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Interview
jeudi 27 janvier 2011 17:00
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Julien Dassin en interview

Le spectacle "Il était une fois Joe Dassin" est actuellement de retour à Paris avant de partir pour une deuxième tournée à travers toute la France. Avec une mise en scène de Christophe Barratier, une troupe de jeunes artistes fait revivre avec talent le répertoire d'un artiste aussi inclassable qu'indémodable. Son fils Julien est à l'origine du projet, monte d'ailleurs sur scène pour présenter le show et propose même un joli moment suspendu. Découvrez son interview-confessions.


Bonjour Julien, comment est née l’envie de monter ce spectacle ? (Nikolas Lenoir, journaliste)
Julien Dassin : Je l’ai depuis longtemps et le public était très demandeur. L’année passé a marqué le triste anniversaire des 30 ans de la disparition de mon père et un spectacle me semblait la meilleure façon de lui faire honneur. De plus, je voulais un résultat à la fois convivial et mélancolique comme il l’aurait aimé.

Votre père, Joe Dassin, est décédé alors que vous n’aviez que quelques mois.
« Mon père m'appartient autant qu'au public. »
Comment vous-êtes vous construit avec l’ombre de ce père absent ?

J’ai toujours cherché à m’en faire une image fidèle et à le connaître par tous les moyens possibles. Je connais l’artiste aussi bien qu’un bon fan mais j’avais surtout envie de m’intéresser à l’homme. Ce travail personnel m’a permis d’apprendre beaucoup de choses et j’ai eu envie de les partager. Mon père m’appartient autant qu’au public.

Découvrez une bande-annonce du spectacle "Il était une fois Joe Dassin" :


Est-ce difficile justement de partager un père qui est également une figure populaire ?
Oui et non. J’ai toujours vécu avec cette situation donc sans prétention, il m’a toujours été normal que mon père soit connu. Ce n’est pas quelque chose dont on prend soudainement conscience. À l’école, les copains me disaient que leurs pères rentraient du bureau alors que le mien passait à la télé. C’était normal pour moi. Tout en le partageant en effet avec le public, je garde quand même certaines choses pour moi.

Je fais souvent un parallèle entre Dalida et votre père car leur répertoire respectif est partagé entre mélancolie et des thèmes plus légers. Qu’en pensez-vous ?
On disait souvent à mon père qu’il avait beaucoup de chansons mélancoliques et il aimait répondre qu’il ne parlait pas de ses histoires, mais des mots de son auteur Claude Lemesle. La mélancolie et les chansons d’amour sont ce qui rapprochent le plus les gens. Qui ne s’est jamais dit Et si tu n’existais pas, dis-moi pour qui j’existerai. L’amour traverse le temps et que ce soit il y a trente ans, maintenant ou dans vingt ans, les émotions sont les mêmes.

On retrouve dans le spectacle un aperçu assez large du répertoire de Joe Dassin et il y a évidemment des tubes tels que "Si tu n’existais pas", "Les Dalton", "L’été indien "… Est-ce que ces chansons ayant traversé les décennies expliquent aussi la pérennité musicale de votre père ?
« Je suis très heureux que les nouvelles générations chantent Joe Dassin. »
Évidemment. Je suis très heureux que les nouvelles générations chantent Joe Dassin et c’est aussi grâce à cela que son succès dure. Le personnage était très apprécié mais il avait en effet des chansons qui sont toujours aussi populaires. MIKA par exemple adore chanter "Champs-Élysées" alors qu’il est un artiste très moderne.


Retrouvez le clip d'"Il était une fois nous deux" :


Est-ce que sa part de mystère explique aussi son succès ?
Il doit y avoir un peu de ça en effet. On connaît très bien sa musique mais on sait peu de choses du personnage en lui-même. De plus, il est parti au sommet de sa gloire et ses chansons ont toujours la même force.

