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Interview
lundi 29 juillet 2013 14:58

Keen'V en interview : "Je n'ai pas envie de devenir une marque"

A l'occasion de la sortie de son nouvel album "Ange ou démon", Keen'V a répondu aux questions de Pure Charts sur les critiques, la pression des ventes, ses concerts parisiens à l'automne mais aussi la mode des reprises, les aléas de la célébrité, son public et son prochain disque. Une interview sans langue de bois avec un artiste libre.
Crédits photo : DR / Dimitri Simon
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Ton album "Ange ou démon" sort durant l'été comme les deux précédents, qui ont tous deux été certifiés platine. C'est donc encore une fois le même schéma, c'est devenu une superstition ?
Ça commence à le devenir, je crois. Pour être honnête, l'album était prêt. La question c'était : "est-ce qu'on le sort à la rentrée comme tout le monde ou est-ce qu'on se met durant l'été, là où personne n'ose le faire ?". Donc on va le sortir l'été, là où personne n'ose le faire, ça va être plus drôle.

Donc c'est un challenge ?
En fait, la vraie version, mais je n'ai pas le droit de le dire, je vais me faire engueuler par la maison de disques... En fait, en été, il n'y a pas de télés, donc on n'a pas de promo donc je peux continuer ma tournée. (Rires)

« Je serais triste si je faisais moins bien niveau ventes »
Le précédent album "La vie est belle" a fait mieux que le précédent en entrant numéro un et il a été certifié platine en cinq semaines. Tu te dis, j'imagine, que tu dois faire encore mieux avec le nouveau ?
Je ne cherche pas nécessairement à faire mieux. Mais je n'aimerais pas faire moins. Je serais triste si je faisais moins. Après être numéro un des ventes, c'est rien, c'est de la brillance. Mais oui, j'aimerais bien... En fait, la question que je me poserais, c'est si j'en vendais moins, même si c'est plus la crise qu'avant, je me dirais : « Ah, il y a peut-être un désamour ». Et là je commencerais à... C'est plus ça qui m'inquiète.

Est-ce que l'on pense quand même à un possible échec ou est-ce que l'accueil des précédents albums rassure et assure forcément un succès dans ton esprit ?
Ce serait hyper égocentrique de se dire ça. Ça voudrait dire que c'est la porte ouverte à toutes les conneries... Non, non. Je ne le vis pas bien parce que j'ai hâte de savoir ce qu'ils vont en penser, en fait. Je n'attends que ça. Je vais me mettre sur mon Facebook et mon Twitter et je vais aller voir leurs chansons préférées, ce qu'ils ont aimé, moins aimé, pourquoi... Ça, ça m'intéresse.

Tu l'avais déjà fait sur les précédents ?
Oui. Et ça nous aide pour sortir les singles. "Fatoumata", c'est eux qui l'ont décidé au final, par exemple.

Mais quand les fans aiment bien un titre, ça ne veut pas forcément dire que le grand public l'aimera aussi...
On s'en fout, nous c'est les fans, voilà. C'est ma priorité. Je ne cherche pas à plaire à tout le monde, on cherche à plaire à ceux à qui on plait déjà. Comme le public qui nous suit, on lui plait, sinon ce n'est pas notre public, au final, on essaie de lui plaire à lui. Comment ? Anecdote toute bête, je fais beaucoup de concerts en clubs. Il y a un morceau dans le précédent album, c'est "Héroïne", c'est du rock. Du rock, en club, non, tu ne le fais pas ! Mais comme ils nous l'ont demandé, en masse, je l'ai rajouté dans le show. J'en ai mis un extrait mais je l'ai rajouté pour leur faire plaisir. Parce que c'est eux qui viennent me voir donc c'est normal qu'ils écoutent ce qu'ils ont envie d'écouter. Ça a fonctionné sur scène. C'est très bizarre d'ailleurs d'entendre « Ouaiiiis » sur du rock, en boîte. Back to les années 90 ! (Rires)

