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Interview
dimanche 07 juillet 2019 11:53

Grégoire en interview : "L'histoire de Bernadette de Lourdes est extraordinaire"

A l'occasion du lancement de la comédie musicale "Bernadette de Lourdes", Grégoire explique son implication dans ce projet digne d'Hollywood qui prend ses quartiers dans ce haut lieu de pèlerinage.
Crédits photo : Bestimage
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Comment es-tu arrivé sur la comédie musicale "Bernadette de Lourdes" ?
On est venu me chercher ! On m'avait déjà proposé plusieurs projets dans le passé mais je ne voulais pas être un auteur parmi d'autres ou un compositeur parmi d'autres. Je voulais qu'on soit une équipe et qu'on écrive tout ensemble, du début à la fin. Que ce soient "Starmania" ou "Notre-Dame de Paris", les meilleures comédies musicales viennent à mon sens d'un groupe d'artistes, d'une émulsion collective. J'ai trouvé le projet super, avec l'idée à l'américaine ou à l'anglaise d'installer dans un théâtre, un endroit, un spectacle qui va être joué tous les jours et dont le succès ne dépendra que d'un bouche-à-oreille. C'est très important de ne pas se régler dans les paramètres du marketing actuel. Moi je leur ai dit tout de suite que j'étais fan des "Misérables", que j'avais envie de raconter une histoire épique en amenant des violons, des caisses d'orchestre, que ce soit un film. Je ne voulais surtout pas que ce soit une intro, une scène de théâtre, on chante, ça s'arrête et hop on repart avec le même schéma. Comme dans "Mary Poppins", je voulais que la musique débute pendant les dialogues et qu'on soit embarqué dans la chanson sans même s'en rendre compte. J'ai véritablement construit le spectacle avec le scénographe Serge Denoncourt, metteur en scène brillantissime, pour que ce soit un film sur scène.

« On ne triche pas à Lourdes »
Le sujet te passionnait ?
Je trouve que l'histoire de Bernadette est extraordinaire. Elle a vu quelque chose et elle est restée intègre avec elle-même. C'est quelqu'un qui, malgré la pression de l'Eglise, du clergé, de la médecine, des parents et de la ville, tout le monde, est restée camper sur ses positions. Qui a dit : "Je ne vais pas mentir ou me taire parce que des gens le veulent". C'est très actuel ! Et cette détermination a donné naissance à une ferveur incroyable. Il suffit de voir le reportage de Thierry Demaizière sur Lourdes, il y a trois à six millions de personnes qui se rendent là-bas chaque année. C'est la deuxième ville hôtelière de France après Paris. Il y a 150 ans, une fille de 14 ans a élevé la voix et aujourd'hui, il y a des milliers et des milliers de malades et des milliers et des milliers de guérisons inexpliquées, 70 miracles reconnus et énormément d'espoir et de solidarité. C'est ce qu'il y a de plus beau. Qu'on soit croyant ou pas, quand on va à Lourdes et qu'on voit ces jeunes bénévoles qui restent une semaine sur place, qu'on appelle des hospitaliers, pour porter, aider, soigner, laver, nourrir et chouchouter les malades... On ne triche pas à Lourdes. Les mauvaises langues parleront du commerce, des vierges en plastique qu'on vend au coin de chaque rue. Certes. Mais ce n'est pas ça qu'il faut voir. C'est très très fort.

Découvrez le teaser du spectacle "Bernadette de Lourdes" :



