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Interview
samedi 02 novembre 2013 16:02

Matthieu Mendès : "On m'a proposé de rejoindre le casting de Robin des Bois"

Après plusieurs années de retrait, Matthieu Mendès sort de l'ombre pour entrer dans la lumière. Il publie cette semaine son deuxième album, un nouveau départ appelé "Echo" et actuellement défendu en radio par le duo "Okay", enregistré avec la jeune Pomme. Fan de Téléphone et Dolly Parton, le guitariste qui s'est révélé à travers sa reprise de "Cendrillon" et son titre "Jour après jour" nous en dit un peu plus sur lui et ses aspirations.
Crédits photo : Laurent Seroussi
Propos recueillis par Jonathan Hamard.

Huit ans nous séparent depuis la sortie de ton premier album. Pour beaucoup, il vaut mieux parler de nouveau départ que de longue absence, même si entre temps tu as écrit pour Ycare et M Pokora. "Echo", c'est un nouveau commencement ou la suite logique de ton premier disque ?
Disons plutôt que je reviens avec un deuxième premier album. C'est en tout cas la sensation que j'ai avec tout ce qui se passe pour moi en ce moment. Mais avec la maturité et l’expérience que j'ai acquises ces dernières années. "Echo", c'est aussi huit ans d'évolution. Donc c'est vrai que le style de ce nouvel album est complètement différent du premier. J'ai cette sensation d'avoir une deuxième vie de chanteur. J'ai toujours été dans le circuit, mais pas en tant que chanteur. Mon premier album m'a permis de faire beaucoup de choses. Il m'a ouvert des portes et a donné lieu à une tournée. J'ai fait pas mal de télévisions à l'époque et des premières parties de Calogero. Après ça, c'est moi qui ai eu besoin de ne pas enchaîner tout de suite avec autre chose. J'ai eu besoin du prendre du recul. Je devais réfléchir pour savoir ce que je voulais et où j'allais, tout simplement. J'étais jeune à l’époque. Il a fallu que je tienne tout ça sur mes épaules. Ce long retrait, ça fait partie d'un processus logique. Je ne regrette rien. Je ne regrette pas ces huit ans d'absence dans la lumière en tout cas.

Repasser de l'ombre à la lumière, c'est prendre des risques. Tu es en première ligne avec ton album, tes chansons. Ce n'est plus M Pokora qui se fera critiquer si ses chansons ne plaisent pas...
Tu te fais tirer dessus aussi en tant qu’auteur-compositeur...! (rires) De toute façon, qu'on fasse quelque chose de bien ou quelque chose de nul, on se fera tirer dessus dans ce pays ! Plus sérieusement, j'ai pesé le pour et le contre. Je me suis demandé si j'avais envie de prendre des risques et kiffer sur scène ou si kiffer sur scène était moins important que l'envie de prendre des risques. Ce dont je suis sûr, c'est que je veux faire de la scène. Je veux aller voir les gens. Tant que je suis sincère et que ce que je raconte est authentique, tant que le public kiffe, je suis heureux. Je le fais pour ça.

A l'heure où les nouveaux talents peinent à émerger, il ne vaut pas mieux parier sur la scène que sur un album ?
Je crois que faire un album va m'aider à faire de la scène. Et les concerts vont m'inspirer un album. C'est tout. Pour moi, il faut que la musique soit sur un album. Ça fait partie de ma façon de voir les choses. D'autant que je ne fais pas une musique spé, indé... Je suis dans ce système-là. J'aime ce système-là. Au début, je n'avais même pas envie de refaire un album. Quand j'ai commencé à poser des chansons, j'ai juste composé sans savoir si elles étaient pour moi ou un autre. Et puis j'en ai eu cinq ou six dans le même esprit et qui racontaient la même histoire. Là je me suis dit qu'il fallait faire un album.

« Ce n'est pas mon univers d'être chanteur de comédie musicale »

Parce qu'il s'agissait de titres plus personnels ?
Exactement. J'ai pris ma guitare acoustique et je me suis mis à chanter. Tout simplement. Je ne me suis pas pris la tête à chercher à tout prix à faire un album avec des singles et des tubes. Pas du tout ! Ce n'était pas du tout l'objectif à la base. J'ai fait de la musique pour faire de la musique.

Quand et comment est-ce qu'on se rend compte que les chansons qu'on écrit sont pour soi et pas pour les autres ?
C'est assez difficile. Il y a des chansons que tu composes comme des challenges si je puis dire. Ce sont des chansons pour lesquelles tu essaies de faire des choses nouvelles. Et général, ces chansons-là ne sont pas pour toi. A l'inverse, quand tu ne réfléchis pas à ce que tu composes, là, il y a des chances que ce soit pour toi.

