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Interview
mardi 25 mars 2014 16:54

Metronomy en interview : "La meilleure pop ? Abba et Ace of Base !"

Trois ans après le succès de "The English Riviera", Metronomy publie ce mois-ci son cinquième opus "Love Letters", invitation mélancolique remplie d'allégresse. Quelques jours avant le jour J, le fondateur et leader du groupe, Joseph Mount, a accepté de se confier à Pure Charts sur la genèse de ce cinquième opus, ses doutes en tant qu'artiste, sa nouvelle vie à Paris ainsi que son affection pour la french touch.
Crédits photo : DR
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Sur chacun de tes disques, tu as toujours défini une forte identité visuelle et thématique. "Nights Out" relatait le récit d'une fête désastreuse, "The English Riviera" était une réinvention glamour et luxueuse de ta ville d'origine... Quel est le thème de celui-ci ?
"Love Letters" a été enregistré dans un studio analogique, construit avec des équipements datant des années 60. Je voulais produire un disque avec les mêmes dispositions de l'époque, exactement comme s'il en était sorti. Ça, c'était le coeur du projet : avoir cette patte sixties... ce qui, en soi, est assez vague, je sais ! (Sourire). Même si la pochette façon hippies peut laisser penser le contraire, je n'avais pas envie de sombrer dans la pastiche facile.

« Le challenge ? Éviter de sombrer dans la pastiche »
Pop futuriste, voyage dans le passé... Quelle description correspond le mieux à ta musique ?
C'est ça le truc : les deux définitions ne sont pas si éloignées l'une de l'autre, à bien y réfléchir. Des fois, la pop moderne a le regard rivé sur le futur, aussi bien dans ses sons que dans son approche. Et puis, à un moment, tu as quelqu'un comme Amy Winehouse qui surgit, avec tout un univers rétro, et cette nostalgie fait battre le coeur des gens. Moi, je ne prétends pas briser des frontières. Il faut juste faire attention à ne pas surfer sur une tendance. C'est pour ça qu'en tant qu'artiste, je ne ferai jamais de musique qui ne soit pas actuelle et pertinente à mes yeux.

Tes morceaux ont toujours cette dimension dansante et excentrique. Pourtant, une poignée de chansons de l'album comme "Love Letters", "The Upsetter" ou "Never Wanted" évoquent l'amour perdu, le regret, la solitude... C'est un paradoxe intentionnel ?
A mon sens, la meilleure musique pop combine justement ces deux facettes. Je pense à des groupes comme Abba ou Ace of Base. Derrière l'immédiateté de leurs mélodies, tout n'était pas si rose ! C'est ça qui les rend si authentiques. Les musiques qui traversent le temps ne sont pas futiles. Enfin... pas toutes. (Rires)

C'est plus simple pour toi d'écrire sur la tristesse plutôt que sur la joie ?
Tu sais, il ne faut pas écrire sur la mélancolie juste pour dire « J'écris sur la mélancolie ». L'ingrédient essentiel, c'est la sincérité. Un garçon, une fille, une histoire d'amour... Ce sont des histoires auxquelles tout le monde s'identifie.

Visionnez le clip "I'm Aquarius" :



The Upsides et The Customers étaient tes deux premiers groupes. Y a-t-il encore une part d'eux dans Metronomy ?
C'est drôle parce que dans chacun de ces groupes, je n'écrivais pas de chansons. J'étais le batteur. Mon point d'ancrage, c'était mon ami et chanteur Gabriel Stebbing. Tout ce qui j'ai appris sur la musique, je le dois à lui. Donc oui, je crois qu'on peut dire que Metronomy n'existerait pas sous cette forme sans eux. On a d'ailleurs un peu la même attitude que les Customers. Notre but était de produire de la musique plus "sophistiquée"... Enfin je dis ça mais moi, j'étais juste heureux de pouvoir taper sur ma batterie. (Rires) C'est de là que je tiens mon amour pour la pop.

C'est difficile d'exister en tant que groupe quand Metronomy était, à l'origine, ton projet solo ?
C'est très simple, en réalité. Ce changement s'est fait naturellement, pour une raison ou pour une autre. On se sent vraiment en confiance tous les quatre. Je ne ferais pas grand chose, sans eux. Je le dis souvent mais pour moi, Metronomy a existé en deux temps. Il y avait d'abord moi en studio, qui créait nos morceaux, puis nous quatre sur les routes, qui leur offraient une dimension live. Les deux processus étaient distincts, différents, mais tout aussi cruciaux. Maintenant, en studio, c'est toujours moi, sauf que j'invite les autres à venir me rejoindre ! Du coup, le travail est collectif. Aujourd'hui, on a une vraie unité.

« Je ne suis pas Chris Martin ! »
Tu parles souvent de ton "complexe du batteur", en affirmant que tu n'étais pas destiné à devenir un leader. Toujours en proie au doute ?
Je vais bien, du moins j'essaie ! (Rires) J'ai appris à gérer ça en devenant un groupe à part entière : le sentiment de faire partie d'une équipe m'a vraiment aidé. C'est très compliqué le rôle d'un batteur. Pour le grand public, tu n'es pas la personne la plus importante du groupe... pourtant ton travail, lui, est essentiel ! Parce que tu es celui qui donne la mesure à tous les autres. Mon problème c'est qu'en concert, je n'ai pas le sentiment de faire ce dont je suis le meilleur. J'ai l'impression de faire de mon mieux, compte tenu de la situation...

