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Interview
lundi 29 janvier 2018 17:10

Madame Monsieur (Eurovision) en interview : "Mercy n'est pas une chanson politique"

Madame Monsieur représentera la France à l'Eurovision 2018 avec la chanson "Mercy". Après sa victoire, le duo a répondu aux journalistes lors d'une conférence de presse dans les coulisses.
Crédits photo : France Télévisions
Samedi soir, dans les coulisses de "Destination Eurovision", Madame Monsieur s'est prêté au jeu des questions des journalistes. Après l'annonce de sa victoire avec "Mercy", la chanson qui représentera la France à l'Eurovision à Lisbonne en mai 2018, le duo français formé d'Emilie et Jean-Karl a donné une conférence de presse pour réagir à sa victoire, évoquer l'histoire de "Mercy", le message politique de la chanson ou encore une potentielle version avec des passages en anglais. Morceaux choisis des questions posées par une poignée de journalistes, dont la rédaction de Pure Charts.

Vous allez représenter la France à l'Eurovision en mai 2018. Vous êtes fiers ?
Emilie : Ah oui ! On ne réalise pas vraiment encore. Ce basculement au dernier moment, de voir que les gens nous ont donnés tous ces points, ça nous remplit de joie et de fierté. C'est énorme !

Jean-Karl : En plus, il y avait beaucoup de candidats signés en grosses maisons de disques, avec beaucoup de moyens. Nous on est signé dans un petit label indépendant, on travaille en famille, on n'est pas nombreux. On a tous essayé de faire le meilleur. On est très très fiers de ça.

Emilie : On est arrivé comme des fleurs ! (Rires)

« "Mercy", ce n'est pas une chanson politique »
"Mercy", c'est une chanson qui a une histoire particulière...
Jean-Karl : C'est une chanson qui est particulière parce qu'elle parle une histoire vraie. D'une petite fille prénommée Mercy qui est née sur l'Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée, en mai dernier. On a voulu raconter cette histoire en chanson. C'est une chanson simple, sans donner de leçons. Ce n'est pas une chanson politique, c'est une chanson qui fait du bien. C'est une chanson qui raconte cette histoire. Apparemment, le public a été touché, c'est tout ce qu'on voulait faire.

L'idée de faire l'Eurovision avec cette chanson, elle vient comment ?
Emilie : Elle vient en septembre, on est contacté pour voir si on est intéressé pour participer, si on a une chanson à présenter. Ce n'est pas du tout un truc qu'on avait envisagé un jour. On a réfléchi et on s'est dit que "Mercy" avait peut-être un message qui pouvait parler à l'Europe.

Jean-Karl : On s'est dit que l'Eurovision c'était le cadre parfait pour raconter cette histoire au plus grand nombre.

Emilie : On s'est dit qu'elle pourrait faire du bien en ce moment, dans ce contexte un peu crispé autour des migrants. C'est juste un récit, on est juste des artistes, ça nous a touchés. Quand on a reçu le tweet de Grégory Leclerc, on était en studio, donc le jour même de la naissance de Mercy on a écrit cette chanson. Et quelques mois plus tard, l'Eurovision... Les enchaînements dans la vie c'est quand même fou parfois.

« Le sujet des migrants est clivant en France comme en Europe »
L'engouement autour de la chanson "Mercy" après la deuxième demi-finale, ça vous a mis la pression ?
Jean-Karl : Après tous les messages qu'on a reçus, tout l'amour, on s'est dit qu'il ne fallait pas qu'on déçoive les gens. On avait vraiment envie de continuer l'aventure. On aurait été vraiment déçu de ne pas y aller. On a aussi une responsabilité car cette chanson ne raconte pas n'importe quoi. Le public nous a fait gagner. Maintenant, on va essayer de leur rendre la confiance qu'ils nous dont donné.

Justement, si le public français vous a plébiscité, vous n'êtes pas arrivés en tête des votes des jurés internationaux. C'est quelque chose qui vous interpelle ?
Emilie : Je ne sais pas trop quoi dire. Après, il y a peut-être la barrière de la langue. Mais quand même on a eu je crois systématiquement des points donc chacun des dix pays a été touché.

Jean-Karl : En demi-finale, on a fini premiers des votes du jury international. Ça dépend des gens...

Emilie : C'est une question de perception peut-être. On va essayer de travailler là-dessus. Si maintenant notre public à convaincre c'est l'Europe, on va chercher à comprendre pourquoi on n'a pas eu tous leurs points !

