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Interview
vendredi 16 décembre 2011 08:00
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Hélène Segara en interview

Hélène Segara est à Bercy pour trois représentations exceptionnelles de Notre-Dame de Paris. Elle nous a livré ses impressions sur ce retour, son actu, ses projets et ses envies. Tout en apportant un regard sur son métier et l'industrie musicale, elle n'élude aucun sujet. Rencontre lors d'un récent concert au Luxembourg.
Crédits photo : ABACA
Bonjour Hélène, Comment se prépare ce retour à Bercy pour le récital de Notre-Dame de Paris ? (Nikolas Lenoir, journaliste)
Nous avions déjà fait quelques concerts en Russie, en Ukraine avec un orchestre symphonique et des chœurs et nous y sommes retournés avant Bercy. Pour ce retour, il y aura des arrangements inédits. C'est un très beau travail entre les arrangements de l'orchestre symphonique et de l'équipe originelle. C'est formidable de retrouver l'équipe du spectacle.

Est-ce qu'une tournée est prévue ?
« La cuisine interne entre producteurs et compositeurs n'est pas évidente. »
Malheureusement non. La cuisine interne entre producteurs et compositeurs n'est pas évidente. Dès qu'il est question d'argent, tout le monde s'énerve. Nous, les artistes, sommes très raisonnables dans nos demandes mais cela s'est emballé autour et nous ne voulons rien savoir de plus. C'est juste dommage car cela va certainement nous empêcher de tourner comme on l'aurait souhaité. Cela ne sert pas le public. Et pour être très honnête, vu que c'est un spectacle familial, je pense que l'on servirait le public en faisant des places moins chères.

Retrouvez le titre "Vivre" de la comédie musicale :



Comment vis-tu justement la ferveur suscitée par ce spectacle créé il y a plus de dix ans ?
À part Julie, nous sommes tous des quadras, des quinquas même et cela me fait très plaisir que les gens se bousculent pour venir nous voir. Dans une société de jeunisme, je trouve que c'est le plus beau cadeau que le public puisse nous faire. C'est formidable de vivre ça. Nous, les artistes, avions simplement envie de nous retrouver pour le plaisir et pour la tendresse qui nous lie. Au delà des belles chansons, c'est la force et l'unité du casting qui a marqué le public. Je sais que cette unité n'a existé sur aucune autre comédie musicale.

« C'est une colonie de vacances. »
Comment décrirais-tu l'ambiance de ce retour ?
C'est une colonie de vacances. On peut rire aux éclats mais aussi pleurer quand on est sur scène. En Russie, il y a eu des moments où l'on a beaucoup pleuré. Pour la promo, les journalistes sont devenus fous car on les charriait sans arrêt. C'est vraiment une très bonne ambiance.


Parlons à présent de ta tournée solo. Comment vis-tu cette vie sur les routes ?
On ne s'ennuie jamais et cela nécessite de combiner plusieurs choses. Il faut beaucoup d'organisation. Actuellement, c'est assez compliqué car je présente ce spectacle, je prépare le prochain et je répète Notre Dame-de-Paris. De plus, je tourne pas mal d'émissions pour Noël en ce moment donc c'est très intense.

Tu parles de tes engagements caritatifs et tu as récemment participé au titre "Des Ricochets" en faveur des enfants de la Corne d'Afrique. Comment décides-tu de t'impliquer dans telle ou telle cause ?
Je suis très touchée par tout ce qui concerne les enfants et j'essaie toujours de faire de mon mieux. En tant que mère, je suis bien sûr touché par cela et franchement, c'est un sujet face auquel certaines choses sont dérisoires. Malheureusement, je dois dire non à pas mal de choses. En fait, il ne faut pas que cela devienne invivable dans le sens où si l'on accepte tout, on finit par être tellement épuisé qu'en tant qu'artiste, je ne serai plus ouverte au public. Quand je monte sur scène, je veux donner du bonheur aux gens et non pas leur donner une dépression.

Retrouvez le titre "Des Ricochets" :



Comment arrives-tu à concilier vie d'artiste, de femme et de mère ?
Je peux me faire aider donc cela rend les choses plus faciles et j'ai conscience d'être privilégiée. En tournée, je tiens surtout à garder le contact avec ma famille. Mon mari est musicien, m'accompagne sur scène et c'est donc plus simple. Pour ce concert, notre fille Maïa est venue avec nous. De toute façon, je ne supporte pas de laisser mes enfants trop longtemps. À côté de ça, ils ont une vie très rangée, se couchent tôt pour aller à l'école le lendemain et je veille à ne pas leur imposer mon rythme d'adulte. Mon grand est plutôt nocturne que diurne mais tant que je peux leur inculquer une base, cela m'est très important.

Tu m'avais parlé de ton envie d'écrire pour les enfants. Où en es-tu ?
Le projet est toujours là et j'ai déjà écrit plusieurs contes. D'ailleurs, une éditrice était très intéressée. Je dois trouver un illustrateur et terminer mon travail. Actuellement, je ne peux pas mais dès que j'aurai une accalmie, c'est une de mes priorités.

