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Interview
dimanche 02 décembre 2018 14:00

Najoua Belyzel en interview : "La mélancolie ne m'a jamais quittée"

Après 10 ans d'absence, Najoua Belyzel est enfin de retour et publiera son nouvel album "De la lune au soleil" en mars 2019. Dans une passionnante interview à coeur ouvert, la chanteuse explique les raisons de son retrait médiatique, lève le voile sur les phases de doute qu'elle a traversées et livre les premières informations sur ses nouvelles chansons comme "Cheveux aux vents". Rencontre avec une artiste qui place l'authenticité en priorité.
Crédits photo : DR
Te voici de retour avec "Cheveux aux vents", un single qui annonce l'arrivée d'un nouvel album. Dans quel état d'esprit es-tu ?
Je me sens plutôt sereine. Je me sens bien dans mon pull-over, comme je le dis dans la chanson ! (Sourire) Je suis plutôt heureuse dans ma balance intérieure, déjà parce que c'est une bonne nouvelle de revenir avec un single, avec un album et avec des dates précises. Et puis parce que j'ai signé aussi avec un label, Warrior Prod, et des gens formidables. Quelque part, j'en avais besoin. Je suis soulagée parce qu'il me manquait cette équipe. J'avais besoin de gens qui aiment ce que je fais et qui m'accompagnent tout en ayant le coeur à le faire, des gens sensibles à mon écriture, à ma voix et mon univers. Je les ai trouvés et pour l'instant, tout se passe très bien.

« J'ai eu plus de choix et de liberté »
J'imagine que ça aide à créer une énergie nouvelle, aussi ?
Oui ! J'avais quitté ma maison de disques après le deuxième album et j'avais décidé avec Christophe Casanave, qui est mon producteur, mon acolyte et mon compositeur, de faire un album en auto-production. Il s'est avéré que ça n'est pas si facile que ça. (Sourire) C'est pour ça que je suis heureuse d'avoir cette équipe avec moi. On peut faire une très belle armée avec deux, trois, quatre personnes. Il suffit juste qu'il y ait de l'amour.

Ce troisième album, le public l'attend depuis presque 10 ans maintenant. Pourquoi tout ce temps ?
Comme disait Françoise Sagan, mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps ! (Rires) Il y a eu cette tentative en auto-production et il y a un roman que je suis en train d'écrire et qui me prend beaucoup de temps. Et puis, il y a eu une part de déception sans doute. J'avais vraiment besoin d'être avec des gens que j'aime. C'est pas que dans les deux premiers albums je me suis pas sentie aimée, mais c'est important que les personnes avec lesquelles tu collabores conduisent ton travail jusqu'au bout. A l'époque, j'aurais aimé qu'on exploite "Rentrez aux USA" par exemple, qui est une chanson qui parle de la guerre en Irak. Je l'ai écrite et chantée avec mes tripes. D'autres titres aussi dans le deuxième, comme "Viola". J'ai fait un duo avec Marc Lavoine, qui est un artiste formidable que j'aime énormément, et j'aurais aimé que le public le découvre. Pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas fait ? Je ne sais pas. Dans ce troisième album-là, j'ai eu plus de choix, plus de liberté et en plus je m'entends bien avec mon équipe. Donc normalement, il se peut qu'il se passe de très belles choses...

"Cheveux aux vents" parle d'amour, de liberté. Tu avais envie de plus de légèreté ?
Il faut prendre garde à la lecture du texte. C'est une chanson à la première écoute qui est très entêtante, très solaire, festive et lumineuse, avec des flûtes de pan, des mots choisis qui inspirent la joie et la liberté. Quand les premiers mots me sont arrivés, je marchais dans une ruelle. D'ailleurs j'étais en pull-over, c'est pour ça que je l'ai laissé dans le texte ! Ça ne s'invente pas (Rires) C'était à la fin de l'hiver, il faisait encore un peu frais. J'avais le soleil dans le dos et j'avançais très vite, avec mon ombre devant moi, comme si je voulais lui courir après et l'attraper. L'inspiration m'est venue comme ça. J'ai pris des notes dans mon téléphone, avec des bouts de paroles. C'est resté un peu en moi et le soir j'ai regardé le film "Orphée" de Jean Cocteau. J'adore ce cinéaste, il y a dans de poésie, tant d'amour et de violence aussi dans son travail... Je le trouve magique. Tout ça s'est mélangé dans mon subconscient et avec Christophe, quand on a écrit le texte, j'ai voulu quand même insérer un double-sens : celui d'une femme qui est folle amoureuse de quelqu'un, qui le perd et qui veut jusqu'à mourir pour ne plus souffrir. Ou pour le rejoindre, ça dépend de ton interprétation. (Sourire) C'est un suicide poétique en quelque sorte. Le saut de l'ange. Cette soif-là et cette quête d'amour se retrouvent beaucoup dans le reste de l'album. C'est un disque 100% électro, dansant mais en réalité très mélancolique.

