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Interview
dimanche 06 avril 2014 15:06

Quentin Mosimann règle ses comptes en interview : "Je vomis sur la télé-réalité"

A l'occasion de la diffusion du documentaire "Change Your Mind" retraçant son parcours, Quentin Mosimann a accepté de se confier sans langue de bois à Pure Charts. L'occasion d'évoquer son album "The 8 Deadly Sins", sa percée dans le monde de la nuit, l'étiquette "Star Academy", ses relations conflictuelles avec les médias mais aussi la télé-réalité d'aujourd'hui.
Crédits photo : DR
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

« J'ai mis du temps avant de m'accepter en tant qu'artiste »
"The 8 Deadly Sins", ton dernier album, est sorti fin 2013. En quoi celui-ci est-il différent ?
Mes premiers disques, je les ai tous faits en me demandant : comment est-ce que je vais faire pour que ça marche ? Pour que ce soit diffusé en radio ? Pour que ça plaise aux gens qui me suivent ? Là, ma première question a été : comment est-ce je vais faire pour que cela me plaise à moi ? Quand on est un peu plus jeune, on est un peu plus con aussi et on ne réfléchit pas forcément de la bonne façon ! J'ai simplement mis du temps avant de m'accepter artistiquement et avant, peut-être, d'être honnête avec les gens. Attention, j'ai aimé tout ce que j'ai fait par le passé, j'ai aimé chanter, partager... mais au bout d'un moment, je ne me suis plus senti à ma place. Quand je suis monté sur les planches de l'Olympia, c'était un moment magique, un souvenir fantastique, mais ce n'était pas moi. Donc au moment où je suis sorti de scène, le deuxième soir, j'ai fait une réunion avec mes producteurs, managers, agents et musiciens, et je leur ai dit cash : « Je ne suis pas fait pour ça... J'en ai marre de mentir ». A partir de cet instant, j'ai pris le pari d'arrêter de chanter et de me consacrer aux platines.

C'était prendre le risque de repartir à zéro...
Un vrai saut dans le vide. C'était un gros challenge, parce que je ne savais pas si les gens allaient me suivre, si j'allais avoir les compétences nécessaires pour revenir à mon premier amour, l'électro, ni si j'allais avoir le cran nécessaire pour assumer ce choix. L'échec aussi. Du jour au lendemain, ça aurait pu très mal se passer ! C'était il y a deux ans et je suis encore là... (sourire). L'album est donc né de cette réflexion. Et ça n'a pas été une partie de plaisir ! J'ai enchaîné les productions électro, j'ai démarché à l'étranger et je me suis battu pour me faire accepter.

« Cet album est en phase avec ce que je suis »
Jusqu'à cette place dans le classement DJ Mag, la référence mondiale en la matière.
C'est arrivé un peu comme un miracle ! A force de faire des dates un peu partout sur la planète et de mobiliser mes fans, je me suis classé 74ème. Ça a été une révélation... et une confirmation ! Cette année, j'ai encore grimpé plus haut dans le top et je suis le quatrième DJ français. Que des bonnes nouvelles. Pour en revenir à l'album, beaucoup de personnes m'ont averti. « Tu sais, dans le milieu de l'électro, peu d'artistes sortent un disque entier ». A part si t'es un patron comme David Guetta ! On sort surtout des productions à la suite et, parfois, des EPs. J'avais quand même envie pour les médias français de tourner la page, d'une manière officielle. Voilà. "The 8 Deadly Sins", c'est moi. Il n'a pas vocation à être un best-seller ou à être rempli de titres commerciaux pour faire plaisir aux radios... Il est juste en phase avec ce que je suis et je n'ai pas honte de le jouer chaque samedi soir, dans tous les festivals et dans le monde.

Tu apparais devant des vétérans de l'électro à la française comme Bob Sinclar ou Martin Solveig. Toi qui n'a que 26 ans, comment tu le vis ?
Je suis un peu gêné. J'ai un respect indéfectible pour mes pairs, qui sont les patrons de ce milieu. Une admiration aussi ! On est que deux "jeunes" dans le classement, Madeon et moi. C'est valorisant, c'est sûr. Ça apporte beaucoup. On voit le booking se transformer derrière ! C'est une aubaine pour moi. Maintenant, il faut y rester dans ce top !

Avicii, Zedd, Madeon... Il y a beaucoup de sang neuf dans le milieu électro.
C'est une période de transition. On le sent depuis un moment. Les grands DJs commencent à prendre sous leurs ailes des DJs plus jeunes, comme David Guetta avec Nicky Romero, ou Tiesto avec Hardwell... Je trouve ça très sain. Et justement, je sais de quoi je parle, parce que j'ai la chance de signer le titre "Dracarys" sur Black Hole, le label de Tiesto. Ce soutien dans l'industrie, il est sans précédent.

