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Interview
dimanche 08 novembre 2020 12:45

Marina Kaye en interview : "Quand on est jeune, on ne réfléchit pas à ce qu'on dit"

Elle est l'une des rares à maintenir la sortie de son album. Marina Kaye est de retour avec son troisième disque "Twisted". La chanteuse en dit plus à Pure Charts sur ses nouvelles chansons très intimes, son rapport à la célébrité ainsi que sa vision du monde culturel, actuellement à l'arrêt. Interview !
Crédits photo : Yann Orhan
Propos recueillis par Théau Berthelot.

Que représente ce nouvel album "Twisted" pour toi ?
Il représente une partie de mon évolution, je pense et je n'espère pas que ce soit mon dernier. C'est tout simplement là où j'en suis aujourd'hui, après avoir passé huit ans dans la sphère musicale et télévisuelle. C'est un gros mélange de comment ça a affecté ma manière d'être, mon esprit, mon cerveau...

Dans quel état d'esprit est-il né ?
Dans un état d'esprit très très cool ! Pour cet album, j'ai quitté mon précédent label Universal et je voulais, avec ce troisième album, avoir le même état d'esprit que sur le premier. C'est-à-dire sans aucune pression, donc j'ai décidé de ne pas chercher de label, de juste m'en foutre pendant tout le processus. Je suis partie à Los Angeles et à Londres pour rencontrer des gens, écrire de la musique à mon rythme comme j'en avais envie. Et quand j'ai fini mon album, c'est à ce moment-là que j'ai décidé de signer chez Pias. C'était super cool, je ne me suis pas pris la tête et je pense que ça se ressent dans les titres.

« J'ai décidé de lâcher prise, je fais de la musique par passion »
T'es-tu remise en question après le succès en demi-teinte du précédent album "Explicit" ?
Je ne suis pas devin mais je savais qu'il allait marcher beaucoup moins bien que le premier, pour plein de raisons sur lesquelles je ne veux pas revenir, car c'est du passé. J'ai eu ma part de responsabilité dedans, d'autres choses ont eu également leurs parts de responsabilités. C'était un passage et il fallait que je le vive. Aujourd'hui, même avec ce troisième album, je me demande qu'est-ce que la réussite ? Les ventes physiques sont en train de s'effondrer alors que j'étais une chanteuse qui vendait beaucoup de physique. Tout devient de plus en plus aléatoire. A un moment, j'ai décidé de lâcher prise et de me dire que je fais de la musique par passion. J'ai eu la chance d'avoir un numéro un mais je sais que ce n'est pas le but ultime à chaque fois.

Regardez le clip de "Twisted" de MARINA Kaye :



On sent qu'il y a une volonté de travailler davantage le visuel sur cet album, c'était important ?
Je suis contente de ce que j'avais fait jusqu'ici mais je sentais qu'il fallait que je passe une étape supérieure. Je m'affirmais en tant que jeune femme et non plus en tant qu'adolescente. J'ai assez absorbé d'informations pour faire mieux visuellement et musicalement. Pour moi, cet album était l'occasion de dire "je veux des clips qui soient des films, je veux de la cinématographie, que ce soit puissant, impactant, pas juste que ce soit des clips".

« Il fallait que je passe une étape supérieure »
De quoi s'inspire la pochette très graphique ?
On était sur le photoshoot pour l'album mais on n'avait pas d'idées précises. J'étais avec Yann Orhan, qui me photographie depuis que j'ai 16 ans et donc qui me connaît par coeur, on se fait confiance mutuellement. Quand je vais avec lui, c'est à l'aveugle, je sais qu'on va sortir quelque chose. J'étais aussi avec mon équipe qui a ramené plein de petits accessoires, on a essayé plein de masques et il s'avère que le masque sur la pochette, c'était quelque chose de très fort. Je ne voulais même pas l'essayer au début car je trouvais ça trop bizarre mais on s'est rendu compte que cette photo mangeait toutes les autres.

L'album sort plus d'un an après le premier single, ce qui est plutôt long...
Bah, Covid (rires). La Covid a affecté beaucoup de mes projets, comme pour la Terre entière, dont celui de sortir l'album avant l'été. Donc on fait comme on peut avec la situation.