Revenons sur ces cinq années passées dans l'ombre. Tu as également écrit pour le spectacle musical "Robin des Bois". Tu aurais aimé en faire plus sur ce projet ?
Oui. Parce que moi je suis un acharné de travail et que j'ai toujours envie de travailler (sourire) ! Évidemment que j’aurais voulu. Je peux t'avouer qu'on m'a proposé de participer aux castings. Mais ce n'est pas mon univers d'être chanteur de comédie musicale.

Ce n'était pas non plus l'univers de M Pokora !
Ça c'est vrai ! Mais Matt est arrivé à un stade où il est vraiment au top de sa carrière. Il aime prendre des risques. Il cherche toujours de nouveaux challenges en visant toujours plus haut. C'est ce que j'admire chez lui d'ailleurs. Et là, je pense que c'était un coup de poker pour lui. Il a rencontré un gros succès avec son dernier album. Il aurait très bien pu en ressortir un derrière et au mieux en vendre autant sinon plus. Là, il surprend tout le monde. Je trouve que c'est un choix stratégique hyper intelligent.

« J'ai un avis sur tout. Ça peut être chiant »
Tu n'exclus pas de travailler de nouveau avec lui ?
Je pense qu'on va continuer à travailler ensemble par la suite. Je ne sais pas si ce sera pour un album ou pour un autre projet totalement différent. Je sais simplement qu'on se suit et qu'il y aura des choses qui pointeront dans un avenir plus ou moins proche.

Crédits photo : Laurent Seroussi
Au regard de ton parcours durant ces dernières années, tu penses que le facteur chance a joué un rôle déterminant dans la parution de l'album "Echo" ?
Bien sûr que la chance a joué un rôle énorme dans cette aventure ! Mais la chance, il faut aussi savoir la provoquer. Il faut être là au bon moment. Il faut aussi qu'un média ait un coup de cœur, pour qu'ensuite d'autres médias puissent en avoir un. Et après la machine s’emballe... La base, c'est d'avoir les chansons. D'avoir du contenu vraiment intéressant à proposer.

« J'ai l'impression qu'ici on n'a pas envie d'apprendre »
Ça ne t'angoisse pas de penser qu'il faut aussi t'en remettre à des facteurs que tu ne peux pas contrôler, indépendamment de la qualité de tes chansons ?
Je suis de toute façon un angoissé de la vie (rires) ! J'ai fait ce que j'avais à faire. C'est à dire que la musique est faite. Maintenant, je dois assurer la promo comme je le peux, au maximum. Je me rends disponible. Je fais des concerts. Il y a une tournée qui démarre. L'album est sorti. Maintenant, il faut que le public l'adopte ou pas. C'est aussi simple que ça. J'attends et on verra bien.

Jusqu'à quel niveau t'impliques-tu dans l'aspect promotionnel de ton disque ? Tu donnes ton avis sur le choix des singles ? Tu travailles sur le scénario des clips ?
Oui. Notamment sur le dernier clip pour le duo avec Pomme. Pour celui-là, j'ai voulu casser l'image des deux précédents clips qui étaient un peu plus lents, plus contemplatifs. Dans "Okay", on retrouve ce côté un peu rock, comme je suis sur scène. Je voulais vraiment que les personnes qui m'ont vu sur scène cet été retrouvent cette énergie. C'est un exemple. Car je m'implique effectivement dans tout. J'ai un avis sur tout. Ça peut être chiant. Ça peut créer des tensions (rire) ! Enfin... pas tant que ça. Parce que je ne suis pas non plus buté et je travaille avec une très bonne équipe. Avec mon manager, on est comme cul et chemise. On se parle tout le temps...

... C'est un peu la deuxième personne de ta vie.
Exactement ! Je peux l'avoir au téléphone dès le matin à 7h30 pour le programme de la journée... Je ne peux pas tout gérer et je n'ai pas non plus les compétences pour. Je n'en ai pas non plus l'envie. Heureusement que j'ai un très bon manager !

Découvrez le nouveau clip "Okay" de Matthieu Mendès et Pomme :



Cet album, c'est la somme de tes dernières expériences mais aussi le récit d'un voyage aux États-Unis. Tu as appris quoi là-bas ?
Les mentalités sont très différentes là-bas. J'y suis allé un peu par hasard. Pour moi, la Californie c'était mythique mais je ne savais pas trop pourquoi. La musique que j'écoutais déjà plus jeune, elle vient de là-bas. J'avais envie de voir ce que c'était. Je voulais comprendre comment les gens appréhendent les choses là-bas. J'ai eu l'impression d'être chez moi. Je me suis senti bien. Il y a des gens qui jouent à chaque coin de rue. J'ai vu des lycéens très doués. Ils ont ça dans le sang ! Ce voyage, il a vraiment été salvateur. Je me suis nourri de plein de choses. C'est suite à ça que j'ai commencé à composer cet album. Là-bas, tu as l'impression que tout est possible. Je ne sais pas si c'est une réalité. Mais c'est en tout cas mon sentiment.