« Ma musique me soigne »
C'est le reflet de ta personne, en même temps...
Cette mélancolie ne m'a jamais quittée. J'arrive pas à écrire sur quelque chose de léger... Je n'y arrive pas ! J'ai essayé. C'est pour ça que je me suis perdue dans un roman aussi, parce que j'ai tellement envie de parler, de communiquer, de transmettre, de dire, de raconter, même si ça reste enfermé. Si ça se trouve, il ne sortira jamais ce roman... (Elle s'interrompt) Je suis en train de me porter malchance. Non, il sortira ! Il faut que je fasse quelque chose de tout ça. Ma musique me soigne, en fait. Cet album représente bien cette dualité. Par exemple, j'ai une musique qui te donne juste envie de danser, de danser, de danser, d'être en transe complète... mais qui parle de viol. C'est sauvage. Mais qui sait, peut-être qu'un jour j'arriverais à écrire « J'ai un gros nez rouge, des traits sous les yeux », je ne sais pas. (Rires)

Regardez le clip "Cheveux aux vents" de Najoua Belyzel :



Tu as toujours présenté un univers visuel très fort. Où puises-tu ton inspiration ?
D'un peu partout. Par exemple pour "Que sont-ils devenus ?", je revenais de vacances en Italie et j'ai vu une affiche avec un visage d'enfant, un petit garçon qui était disparu. Ça m'a rendue triste ! Un peu plus tard, j'ai revu une autre photo dans un journal mais c'était une petite fille. Ça m'est resté en tête et puis j'ai repensé à la petite Maddie, à l'affaire Ludovic, qui remonte à 1983... J'ai posé la question autour de moi : "Qu'est ce qu'ils deviennent ?". On en parle plus. Donc on a écrit une chanson là-dessus et j'ai contacté une association qui s'appelle "116000 Enfants Disparus". Ça m'a fait drôle d'appeler, d'y aller, je ne savais pas trop quoi faire, j'étais stressée. Une dame m'a expliqué l'histoire de l'association, je lui ai dit que j'avais une chanson sur ce sujet et elle a trouvé ça très beau. J'avais l'impression de les aider un peu. Après il a fallu qu'on en fasse un clip mais je n'avais beaucoup de moyens. Finalement, je me suis inspirée des contes de fées, des contes de Grimm. Je suis allée dans un endroit spécialisé pour les films et j'ai loué un costume de petit chaperon rouge, avec mon petit panier. (Rires) C'est vraiment fait-maison, c'était la première fois que je montais à cheval ! Mais on s'en fout des moyens. Le plus important, c'est le coeur qu'on a mis dedans. C'est le message. Donc voilà, là je peux m'inspirer des contes, des films comme ceux de Jean Cocteau, qui m'avait aussi inspiré pour "Gabriel", qui m'a inspirée pour "Cheveux aux vents", le dernier... Et puis je peux chercher des idées à l'intérieur de moi aussi, c'est inépuisable. Je suis un peu double : je donne d'une main, je prend de l'autre, j'ai du soleil puis d'un seul coup les nuages passent... (Sourire) On me dit souvent "t'es un clown", parce que je parle beaucoup. Mais en vérité les clowns sont un peu tristes, non ? On est tous un peu pareil au fond. C'est la vie qui est une source d'inspiration immense...

