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Interview
samedi 18 janvier 2020 12:30

Julien Clerc en interview : "Quand vous avez l'amour du public, vous vous moquez du reste"

Auréolé d'un disque d'or pour son album "Duos", Julien Clerc revient pour Pure Charts sur la genèse de ce projet rempli de jolies chansons et de belles collaborations. L'occasion de dresser le bilan d'une carrière étalée sur cinq décennies avec un artiste qui n'a jamais perdu la flamme.
Crédits photo : Parlophone
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Vous êtes au coeur de l'actualité avec l'album "Duos" où vous revisitez vos plus belles chansons en compagnie d'autres artistes. Vous qui êtes un expert, est-ce que le duo est un exercice facile ?
Ce n'est pas toujours facile, mais c'est la raison pour laquelle c'est enrichissant ! D'autant plus que je voulais qu'il y ait un vrai travail sur les harmonies et que les voix ne soient pas toujours à l'unisson, en particulier dans toutes les chansons avec des femmes. C'est souvent moi qui fait les harmonies, ce qui est encore plus difficile pour moi qui ai inventé les mélodies principales. Le duo est un exercice technique et fraternel, j'ai envie de dire, et comme il me permet de revisiter mon répertoire, c'est plutôt plaisant.

Sur l'album, vous collaborez avec Francis Cabrel, Calogero, Zaz, Vianney... Avec qui vous êtes vous le plus amusé en studio ?
C'était vraiment formidable à chaque fois, parce que ce sont tous de fortes personnalités qui ont amené leur patte et leur influence sur ces versions inédites, sans les trahir. Je conserve de beaux souvenirs avec chaque invité, c'était même parfois très émouvant comme avec Francis Cabrel avec qui je chante "Souffrir par toi n'est pas souffrir". La chanson avec ma fille, c'était là aussi plus émouvant qu'amusant. Il y a eu un gros travail pour le titre avec Sandrine Kiberlain entre nos voix, donc c'était technique mais gratifiant. Si l'on parle d'amusement, il est évident que "Melissa" avec Philippe Katerine était drôle à faire. Pourquoi ? Parce que la chanson lui allait très bien ! Il l'a revisité à sa façon, en respectant chaque note puisque c'est un très très bon chanteur. C'était amusant parce qu'il est amusant. Enregistrer ce disque l'était d'autant plus que je ne savais pas trop ce qui allait m'arriver et que j'en ai découvert le plaisir au fur et à mesure des rencontres avec les artistes.

« C'est difficile d'être fils de ou fille de »
Vous venez d'en parler, vous partagez un duo avec votre fille Vanille, qui est également chanteuse. Vous l'espériez, qu'un de vos enfants suivent vos traces ?
Non, pas du tout. Pas du tout ! Ça a été une surprise. Je trouve qu'elle a du courage parce qu'on sait tous que c'est difficile d'être fils de ou fille de. En même temps, elle aime profondément la musique et c'est la seule chose valable dans tout ça. Quand on se lance dans cette carrière, c'est parce qu'on aime la musique, qu'on est passionné. Je lui souhaite le meilleur. Je ne lui aurais pas proposé ce duo il y a trois ou quatre ans mais comme depuis, elle a fait son disque et très bien entamé sa carrière... Elle est auteure-compositrice, elle sait ce qu'elle aime, elle sait ce qu'elle ne veut pas. Elle ne fait pas ça à tout prix, elle fait ça avec amour. J'étais inquiet mais je suis fier du résultat.

C'est une belle histoire de transmission, aussi...
C'est sûr. Comme la musique est le métier de son père, elle était omniprésente durant son enfance. Elle a assisté à un très grand nombre de concerts, elle a tant vu passer d'artistes et de musiciens à la maison qu'en définitive, ça ne m'étonne pas qu'elle ait choisi cette voie. Ça a été toute son enfance, comme les enfants de grands acteurs voient de l'intérieur la vie de leurs parents sur les plateaux de tournage si vous voulez. C'est le destin : il fallait sans doute qu'un de mes enfants [il en a cinq, ndlr] ait envie de faire de la musique !

Ecoutez "Fais-moi une place" de Julien Clerc et Vanille :



« J'ai accompagné les gens et les gens m'ont accompagné »
Justement, vous qui avez traversé les générations, vous réalisez à quel point vous faites partie de la vie des gens avec votre voix, votre musique ?
Je m'en rends compte quand je chante dans des rassemblements, comme des galas privés, face à des personnes qui ne sont pas nécessairement là pour me voir ou qui ne me connaissent pas particulièrement. Quand je fais ma quinzaine de chansons, qui constituent finalement mon répertoire qui a accompagné la vie des Français, et que je vois ces personnes connaître les chansons, là je m'en rends compte. Aujourd'hui, c'est assez émouvant quand je reprends "Ce n'est rien" ou "Ma préférence" devant 10.000 personnes et que tout le monde chante. Les gens m'ont accompagné mais moi je les ai accompagnés aussi.

Pour laquelle de vos chansons vous gardez une tendresse particulière ?
Vous savez quand vous êtes compositeur, toutes les chansons sont vos enfants ! (Rires) Certains ont mieux réussi que d'autres, c'est de temps en temps comme ça dans les familles. Moi j'ai des chansons, ce n'est pas qu'elles m'ont échappé mais elles ont été choisies par les gens, elles ont élues par le public. Ce sont ces titres-là pour lesquels on aurait une tendresse particulière. Toutes les chansons sont au départ sur la même ligne. Vous ne pouvez pas savoir si une chanson va sortir du lot. Vous, vous avez mis le même coeur à faire la chanson 1, 2, 3, 4, 5 ou 6 de l'album ! Ce sont les gens qui décident.