Donc tu n'aimes pas être sous le feu des projecteurs ?
Non, ce n'est pas ça. J'aime me produire sur scène ! C'est juste que je ne suis pas un meneur-né, je ne suis pas un leader naturel.

Le succès international de Metronomy, vos tournées avec Coldplay... Tout ça ne t'a pas guéri de cette appréhension ?
Non... Attention, je le vis bien, ce n'est pas ce que je dis. Mais je ne serai jamais Chris Martin, capable de soulever tout un stade. Ce n'est pas moi. Ça ne me ressemblerait pas.

« J'ai arrêté de courir après la mélodie parfaite »
Les arrangements de "Love Letters" sont à nouveau épurés et minimalistes. En faire moins pour faire mieux, c'est ta philosophie ?
Je dirais plutôt qu'en faire moins est suffisant. Avec l'expérience, j'ai arrêté de courir après la mélodie parfaite. En faire trop, c'est... trop. Quand tu t'embourbes avec des tas d'arrangements, ta perception devient floue. Tu n'arrêtes plus à déterminer si une chanson est bonne ou non. Alors maintenant, je vais au plus simple. J'aime le concept de lâcher prise. Et puis ça rejoint l'idée de proposer un voyage à l'auditeur. Chaque note, chaque petit détail trouve ici un écho parce qu'on lui laisse la place de s'exprimer. Dans les productions modernes, tout est surchargé ! L'intention est diluée dans une armada de bidouillages électroniques. J'ai la conviction que chacun d'entre nous est beaucoup plus sensible à la musique qu'on veut bien le penser. Donc épurer mes morceaux, c'est aussi une façon d'ouvrir la voix à une écoute en profondeur. Même si le risque est, du coup, de laisser l'auditeur combler les blancs avec sa propre imagination... comme du twerk ou je ne sais quoi !




Parlons de Michel Gondry.
Et bien, il a cinquante ans, il est français... (Rires)

Tu avais spécifiquement envie de travailler avec lui, pour le clip de "Love Letters" ?
Je n'avais jamais imaginé que c'était une option ! Il avait très envie de repasser derrière la caméra pour un artiste et tout le monde lui a dit : « Oh, tu devrais réaliser quelque chose pour Metronomy ». Quand j'ai su qu'il y avait une possibilité, j'étais comme un gosse. Il était partant donc je n'ai pas eu à blablater pour le convaincre. Et heureusement, car j'aurais été ridicule ! C'est une belle et heureuse surprise.

Il dit qu'il ne connaissait pas ta musique, avant...
Je trouve ça génial, perso. (Rires) C'est une façon de travailler très authentique, qui n'est, du coup, pas biaisée par un quelconque jugement. Réaliser des clips soignés, ça nous a toujours plu. Je n'ai pas le sentiment qu'il arrivait là en se disant : « Tiens, je vais donner un coup de pouce à leur carrière ». Il y a eu tout de suite du respect et de la confiance mutuels. C'est amusant parce que sur le tournage, il n'arrêtait pas de dire qu'il écoutait beaucoup de funk et de la vieille musique. Et j'étais là : « Mais tu sais, Metronomy est très funky aussi ! ». Il aurait très bien pu aimer nos chansons, en fait ! (Rires) Quoi qu'il en soit, j'apprécie son honnêteté. C'est un peu triste de dire ça, et je ne veux pas paraître irrespectueux, mais beaucoup de jeunes ne connaissent son immense contribution à l'histoire des clips vidéos. Bjork, Daft Punk, Radiohead... "Love Letters", c'est l'occasion pour lui de faire resurgir ses oeuvres passées.

L'association entre ta musique et sa vision paraît très naturelle, finalement.
C'est vrai. Et j'espère que ça lui a donné envie de jeter un oeil à nos anciennes vidéos... parce que beaucoup d'entre elles ont été inspirées par lui. C'est un joli clin d'oeil.

Visionnez le clip "Love Letters" :



« Les Français ont un sens aigu de la production »
Tu vis désormais à Paris. Est-ce que ça exerce une influence sur ta musique ?
Ça l'influence de bien des façons. Je viens tout juste d'avoir un bébé et ma compagne est française. Donc maintenant, je peux clamer haut et fort que j'adore la France. Je peux même en accepter la culture ! (Rires) Ceci dit, j'ai toujours ce regard extérieur et très romantique sur Paris... J'ai tout le temps l'impression d'être dans un décor de film. C'est très inspirant. Et puis, j'apprécie beaucoup de découvrir la richesse de votre culture musicale, en particulier la french touch. A mes yeux, les Français ont toujours eu un sens aigu de la production. Je me découvre des affinités très proches avec Phoenix ou même Serge Gainsbourg et Michel Polnareff !

Tu as travaillé dans le passé avec Sophie Ellis Bextor, Nicola Roberts... Il y a d'autres artistes avec qui tu aimerais collaborer ?
Il y en a des tas, mais... Je ne sais pas, je préfère quand on vient de me chercher. Je suis timide tu sais, je ne me vois pas aller traquer tel ou tel musicien. Je pense que je serais ravi de travailler avec n'importe qui, y compris sur notre prochain album. J'ai envie de m'y mettre très vite.
Yohann RUELLE
Pour en savoir plus, visitez le site internet officiel et leur page Facebook du groupe.
Écoutez et/ou téléchargez l'album "Love Letters" de Metronomy.
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