Découvrez le clip "Hello" de Quentin Mosimann :



« J'avais envie de me faire un peu oublier »
Trois ans entre deux albums, c'est quand même un laps de temps assez long. Tu n'as pas eu peur d'être oublié ?
Oui et non... parce que d'un côté, j'avais envie de me faire un peu oublier. Et de l'autre, j'ai sorti tellement de prods, tellement de remixes, que j'ai largement de quoi compiler trois disques entier ! Ça m'a permis d'explorer de nouveaux territoires et de voyager. De m'enrichir musicalement parlant. De mon point de vue, tout est allé très vite !

Le thème des pêchés capitaux a beaucoup été recyclé dans la culture au sens large. Je pense à la peinture ou au film "Se7en" de David Fincher. Comment tu as fait pour éviter de tomber dans le déjà-vu ?
J'en ai rajouté un huitième ! (Rires) Autant ne pas faire les choses normalement... Finalement, les sept pêchés capitaux, je trouve ça assez restrictif. On a pas assez de références pour s'y identifier. Je suis sûr que toi aussi, tu as un péché mignon qui n'est pas dans la liste ! J'ai donc rajouté le mien. Et puis ce concept, je le trouve intéressant parce que les titres donnent envie d'écouter la chanson associée. Celui qui se dit « La gourmandise, c'est moi », hop, il va vouloir découvrir la production qui se cache derrière.

Justement, comment tu procèdes pour la création de tes morceaux ?
Ça peut être un son, un moment, une idée... Par exemple, là, j'entends la musique qui passe derrière nous et je me dis « Tiens, ça pourrait m'inspirer ». C'est comme ça que ça se passe : ça vient de nulle part. Il n'y a pas de règle. Quand je travaille pour les autres, en revanche, j'ai besoin de m'appuyer sur du concret.

« L'étiquette Star Academy, j'ai du mal à l'assumer »
J'ai l'impression qu'il y a un décalage entre ta reconnaissance de la profession et la façon dont tu es perçu en France. Pour le grand public, tu es Quentin de la "Star Academy". Ce n'est pas frustrant pour toi ?
Je n'ai pas de malaise avec ça. Pourquoi ? Parce que la réponse est sur le terrain. Tant que je vois les clubs remplis et l'effervescence autour de mon métier, je le vis bien. Et la réponse, c'est aussi mon documentaire "Change Your Mind".

Le documentaire "Change Your Mind" sera diffusé le 6 et le 9 avril à 11h25 sur W9 et le 11 avril à 21h sur M6 Music Club.


Tu peux nous en dire plus ?
C'est autobiographique mais ce n'est pas mégalo. J'te rassure, on y voit aussi mes nombreux défauts (Rires) Ça me tient à coeur parce que c'est la vérité. J'y présente aux médias français, et au public, pourquoi j'en suis là aujourd'hui et pourquoi j'ai fait ces choix de carrière. Y'a presque un côté rupture amoureuse. C'est comme si j'étais marié avec une femme depuis des années, deux gosses sous le bras, et je ne l'aime plus. Je prépare le divorce. C'est un peu la même situation que j'ai avec les médias. La France, c'est mes enfants. La presse, ma femme. On est en décalage, on ne s'entend plus !




L'étiquette "Star Academy", tes deux précédents albums, tu les trouves difficiles à assumer aujourd'hui ?
(Il réfléchit) J'ai du mal à l'assumer, c'est certain. Et en même temps je ne le regrette pas. Je pense qu'il faut toujours être honnête avec soi-même et au moment où j'ai fait ces expériences, j'avais l'impression que c'était génial. C'est comme quand tu regardes une photo de toi où tu as 12 ans ! « Ma mère m'avait habillé comme ça ? C'est trop la honte... ». Et bien, c'est la même chose. Mais quand tu avais 12 ans, tu étais persuadé que tu avais du style !

« J'ai adoré faire la Star Academy »
Ce n'est donc pas un hasard si tu as choisi d'appeler ton huitième péché "Stella Academiae"...
Exactement. C'est un moyen de boucler la boucle. Ce péché, je voulais que ce soit quelque chose qu'on ose pas avouer ou quelque chose dont les gens nous ont rendu coupable. Les médias français m'ont rendu coupable d'être le vainqueur de la "Star Academy" 7. J'avais envie de faire un clin d'oeil en disant : « Vous adoreriez que je dise du mal de cette émission. Or, j'ai adoré la faire et elle m'a apporté beaucoup ». Aujourd'hui, je suis heureux et finalement, est-ce que ce n'est pas le principal ?

Le jazz, c'est définitivement terminé ?
Oui. C'est fini en tant qu'artiste sur scène. Après, si demain un label m'appelle pour produire un album de jazz, je suis partant à 200% ! Mais plus pour moi.