Vous avez plus de 50 ans de carrière au compteur et vous ne semblez pas vous lasser. D'où tirez-vous cette énergie ?
Faire des chansons est le métier que j'ai choisi. La célébrité n'a pas été le moteur, si vous voulez. Quand j'avais 18 ans, évidemment, je ne pensais qu'à ça ! Je me disais : "Je vais connaître des filles et gagner de l'argent" ! (Rires) C'était un petit peu étroit comme façon de penser. J'ai très rapidement compris que ce qui faisait l'intérêt et la qualité de cette vie-là, c'était d'inventer de la musique. Comme j'avais la chance d'avoir ce petit don pour les mélodies, j'ai essayé de le développer. Très vite, la chose importante n'a plus été d'être connu mais d'être capable de continuer encore et toujours d'inventer des nouvelles chansons. Or finalement, c'est ça qui m'intéresse le plus, c'est ça qui fait que nous, les artistes, travaillons en permanence. De la même manière que certains ne se séparent jamais de leur guitare, il y a toujours un piano pas très loin de moi dans ma vie. C'est de là que vient l'énergie. Je considère que c'est une chance inouïe de créer des chansons que les gens veuillent bien écouter et de partir sur les routes pour aller leur chanter.

Ecoutez "Souffrir par toi n'est pas souffrir" avec Francis Cabrel :



Vous avez des regrets dans votre carrière ?
Pas vraiment. Je dis souvent que dans mes débuts, j'aurais dû consacrer plus d'énergie à chanter en dehors de mes frontières. C'était un moment donné où la chanson française était tellement forte, on travaillait énormément et on vivait tellement bien de notre métier que je n'ai pas, suffisamment je crois, poussé dans cette direction. Je chante à l'étranger, plus que certains, mais j'aurais pouvoir chanter vraiment partout. Quand vous chantez ailleurs, en particulier dans un pays qui ne parle pas votre langue, vous êtes plus exposé, vous devez plus convaincre. C'est une sensation qui est très agréable. Je ne sais pas si j'aurais eu le temps de tout faire, comme Yves Montand ou Charles Aznavour, mais on trouve le temps quand on veut. Si j'ai un petit regret, c'est celui-là. M'enfin ça ne m'empêche pas de dormir la nuit.

« Quand vous êtes aimés du public, vous ne plaisez pas forcément aux critiques »
La reconnaissance de la profession, comme les Victoires de la Musique, c'est quelque chose qui vous a manqué ?
Non. Non pas du tout, parce que je connais les règles du jeu. Je ne suis pas étonné. J'ai quand même eu certains prix pour certaines chansons. (Il marque une pause pour choisir ses mots) Je sais que ça marche comme cela. Généralement quand vous êtes aimés du public, vous ne plaisez pas forcément aux critiques. Ça me semble être un phénomène très humain. Ça m'aurait fait de la peine si je n'étais pas aimé ou respecté par des gens qui font le même métier que moi, des musiciens et des chanteurs. Eux, j'espère toujours leur plaire. Maintenant pour le reste de la profession... Je vais vous dire, quand vous avez l'amour du public, vous vous moquez du reste. Vous en foutez un peu des décorations. J'ai même refusé la Légion d'honneur, parce que ça me semblait franchement pas une évidence qu'un chanteur la reçoive. Pour moi, c'est le public qui fait votre succès. Rien d'autre.

Avez-vous déjà commencé à travailler sur un prochain album ?
Bien sûr ! Je suis déjà entré dans cette période à la fois passionnante et amusante, parce qu'on oublie souvent de dire qu'il y a un côté très ludique à écrire des chansons. A chaque projet, il y a toujours cette interrogation : est-ce que je suis encore en prise avec l'air du temps ? Il n'y a pas de recette. Ce sont des réflexions intéressantes sur soi-même. Est-ce que je suis encore capable, quand je me mets derrière un piano, de sortir 17 chansons qui deviendront 12 pour mettre sur un album ? Moi je crois que oui, donc ça me rend heureux !

« J'écris de nouvelles chansons »
Votre dernier album de chansons originales, "Je t'aime etc.", était produit par Calogero. Allez-vous faire appel à quelqu'un pour celui-ci ?
Oh oui, je ferai sans doute appel à quelqu'un, c'est sûr. J'ai toujours eu besoin de l'échange et du dialogue. Il faut que j'ai en face de moi quelqu'un qui m'aide. Maintenant qui ? Je ne sais pas ! J'en suis à l'écriture des chansons, au temps de la création. Pour l'instant ce qui compte, ce sont les chansons. Après on verra comment on les traite et on les produit.

Y-a-t-il quelqu'un avec qui vous aimeriez collaborer ?
Il y a des gens auxquels je pense mais je ne veux pas avancer de noms comme ça. Vous comprenez, je ne veux pas qu'ils soient déçus si après ça n'aboutit pas ! Je pense à des gens qui sont plutôt d'une génération récente.
Yohann RUELLE
Pour en savoir plus, visitez julienclerc.com, ou sa page Facebook.
Ecoutez et/ou téléchargez la discographie de Julien Clerc.
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