« J'arrêterai, si je ne prends plus de plaisir »
Sheryfa Luna a décidé de mettre fin à sa carrière en voyant que ses disques ne marchaient plus. Est-ce que tu pourrais prendre cette décision radicale si un jour ça t'arrivait ou est-ce que tu te dis qu'il faut s'accrocher ?
Ah non, moi je continuerais car j'aime la musique, que ça marche ou pas. Il ne faut jamais arrêter parce que ça ne marche pas, on s'en fout. Si tu fais de la musique parce que tu aimes ça, tu t'en fous. Après je ne dis pas qu'elle n'aime pas ça. Je la connais très bien. Mais je peux la comprendre. Elle, c'est un ras-le-bol, ça n'a rien à voir. Pour avoir discuté avec elle, c'est plus le ras-le-bol, elle a sa petite vie, elle est heureuse, c'est ce qui compte le plus. Regarde, Diam's a arrêté pour les mêmes raisons. Un jour j'arrêterais, si je ne prends plus de plaisir, car ça ne sert à rien. Si je monte sur scène et que je me fais chier, que je vais au studio et que je me fais chier, les gens quand ils vont me voir ou m'écouter, ils vont se faire chier.

C'est la recette Keen'V, le plaisir ?
Je pense qu'une partie de la recette du succès que j'ai, c'est que justement je prends plaisir à faire ce que je fais. Ça emmerde assez, mais moi je prends plaisir à faire ce que je fais. Au final, j'essaie de transcrire, par rapport à ce que je dis et à ma façon de le chanter, une bonne humeur qui est peut-être bénéfique pour certains. Quand je vois des commentaires qui disent « Ça m'a fait du bien. Là je ne vais pas bien et j'écoute ta musique », j'ai gagné mon pari.

Le nouveau single "La vie du bon côté" est arrivé assez vite après "Ça va le faire". Tu ne penses que d'enchaîner à ce point a peut-être compromis la vie et le succès du single, qui avait les épaules pour être un tube ? "J'aimerais trop" avait mis du temps avant de devenir un hit.
Oui. Ça aurait pu mais on ne peut pas annoncer un album sans mettre un single. "Ça va le faire" ne devait pas sortir, on devait s'arrêter à "Fatoumata" et après envoyé le single du nouvel album. Mais après ce qu'il s'est passé aux NRJ Music Awards, NRJ nous a demandé un single.

« "Ça va le faire" n'aurait pas dû sortir »
Ce qu'il s'est passé aux NRJ Music Awards ?
Je n'ai pas eu de micro. Quand même, c'est important. (Rires) Une panne de micro quand tu veux chanter, c'est con. Comme je n'ai pas eu de micro et que je me suis fait défoncer pour playback... On donnera la définition de playback, car un playback c'est quand même quand la personne ne chante pas, pas quand elle essaie de chanter et qu'elle n'a pas de micro. Un playback, normalement on aurait dû tout entendre, là on ne m'entendait pas chanter. Je pense que NRJ, pour nous rendre service si tu veux, ils nous dont demandé un single et on a trouvé ça super gentil. On en a pioché un dans l'album et je t'avouerais qu'on ne s'est pas dit « Est-ce que c'est le bon ou pas ? », on a essayé plutôt de faire vite et qu'il nous plaise. On n'a pas réagi en single, on a plus réagi en termes de « Il faut faire vite et on va prendre un morceau qui nous plait ».

Tu penses qu'il aurait pu marcher si le nouveau single n'était pas arrivé si vite ?
Non, je pense qu'il n'aurait pas dû sortir. On aurait dû leur dire « C'est super gentil » mais d'attendre un peu. Le problème c'est qu'on a trouvé ça tellement gentil de leur part, c'est quand même vachement honorable de leur part. Je ne suis pas sûr que beaucoup l'auraient fait.

Justement quand tu crées de nouvelles chansons, est-ce que tu te dis "Je dois faire un tube", pour essayer de produire un nouveau "J'aimerais trop" ?
Ah non, je fais de la musique. Je vais au studio comme d'autres vont à la salle de sport. Ils font leur passion. Il y en a qui vont courir, moi je vais au studio. Je ne vais pas au studio en me disant « Il faut que je fasse un album ! ». Je fais de la musique et après, selon ce que j'arrive à faire, ou pas d'ailleurs, ça devient peut-être un single ou pas.

Tu partages ton nouveau single "La vie du bon côté" avec Lorelei B, qui est ta sœur. C'est la première fois que tu laisses le refrain à quelqu'un d'autre sur un single, que tu te mets en retrait alors que c'est le refrain que l'on retient généralement. C'était voulu ?
Oui, en fait, ça fait deux étés de suite que j'envoie quelque chose de très festif, très drôle, très second degré, et là j'avais envie d'une instru qui change un peu. Ça reste du soleil mais au niveau de l'instru, on a un peu plus joué sur des sonorités de l'Est, un peu ce que faisait INNA, avec beaucoup de soleil. Et puis un texte un peu plus conscient, avec une voix féminine. Même si le texte est "léger", il parle quand même d'un sujet. Ce n'est pas "J'aimerais trop" où il parle de... rien. J'explique un peu ma vie, comment je la vois moi, pour les aider à comprendre comment essayer de prendre mieux leur vie à eux. Une voix féminine, ça adoucit un peu, ça évite d'avoir ma grosse voix tout le temps.

