Voyageur infatigable s'amusant sans doute de l'image de lézard qu'on lui a accolée, Youssef Mustacchi, natif d'Alexandrie (Egypte), qui emprunta son prénom officiel à son maître Georges Brassens, a nourri sa vie et ses chansons de rencontres. Ainsi en a-t-il été du Brésil, de l'écrivain Jorge Amado, jusqu'aux musiciens et chanteurs Vinicius de Moraes, Joao Gilberto, Toquinho, Antonio Carlos Jobim ou Chico Buarque, mais plus largement de l'Amérique Latine (Astor Piazzolla, Mercedes Sosa, Atahualpa Yupanqui) et même du Japon (Momoï Kaori). Il a vingt ans à Paris lorsqu'il écrit des chansons avec Henri Salvador, croise le guitariste Henri Crolla qui le présente à Edith Piaf pour laquelle il composera de nombreux titre, dont Milord en 1959. D'abord apprécié pour son talent de plume (Colette Renard, Hugues Aufray, Pia Colombo, Barbara et Serge Reggiani, qui interprète notamment Sarah, Ma liberté, Votre fille a vingt ans...), il obtient lui-même le succès en 1969 avec un titre auquel on va désormais l'identifier : Le Métèque. Mêlant charme, tendresse, humour à un anarco-humaniste de sage ("Je déclare l'état de bonheur permanent" prévient-il de sa voix douce via Déclaration) dans une langue à la fois simple et soignée servie par des mélodies lumineuses, il poursuit sa carrière sans heurts ni tapage, jusqu'au nouvel album éponyme sorti fin 2003. Un pur Moustaki, dont il a confié la baguette réalisatrice à Jean-Claude Vannier, le complice du Gainsbourg de Melody Nelson. Encore une belle rencontre.