?
Si, c'est envisagé par toutes les maisons de disques, par toutes les équipes et par tout le monde. Quand on décide d'un lancement de disque, ce n'est pas la veille pour le lendemain ! On ne savait pas quand le confinement allait prendre fin, est-ce que les télés allaient reprendre, de quelle façon... Quand on sort un album, même si c'est un projet magnifique, il faudra trouver les moyens de le dire aux gens sinon personne n'ira l'acheter. Il faut malgré tout faire savoir qu'il existe.

Vous rendez, à travers ces chansons, hommage aux femmes qui ont marqué d'une façon ou d'une autre votre existence : Marie, Mère Thérésa, votre propre mère... Qu'ont-elles en commun, toutes ces figures ?
Ces femmes ont pour moi une force qui réside dans la douceur. Je suis pour l'égalité des sexes sauf qu'aujourd'hui j'ai l'impression qu'en allant dans cette recherche de l'égalité hommes-femmes, on masculinise la femme. On peut avoir une égalité sans perdre ce qui fait notre diversité. La douceur, cet aspect maternel, cet aspect altruiste, fait partie des forces des femmes et j'avais envie de mettre cela en avant.

Vous avez sorti deux albums consacrés à Thérèse de Lisieux en 2013 et 2018. L'un des thèmes principaux de ce projet est à nouveau la spiritualité. Vous n'avez pas eu peur, à un moment, de vous enfermer dans une image de ''chanteuse chrétienne'' ?
C'est un risque. Ça fait partie des choses qui pourraient m'arriver si je ne dose pas avec attention ou si je n'explique pas bien mon projet et ma démarche. Moi, j'avais envie d'inclure de la spiritualité dans ce que je fais parce que ça fait partie de ma vie. La spiritualité et la religion sont deux choses distinctes à mon sens. Je n'ai pas envie de me réduire à un être de chair et d'os. J'ai envie de parler des émotions, de l'âme, de ce qui ne se voit pas mais qui existe et fait la différence entre un homme et un animal.

Regardez le clip "Viens sois ma lumière" :



« Je voulais écrire depuis longtemps mais je n’avais pas le courage »
Vous écrivez pour la première fois deux chansons. Ce n'est pas rien dans la vie d'une artiste. Quel a été le déclic ?
Le déclic a été la rencontre avec Vincent Bidal [son pianiste, ndlr]. Ce n'est pas évident. J'ai travaillé avec des artistes qui ont tellement de talent... Prenons juste Lionel Florence par exemple [auteur de "Tu trouveras", ndlr]. Décider de prendre la plume après avoir chanté Thérèse de Lisieux, Lionel Florence, Élodie Hesme, ce n'est pas facile. Je me suis dit : "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire qui soit à la hauteur de leurs chansons ?". Quand on est un artiste, on n'a pas envie de régresser en termes de textes. Vincent a réussi à me donner confiance en moi, ne serait-ce que pour simplement montrer mes textes à un musicien et qu'il tente de les mettre en musique, et c'est ce qui a fait la différence. J'avais envie d'écrire depuis longtemps mais je n'avais pas le courage. A partir du moment où on décide de faire les choses différemment et de se laisser aller, on évolue en tant qu'être humain et donc on évolue en tant qu'artiste. On peut toute notre vie grandir. Et heureusement !

Que racontent à vos yeux ces deux textes, "Par amour" et "Peu m'importe" ?
J'avais envie de parler de la femme que je deviens avec les années. Je suis à l'aube de la quarantaine. Je me souviens que j'entendais des femmes raconter dans des reportages qu'elles n'ont jamais été aussi bien qu'à cet âge-là et je me disais : "Mon dieu la pauvre, à 20 ans aussi on est super bien". Mais en fait non ! (Rires) Plus on vieillit, plus on s'accepte et donc plus on accepte les gens. Je n'essaie plus de me changer pour plaire aux autres et je ne demande plus aux autres d'être autre chose que ce qu'ils sont. Ça fait une grosse différence dans la facilité de vivre.