« On est dans une industrie qui veut te faire rentrer dans un moule »
Tu as toujours été ainsi, à aller jusqu'au bout de tes idées malgré les obstacles ?
Oui, même si j'ai parfois abandonné. J'ai commencé assez jeune, je suis tombée dans ce milieu un peu par hasard. Je suis arrivée à Paris j'avais 19 ans, j'ai fait un casting et j'ai rencontré Christophe Casanave, qui a révélé la chanteuse qui était en moi. Jamais je n'avais songé à chanter ! Je faisais des études de droit, je voulais défendre le plus faible et le plus pauvre. Je te jure que c'est vrai, appelle la faculté de droit de Nancy ils vont te dire "Elle a séché tous les cours !". (Rires) Ma seule consolation, c'est que je vis près d'un Palais de justice. Je vois les juges qui passent avec leurs toges et tous les avocats ! Mais c'est pas grave, je défends d'autres idées à travers la musique : les violences faites aux femmes, les enfants... C'est pour ça que je me suis rattrapée avec "Au féminin". J'avais l'impression dans mon premier album de ne pas avoir assez parlé de ces sujets-là. En même temps, on ne peut pas tout dire et on ne vous laisse pas tout dire. Le milieu est parfois un peu hostile, c'est une industrie avec des codes. Je me souviens pour "Quand reviens l'été", ça m'avait fait mal au coeur ! Dans le texte original je disais "Vive la vie, vive la mort". Ma maison de disques m'a dit "Non, tu enlèves le mot mort". Du coup ça s'est transformé en "Vive la vie, je t'aime fort". C'est quand même pas pareil ! On est dans une industrie qui veut te faire rentrer dans un moule. Ça ça fait vendre, ça ça fait pas vendre. Si tu montres pas un bout de fesses, un bout de seins, si t'attaques pas elle ou pas lui... Et moi tout ça, c'est pas moi. C'est surtout important de défendre ce que tu as envie de raconter, qu'on ne te déforme pas, qu'on ne te déguise, qu'on ne te travestisse pas. Même si parfois ça m'a porté préjudice. Alors j'ai marché moins vite que les autres mais c'est pas grave. Au moins ma marche elle est droite. Je ne triche pas.

Ecoutez "Quand revient l'été" de Najoua Belyzel :



Comment on fait pour vivre du métier d'artiste, aujourd'hui ?
C'est difficile. J'ai eu beaucoup d'argent, j'ai fait de grands cadeaux, j'ai offert une maison à mes parents, j'ai soutenu des associations comme "Handicap international"... Je suis pas là pour me vanter, pour te dire "tiens voilà mon CV de donation", on s'en fiche de ça. Juste pour te dire que j'ai essayé de faire au mieux, de suivre ce que mon coeur disait. Quand j'en ai eu, j'en ai fait bon usage. J'avais heureusement mis un peu de côté quand est arrivé le moment où l'argent ne rentrait plus. Si tu tombes sur un bon manager, c'est la première chose qu'on te dit quand tu débutes : "Mets un peu d'argent de côté". Donc j'ai vécu sur ça. C'est très intime ce que je vais te raconter-là mais le jour où j'ai voulu avoir un enfant, je ne me suis plus posé de question par rapport à mes finances. Et pourtant jusque-là, j'avais repoussé ce projet. Parce que je me disais qu'il fallait attendre d'avoir un nouvel album, que je le ferais une fois que je me serais repositionnée etc. On me disait : "Najoua, fais attention". Alors qu'on s'en fout ! Les femmes, quand vous avez envie d'avoir un bébé, allez-y. Faites-le ! C'est un truc tellement grand que tu oublies tout. Moi je suis issue d'une famille nombreuse, j'ai plein de nièces et neveux, et tout le monde me disait : "Et toi Najoua c'est pour quand ?". C'est en écrivant "Luna" que ça a débloqué quelque chose en moi. Comme si j'avais besoin de le chanter pour le réaliser ! Aujourd'hui je suis maman et je suis la plus heureuse du monde.

« Ma fille m'a apporté beaucoup de lumière »
C'est peut-être cet événement qui a, inconsciemment, redonné une nouvelle impulsion à ta carrière.
Exactement. J'ai l'impression qu'elle m'a apportée énormément de lumière dans ma vie. Tu sais tout à l'heure quand je te disais que je suis perdue dans l'écriture de mon roman, c'est pas par manque d'inspiration. C'est parce que j'en ai trop !

Quand ce projet va-t-il se concrétiser ?
Je l'ignore. Je suis tellement impressionnée par l'idée d'écrire un livre ! Moi qui me suis habituée au format chanson. Je me sens dépassée. Il se trouve que mon voisin et mon ami est Yves Simon, un artiste et un très bel écrivain qui a écrit une magnifique chanson qui s'appelle "Diabolo menthe". J'avais jamais osé lui demander mais il a accepté de me voir pour me donner des conseils. En vérité, quand je suis arrivée à Paris, je ne voulais pas chanter : je voulais écrire. Comme je te disais tout à l'heure, j'étais montée pour passer le casting de "Tourne-toi, Benoît". C'était le 3 octobre 2001. J'avais rendez-vous à 14h, je suis arrivée à 14h30 et Christophe m'a dit "Non non, tu t'en vas". Il rigolait, bien sûr. Entre lui et moi, c'était déjà électrique ! C'est vraiment une rencontre-clé. Et j'étais venue avec mes textes. Ça a été filmé, j'ai encore la vidéo ! C'est ce qui m'a différenciée des autres qui passaient le casting. Elles avaient toutes de belles voix, c'était Mariah Carey et Whitney Houston, je te jure ! A côté, moi, je suis arrivée avec mes grosses chaussures, mon accent lorrain... (Rires) Je m'en rappelle, j'avais une ceinture avec des étoiles ! Mais j'avais mes textes. C'était le destin.