Regardez Madame Monsieur interpréter "Mercy" :



Vous parliez de crispation autour de la question des migrants. Vous n'avez pas peur que ça vous pénalise à l'Eurovision ?
Emilie : C'est clivant en Europe comme c'est clivant en France. Et justement on a été très étonné après la demi-finale, car on pensait bien que ça toucherait certaines personnes mais on pensait qu'on aurait beaucoup de retours négatifs. Il y en a eu quelques-uns, pas toujours très intelligents. Mais on a reçu un pourcentage de bienveillance colossal. Donc j'imagine que l'accueil sera le même en Europe. J'espère. La chanson parle d'un moment heureux, d'une naissance. C'est universel ça.

Jean-Karl : Notre chanson elle ne donne pas de leçons politiques. On ne dit pas : "Il faut faire ça". On est juste des musiciens. La musique c'est de donner des émotions. C'est tout ce qui nous importe.

Emilie : C'est pour ça qu'on a raconté cette histoire à la première personne. De façon un peu naïve, même s'il y a quand même du fond. Ce bébé il vient au monde, il ne porte pas de jugement, et il est reconnaissant d'être en vie. Et qui a toute la vie devant lui.

« On ne peut pas laisser mourir des gens dans la mer »
Vous dîtes que la chanson ne donne pas de leçons, mais elle porte tout de même un message politique fort, non ?
Jean-Karl : Non parce que les bénévoles de SOS Méditerranée vous diront que ce n'est pas politique ce qu'ils font. C'est simplement qu'on ne peut pas laisser mourir des gens dans la mer. C'est la chose la plus naturelle qui soit. Ça ce n'est pas de la politique, c'est de l'humanité.

Emilie : L'Aquarius c'est parti d'une initiative citoyenne. On se considère un peu comme eux dans le sens où notre démarche est la même.

Jean-Karl : Et la chanson parle aussi d'eux. Elle parle de Mercy et à travers elle des migrants, mais aussi des bénévoles qui partent des semaines pour sauver d'autres gens.

« On est des artistes humains »
L'étiquette "artistes engagés", ça vous va ?
Jean-Karl : Engagés, je ne sais pas... On est des artistes humains.

Emilie : On est des artistes engagés si "L'Aziza" c'est une chanson engagée, si "Babacar" c'est une chanson engagée. Ces gens-là, c'est pareil, ils ont raconté une histoire. Ils ont été touchés. Ce sont des témoignages.

Regardez la lyrics vidéo de "Mercy" :



Vous pensez mettre un peu d'anglais dans la chanson pour l'Eurovision ?
Emilie : C'est quelque chose qu'on va voir avec l'équipe de l'Eurovision. Là, on débarque un peu. On est en train d'y réfléchir mais après est-ce qu'elle ne perdrait pas de sa force si elle passait dans une autre langue ? Il y a plein de questions mais on n'a pas encore de réponses encore.

Jean-Karl : "Mercy", ça a du sens, tout le monde comprend en Europe. C'est un mot universel.

Emilie : Même "Je m'appelle Mercy", tout le monde comprend.

Jean-Karl : Et puis les victoires françaises à l'Eurovision, il n'y avait pas d'anglais, ça a toujours été avec un texte en français. (Une version entièrement en anglais de "Mercy" devrait être dévoilée prochainement, ndlr)

« On est fier de cette chanson »
Vous allez faire face à un tourbillon médiatique avec l'Eurovision, ça va être un vrai marathon. Vous êtes prêts ?
Emilie : On attend que ça. Ça fait près de quatre ans que Madame Monsieur existe. C'est notre bonheur. On n'a pas du tout peur, on a hâte. Notre album "Vu d'ici" qui va sortir, c'est une collection d'histoires, de portraits. Il y a des faits divers comme "Mercy", il y a des choses inventées. On essaie toujours d'avoir un axe un peu particulier. On a vraiment hâte.

Jean-Karl : C'est pour ça qu'on fait de la musique. On est vraiment serein. On est très heureux que ce soit avec cette chanson-là. On est fier de cette chanson.

Vous avez des nouvelles de la petite Mercy, vous savez où elle est ?
Emilie : On la recherche depuis qu'on a écrit la chanson, bien avant l'Eurovision. La première chose qu'on a faite c'est de contacter SOS Méditerranée pour les rencontrer, parce que ce n'est pas une chanson anodine. On n'a pas besoin de leur autorisation dans l'absolu mais on avait besoin de savoir s'ils approuvaient notre démarche et les mots qu'on avait choisis. Depuis, on a noué des liens très forts avec eux et on est tous à la recherche de Mercy. Mais ce sont des informations qui sont très protégées. C'est très compliqué. On cherche Mercy, on suppose qu'elle est en Sicile, peut-être en Angleterre. Si on la retrouve on serait content de lui chanter notre chanson, de savoir si elle va bien...

Jean-Karl : D'ailleurs, on organise le 5 mars un concert au Petit Bain à Paris dont tous les bénéfices seront reversés à SOS Méditerranée. Il y aura plein d'invités.
Julien GONCALVES

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