Vous avez dévoilé le clip de ''Mon coeur sera ton coeur'', une chanson très touchante qui raconte l'histoire de votre fils Bixente atteint d'une malformation cardiaque. Comment est né le texte ?
Ce texte-là est le tout premier que m'a envoyé Thomas Pouzin [chanteur du groupe chrétien Glorious, ndlr]. Il m'avait entendu chanter "Vivre d'amour" à l'Olympia et il a eu envie de me proposer un projet. Il a regardé toute ma discographie. A ce moment-là, Bixente venait de naître et j'avais beaucoup parlé de la pathologie cardiaque qu'il avait, de ce que ça avait été comme challenge humainement d'avoir un enfant qui naît malade. Il m'a donc proposé ce texte mais je n'étais pas prête à la chanter. Quand il a été temps de faire le dernier album, j'ai pensé que c'était le bon moment pour cette chanson. Moi je me sentais capable de la livrer. J'avais envie de le faire.

« Mon fils va très bien »
J'imagine qu'en la chantant pour la première fois, vous étiez très émue...
J'étais surtout très émue quand j'ai vu le clip pour la première fois. J'étais toute seule, sans mon fils, et ça m'a fait m'ennuyer de lui ! J'avais hâte de rentrer, de le prendre dans mes bras. Ça fait réaliser que la vie passe vite et je me trouve chanceuse d'avoir cette chanson et ce clip. C'est comme un album photo de nos premières années ensemble. Je suis contente de ce clip parce qu'il est vrai. C'est un bout de ma vie. C'est toujours délicat de donner un fragment de sa vie privée parce qu'après on a peur que les paparazzis essaient d'en prendre plus. Mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui on arrive à réussir à trouver un équilibre entre ce qu'on donne et ce que les gens prennent.

Justement, on hésite à exposer autant de sa vie intime dans une vidéo dont on sait qu'elle sera vue par tous ?
Je n'ai donné que ce que j'avais envie de vous montrer. (Sourire) Il n'y pas de photo de lui à l'hôpital par exemple. J'ai partagé des moments de joie. J'ai d'autres vidéos personnelles que je préfère garder pour moi. C'est là toute la beauté des réseaux sociaux : on peut offrir notre vie privée à nos fans mais surtout choisir quels morceaux on offre. On ne le vit pas comme une intrusion, puisque ce ne sont pas des photos volées.

Est-ce que je peux vous demander comment va votre fils Bixente aujourd'hui ?
Mon fils va très bien. Je suis dans un taxi au moment où je vous parle, il m'attend à la maison. Il est extrêmement dynamique et en grande forme !

Regardez le clip "Mon coeur sera ton coeur" :



Vous êtes chanteuse mais aussi animatrice, professeure de yoga, maman à plein temps... Finalement, quelle place occupe la musique dans votre vie aujourd'hui ?
Je m'en suis aperçue pendant le confinement, où j'ai fait plein d'autres choses : du yoga, voir mes amis, j'ai assuré mon rôle de maman, je me suis occupée de la maison... Mais je n'ai pas chanté. Même pour moi personnellement. Quand j'ai fait mon premier live Instagram avec mon pianiste, on s'est retrouvé en studio, on s'est mis à répéter les morceaux et au moment où j'ai commencé à chanter, j'ai fondu en larmes. J'avais toutes les émotions accumulées depuis deux mois qui sortaient. C'est là que je me suis rendu compte que chanter avait une place primordiale. C'est en chantant que je m'exprime réellement, or là je ne m'étais pas exprimée durant deux mois. La musique est une nécessité dans ma vie. Sincèrement.