Le cycliste luxembourgeois Andy Schleck, favori pour le prochain Tour de France, avait déclaré que "Champs-Élysées" fait partie de ses chansons françaises préférées.
Cela me touche sincèrement. Je pense que Joe Dassin est certainement l’un des meilleurs ambassadeurs des Champs-Élysées et il est vrai que pour un cycliste, ce lieu doit revêtir une valeur symbolique grâce au Tour de France. J’habitais avant près des Champs-Élysées et il ne se passait pas un soir sans que j’entende des jeunes chanter ce titre.

On parlait tout à l’heure de la chanson "Et si tu n’existais pas", laquelle avait notamment été reprise par Willy Denzey. Quel regard portez-vous sur les artistes qu’ils le reprennent ?
J’en suis sincèrement très fier et pour prendre l’exemple de Willy Denzey, ce n’était pas du tout son style car il est plutôt orienté RNB. C’est très touchant que ce garçon, qui n’est pas issu de la variété française, soit fan de Joe Dassin et en reprenne un titre. Cela montre encore le côté intergénérationnel des chansons. Au spectacle, je vois des gens de tous les âges et il y a notamment beaucoup de jeunes.

Après avoir triomphé à Paris et en tournée, le spectacle "Il était une fois Joe Dassin" est de retour à Paris avant un nouveau tour de France. Comment vivez-vous ce succès ?
« Il faisait des chansons pour aider les gens à vivre. »
Je le vis très bien. Mon père disait qu’il faisait des chansons pour aider les gens à vivre. Pour ma part, je fais tout pour continuer à faire vivre ses chansons et cet enthousiasme du public me rend très heureux. Les personnes qui ont déjà vu le show nous disent qu’elles ont passé deux heures de bonheur, c’est notre plus belle récompense.



Retrouvez "Et si tu n'existais pas" de Joe Dassin :


Il y a déjà eu des spectacles faits à partir de votre père et je pense notamment à "Salut Joe". Qu’en avez-vous pensé ?
« Ma famille était contre "Salut Joe". »
Je pense que faire un livre, un film, un spectacle… sur un artiste, sans en parler aux personnes concernées est plus que dérangeant. Faire un spectacle pour dire que l’on fait un spectacle, je ne trouve pas ça bien. Ma famille était contre "Salut Joe" et nous n’avions aucun regard sur ça, nous n’avons donné aucun accord.

Dans le vaste répertoire de votre père, comment peut-on choisir une trentaine de chansons ?
C’est facile et compliqué à la fois. Avec beaucoup d’humilité, il y a déjà beaucoup de tubes. Ensuite, je voulais faire découvrir ou redécouvrir certaines chansons.

Retrouvez "À toi" de Joe Dassin :


Comment aviez-vous appréhendé la première tournée ?
Il se dit que le public parisien est assez dur, froid et franchement, il a été plus que chaleureux avec nous. Nous étions donc très enthousiastes à l’idée de partir en province. Nous avions hâte et je parle aussi au nom des artistes. Nous sommes donc très heureux d'être de retour à Paris et de partir pour une nouvelle tournée.

Le spectacle est mis en scène par Christophe Barratier, lequel est notamment connu pour avoir réalisé le film "Les Choristes". Comment l’avez-vous rencontré ?
Cela s’est fait grâce au producteur Gilbert Coullier. J’ai rencontré Christophe Barratier et il s’est avéré qu’il est un très grand fan de Joe Dassin. Il m’a même appris des choses et je pense notamment à la pochette d’un vinyle de mon père. C’était un vrai plus. Il était le plus à même de mettre en scène ce spectacle musical tout en lui apportant un côté cinématographique.