Vous aviez déjà collaboré tous les deux dans le passé mais là elle bénéficie d'une grande visibilité...
Elle ne veut pas, elle ne veut même pas apparaître dans le clip.

C'est étonnant. On aurait pu penser que c'était une première étape vers une carrière solo.
Non. C'est ce que tout le monde va croire mais non. Elle ne veut pas, ça fait trois ans que je négocie mais je n'y arrive pas.

Mais ça ne l'a pas dérangé que "La vie du bon côté" soit devenu le premier single ?
Ah non, elle est contente. Parce qu'en fait, on aime faire de la musique. Elle, elle ne veut pas être reconnue c'est tout. Elle ne veut pas qu'on la reconnaisse, elle se déguise.

« La célébrité, je m'en passerais volontiers »
Et toi, d'ailleurs, comment vis-tu la célébrité ?
(Il reste silencieux)

On s'y fait ?
Ouais. On s'y fait. En fait, c'est que, tu ne fais pas ça pour être célèbre. Tu fais ça parce que tu as envie de faire de la musique et que tu as envie que les gens l'écoutent mais le premier but ce n'est pas de se dire : « Qu'est-ce que je pourrais faire pour être connu ? "Secret Story" ou de la musique ? ». Ce n'est pas que je le vive mal c'est que je m'en passerais volontiers. Mais ça fait partie du jeu et puis il faut accepter le jeu comme il est. Après je ne rentre pas dans la peopolisation, leur système à la con.

Comme sur les précédents albums, il y a quelques titres qui parlent de sexe sur ce nouveau disque, comme "Copine de b...". Mais il y en a assez peu finalement, comparé au précédent album. Est-ce tu t'es un peu calmé car tu sais bien que ce genre de morceau est compliqué à passer en radio ?
Ah non, du tout, je m'en fous. En fait, je t'avouerais que quand j'ai fait ces deux-là, j'ai trouvé ça tellement plus fort que tous ceux que j'avais fait avant. Je me suis dit que ça ne sert à rien d'en trouver un troisième pour faire moins bien. Je suis très content.

Découvrez la vidéo du nouveau titre de Keen'V, "Copine de b...." :



C'est un passage forcément obligatoire les titres coquins sur un disque de Keen'V ?
Ce n'est pas obligatoire mais ça m'amuse. Quand je fais écouter mes chansons, je les fais écouter à ma sœur et à ma mère. Ma mère, elle est hyper bon public à la base, et quand c'est des chansons de cul, elle me fait trop rire. Elle est là (Il chante) : « Je n'ai pas besoin de lui faire de dîner aux chandelles, ni de l'emmener voir la tour Eiffel, elle, c'est ma copine de b... Rhoo ! ». Rien que de voir ça, je me pisse dessus. C'est cette réaction-là que je veux, le « Rho, il est con ! », ça, ça m'amuse. De toute façon, c'est de la déconnade, c'est du septième degré.

« Quand tu as une étiquette en France, c'est fini »
Il y a un titre sur le disque qui s'appelle "J'ai besoin de changement", pourtant ta recette reste la même. Tu nous disais lors d'une interview sur Pure Charts, en septembre dernier, avoir envie de changer, de tester de nouvelles sonorités. Est-ce que c'est le cas sur ce disque ?
Sur ce titre-là, je ne parle pas de changement musical, mais au niveau de la vie. En fait, sur l'album il y a du reggae, du ragga, du zouk, de l'électro, du rock et du soleil. On a vraiment fait un peu de tout. Mais je ne veux pas changer médiatiquement, de toute façon une fois que tu as une étiquette en France, c'est fini. J'ai une image du mec qui fait des chansons à la con et qui est rigolo, eh bien j'aurais l'image du mec qui fait des chansons à la con et qui est rigolo jusqu'à la fin de mes jours. Mais je le vis bien, je m'en fous.

