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Chronique d'album
samedi 27 février 2016 13:45

Kool Shen, Santigold, Macklemore et Ryan Lewis : 3 albums au banc d'essai

Chaque semaine, Pure Charts passe en revue trois albums incontournables du moment pour un débrief en quelques lignes. Kool Shen fait son retour "Sur le fil du rasoir", Santigold offre un kaleidoscope musical avec "99 cents", et Macklemore et Ryan Lewis s'engagent sur "This Unruly Mess I've Made". Verdict !
Crédits photo : Montage Pure Charts / DR

Kool Shen | "Sur le fil du rasoir"


Bien classé. Les premiers mots de Kool Shen sur son 3ème album solo "Sur le fil du rasoir" donnent le ton : « Si tu t'demandes pourquoi j'reviens, c'est pas pour l'salaire / Pour ça y'a le poker / Moi c'est juste prendre un beat et lui niquer sa mère ». Ce morceau d'introduction rassure, le rappeur n'est pas "Déclassé" par ses collègues Kaaris ou Gradur, eux aussi adeptes de la musique trap. Loin de là. Sur des productions calibrées, Kool Shen enchaîne les titres matures et taillés pour la scène, avec une recette simple, pas vraiment novatrice mais efficace : de l'ego trip, des sujets de société ("Edgar"), des piques faciles au FN ("La France est internationale"), un avis acerbe sur le rap actuel ("Classic"), de l'amour chaotique ("Over") et des confessions. Le flow acéré de Kool Shen est intact ("Ma rime"), les mots claquent, mais l'ex-NTM reste parfois coincé entre un rap radio à l'ancienne ("J'oublierai") et un son moderne pour rester dans la course. En témoigne le bancal "Sais-tu danser" avec Soprano. Kool Shen n'a pourtant plus rien à prouver. JG

Ça ressemble à à un CD de NTM, plus sage, sans la fièvre de JoeyStarr
A écouter : "Au pied de mon âme", très bien écrit et touchant, "Déclassé", "Debout", "Sur le fil du rasoir", titre sombre qui rappelle NTM
A zapper : "Faudra t'habituer", qui manque de relief





Santigold | "99¢"


Bon plan ! 99 centimes n'est certainement pas le prix qu'on attribuerait au nouvel album de Santigold. Quatre ans après le tube "Disparate Youth", la très féline artiste américaine réalise un joli coup de poker en dégoupillant un arsenal de grenades solaires, parfait pour conjurer les températures froides. A l'heure où la frontière est de plus en plus mince entre les genres et où le streaming permet aux auditeurs de glisser de l'acid-punk au hip-hop/soul en un clic, Santigold embrase pleinement cette omniculture dévorante : au funk et groovy "Can't Get Enough of Myself" d'ouverture se succèdent l'urbain "Who Be Loving Me" (feat. iLoveMakonnen) ou "Who I Thought You Were", à l'esprit pop 80's, sans que la chanteuse ne semble à côté de la plaque ni ne trahisse sa personnalité fantasque. Un beau jeu d'équilibriste qui se double d'un regard acide sur la société de consommation et le prix de l'art. Inspiré et malin ! Dommage que l'excitation procurée par l'entame de l'album retombe comme un soufflé sur les dernières pistes. YR

Ça ressemble à une bonne bouffée d'air frais
A écouter : "Can't Get Enough of Myself" , les sonorités tropicales et explosives de "Banshee", le dark et dance "Rendezvous Girl",
A zapper : "Before The Fire", trop répétitif





Macklemore et Ryan Lewis | "This Unruly Mess I've Made"


Patte blanche. Macklemore et Ryan Lewis n'ont pas très bien vécu le succès massif de "The Heist" (2013). C'est en filigrane ce qu'ils racontent sur son héritier au nom éloquent : "This Unruly Mess I've Made", qu'on pourrait vaguement traduire par "Ce bordel monstre que j'ai créé". Dès la piste d'introduction "Light Tunnels", le rappeur américain et son acolyte s'auto-flagellent en décrivant leur triomphe aux Grammy's comme un enfer de flashs et de paillettes. Humilité ? Apitoiement ? "Train" suit le même chemin, et il y a là quelque chose de déroutant. « Fais de la meilleure musique », s'encourage Macklemore sur "Bolo Tie". Il ne devrait pas douter de la sorte car quand les beats se parent de reflets soul-gospel et qu'il invite Chance The Rapper ou Leon Bridges, il tape dans le mille. Il est même très bon quand il met son second degré ("Brad Pitt's Cousin") à l'écart pour délivrer un rap conscient et engagé, traitant des mille et un paradoxes de la société américaine : le culte de la célébrité, l'addiction aux anti-douleurs ("Kevin"), la question raciale... Les neuf minutes de "White Privilege II" en sont un exemple frappant. YR

Ça ressemble à un album de réconciliation avec soi-même
A écouter : "Downtown", "Need To Know", "Let's Eat", le touchant "Kevin"
A zapper : "Bolo Ties", pas très inspiré ni dans la prod ni dans le texte, l'hypocrite "Light Tunnels"


La rédaction

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