« Je ne sais pas si je suis faite pour une vie dans la lumière »
Vous avez un temps songé à arrêter complètement la musique ?
Ça m'est arrivé, oui. Aimer le showbiz et aimer la musique, ce sont deux choses particulièrement différentes. Je ne sais pas si je suis faite pour une vie dans la lumière des projecteurs. Je ne fais pas partie des gens qui ont besoin d'être adulés. Je ne m'aime pas à travers le regard des gens, je n'ai pas besoin de ça pour être bien dans ma peau. L'attention qu'on vous porte c'est agréable mais ce n'est pas une nécessité. En grandissant dans ce métier et grandir en tant que personne, il m'a fallu apprendre à ne plus me sentir comme un objet mais comme une artiste.

Le succès fou que avez connu dans les années 2000, c'était trop pour vous ?
Le succès c'est agréable. Ce qui est trop, ce sont les contraintes qui vont avec. C'est une époque où il y avait beaucoup d'émissions télé, de plateaux, de radios et donc de promotion à faire. Je manquais de temps pour vivre, parce que j'étais toujours en train de travailler. Aujourd'hui, le métier a énormément changé et même quand on connaît énormément un immense succès, je pense qu'il nous reste du temps à soi. Ce qui n'a pas été le cas pour moi entre 2000 et 2007.

Ça vous fait plaisir que des chansons comme ''Je n'ai que mon âme" ou ''Tu trouveras'' soient entrées dans le coeur et l'esprit des gens ?
Ce qui me fait bizarre surtout, c'est quand on me demande : "Tu trouveras", c'était en quelle année déjà ? (Rires) Ça fait plus de 15 ans déjà ! ''Je n'ai que mon âme" va fêter ses 20 ans l'an prochain. Je n'ai pas l'impression qu'il s'est écoulé autant de temps. Mais je suis contente, justement, de ne pas avoir l'impression que ces chansons sont vieilles. ''Je n'ai que mon âme", "Tu trouveras", "Mourir demain", "Un ange frappe à ma porte" : ces titres-là me plaisent encore. Je me dis que je les ai bien choisies.

« "The Voice" ? Je serais tentée »
Malgré l'épidémie, vous envisagez un retour sur scène ?
On repart sur les routes, oui. Nous avons un premier spectacle prévu à Lourdes pour le lancement de l'album devant 500 personnes, un public réduit par rapport à la normale. On fait ce qu'il est possible de faire aujourd'hui vu les conditions sanitaires. Même si ce ce sont pas les 5.000 personnes qui étaient prévues au départ avec la taille du lieu, je suis malgré tout contente et je me sens chanceuse de pouvoir faire un spectacle au mois d'août. Ensuite, on reprendra la tournée dans les églises en septembre. Chaque soir, au lieu de proposer un seul spectacle, j'en ferai deux avec des demi-jauges : la première partie du public viendra à 18h30 et la deuxième moitié à 20h30. Physiquement, cela va être plus exigeant. Mais ça me permet d'exercer mon métier. Je préfère être fatiguée d'avoir trop travaillé que ne pas pouvoir chanter et faire vivre ma musique.

Vous avez été coach de "The Voice Belgique" durant deux saisons. Pourrait-on vous voir dans le fauteuil rouge en France ?
On ne m'a jamais approchée pour devenir coach. Je ne pense pas que j'ai le profil qu'ils recherchent. Il n'empêche que c'est une émission que j'aime beaucoup et que j'ai pris énormément de plaisir à faire quand j'étais en Belgique, parce qu'on découvre des gens qui ont énormément de talent. En disant cela, je pense entre autres à Alice on the Roof, qui se trouvait dans mon équipe et qui vole aujourd'hui de ses propres ailes et fait de très belles choses.

Vous diriez oui si on vous contactait ?
Si on me proposait, je serais tentée. C'est un métier que j'aime et que j'ai aimé faire. Après je sais que l'émission est un peu différente en France. En Belgique, on passe sincèrement beaucoup de temps avec nos talents, on travaille réellement avec eux. Je pense que la mécanique française n'est pas totalement la même. Est-ce que j'y prendrais du plaisir ? Je n'en sais rien mais en tout cas, en Belgique, je continuerais à le faire.
Yohann RUELLE
Plus d'infos sur Natasha St-Pier sur son site officiel ou sa page Facebook.
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