Justement, lors de notre précédent entretien, tu disais que c'était impensable pour toi d'envoyer tes titres plus engagés aux radios maintenant que tu as cette étiquette du chanteur festif et léger, même si tu aimerais bien varier un peu. C'est toujours le cas ?
Je ne suis plus si sûr. En fait, c'est très bien que ce soit dans l'album comme ça il n'y a que le public qui sait, et les autres peuvent continuer à dire ce qu'ils veulent. Le public sait. Le principal c'est le public. Le reste...

Donc tu ne prendras jamais le risque de tenter le coup d'envoyer un titre plus sérieux en radio ?
Non, parce que les gens... C'est trop tard. Il aurait fallu le faire au bout du deuxième ou troisième single. Je pense qu'à un moment, quand tu es étiqueté "chansons festives", il faut que tu restes dans le festif sinon les gens se disent « Qu'est-ce qu'il fait ? ». Je parle du grand public, je ne parle pas de mon public. Si je sors une chanson rock demain, ils vont me faire « Waouh, qu'est-ce qu'il fait ? Il a pris quelque chose là ! ». Tu ne peux pas...

Mais on sent quand même que c'est important pour toi de toujours varier les sonorités sur tes disques.
Parce que j'essaie de m'amuser oui. C'est un plaisir donc il faut que je m'amuse. Là, j'ai même fait une chanson country sur l'album. Parce que j'avais envie. Il ne faut pas oublier un truc, la musique c'est une passion avant tout. C'est con et beaucoup l'ont peut-être oublié, mais moi je sais pourquoi je fais de la musique, parce que depuis tout petit je voulais faire ça. Donc aller dans différents styles, même si je ne les contrôle pas très bien, au moins j'essaie. On ne peut pas me reprocher ça.

Et est-ce qu'on peut s'attendre un jour à un album totalement country par exemple ?
Non parce que ce serait ennuyant. Un style, c'est ennuyant. Il y a des artistes que j'adore, mais par exemple, Adele, j'aurais bien voulu un son électro. Après, chacun sa façon de voir... L'album d'Adele c'est une pure merveille mais avec un tout petit plus de variété encore, il aurait été parfait. Comme le Daft Punk, c'est que de la funk, j'aurais voulu un peu du Daft Punk d'avant et du Daft Punk de maintenant, ça ne m'aurait pas gêné. C'est ça en fait, essayer de faire de la diversité pour que les gens puissent avoir un album qui ressemble plus à une compil'. Après, c'est évident, il y en a qui vont passer en disant « Ouh, j'aime pas le rock », « J'aime pas le ragga », c'est normal. Mais au moins, on ne pourra pas dire que je me suis foutu de leur gueule en disant que j'ai pris la même instru et à mettre 18 chansons avec le même truc dessus, et je change un peu le thème, allez....

« Les critiques, je m'en fous royal »
En tous cas, les fondamentaux qui ont fait le succès de Keen'V sont là. De quoi encore faire parler les critiques. Est-ce qu'au bout d'un moment on s'habitue ou est-ce que ça touche quand même ?
Même pas au bout d'un moment, on s'en fout royal. Moi, je m'en tape royal. En fait, je n'arrive même pas à comprendre les gens que ça touche. Je ne vois pas comment quelqu'un derrière son ordinateur pourrait essayer de me toucher parce que lui, pendant qu'il perd son temps à critiquer, moi je fais quelque chose.

Oui mais forcément quand on est critiqué, ça touche, c'est humain.
Bah non, je ne comprends pas. Plaire à tout le monde, c'est plaire à n'importe qui. C'est une utopie totale. En plus, c'est de la bêtise. Je suis très très content de ne pas plaire à tout le monde. J'en suis super fier. C'est pour ça que je te dis que je ne chante que pour mon public. Je suis très content du public que j'ai, parce que tu verrais comment il se comporte quand on se voit. J'arrive tout de suite à faire la différence entre une personne qui me croise dans la rue et qui veut une photo parce qu'elle m'a vu à la télé et une autre qui fait pareil parce qu'elle m'aime. Je vois tout de suite la différence et mon comportement est très différent. Je suis très content quand on vient me demander une photo quand c'est mon public, et je le fais avec grand plaisir, parce que c'est normal. Ça, ça me fait plaisir. Mais c'est plus l'impression de voir des potes qu'autre chose. On devient proches à force.