L'année dernière, tu nous disais que tu allais dévoiler ta "dark side"...
Il y a du "dark" mais il y a aussi des choses plus vulnérables, comme "7 Billions", ce qui n'était pas dans mon habitude de faire. Ce que je dévoile sur cet album, ce sont des choses que je n'ai pas dévoilé. Il y a une chanson country, des textes et des termes que je n'aurais pas employé avant, une façon audacieuse d'écrire ou de produire sur "Twisted" ou "Double Life". Ma seule volonté, c'est d'évoluer et de ne pas rester dans mon carré de pop dans lequel je restais avant, car ça ne me correspond plus.

Regardez le clip de MARINA Kaye, "The Whole 9" :



Tu te dévoiles beaucoup sur cet album ("I'm twisted in my feelings" dans "Alone", "I keep my darkness out of the light" dans "Questions") : ça a été dur d'être aussi intime ?
Pas du tout, parce que j'étais avec les bonnes personnes en studio. J'étais en confiance avec eux, il y avait cette magie et cette alchimie qui se passait dans le studio et qui ne se passe pas des fois. Quand ça arrive, ça te donne confiance et envie de plus te livrer.

« Cette mélancolie me définit »
Au vu du clip de "Twisted" et des paroles personnelles, peut-on considérer qu'il s'agit d'un album thérapeutique ?
Oui, on peut le considérer comme ça... J'ai sorti mon premier album il y a cinq ans et j'ai l'impression que ça fait cinq ans qu'on me demande ça (rires). Alors on peut le voir comme ça de l'extérieur, mais sincèrement ça ne l'est pas ! Ma musique est quelque chose que je fais parce que j'ai de l'inspiration, que je suis passionnée et parce que c'est ce que je sais faire de mieux. On ne se sent pas mieux après avoir fait un album comme ça, parfois c'est même le contraire, c'est très dur. C'est un peu à double tranchant, c'est un peu la manière dont je fonctionne aussi.

Tu parles de "squelettes dans le placard" sur "Double Life", tu chantes "I don't feel good and I don't feel bad just empty" sur "Questions". On sent qu'il y a vraiment une douleur dans les paroles...
C'était voulu parce que ça me définit. Je suis née mélancolique, je suis une grande mélancolie. J'ai des moments de douleur énorme que j'apprends à gérer avec les années. Avant, c'était très dur, c'était hyper compliqué de me poser et de dire que ça va passer. Maintenant, j'y arrive plus, je sais que je dois faire partie des gens qui doivent faire un travail sur eux pour être heureux. Mais c'est ce qui me définit également donc je n'ai pas envie de rejeter cela également, même si cela va des fois à l'encontre de mon bien-être.

Découvrez "Double Life" par Marina Kaye :



« La célébrité, c'est quelque chose d'imprévisible »
S'ouvrir de la sorte, c'est une façon de montrer une autre facette, plus intime, à ton public ?
Je pense qu'ils ont vu beaucoup de facettes et qu'ils savent comment je fonctionne. Ce qui est hyper cool parce que je me sens comme à la maison avec eux. Le but, c'est que le public en découvre encore un peu plus à chaque album et là, en l'occurrence, je pense qu'ils vont en découvrir beaucoup. (Sourire)

Être artiste c'est s'exposer au jugement, être disséqué en permanence... Tu le vis comment ?
C'est un grand paradoxe auquel on n'arrivera jamais à répondre. On fait ce que l'on fait parce qu'un artiste a un manque qu'il comble comme il peut en écrivant ou en s'adressant aux autres. Ce qui est peut-être très compliqué à percevoir pour les gens, c'est qu'on entre dans ce circuit de célébrité alors qu'on n'arrive pas à le gérer. Mais c'est quelque chose d'imprévisible. Je ne pensais pas une seconde que tout ce que je disais allait être déformé, qu'on allait me manipuler quand j'étais plus jeune. Quand on est un gamin, on ne réfléchit pas à la portée de ce qu'on dit et on pense qu'on sait tout alors qu'on ne sait rien. Et c'est ça qui crée l'incompréhension entre la façon qu'ont le public et les médias de nous percevoir, et ce qu'on retranscrit. Je suis la première à l'admettre : j'ai beaucoup de mal à m'exprimer, à parler de ce qu'il se passe dans ma tête, c'est hyper compliqué. Et je l'ai accepté. Alors que pour écrire des chansons, c'est hyper facile. Aujourd'hui, j'accepte que la plupart du temps, ce que j'essaie de retranscrire ne soit pas compris. Mais c'est déjà une grande partie du travail pour se détacher de ce que disent les gens.

