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Interview
dimanche 19 juin 2022 12:35

Hyphen Hyphen en interview : "On en a eu marre des musiques surproduites"

Hyphen Hyphen signe un retour lumineux avec "Don't Wait For Me" et "Too Young", deux singles annonçant un troisième album nommé "C'est la vie". A la terrasse d'un café parisien, Santa, Line et Adam détaillent la naissance du disque, leur rencontre avec Glen Ballard et leur envie de se différencier des morceaux "aseptisés" qui passent en radio.
Crédits photo : Parlophone
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Vous signez un retour tout feu tout flamme avec "Don't Wait For Me", un hymne hédoniste très communicatif. L'idée, c'était d'exorciser ces deux années un peu difficiles qu'on a vécues ?
Line : Y'a de ça ! On voulait quelque chose d'ensoleillé et fun. Pour nous, c'était évident qu'il fallait sortir ce single en premier.
Santa : Il y avait une rage inhérente en nous qui avait envie de sortir, et une envie aussi d'espoir. On a essayé de conjuguer les deux de la manière la plus sincère possible, à travers le plus d'instruments organiques comme les groupes qu'on écoutait à ce moment-là.
Adam : On voulait vraiment revenir à de la musique où tu sens le jeu et l'humain, c'était une vraie volonté.

« J'en ai marre de ce monde aseptisé ! »
Exorciser une rupture, aussi ?
Santa : Oui bien sûr, il y a une double lecture. Je n'aime pas trop expliquer mes textes car j'aime bien que les gens s'approprient la chanson avec leur propre interprétation et leur histoire à eux mais oui, le concept de rupture est bien présent. (Rires)

Sur la chanson, on décèle des sonorités 70's très marquées avec ce piano bondissant, ce côté rock flamboyant... Qu'est-ce qui vous intéresse dans cette décennie-là ?
Line : On a toujours été super attirés par cette décennie parce qu'on consomme énormément de musiques de cette décennie.
Adam : Les années 70, les années 80...
Line : Perso, j'en avais marre des musiques surproduites. On est naturellement revenus tous les trois vers les albums d'America, Fleetwood Mac ou Supertramp, en boucle. Ça nous a beaucoup inspirés.
Santa : C'est vrai qu'il y avait un espèce de ras-le-bol. Moi je ne peux plus écouter plus de 10 minutes ce qui passe en ce moment en radio parce que j'ai l'impression d'écouter la même chanson, produite par la même équipe de producteurs, avec la même voix. On avait envie, justement, de revenir à un état pur, de transmettre des émotions. Avec le Covid, on était dans quelque chose de très aseptisé. J'en ai marre de ce monde aseptisé !




J'ai l'impression que c'est parfois compliqué de conjuguer passion et métier dans cette industrie, puisqu'il y a des codes à respecter, des quotas...
Santa : Aujourd'hui, il y a très peu d'artistes qui prennent les émotions au sérieux.
Adam : Y'en a plein qui se complaisent dans ce truc très formaté...
Santa : J'en ai marre de la musique Instagram !
Adam : Après c'est sûr qu'il y a des codes qui sont intégrés malgré nous. On ne fait plus des morceaux de 10 minutes comme dans les années 70.
Santa : Oui mais parce qu'on s'emmerde aussi...
Adam : Nous on essaie de jouer avec ça, dans des formats plus pop classique.
Santa : Et de gommer nos erreurs. On a tout enregistré en live. Ça nous a fait du bien ! En fait, on a essayé de faire tout l'opposé de ce qui se fait aujourd'hui. C'est-à-dire ne pas surproduire.
Line : On a passé beaucoup de temps à soigner la production pour qu'elle n'écrase pas les instruments. C'est très organique, avec une grande place à l'impro, des pistes entières... Et on a eu la chance de collaborer avec d'énormes mixeurs américains. Certains titres ont été co-écrits par Glen Ballard. Ça nous a amenés dans une nouvelle famille d'émotions et d'expression.

« On récupère une forme de beauté dans la tristesse »
Ce single devance l'arrivée d'un nouvel album intitulé "C'est la vie''. Qu'avez-vous envie de raconter à travers vos nouvelles chansons ?
Santa : C'est large comme question ! En fait au début, c'était un album très triste. Mais un downer...
Line : C'était trop. (Rires) On s'est dit qu'on ne pouvait pas faire ça, que ce n'est pas ce qu'on voudrait entendre maintenant, en sortie de Covid.
Santa : On a fait le choix de twister nos émotions et de récupérer une forme de beauté dans la tristesse qu'on vivait à ce moment-là.
Line : C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'ironie dans cet album, et de morceaux qui sautillent mais qui parlent de sujets intenses pour nous. On fonctionne comme ça, on aime regarder vers la lumière quand on ne va pas bien.