Tu mesures le chemin parcouru depuis l'épopée Hot Vocation, bien avant la "Star Academy" ?
Et bien, le documentaire commence justement par ça. J'y parle de mon enfance et ensuite de cette aventure formidable, avec mes potes John Revox et Christian Sims. J'étais au lycée et je voulais organiser un festival électro en faveur d'une association, donc je suis allé voir John et... C'est super drôle comme anecdote parce qu'à l'époque, il sortait avec une fille et ce jour-là, il l'a planté. On avait tellement sympathisé qu'on est directement parti en studio pour bosser ensemble ! La pauvre, quand j'y repense... Christian nous a rejoints après et de là est né Hot Vocation. On a fait un titre à l'arrache et le succès a été au rendez-vous. C'était dingue !

Écoutez le titre "Hot Vocation" :



Tu l'assumes encore ton pseudo de l'époque, John Louly ?
Tu rigoles, je l'adore ! Parfois quand je fais des titres sous mon vrai nom et que j'ai envie de les remixer, je signe John Louly (Rires).

« Jenifer et moi, on a vécu la même histoire »
Tu es encore en contact avec la bande ?
Avec John, on a collaboré ensemble sur un morceau qui s'appelle "International" et qui est disponible sur Beatport depuis le mois dernier. J'ai aussi bossé avec Christian dans le passé et on se voit toujours, d'ailleurs je suis allé mixer dans sa boîte de nuit, située dans le Var, il n'y a pas longtemps.

En Belgique, tu as fait partie des coachs de l'émission "The Voice". Comment tu as vécu le fait d'être de l'autre côté de la barrière ?
Moi si j'ai accepté de participer à ce télé-crochet, c'est parce que le mec s'est pointé avec un concept révolutionnaire : faire chanter les gens. Et juste les faire chanter. On ne les suit pas 24h/24 dans un loft, on s'en fout de savoir qui couche avec qui ! On a tellement bouffé de la télé-réalité ces dix dernières années que c'est devenu révolutionnaire. Donc j'ai dit banco. Tu n'as pas besoin d'avoir des années de métier pour être un bon coach. Je pense à Jenifer. Elle a vécu la même histoire que moi et je peux t'assurer qu'on a un gros avantage sur les autres coachs ! On sait comment ça se passe. On sait quelle pression les candidats ont. On sait ce qu'il se passe à la sortie. Et aussi, et c'est là dessus que j'ai basé toute ma crédibilité durant l’émission, on sait quelles erreurs il ne faut pas faire. Parce que des conneries, j'en ai fait !

« La télé-réalité ? C'est une honte ! »
Tu pourrais participer à d'autres émissions de télé-réalité ou dérivés (scripted reality), comme Magalie Vaé dans "Dreams" ?
Non. Je vomis sur la télé-réalité. C'est une honte ! Pourquoi ? Parce que, encore une fois, je connais les rouages et je sais comment ça se fait. Quand on sort des télé-réalités, c'est très difficile. On ne parle pas assez de la solitude qu'on peut ressentir au moment où la lumière s'éteint. Quand je dis je vomis sur la télé-réalité, je ne mets pas la "Star Ac" dedans, parce que même si on était enfermés, on avait le droit de sortir, on allait faire des répétitions et on apprenait des choses. Qu'on le veuille ou non, on se bougeait le cul de 7 heures du matin jusqu'à 22 heures le soir ! On vivait, on chantait, on partageait, on prenait de vrais cours. Ça paraît peut-être hypocrite de dire ça, mais je ne le pense pas. La "Star Ac" a toujours été fidèle à ce qu'il se passait réellement à l'intérieur, contrairement à toutes ces émissions d'aujourd'hui. Y'a quand même un jeune, François-Xavier, qui s'est suicidé ! Moi j'ai eu la chance d'être bien entouré par la suite et d'avoir les bonnes personnes pour me ramener les pieds sur terre. Il faut bien se rendre compte que ça a une incidence sur toute ta vie future, la manière dont on te perçoit dans la rue, dans le monde du travail... On ne nous offre pas l'opportunité d'aller plus loin parce qu'on a une étiquette qui nous colle à la peau.

Tu le dis, c'est très difficile d'exister après. Mais participer aux "Anges de la télé-réalité" par exemple, ça peut aussi être un moyen de refaire parler de ses projets artistiques...
Alors ce n'est pas fait pour les bonnes raisons. Moi, Quentin, je n'ai pas la solution. Mais j'ai mon avis sur la question et je trouve ça ridicule, voyeur et... non, ça ne les fera pas avancer. Bien au contraire. Je suis un peu dur, peut-être, mais je suis honnête. Pour moi, il n'y a qu'une seule religion qui marche et c'est le travail.
Yohann RUELLE
Retrouvez Quentin Mosimann sur son site officiel et sa page Facebook officielle.
Ecoutez et/ou téléchargez la discographie de Quentin Mosimann sur Pure Charts.
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