« Je veux faire ce concert pour le public qui me manque »
Bad Intentions" a un rythme beaucoup plus trap et urbain, il y avait une envie d'aller dans cette direction ?
J'ai fait que des choses au feeling. Tous les jours, j'essayais de nouveaux sons, des nouvelles choses, des trucs sympas, d'autres que j'ai avorté... C'était vraiment que du feeling. Il y a des titres comme ça, qui sont ressortis plus dans une direction que dans une autre. Sincèrement, je ne supporte plus le mot urbain parce qu'il n'y a plus d'urbain, de rap, de pas rap... Aujourd'hui, tout le monde est sur un ordinateur pour faire sa musique, tout le monde utilise les mêmes sons et va dans la même direction. Le tout est d'essayer de garder son identité tout en utilisant ce qui est moderne, c'est ce que j'ai essayé de faire.

Il n'y a pas de chansons en français contrairement à "Explicit"...
Sur le précédent album, ce n'était pas nécessairement mon choix. Cette fois, j'ai décidé que je ne ferais que ce qui me convient, et ce n'était pas ce qui me convenait. (Rires) Ce serait mentir de dire que je n'aimerais pas que ce soit entendu dans d'autres pays. La vérité, c'est ce que c'est excessivement compliqué, que les marchés sont très fermés et qui ont leurs artistes. C'est très compliqué de passer entre les grilles, mais je suis jeune, donc tout peut arriver.

Regardez le concert en ligne de MARINA Kaye pour Dazzle :



Tu as annoncé un concert à l'Alhambra pour le 8 décembre. Tu te sens confiante par rapport à sa tenue ?
Je me sens confiante car on va tout faire pour le maintenir. Si le couvre-feu est à 19 heures, on jouera avant 19 heures [l'interview a été réalisée avant le reconfinement, ndlr], si on ne peut pas avoir plus de tant de personnes, on en aura moins... C'est clair que c'est un concert que j'aimerais énormément faire pour les gens qui me manquent et à qui je manque, et qui attendent depuis super longtemps pour me revoir sur scène. Tout ce que je demande, c'est juste de pouvoir les retrouver et de pouvoir fêter la sortie de l'album en interprétant mes nouvelles chansons sur scène.

« Oui, être artiste, c'est un métier ! »
Il va falloir chanter devant un public masqué, avec distanciation sociale... Tu te projettes ?
Je l'ai fait hier. J'avais un événement avec RFM. Le public était masqué mais ça ne change rien... Il y a les yeux qui parlent !

Tu comprends le coup de gueule de certains artistes comme M. Pokora ou Slimane et Vitaa vis-à-vis du gouvernement ?
Je comprends que ça frustre énormément de gens. Comme les artistes que tu viens de citer, nous avons énormément de chance car on peut se passer pendant un certain temps de concerts. Mais il y en a qui ne peuvent pas s'en passer car ils en ont besoin pour manger. Ce n'est pas que les artistes mais aussi tous les techniciens et les gens derrière... Je trouve ça bien que ceux qui ont plus de portée utilisent leurs voix pour défendre ces gens-là sinon on ne les écouterait pas. Je pense que c'est sûrement grâce à ces coups de gueule que certaines salles restent ouvertes et qu'on puisse continuer à exercer notre métier parce que, contrairement à ce que les gens disent, oui, c'est un métier ! (Rires)

Dernière question, tu aurais pu participer à Mask Singer ?
C'est quoi ? (On lui explique) Ah oui, je l'ai vu quand j'étais à Los Angeles ! J'en sais rien, après je pense qu'on me reconnaitrait facilement à la voix, non ? Je pense que c'est mieux pour des gens dont ce n'est pas le métier donc comme ça, ça peut devenir un mystère. (Elle réfléchit) S'ils donnent des chansons qui sont pas dans notre style... J'en sais rien, je n'y ai jamais pensé !
Théau BERTHELOT
Toute l'actu de Marina Kaye sur son site internet et sa page Facebook.
Ecoutez et/ou téléchargez le dernier album de Marina Kaye sur Pure Charts.

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