Dans la troupe, on retrouve notamment Cécilia Cara qui est une habituée des spectacles musicaux ainsi que Joanna Lagrave qui est passée par un célèbre télé-crochet. Comment avez-vous choisi ces artistes ?
« Je n'aurais pas pris un artiste qui aurait fait le spectacle sans aimer ces chansons. »
Nous avons fait un casting et en parlant de Cécilia et de Joanna, ce sont quand même de très grandes chanteuses. Je veux que les gens aient du plaisir à voir le spectacle, à écouter Joe Dassin… et je n’aurais pas pris un artiste qui faisait le spectacle comme ça, sans aimer ces chansons. Continuons sur l’exemple des deux filles, il n’y en a pas une seule qui est arrivée avec le texte. Elles connaissaient tout par cœur. Cécilia me disait d’ailleurs qu’en partant en vacances, dans la voiture, elle en a écouté du Joe Dassin. (rires)


Retrouvez "L'équipe à Jojo" de Joe Dassin :


Quel est votre rôle sur scène ?
Je démarre le spectacle en disant que je n’ai pas connu mon père, que j’ai appris quelques choses et que je souhaite les partager. Mon père avait l’image d’un homme souriant, joyeux, avec des milliers de personnes qui l’acclamaient… et ce que l’on sait moins, c’est qu’il était surtout un homme qui doutait énormément, qui manquait de confiance en lui… C’est d’ailleurs héréditaire. (rires) En rentrant à la maison, il était un père tout ce qu’il y a de plus normal.

Entre vous et votre frère Jonathan, êtes-vous celui qui porte le plus cet héritage culturel ?
C’est moi qui m’en occupe donc je suis à l’instar du projet. Je suis plus devant mais Jonathan est aussi très informé et s’intéresse à tout.

Découvrez Julien Dassin interprétant "Salut" :


Pour un duo virtuel sur scène, vous retrouvez votre père le temps d’un joli moment suspendu. Que ressentez-vous à ce moment là ?
C’est assez inexplicable. C’est un peu comme si une personne qui fait du foot et dont le père disparu était footballeur, pouvait grâce à des techniques modernes jouer au foot avec lui. Le spectacle a beau être une show bien rôdé, à chaque fois que le rideau se lève, j’ai la larme à l’œil. Il en faut pourtant pour me faire pleurer. C’est un grand moment de plaisir et j’ai sincèrement du mal à trouver mes mots.

Est-ce que vous envisagez de vous consacrer à des projets artistiques en tant que Julien Dassin et non plus en tant que fils de Joe Dassin ?
« J’ai déjà fait pas mal de choses en tant que Julien Dassin. »
J’ai déjà fait pas mal de choses en tant que Julien Dassin. (rires) L’an passé, j’étais au théâtre pendant six mois. Je suis ce que l’on appelle un enfant de la balle. Avec le spectacle, je chante sur scène et ce n’est pas la première fois. J’ai d’ailleurs un album qui est prêt et qui sortira quand je serai plus disponible.

Est-ce que votre père est un modèle pour vous, y compris dans la musique ?
Oui et je me suis toujours senti proche de son univers. Nous avons tous les deux ce manque de confiance en soi et ce sens de la mélancolie. J’aime toujours raconter des histoires aux gens et c’est ce que mon père faisait très bien. D’ailleurs, mon vrai plaisir serait qu’un jour, sur l’une des mes propres chansons, des personnes me disent qu’elle leur rappelle tel ou tel moment.

Retrouvez "À mon fils" de Joe Dassin :


Quel message aimeriez-vous adresser au public ?
Mon père voulait faire des chansons pour aider les gens à vivre et sincèrement, il faut venir au spectacle et voir comment les gens sortent. Ils sont très heureux et Joe Dassin a gagné son pari, encore trente ans après sa mort. Pendant deux heures, je vois des gens qui dansent, qui chantent, qui s’amusent… et c’est génial. Si vous avez passé une mauvaise journée, ou pas d’ailleurs, venez voir le spectacle et vous en ressortirez gonflés à bloc.

la Redaction
Pour en savoir plus, visitez la page Facebook officielle.
Pour écouter et/ou télécharger la discographie de Joe Dassin, cliquez sur ce lien.
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