Comment est née cette envie ?
« Je dois trouver un illustrateur et terminer mes contes pour enfants. »
Quand j'attendais Maïa, j'ai dû rester alitée plusieurs mois et comme j'ai eu mes deux filles en deux ans, j'ai commencé à acheter des contes et je me suis rendu compte que c'était assez limité. Marlène Jobert fait cependant de très belles choses. Je trouve qu'il faut offrir de la qualité à nos enfants, former leurs oreilles, apporter de la créativité et ne pas se limiter à des choses très basiques.

Est-ce que tu envisages ces contes avec un aspect sonore ?
À la base, ils sont écrits, ils manquent les illustrations mais il est vrai que les audiobooks sont une perspective intéressante. Cela peut aider les enfants à s'endormir. Il y aurait donc deux aspects car sur un CD, la voix devient importante, avec l'intonation, la façon dont on raconte l'histoire... L'illustration sonore a aussi un rôle essentiel et mon mari a déjà commencé à travailler là-dessus.

On t'avait proposé le rôle de Satine dans "Moulin Rouge". Aurais-tu l'envie de te lancer dans la fiction ?
« On m'a proposé des téléfilms. »
On m'a proposé des choses, des téléfilms notamment mais je ne m'y retrouvais pas. Je ne ferai pas quelque chose pour faire quelque chose. Le cinéma, la fiction, ce sont des métiers et cela nécessite de la préparation. Si un jour, j'accepte un projet, je vais vraiment me préparer. Cela ne sert à rien de se précipiter sur une proposition et être mauvais au final. On m'a aussi proposé du théâtre mais c'est chronophage : cela suppose d'être plusieurs mois sans faire de la musique.

Retrouvez le clip de "La Vie avec Toi" :


Comment envisages-tu la suite de l'exploitation de ton album "Parmi la foule"?
C'est compliqué en ce moment dans les maisons de disques. Je n'ai pas encore eu le temps de faire un clip pour le titre "À la renverse". Je le ferai donc en décalage avec la sortie en radios ou je passerai au prochain extrait mais je ne sais pas encore lequel ce sera.

Penses-tu déjà à ce que sera ton prochain album ?
« Je crois trop en cet album pour passer à autre chose. »
Non car je crois trop en celui-ci pour passer à autre chose. Nous sommes dans une société fast-food où tout doit aller très vite mais je veux prendre mon temps. Il y a beaucoup des choses que j'aimerais faire mais cela se fera au moment venu.

EMI racheté cet automne par Universal pour 1,4 milliards d'euros. Qu'en penses-tu ?
Depuis plusieurs années, je crains que malheureusement, il ne reste que deux ou trois grosses maisons de disques et c'est ce qui se passe. J'ai eu la chance d'évoluer avec un producteur à la fois familial et artisanal. Cela me convient tout à fait. Je crois qu'il y en a certains qui trouvent leur compte à être un artiste de plus dans une grande industrie et d'autres non. C'est un peu comme pour les scènes en fait. Je préfère dix petites salles qu'un Bercy. Après, ce sont des choix et je sais quelle relation j'attends avec mon public.

As-tu le sentiment que cela perd en humanité ?
Oui, tout à fait mais si on ne veut pas que cela perd en humain, il faut faire les bons choix des personnes qui vont travailler dans ces grandes ruches. Vue la catastrophe économique de la musique, je trouve que comme dans le journalisme d'ailleurs, les gens sont de plus en plus en sous-effectifs. Dans les maisons de disques, une personne a un certain nombre d'artistes à s'occuper et donc, elle jongle en permanence. C'est épuisant pour eux car ils sont débordés et c'est pénalisant pour l'artiste car on sait qu'ils ne peuvent être partout.

Comment regardes-tu les artistes qui veulent se lancer dans ce métier ?
« Je plains les artistes qui veulent se lancer dans ce métier. »
Je les plains. C'est un métier où les modes passent vite et il n'y a pas de durée sans combat. Les gens qui le font par ego doivent passer par des frustrations énormes. Je suis donc très heureuse d'avoir une vie de femme et une vie de famille à côté. Sans cet équilibre, ce serait très difficile de tenir la distance. De la même manière, cela a été bon d'arrêter, de faire des enfants et de prendre le temps de les voir grandir. C'est un vrai luxe cela et il n'y a plus beaucoup d'artistes qui s'autorisent cela. Je trouve ça triste. Les artistes ont peur et pour ma part, il est évident que je n'ai pas retrouvé la même exposition mais il faut savoir que je souffrais de cette surexposition. Mon exemple est plus Cabrel que Lady Gaga. Cependant, je tiens à signaler que je la respecte énormément. Elle risque juste de se retrouver un jour à court d'arguments. La surenchère peut être dangereuse mais elle joue du piano formidablement et c'est une excellente chanteuse.
« J'ai fait les choses comme je le voulais. »

Quel regard portes-tu sur ton parcours ?
Je suis plutôt contente de tout ce qui m'est arrivé. J'ai fait les choses comme je le voulais : avec amour, avec foi et parce que je ne voulais ni faire autre chose, ni faire autrement.

la Redaction
Retrouvez toutes ces informations sur le site internet officiel d'Hélène Segara.
Écoutez et/ou téléchargez l'album "Parmi la foule" sur Pure Charts.
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