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C'est dit !
lundi 29 novembre 2021 11 :00

Camille Lellouche révèle avoir été battue : "J'ai cru que j'allais mourir"

Camille Lellouche prend la parole. Dans une interview pour "Sept à huit", la chanteuse révèle avoir victime de violences conjugales alors qu'elle n'avait que 19 ans. "J'ai vécu un enfer pendant deux ans" témoigne la chanteuse, en larmes, qui brise le silence pour inciter les victimes à porter plainte et à "partir dès le premier coup".
Crédits photo : Capture d'écran TF1
Un témoignage douloureux mais nécessaire. Dans une interview menée par Audrey Crespo-Mara dans "Sept à huit", diffusée ce dimanche sur TF1, Camille Lellouche révèle avoir été femme battue. L'humoriste et chanteuse, qui vient de publier son premier album "A", a fait part de l'expérience glaçante qui lui est arrivée alors qu'elle n'avait que 19 ans. Une histoire dont elle parle aujourd'hui pour « la première et la dernière fois ». A cette époque, elle sort avec un homme dont elle ne donne aucun détail, à part qu'il pesait 120 kilos : « On était sur un monstre. (...) J'ai vécu un enfer pendant deux ans. Toutes les formes de violences qu'une femme peut subir, je les ai subies. Au début, il était comme ils le sont tous. C'est-à-dire séducteur, charmeur, très intelligent... » confie-t-elle avec beaucoup d'émotion, assurant que les violences ont commencé « très rapidement, au bout d'un mois ». Le tout « pour une raison ridicule » : alors qu'ils étaient en vacances au Portugal, son compagnon a comparé la vie de sa grand-mère ayant travaillé toute sa vie à celles des grands-parents de Camille Lellouche, qui ont été déportés durant la guerre : « Ça m'a vexée (...) et quand je suis revenue 15 minutes après, j'entends de loin : "Elle est où cette pute ?" (...) Je n'ai pas le temps de réagir qu'il me met une claque violente ».

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"J'avais peur, j'étais sous son emprise"


Suite à cette altercation, son petit-ami « s'effondre, s'excuse, pleure » et multiplie les délicates attentions dès leur retour en France. Mais les violences continuent : « Les violences psychologiques, tous les jours, et physiques, tout le temps, trois, quatre fois par semaine. En fait, je ne vivais même plus ». Camille Lellouche explique que n'importe quel désaccord, comme le fait qu'elle n'ait « pas envie de faire l'amour avec lui », pouvait déclencher des colères. « Ça a été des moments très violents puisque quand t'as quelqu'un de très costaud... T'as pas le choix (...) On te tient, on t'empêche même de respirer » raconte l'artiste en décrivant des agressions sexuelles sans utiliser le mot "viol", bouleversée de replonger dans ces souvenirs traumatiques. Elle assure avoir eu en « permanence l'envie de vomir » et être « passée de 52 à 40 kilos en deux mois » : « [Il disait] que c'était de ma faute, que c'est moi qui le poussais à bout, que je méritais, que j'étais insupportable (...) Donc je m'excusais à chaque fois. Juste parce que j'avais peur. J'étais complètement sous son emprise ».



"Si j'avais eu une arme, je pense que je l'aurais tué"


En larmes, Camille Lellouche raconte avoir dilapidé ses économies pour son partenaire, qu'il la trompait juste devant ses yeux. Elle dit êtrerestée à cause de « la peur » : « Je ne souhaite à personne d'avoir peur. Matin, midi, soir, la nuit ». « Le pire, c'est le moment où j'ai cru que j'allais mourir » raconte-t-elle, détaillant le moment le plus choc de cette relation douloureuse. Un soir où elle refuse d'avoir une relation sexuelle avec lui, il se met à la rouer de coups : « Il m'insulte, il commence à me mettre des droites dans tous les sens, des coups de coude dans le dos, et j'ai commencé à pisser dessus (...) J'ai dormi dans ma pisse par terre, sur le sol, sur le plancher. L'humiliation la plus totale... Il était sur un matelas et moi je dormais par terre dans ma pisse. Et je ne faisais que prier pour ne pas mourir. Il me dit, avant de s'endormir : "Si tu bouges, si je t'entends même respirer, je te tue" ».

Après cette nuit de violence, son ancien petit-ami a fini par la prendre dans ses bras. Mais Camille Lellouche l'avoue : « Si j'avais eu une arme, je pense que je l'aurais tué (...) A un moment donné, ton cerveau, on est des humains, il atteint le point de non-retour ». A l'époque, seule sa meilleure amie est au courant des violences qu'elle subit mais son frère et sa mère ne tardent pas à le découvrir. Quand elle l'apprend, cette dernière prend la décision d'envoyer sa fille dans une école en Angleterre pour « [la] sauver » et l'éloigner de son bourreau. A son retour, Camille Lellouche a accepté que son ancien compagnon vienne la chercher à la gare. « Il fallait que je vérifie si j'étais sous l'emprise ou pas. Et quand je l'ai vu arriver, j'ai souri et je me suis dit "Je suis sauvée, je n'aime plus cette personne. Et je n'ai plus peur" » se remémore-t-elle.



"Dès que je parle de ça, mon corps revit des choses"


Si elle chante "N'insiste pas" dans son album "A", Camille Lellouche s'est sans aucun doute inspirée de son expérience glaçante pour donner naissance à ce morceau qui parle de violences conjugales, qu'elle dit avoir beaucoup de mal à interpréter : « J'ai les jambes coupées à chaque fois... Dès que je parle de ça, mon corps revit des choses... En fait, cette chanson, elle m'abîme plus qu'elle fait du bien, en vrai ». Aujourd'hui, l'interprète de "Mais je t'aime" dit prendre la parole une unique fois sur ce sujet pour une bonne raison : « Je le fais parce que j'ai 35 ans, que j'aimerais être maman un jour et de me libérer de tout ça. Et j'ai pas du tout envie que si j'ai une petite fille un jour, elle vive ça. Ou même un petit garçon. Puis j'ai ce devoir ».

Son conseil à toutes les victimes de violences conjugales ? Partir dès le premier coup et porter plainte, ce qu'elle « n'a pas été capable de le faire » : « Je souhaite que toutes ces femmes arrivent à porter plainte, arrivent à avoir des gens autour qui arrivent à les forcer à porter plainte. C'est quand tu sors de cet enfer que tu dis "Ça y est, respirons là". Vous verrez, après c'est beau ». Un témoignage fort pour lequel Camille Lellouche a reçu de nombreux de messages de soutien.
Théau BERTHELOT
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