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Interview
samedi 25 novembre 2017 11:28

Shaka Ponk en interview : "Personne ne voulait de nous, c'est pour ça qu'on a réussi"

Difficile de rester sérieux quand on est face à Shaka Ponk. Autour d'une bière, dans un studio transformé en jungle, le groupe de rock français enchaîne blagues et anecdotes pour nous parler de son nouvel album "Evol". Rencontre avec une bande de potes qui n'a rien perdu de son esprit punk !
Crédits photo : Denis Rouvre / Tôt ou Tard
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

2017 marque vos 13 ans de carrière...
Steve : On était très jeunes.
Frah : On avait 13 ans !

« Les difficultés nous ont fait avancer »
Vous vous souvenez des balbutiements du groupe ?
Frah : Ah ça oui ! On oublie toujours parce qu'on est beaucoup dans le présent et sur de gros dossiers, mais il y a toujours un moment où on fait une petite pause, on s'assoit et on regarde de vieilles photos. A l'époque, on avait un trampoline sur scène qu'on avait acheté à Jouet Club pour faire l'écran, on le tenait avec du scotch ! Avec un vieux projo de salon, on projetait les images dessus... On trouve ça dingue, maintenant.
Sam : Mais c'était génial !
Frah : On était très fier.
Steve : On l'avait découpé en deux pour le transporter plus facilement.
Ion : Et on trouvait qu'on avait une prod de ouf !
Frah : Ça fait longtemps maintenant... Mais tout ça nous a servi plus tard. Le "Do it yourself" nous a appris plein de choses. Plus on avait de bâtons dans les roues, plus les gens nous disaient "Ben non, ça va pas être possible", plus on travaillait pour y arriver. Si les portes s'étaient ouvertes facilement au début, je pense que le groupe n'existerait plus. Ce sont les difficultés qui nous ont permis de nous démerder tout seul !
Ion : Et d'aller là où on veut aller. De faire ce qu'on veut. Ça, ça n'a pas vraiment changé.

L'état d'esprit est le même ?
Sam : Bien sûr !
Frah : Pas plus tard qu'avant cette interview, j'étais au téléphone avec la production pour parler de choses un peu plus techniques qu'un trampoline à Jouet Club et je répétais : "Mais si, ça va le faire, au pire on scie nous même notre matos dans le bois... Ça va marcher". J'ai le même discours qu'à nos débuts. Personne ne voulait de nous, c'est pour ça qu'on a réussi.

« On a instauré une démocratie dans le groupe »
C'est facile de garder une bonne cohésion de groupe, quand on est six ?
Ion : Aujourd'hui c'est facile pour nous. Ça nous demande moins d'effort qu'à l'époque.
Sam : Maintenant on connaît les sensibilités de chacun, on sait comment on fonctionne, qui est plus doué pour l'image, l'autre le son... C'est beaucoup plus fluide.
Ion : On a beaucoup oeuvré pour cette cohésion. C'est même la plus grosse partie du travail.
Frah : Il nous arrive souvent de nous dire : "Quand est-ce qu'on fait de la musique ?". Tellement on passe du temps à parler, à écouter les autres, à échanger...
Steve : Mais on y arrive ! Alors qu'à la base, on est de vrais amateurs. On n'est jamais professionnel quand on fait de la musique : on apprend à l'être. Nous on est une bande de potes qui faisons de la musique en essayant de garder de la joie, de la bonne humeur, une dimension ludique. Autour de nous il y a des personnes qui sont là pour nous formater, nous vendre, mais nous on essaie au maximum de ne pas s'impliquer dans ce côté-là pour rester dans l'artistique. En fait on se prend souvent la tête sur des choses subjectives ! C'est ce qu'il y a de pire. On est obligé d'instaurer une démocratie.
Frah : Depuis que c'est une démocratie ce groupe, les choses avancent plus lentement mais au moins, tout le monde est content. On s'aime énormément, c'est pour ça qu'on se respecte.
Steve : On couche beaucoup ensemble aussi.
Frah : C'est vrai que s'il n'y avait pas toutes ces histoires de sexe, peut-être qu'on s'entendrait moins...
Sam : Bah on s'ennuierait ! Surtout moi. (Rires)