Tu aurais pu dédier ton titre "Ta gueule" aux critiques ?
Ah non, je m'en fous, je ne parle pas des critiques. C'est un duo avec Cauet, je raconte l'histoire, je dis que j'ai une femme, quand elle rentre, elle me raconte sa journée, elle me raconte ses histoires avec ses copines, j'en ai rien à cirer. Elle me saoule avec tout un tas de trucs tu vois, et je voudrais juste lui dire « Tu veux pas fermer ta gueule le temps d'une soirée ? ». Cauet, il raconte l'histoire où lui il se met dans la position où il sort en boîte avec un pote un peu déprimé, il le saoule et il lui dit « Tu voudrais pas fermer ta gueule le temps d'une soirée ? ». En fait, je voulais inclure une petite voix dans la tête des gens qui, quand ils vont être saoulés, ils vont pouvoir faire « Tu voudrais pas fermer ta gueule... ». C'est juste pour faire sourire au moment où ça leur arrivera.

Découvrez "La vie du bon côté" de Keen'V avec Lorelei B :



Tu me disais l'an dernier "Si jamais j'ai un coup de cœur humain avec un artiste, je ferai un featuring". Tu l'as eu avec Cauet donc ?
Oui, Cauet c'est mon ami. Je ne suis pas du tout star-system à la con, mais c'est quelqu'un, d'humainement, vraiment bien. Il faut le connaître et j'ai assez discuté avec lui pour me rendre compte que c'était quelqu'un de vraiment bien. Je suis très content d'avoir fait sa rencontre. Le featuring est venu bêtement, c'est lui qui me l'a proposé en fait pendant son émission. On parlait de l'album et des duos, et il me dit « Et moi, je ne suis pas ton ami ? ». Et on l'a fait, il n'a qu'une parole, on s'est bien marré.

C'est un peu la mode des reprises en ce moment.
Oh mon Dieu, arrête. Ne me lance pas là-dedans.

Pourtant, j'ai quelques questions sur le sujet. Tu n'as pas encore cédé à cette tendance...
Si une fois, j'ai repris "Le sampa" (de Richard Gotainer, ndlr).

Oui mais tu n'as pas fait, par exemple, une reprise de Jean-Jacques Goldman pour l'été. Est-ce que...
Non.

Pourquoi ?
Parce qu'il y en a trop, ça me saoule, franchement, ça me gave ! Ça me casse les couilles un truc de ouf. Je n'arrive pas à... Non. Je vais m'énerver... En fait, je n'arrive pas à comprendre...

« Les reprises, il faut arrêter ! »
Le manque de créativité ?
C'est ça. Ça m'énerve. Je ne parle pas pour moi parce que je suis bien, je n'ai pas à me plaindre. Mais je me dis qu'il y a peut-être des artistes qui ont fait des créations et qui aimeraient bien qu'elles soient en radio plutôt que d'entendre l'album de Jean-Jacques Goldman que tout le monde connaît depuis 1985. C'est très bien, j'adore Jean-Jacques Goldman, j'aime beaucoup, mais je préfère l'entendre chanter lui, franchement, vraiment. "Tropical Family", c'est bien, vraiment, mais c'est pareil, je préfère les originaux. Je ne suis pas contre faire des reprises mais là il faut arrêter ! Il y a Olympe, qui fait son album de reprises, que j'adore, mais qui fait un album de reprises parce qu'il faut le sortir vite. J'ai l'impression que c'est juste du business. Ce n'est que mon point de vue. Sophie-Tith aussi. Merde, attendez, faites un bel album ! Ils vous attendront les gens. S'ils vous aiment vraiment, ils vous attendront.

Tu enchaînes aussi toi pourtant.
Je ne fais pas un album à la va-vite, je suis désolé. Les gens pourront dire ce qu'ils veulent, ça peut être de la merde s'ils veulent, mais je prends plaisir à faire ce que je fais. Et si je le sors maintenant c'est parce que j'ai les titres. Je ne me suis pas dit « Il faut que je fasse un album en un an », je m'en fous. Je les ai les titres. J'en ai dix pour le prochain, ce n'est pas de ma faute, j'y vais tout le temps. C'est un kiff, c'est vraiment un kiff. Mais merde, arrêtez de prendre les gens pour des cons ! Jenifer, avec tout le respect que j'ai et mon dieu que je l'aime beaucoup, arrête ! Son album ne marche pas alors elle sort un avec des reprises ! Non, franchement, arrêtez !