Très "crying on the dancefloor", donc !
Line : Exactement ! On adore ça.
Santa : On avait envie de faire un album qui allait nous aider à traverser les deux prochaines années de notre vie. C'est un choix, une vraie direction, une volonté d'aller bien.

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« La voix est l'axe principal »
Sur le deuxième album "HH", vous aviez tout pris en main jusqu'à la production. Vous avez réitéré l'exercice pour celui-ci ?
Santa : Ah oui oui, l'exercice on le réitère en permanence. Déjà, on est trois producteurs. Il faut réussir à se mettre d'accord ! On s'éclate à faire ça. Par exemple, "C'est la vie", un titre de l'album, existe en à peu près 700 versions. (Rires)
Line : On s'est arraché les cheveux ! C'est le titre de l'album en plus, donc il fallait assurer.
Adam : On prend beaucoup de plaisir à habiller les chansons.

Ça affranchit des contraintes de gérer les choses soi-même ?
Santa : Ça en donne aussi, car ça prend énormément de temps. Mais en même temps, si tu ne veux pas sonner comme tout le monde... Si on n'avait pas passé deux ans enfermés dans notre studio à essayer de créer notre propre son, on serait passé à côté de l'objet qui est ici.
Adam : C'est difficile de totalement dissocier la compo et la production quand tu fais partie d'un groupe.
Santa : Tu choisis ton son de guitare en studio, il est enregistré comme ça : c'est de la production. C'est contemporain le fait que la production arrive après dans le processus, ce qui fait qu'on juge plutôt l'enveloppe que le fond. Là, on a fait l'inverse. On a créé les chansons en piano-voix et on a tenté d'entourer la voix, qui était pour nous l'axe principal. Là où on a changé de game, c'est avec les mixeurs. C'est la première fois que des mixeurs américains et anglais nous ouvrent les portes. Ça a tout changé dans notre son.

Ça s'est fait comment ?
Line : Il faut taper dans plein de petites portes ! (Rires)
Santa : Glen Ballard nous a énormément aidés. Il a co-écrit et co-composé deux textes.

« Glen Ballard est tombé en amour avec notre projet »
C'est un producteur américain de renom qui a travaillé avec Michael Jackson ou Alanis Morissette. Comment l'avez-vous rencontré ?
Adam : Il est venu nous voir à notre concert au Zénith de Paris, il était en train de bosser sur une série Netflix dont il faisait la musique. Et il est un peu tombé en amour avec notre projet.
Line : C'était dingue, on rentre dans les loges et là, Glen Ballard...
Adam : Quelques semaines après, il nous a invités chez lui, autour de la table et on a fait de la musique ensemble. Ça s'est passé de manière très, très naturelle.
Santa : C'était simple. Un vrai bonheur.

Qu'a-t-il apporté à Hyphen Hyphen ?
Santa : Il nous a décomplexés dans notre approche de la musique. Il y a ce truc très français de complexifier les émotions. On peut passer par plusieurs chemins pour dire quelque chose de très simple, parfois. Et lui nous a apporté ce côté très direct, très pop dans la manière de raconter une histoire. Et je pense que ça rend le propos encore plus universel.
Adam : Il y a eu un vrai déclic. Il a pris le rôle de mentor.

Et il vous a donc présenté une équipe internationale ?
Santa : Disons que son nom a aidé à débloquer des serrures. (Sourire)



« On poursuit notre rêve de lycéens »
Depuis vos débuts, vous n'avez jamais caché vos ambitions internationales. Cette collaboration s'inscrit aussi dans cette optique ?
Santa : C'est notre rêve ! Quand on sait que la dernière personne qu'il a prise sous son aile c'est Katy Perry, on se souhaite la même carrière. (Rires) Que quelqu'un d'aussi important dans l'industrie de la musique américaine, qui a traversé toutes les générations, qui nous parlait comme si de rien n'était de son travail avec Fleetwood Mac, nous invite dans son salon et se retrouve dans notre studio, c'était fou. Quand je lui parlais de mon amour pour Stevie Nicks, il me disait qu'il avait travaillé sur son album il y a deux ans ! C'était tellement cool... On était entre musiciens, sans prétention, juste à essayer de faire du beau ensemble. Et au delà des mixeurs et des ingés son, ça nous a ouvert un monde. C'était pour nous une immense fierté. Ça nous a fait progresser.

Et vous serez bientôt en concert à New York !
Line : Le 21 juin, à Central Park ! Je me pince tous les matins pour y croire. Ça va être incroyable.
Santa : C'est aussi le moment où on va rencontrer pas mal de gens là-bas...
Adam : Il y a beaucoup d'enjeux.
Santa : C'est notre rêve de lycéens qu'on poursuit.
Adam : Et revenir pour ce projet avec un premier concert à New York, symboliquement c'est magnifique.
Santa : On va essayer de faire de belles choses.
Yohann RUELLE
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