Regardez le clip "Gung Ho" de Shaka Ponk :



Votre nouvel album "Evol" fait suite à un double projet assez ambitieux. C'était plus facile ?
Sam : En fait ce double album, c'est ce qu'il y a été le plus simple à faire ! On est plusieurs à écrire et composer dans le groupe, ce qui fait qu'on se retrouve avec des centaines de démos et maquettes. On est obligés de faire des réunions pour choisir les titres. Sur un seul album, il y a donc plus de sélection à faire... et de batailles entre nous.
Frah : Surtout, on a passé 10 ans à faire des disques pendant qu'on était en tournée. Dès qu'on s'ennuyait ou qu'on avait un moment de libre, tac on se mettait à faire des chansons, à bricoler des clips. Et donc à la fin de la tournée, on avait déjà un autre album. On le sortait et hop, on repartait en tournée. Là pour la première fois, on s'est obligés à faire comme les groupes normaux. Après les concerts, on est parti en vacances, on a profité de nos familles... On a fait un vrai break. Puis on s'est retrouvés et on a loué un studio qui est devenu comme notre deuxième maison. C'est la première fois qu'on fait ça.
Ion : On a dû beaucoup boire lors de notre derrière tournée parce qu'on a rien composé ! (Rires)
Steve : C'est à cause de Cyril, notre guitariste ! Ce mec est addict à la scène. Mais j'avoue qu'on le vit tous difficilement, le manque. Les images de festoches sur nos Facebook cet été, c'était insupportable !
Sam : S'arrêter deux ans et ne pas faire de concert, c'est dur.
Steve : Mais on est très content du nouvel album.
Frah : Enfin, on s'est quand même rendu compte tout à l'heure, deux mois après l'avoir rendu au label, qu'on avait pas filé le bon morceau au mastering sur un titre ! "Ah, y'avait de la basse, là ?" (Rires)

« S'arrêter deux ans, c'est dur »
Qu'aviez-vous envie de raconter avec "Evol" ? Il y avait une ligne directrice ?
Sam : Franchement, un peu comme d'habitude : jamais. (Rires) Il y a eu une telle accumulation de titres... Le choix qui s'est fait, c'était le choix du coeur. C'est un peu scolaire, d'accord, mais on a fait des réunions où on a coché nos morceaux préférés ! Chacun a indiqué quelles chansons lui plaisaient le plus. L'harmonie entre les titres, on n'y a pas tellement pensé... Mais on a jamais eu des albums très harmonieux. Vu qu'on mélange pas mal les styles, on est très éclectique.
Frah : La grande difficulté technique, c'est que tout se tienne dans un album. C'est pour ça qu'on y a passé beaucoup de temps. Si tu fais un disque de rap, une fois que tu as trouvé la formule, le son et le façon de le traiter sur un ou deux morceaux, ça se décline assez bien. Le rock, c'est pareil. Mais nous c'est l'enfer ! On a envie de faire du gros son, mais avec un petit truc à la guitare en plein milieu, puis faire du peu de salsa... Et il faut que ça matche. C'est cauchemardesque.
Steve : Je plains les groupes de covers qui reprennent du Shaka ! Sauf dans les mariages. Ou les fanfares.