Donc toi ce n'est pas du tout envisageable ces reprises ?
Dans une compil' oui, mais pas le sortir en single. Par exemple, si demain, ils font un Tribute to Balavoine, parce que j'ai un grand respect pour ce bonhomme, avec grand plaisir. Je vais en chier pour chanter, un truc de ouf, mais je m'en fous. Mais je ne voudrais pas que ce soit un single. Pour faire un kiff, ouais ! Sur scène, voilà. Une grande fête comme La Fête de la musique, grand plaisir. Je ne prendrais pas "Killing Me Softly", promis ! (Il l'a déjà interprété en duo avec Matt Houston lors de la Fête de la musique en 2012 et a essuyé beaucoup de critiques, ndlr). "Killing Me Softly", je la chante bien, tout seul. Quand tu as deux tonalités différentes et que tu n'as pas travaillé, c'est bien fait pour ta gueule. J'ai chanté comme une merde. Je crois que même moi j'en rigole encore.

« "Tropical Family", c'est du business de maison de disques »
Tu me parlais de "Génération Goldman" ou "Tropical Family", on aurait pu te retrouver sur ces projets. Pourquoi tu n'y es pas ?
"Tropical Family", on m'a proposé mais non, aucun intérêt. Si tu veux... Non, je ne peux pas le dire, ça... Non mais c'est juste du business de maison de disques. Eux, ils font bien ce qu'ils veulent, ils gèrent leur truc comme ils veulent, c'est très bien. Moi je veux juste faire de la musique, je m'en fous de leur business, machin, tout ça. Si je sens qu'il y a un vrai kiff... Tu vois, Big Ali m'a proposé un truc, ça me faisait hyper plaisir de le faire. Le problème, c'est qu'il voulait le sortir cet été et ça coïncidait avec la sortie de l'album, donc je n'ai pas pu. Ça m'a fait chier parce que le projet était hyper bien, c'était une super idée, je sais qu'il va marcher son truc. Mais il n'est pas venu dans l'optique...

Tu sens que si là on te propose "Tropical Family" ou quelque chose du genre, c'est juste pour qu'il y ait ton nom ?
De toute façon, en fait, ils ont dit « Vous allez reprendre cette chanson-là », donc déjà tu n'as pas le choix, et puis « On ne vous donne rien ». Donc si ce n'est pas pour se faire du fric... Au final, ils vont peut-être en faire un single, donc toi ça va t'empêcher d'en sortir un, un vrai à toi, une vraie compo, un truc où tu prouves au public que tu ne te fous pas de sa gueule. Et en plus, pour rien, pour eux. L'esclavagisme, il me semble que ça s'est terminé il y a très longtemps donc je ne vois pas l'intérêt. Par contre, "Génération Goldman", je trouve ça sympa, c'est plus sympa. C'est plus vraiment le côté fêter un artiste français. Dommage qu'il ne soit pas mort, car c'est plus logique s'il est mort de faire un hommage. Mais il a peut-être une maison à acheter ! On peut comprendre. (Sourire)

Mais ça a tout de même séduit plus de 700.000 personnes.
Oui, non mais de toute façon, c'est un succès. Mais qui que ce soit. Tu fais chanter le connard du coin sur Jean-Jacques Goldman... Jean-Jacques Goldman, ça reste un tube, point barre. Tu sais ce qui me fait super rire avec Jean-Jacques Goldman, quand on parlait des critiques, c'est que le mec il s'est fait défoncer à l'époque par les critiques. Il ne voulait même plus donner d'interviews. Et maintenant, ils l'encensent, c'est un génie. Mais ça l'a toujours été ! C'est juste qu'à l'époque, ça les faisait chier qu'il marche, c'est tout.

Tu penses qu'il y a des chansons ou des artistes qui sont sacrés, qu'il est préférable de ne pas revisiter ? Car Jenifer s'est attirée les foudres de France Gall qui a dit ne pas avoir aimer son interprétation...
Oui, alors avec tout le respect que j'ai pour France Gall, je préfère celle de Jenifer que celle de France Gall. Après, c'est mon point de vue. Là pour le coup, c'était mieux fait. "Évidemment", elle le chante merveilleusement bien. Après je pense que c'est un peu facile, surtout que je pense que c'est parce que ça la fait chier parce qu'elle ne pourra pas faire la tournée 80, peut-être, je n'en sais rien. C'est peut-être plus financier qu'autre chose. Je pense que c'est ça la vraie raison. Maintenant, des chansons sacrées... Non. Moi j'aimerais bien un Tribute to Berger, car il le mérite grave. Si tu veux chercher un vrai auteur, tu as Goldman et tu as Berger. Après Tribute to Gainsbourg, plus dur à chanter ! Ce n'est pas chantable, il ne chante pas. C'est un auteur de ouf mais ce n'est pas un chanteur. C'est un interprète. Après il y a plein de trucs, mais doucement... C'est comme les comédies musicales, ils ont mis trop d'un coup et après tu en avais une overdose. Et là j'ai peur qu'ils fassent la même chose. C'est dommage de ressortir tous les tubes d'avant. C'est trop.