« La simplicité, ce n'est peut-être qu'une apparence »
Beaucoup de personnes jouent de la musique là-bas. Je ne suis pas certain qu'en France on voit ça du même œil. Je pense même qu'on est de manière générale assez critique sur les musiciens qui s'improvisent dans la rue...
C'est vrai qu'en France on critique beaucoup. Alors qu'il y a énormément de gens talentueux. C'est juste une question de mentalité. Il y a tellement de mélanges là-bas...

Ici aussi, même si on ne les encourage peut-être pas assez...
Là-bas, un mec qui fait du rock va aller boire avec un mec qui rappe. Et ça ne posera aucun problème. Ici, quoi que maintenant ça a évolué, il y a toujours ces cases. Alors qu'on fait tous la même chose ! On joue de la musique. C'est pour ça que je ne me prends pas la tête avec ça. Je peux très bien travailler avec M Pokora et ensuite avec Ycare et Jena Lee. Je ne veux pas de frontières. Je veux juste apprendre. Et parfois j'ai l'impression qu'ici on n'a pas envie d'apprendre, qu'on s'enferme dans son truc. J'ai été comme ça aussi.

Ce qui marque le plus dans tes chansons, c'est la manière dont les textes sont écrits. Tu emploies toujours des mots simples. Il faut que le message soit instantané.
J'avais envie d'emmener les gens avec cet album. Qu'ils puissent capter tout tout de suite ! Un peu comme un film. Je veux les prendre du début à la fin, les emmener dans des endroits différents, qu'ils aient des images dans la tête. Là où toi tu trouves qu'il y a peut-être des facilités, moi je trouve que c'est juste l'envie de partager les choses. Je pense que mes mélodies sont assez évidentes et assez faciles à retenir. Peut-être que pour le prochain album, j'écrirais un peu différemment. On travaillera peut-être les choses autrement. "Echo", c'est quatre ans de travail. La simplicité, ce n'est peut-être qu'une apparence. Car dans le fond, ce n'est peut-être pas si simple.

« Pomme, c'est ma petite protégée »
On trouve sur cet album une reprise qu'on a beaucoup entendue à la radio. C'est le titre "Cendrillon" de Téléphone. Le titre s'inscrit dans la mouvance du moment avec tous ces albums de reprises qui cartonnent...
Ce n'est pas si facile ! Parce qu'il n'y a pas tant de reprises qui marchent en fait. Je voulais vraiment faire une reprise sur l'album parce que j'en fais toujours en live. Sur mon premier album, je n'en avais pas mis. "Cendrillon", c'est une chanson que j'écoute depuis que je suis tout petit et que je jouais en groupe quand j'étais gamin. Je suis fan de Bertignac et de son jeu de guitare. Alors, évidemment, quand tu fais écouter ça à ton équipe, ils voient tout de suite que ça peut marcher en radio. Ça, c'est pour l’aspect marketing que tu sous-entends (sourire). L'objectif, ce n'était pas ça ! J'ai récemment fait une reprise du titre "Firework" de Katy Perry. J'aurais très bien pu la lancer en radio. Mais ce n'est pas mon univers. Je suis assez content de cette reprise. Je sais qu'il y en a qui n'ont pas aimé. Mais ça m'a ouvert des portes et permis de partir en tournée cet été. De gens m'ont connu grâce à ça et vont pouvoir creuser un peu maintenant et découvrir l'album.

Mais c'est finalement le duo "Okay" avec Pomme qui pourrait t'aider à t'imposer. Comment est née l'idée de ce duo avec cette jeune inconnue ? Surtout que le titre existait déjà en solo.
C'est une histoire assez étonnante et que je trouve vraiment belle. J'étais en concert avec Luce, et cette jeune fille est arrivée en me disant qu'elle faisait des concerts dans sa région et qu'elle voulait aller plus loin. J'ai cru qu'elle me baratinait. Elle m'a fait écouter ce qu'elle faisait. J'ai trouvé qu'il y avait un truc. Évidemment, ce n'était pas mûr ! Mais elle a un grain de voix particulier. Et sa culture musicale ! J'ai été bluffé ! Elle écoute Dolly Parton, Johnny Cash... Depuis quand les filles de 15 ans écoutent ce genre de musique ? J'adore ! On a plein de bases communes. C'était il y a un an et demi. Depuis, je travaille avec elle. Je la suis. C'est ma petite protégée. Je me suis dit que sa voix irait très bien sur "Okay". Je suis ravi parce que ça amène du peps.
Jonathan HAMARD
Pour en savoir plus sur Mendès, visitez son site officiel et sa page Facebook.
Ecoutez et/ou téléchargez la discographie de Matthieu Mendès sur Pure Charts.

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