Laquelle de vos chansons trouverait sa place dans un mariage, d'après vous ?
Frah : "You fuck i'm not your slave". On l'a pas encore inventée mais elle resserrerait les liens à vie ! (Rires)

C'est quoi être punk en 2017 ?
Frah : Demande au chihuahua de Sam ! C'est une teigne. (Sourire)
(Elle lui jette un regard mauvais) Sam : Je crois que c'est de faire ce qu'on veut, non ? D'avoir une certaine liberté artistique, même si on est signé dans un label. On la défend vachement cette liberté, même si c'est pas spontanément ce qui passe à la radio. Aujourd'hui c'est un luxe de faire ce qu'on veut !
Frah : Bah toi tu as la coupe, déjà ! (Le chihuahua grogne) Ah tu vois, je l'avais dit. (Rires)
Nous depuis le début, on nous a dit "Faut pas faire du rock les gars car ça ne marche jamais". On fait du rock en anglais. "Quoi, du rock en anglais ? Ah non ça va pas du tout. Ok bon d'accord". Par contre on peut mettre un peu d'espagnol dedans ? "Là vous êtes relous. Vous allez pas prendre une chanteuse métisse non plus ! Y'a un moment faut arrêter les conneries". Et en fait, si. (Sourire) Justement. Ça on aime bien en France se dire qu'il faut faire les choses comme ça. C'est quand même aberrant. Faut rentrer dans des cases. "Faire à la fois du rock et de l'électro, c'est compliqué". Bah on s'en fout ! "Ça marchera jamais". Si c'est le cas tant pis.
Steve : "Pour qui tu veux le faire ?" Pour des gens comme nous. "Mais ça existe pas des gens comme vous !" Bah si. (Rires)
Frah : Tout ça nous met autant de barrière que ça nous donne envie de le faire. Le côté punk c'est un peu ça. Et la coupe de cheveux, bien sûr.

« On s'est toujours senti en décalage »
Ça vous arrive de vous dire que vous n'êtes plus dans l'air du temps ?
Frah : Tout le temps !
Sam : On s'est toujours senti décalé. C'est rassurant. Comme on se considère comme un groupe de scène avant tout, on a moins d'ambition et de complexe. Le but pour nous, c'est de continuer à faire des concerts. Décalé, oui et alors ? Quand j'allume la TV et que je vois ce qu'il se passe, y'a tellement de choses qui se ressemblent ! C'est pas que c'est pas bien, mais... On a ce luxe de pas être soucieux d'être à la mode. Après, si notre musique passe en radio, tant mieux !

Mais vous faites quand même partie d'une industrie... Ce n'est pas si simple.
Sam : Je pense que le label a intégré qu'on est un groupe live. On a cette sorte de concept à part, avec un travail précis sur l'image et le son. Les équipes de "Tôt ou tard" ont bien intégré cette dimension et c'est pour cette raison qu'ils n'interviennent quasiment pas le processus de création de l'album. Ce serait super dangereux pour Shaka Ponk qu'on commence à se dire "il faut faire un truc à la mode". Et la mode, c'est quoi d'abord ? Ça change, ça tourne, ça se recycle... Je préfère travailler en boulangerie plutôt que de faire quelque chose qui ne me plaît pas !
Frah : Je vais même te dire : brancher la radio et voir qu'on ne rentre pas dans un moule, c'est cool pour nous ! Si y'avait que des Kurt Cobain à la radio, on serait dans la m*rde ! On se demanderait sans cesse si on est au niveau. Alors être différent, pour quelqu'un qui vend de la musique, ça peut faire flipper. En tout cas, c'est pas le cas de notre label. On suit nos envies, c'est un peu le deal de départ.
Steve : Surtout, ça marche au delà des espérances de tout le monde. On a dépassé depuis longtemps nos ambitions de départ. On pensait jamais jouer à Bercy ! Ça veut dire aussi qu'on touche beaucoup plus de gens que prévu et qu'ils ne sont pas aussi teubés que certains distributeurs peuvent parfois le penser. Et les gens qui tombent sur un titre comme ça à la radio, achètent un billet pour venir nous voir et se prennent dans la figure notre show, moi je kiffe !
Frah : Combien de fois on nous a dit penser arriver à un concert de reggae après avoir entendu "My Name Is Stain" ? Les gens étaient surpris. Et ça c'est génial.