Mais tu n'aimerais pas un jour toi aussi revisiter des tubes sur un album de reprises ?
Non, aucun intérêt. Enfin si, si j'ai besoin de fric.

Ta maison de disques pourrait te l'imposer...
Non, elle ne m'impose rien du tout.

« Il y a des chanteurs, ce sont des marques ! »
Il y a des projets que l'on a cité, ils ont été à l'initiative des maisons de disques, donc parfois tu peux ne pas avoir le choix.
Ah non, mais non. Je ne vois même pas comment tu peux. Non. Nous, on ne nous impose rien. Je ne sais pas comment ça se passe chez eux mais nous ce n'est pas une dictature, c'est une démocratie, on décide ensemble. Eux et nous, on discute. Il n'y a pas de « Tu fais ça et point barre ». Le choix des singles c'est moi, le choix de ma tenue c'est moi, je dis ce que je veux, je fais ce que je veux. Je trouve que c'est mieux comme ça, ça fait plus vrai. Ça fait moins "produit marketing", Il y a des gens, ce sont des marques, je suis désolé. Je dirai pas de noms mais ce sont des marques, ce ne sont même plus des chanteurs, je ne sais pas ce qu'ils chantent d'ailleurs ! Je n'ai pas envie de devenir une marque.

On a pu te voir en début d'année dans l'émission "Splash" sur TF1. Pourquoi tu as accepté de participer ?
Je n'ai pas voulu au début. Parce que, pareil, ça faisait grosse exposition, c'était chiant pour ça, on va dire. Il faut profiter de sa vie. J'étais partagé entre deux trucs, je n'avais pas envie de me mettre à poil devant la France entière. Je ne suis pas pudique mais je n'ai pas nécessairement envie de faire voir mon corps d'apollon à la France entière, mais je me suis dit « On te propose ça, on ne te la proposera peut-être pas après, c'est la première. Vas-y merde, tu n'as qu'une vie ! ». Je suis tellement Carpe Diem que ça a pris le dessus.

Le programme a été très critiqué. Est-ce que tu as des regrets ?
Ah non, aucun. C'était un plaisir de ouf. En même temps, tout ce que fait TF1 il y a des critiques. Mais c'est quand même la chaîne la plus regardée. C'est très drôle mais de toute façon en France, on va encenser "Taratata" qui est regardé par un million de personnes mais on va critiquer "Danse avec les stars" qui est regardé par 7 millions. Dès que ça marche... Et puis, je suis désolé mais ton site est l'exemple même de ça. J'ai l'application Pure Charts parce que les infos que vous mettez elles sont parfaites. Au moins quand je veux une vraie info, je vais dessus. Mais au secours, les commentaires... Je n'ai jamais commenté une seule fois. En fait, je ne vois pas ce que mon avis peut foutre aux autres. Il y en a, ils vont te faire une tartine. J'ai lu des trucs... Je me dis : « Mais pourquoi tu as perdu 20 minutes de ta vie ? Tu n'as rien d'autre à foutre ? ». C'est hyper triste.

Pour revenir à "Splash", si c'était à refaire tu signes ?
Oui, imaginons je ne l'ai pas fait, on me demande, je le fais !

Est-ce que tu l'as fait aussi en te disant que ça allait te présenter à un plus large public ou que ça allait pouvoir rebooster ta popularité avant l'arrivée du nouvel album ?
Non, parce que je ne vois pas en quoi plonger... On me voit plonger. Sur le cumul, on me voit 15 minutes. Je ne pense pas... On ne te voit pas sympathique parce que tu n'as pas le temps de parler, on te voit plonger. Donc à part si les gens ont aimé mon short rose... Si ça leur donne envie d'acheter, eh bah écoute, ouais. Ce qui m'a plus gonflé c'est que l'on m'a plus reconnu derrière, ce n'était pas du public, c'était de la peopolisation. Mais on était une bonne équipe et on s'est vraiment marré.