« Je ne voulais pas faire chanter la Vierge ! »
Jusqu'où t'es-tu impliqué dans la conception du spectacle ?
J'ai participé aux casting des chanteurs, puisque j'ai écrit et composé les chansons de la comédie musicale. Et j'ai forcément pris part à la mise en scène du spectacle. Non pas que j'ai créé la mise en scène, ça c'était le rôle de Serge Denoncourt, mais j'y ai mis mon grain de sel. On a tout filmé une première fois puis j'ai repris le fil en disant "ok alors là il nous faut tel son, telle acoustique". J'ai même travaillé avec le régisseur son, qui a travaillé sur tous les bruits comme au cinéma. J'ai dû par exemple lui réaliser tous les pianos séparées des violons parce qu'à un moment, on entend une cloche. A part l'acting, je suis dans un rôle qui me pousse à être omniprésent tout en restant à ma place.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Eyma, qui donne vie à Bernadette ?
Je l'ai découverte au casting. C'est génial parce qu'elle a fait "The Voice Kids", elle chante super bien, elle adore Billie Eilish - moi aussi d'ailleurs, comme quoi on peut toujours être surpris ! - et ici, elle interprète quelque chose de complètement différent. Elle le dit elle-même, elle avait un petit peu peur du côté religieux au début et quand elle a vu le livret, ses doutes se sont envolés. Nous on retrace une histoire, presque à la manière d'Hollywood. Moi j'avais prévenu, je ne voulais pas faire chanter la Vierge et je ne voulais même pas qu'on la voit. Parce que justement, le postulat, c'est qu'on ne dit pas si elle l'a vue ou pas. C'est drôle parce qu'on a tendance à oublier mais Bernadette a eu plusieurs apparitions et à la dernière, il y avait 20.000 personnes autour d'elle. On lui brûlait la main avec un cierge et elle ne sentait rien, elle était dans un état autre ! Ce qu'il s'est passé, on ne l'explique pas. Mais il y a un côté incroyable à cette histoire. Pour revenir à Eyma, c'est une fille très intelligente et on a eu la chance de bosser avec une équipe formidable. Je me souviens d'un moment en studio où on était avec Scott Price, le directeur musical de Céline Dion, et on arrivait pas à trouver une façon d'interpréter une phrase. Alors il a dit à Eyma : "Tu sais, Céline elle fait comme ça". Et juste après elle le fait. J'étais soufflé ! C'était impressionnant à vivre pour elle. C'est aussi pour ce genre de moment assez dingue qu'on fait ce métier. Et puis sur scène il y a d'autres gens comme Sarah Caillibot, David Bàn, Christophe Héraut et Grégory Deck qui sont absolument formidables.

« Le problème de la religion, c'est le prosélytisme »
Tu avais chapeauté le projet musical autour de Sainte Thérèse de Lisieux. Aujourd'hui, tu écris et composes pour cette comédie musicale sur Bernadette Soubirous. Tu n'as pas peur de t'enfermer dans la case du "chanteur religieux" ?
Non parce que je le suis pas. Je ne suis pas pratiquant, je ne suis pas dans le culte. J'ai ma spiritualité. Je ne pense pas que d'aller à la messe face de nous un bon chrétien : j'y vais une fois par an, pour Noël. C'est justement ce qui m'a plu dans Thérèse et Bernadette, le côté "Moi c'est ma vie et je vous impose rien". Parce que le problème de la religion, c'est le prosélytisme ! Je trouve ça ultra angoissant. Ces deux personnes-là, elles ne disent pas : "Il faut croire en Dieu". Elles disent : "J'y crois". Elles incitent à s'occuper des malades, des plus faibles. La religion moi je l'aime du côté de Martin Luther King, Mère Teresa, l'Abbé Pierre ou Soeur Emmanuelle. En même en digressant, j'admire cette foi un peu inexplicable qu'on a en l'autre comme l'avait Coluche avec les Restos du coeur, comme l'ont les pompiers, les bénévoles, les infirmiers. Qu'est ce qui fait qu'on passe une vie à aider les autres ? D'où vient cette envie de faire du bien autour de soi ? Ça me touche. Après, dans l'église catholique ou dans les autres religions, il y a tellement de vilaines choses que c'est pas plus mal de parler de quelque chose de positif. Evidemment qu'il faut s'insurger contre le terrorisme religieux, évidemment qu'il faut péter la gueule aux pédophiles. Mais il y a aussi de belles valeurs à défendre.

Regardez le clip "Pourquoi moi ?" interprétée par Eyma :
Yohann RUELLE
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