Regardez le clip "Mysterious Ways" de Shaka Ponk :



Le titre "Slam & Slam'Ed" se finit avec un long monologue... récité par Edouard Baer. Comment ça s'est fait ?
Frah : On l'a appelé en lui disant "Écoute, ça fait six mois qu'on bosse sur un disque et on t'écoute tous les matins à la radio. Tu veux faire un featuring ?". Y'a toujours un moment où le label te demande un featuring, et comme on aime bien faire les choses à notre façon, on n'a pas pris un chanteur mais un acteur ! Le Edouard il est arrivé ici au studio et on lui a expliqué qu'on avait fait un morceau sur une fin de tournée, ce moment où le concert devient une espèce de grosse orgie quand on se jette dans la foule. On lui a dit : "Imagine, t'es une rockstar. Raconte ta tournée de rockstar". Et là il est parti tout seul. Il a absorbé tout ce qu'on a dit et il a improvisé un monologue ! Incroyable. Il était parfait pour le rôle. Une belle rencontre !

« La tournée, ça va être un truc de dingue »
Pourquoi ce titre d'album, "Evol" ?
Frah : L'idée c'était de faire une abréviation du mot "évolution" et de parler du cas d'école de l'espèce humaine, censée être la plus évoluée mais qui fait... n'importe quoi. Une espèce est censée évoluer dans une meilleure forme voire dans une forme adaptée à son environnement. Mais nous on est en train de le détruire, notre environnement. (Sourire) On s'en rendu compte qu'en le prononçant on entendait "Evil", le mal. C'est un thème qui revient souvent dans nos morceaux, cette connexion entre le bien et le mal. Et à l'envers, on lit quoi ? Le mot "Love". Comme si la solution était sous notre nez. C'est ce concept qui a donné la pochette de l'album, avec cette femme et ce singe qui s'embrassent.

En parlant de singe et de votre mascotte Goz, j'aimerais savoir si vous travaillez avec Michel Ancel sur le jeu vidéo "Beyond Good & Evil 2", dont les personnages ressemblent fortement à votre univers ?
Frah : Tu n'es pas le premier à nous en parler ! (Sourire) Mais non.
Sam : C'est vrai que c'est troublant ! Pas mal de fans nous ont fait remonter l'info...
Frah : Y'a une inspiration évidente.
Sam : On est honoré ! Mais il n'y a pas eu de consultation ou de contact avec l'équipe.
Steve : Ça nous a bien motivés pour faire nos images live par contre ! La bande-annonce, elle défonce ! Il va falloir être au niveau. Wow ! Ça fait fantasmer.
Frah : Justement, on aimerait bien amener le concept du spectacle visuel. Pas uniquement beaucoup d'images et de lumières, où tu sors de là en te disant que tu en as pris plein la gueule, mais un vrai spectacle visuel avec un groupe de rock qui raconte une histoire. On aimerait bien réussir à coupler notre travail avec de gros studios comme ça, comme Ubisoft.

Vous avez une grosse tournée des Zénith qui débute en janvier. Que préparez-vous cette fois ?
Frah : On a tout mis ! Tout ce que nous a rapporté le succès des précédentes tournées a été réinvesti pour préparer un truc de dingue. On est allés au-delà de notre imagination. Comme Besson avec "Valérian" ! On a tous mis en se disant ça passe ou ça casse. On a beaucoup beaucoup travaillé sur des décors, des scénarios, des personnages... C'est pharaonique. Bon maintenant, on espère qu'il y aura du monde car ce serait con que trois pauvres mecs voient ça ! (Rires)

Crédits photo : Denis Rouvre / Tôt ou Tard .
Yohann RUELLE
Pour en savoir plus, visitez tv.shakaponk.com ou la page Facebook officielle.
Ecoutez et/ou téléchargez la discographie de Shaka Ponk sur Pure Charts.
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