Parlons un peu de scène. Tu seras notamment au Bataclan les 15, 16 et 17 octobre. En septembre dernier, tu me confiais tes doutes à mixer tes titres sérieux et tes titres légers durant le show. Tu as réglé le problème ?
Non. J'ai déjà trouvé mes titres mais je ne sais pas l'ordre. Mais je pense que ce n'est pas moi qui le fera parce que je n'y arrive pas. Ça fait un an que j'essaie, je n'arrive pas. Je demande à mon producteur, c'est lui qui fait l'ordre en général des albums. Il sait plutôt bien, je trouve, ce que les gens ont envie d'écouter, dans quel ordre, moi je ne sais pas faire.

« J'ai du mal avec les sentiments »
Revenu sur l'album "Ange ou démon", il y a un titre qui s'appelle "Mon père". C'est la première fois que tu te livres comme ça ?
En fait, je parle de mon père qui aurait un cancer. Ce n'est pas le mien, bien heureusement. C'est le père d'un ami. D'ailleurs, malheureusement, il est décédé entre temps. C'est lui qui me l'a demandé. Comme pour "Petite Emilie" en fait (titre présent sur l'album "La vie est belle", ndlr). J'ai plus de mal à me livrer moi. J'ai plus de facilité à me livrer quand c'est quelque chose qu'on me raconte parce que je suis touché de voir ces sentiments. Moi j'ai du mal avec les sentiments, en fait. Il y a beaucoup de choses qui glissent en fait. Je crois que je me suis mis une trop grosse carapace. Je sais que j'aurais du mal à l'enlever. Je n'aime pas parler de moi à la base.

Tu me disais tout à l'heure que tu avais dix titres pour le prochain album. C'est une affaire qui roule.
Douze même. J'essaie que ce soit hétérogène mais homogène en même temps. J'essaie qu'il y ait plein de morceaux de tout, mais pas trop. Par exemple, cinq morceaux tristes c'est bien, six ça fait trop pour du Keen'V. Il faut certains titres club, un quota de morceaux "autres", où je fais voir autre chose... En fait, j'aime bien tout diviser par trois : "festif/club" un tiers, "triste" un tiers, et "découverte" le tiers restant. Là j'ai fait de la soul, du reggae, un rock, une country. Ça fait partie des tests. C'est pour dire « Regardez, je propose autre chose, je ne me fous pas de votre gueule, je ne vous fais pas le même album qu'il y un an ».

Et donc on peut se dire qu'on se revoit en juin/juillet prochain pour ton prochain album ?
Ou pas ! J'attendrai peut-être plus. Je n'aurai peut-être pas ce qu'il me faudrait. Là j'ai eu la chance d'avoir ce qu'il me fallait si tu veux. Là, j'ai beaucoup de triste.

Oui mais on pourrait te presser. Tu fais de la musique festive, c'est logique que ça sorte durant l'été.
Mais non. Ils ont aucun droit. Ils n'ont pas à nous dire ce qu'on doit faire. Je sais que ça fait cliché de dire ça mais je te jure, on ne veut pas jouer dans le marketing. Si je ne fais pas un milliard de télés comme les autres font, c'est parce que je n'ai pas envie d'entrer dans ce jeu "Plus tu es à la télé, plus tu vends d'albums". Je m'en fous de vendre de l'album. Je veux que les gens l'achètent par plaisir, pas parce qu'ils m'ont vu à la télé. Ce qui est bien c'est que l'an dernier on a eu "Ma vie au soleil" sur TF1, en pub avec le clip, ça permet à une grosse population de te voir en musique. Qu'ils me voient sur ce que je fais moi. Là, notre interview elle parle de musique. Je n'aime pas les interviews « Qu'est-ce que tu manges le matin ? ». Je comprends qu'il y en a que ça intéresse mais moi je m'en fous.

Donc pas de timing pour la suite ?
Moi s'ils me donnent un timing, je ne le fais pas, c'est réglé. Le timing, c'est nous qui nous le sommes fixés. On voulait absolument le 29 juillet. Tu veux que je te dise pourquoi ? Je ne l'ai jamais dit, je vais le dire. Ça fait 5 ans exactement jour pour jour où j'ai signé avec mon producteur et qu'on est une équipe. C'est notre anniversaire. C'est pour ça qu'on fait le Bataclan, pour fêter mes cinq ans de carrière. Pour moi, c'est une date symbolique. Je suis super fier de cette date.
Julien GONCALVES
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