Revenons à ce nouvel album. De quoi vont parler tes nouvelles chansons ?
Il y a un titre qui s'intitule "Le fléau", un hymne anti-terreur, anti-monstruosité, anti-douleur et anti-violence. Ce qui est fou, c'est que je l'ai écrit une semaine avant ce qu'il s'est passé au Bataclan. Il y avait déjà eu plein d'attentats, je ne voulais pas vraiment écrire là-dessus mais c'est venu tout seul. Parler de ces choses-là c'est difficile à faire. C'est un très beau texte. Je suis fière de tous mes textes mais celui-ci particulièrement. Dedans il y a le mot "unisson", un mot tellement fort et beau que je me suis dit "Je ne peux pas le faire toute seule". Christophe a alors eu l'idée de demander aux fans de participer. Il y a beaucoup de gens qui ont envoyé leurs voix, parfois avec un téléphone, parfois avec un vrai micro. On a été un peu dépassé à vrai dire ! Donc c'est un espèce de duo, entre moi et le public. Ma voix est complètement fondue à l'intérieur, elle me donne des frissons cette chanson. Elle a une place très importante. Cet album, c'est comme une succession de petits contes que je chante. Il y a un morceau, "Curiosa", autour d'un personnage que j'ai inventé. "J'me laisse aller" c'est un peu plus léger et piquant, ça parle d'une fille qui veut se venger de son petit copain qui l'a laissée tomber. Mis à part ce titre, c'est un disque qui traite de sujets assez houleux et assez forts, mais tout le temps avec de l'amour. C'est la colonne vertébrale. Et puis dans l'amour tu trouves de la beauté, de la douleur, de la violence, de la haine... L'album s'appellera "De la lune au soleil".

Pourquoi ?
Parce que j'écrivais beaucoup en journée et j'enregistrais la nuit. (Sourire) J'étais vraiment bercée entre ces deux astres-là. C'était délicat, c'était difficile à faire mais on a réussi, toujours avec Christophe Casenave. On est un peu comme un duo, sauf que c'est moi qui suis mise en lumière. Il déteste quand je dis ça ! J'ai aussi travaillé avec Jérôme Morette, qui est venu donner un grand coup de fouet aux réarrangements. On avait 30 morceaux au départ, il y en aura 12 au final. On prépare aussi des titres bonus. La sélection a été dure car je les aime tous ! Ce sont comme mes enfants, tu aimerais te séparer de ton enfant toi ? En plus chacune a une histoire, une couleur... Mais on a trouvé un équilibre.

« La scène me manque »
Tu vas donc partir en tournée pour cet album ?
Oui ! Quand j'ai chanté au Pan Piper en 2016, j'ai eu un déclic. Ça m'a fait un truc de fou. C'est pour ça que je fais ça en réalité, il est là le kiff. Quand tu es sur scène, tu as les projecteurs devant les yeux, tu as du mal à distinguer le public mais tu entends des voix, des acclamations, les gens qui chantent tes morceaux... J'arrive pas à l'expliquer. Tu es complètement happé, tu as l'impression d'avoir pris de la drogue. Je te jure, la scène c'est une drogue ! J'avais très envie d'en refaire. C'était un peu mon point faible avant : je pense que je n'ai pas fait assez de concert sur mes deux premiers albums. J'ai fait quelques petites dates oui, mais ce n'était pas suffisant. Ça me construit énormément en tant qu'artiste car tu sais au début j'ai eu du mal à trouver ma place... J'ai endossé le costume de chanteuse par la force des choses. J'avais l'impression de ne pas être vraiment légitime. Mais chanter ce que tu as écrit devant un public, ça donne de l'assurance. Tu partages et tu exultes. En signant sur mon label, c'est une des premières choses que je leur ai dites : la scène me manque ! Je pense vraiment que si j'avais fait plus de concert, à un moment, je me serais sentie mieux dans ma tête. Donc venez me voir ! (Sourire) Ça sera chouette.

Yohann RUELLE
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