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Interview
jeudi 11 novembre 2010 00:00
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Christelle Chollet en interview

Pétillante à la scène comme à la ville, Christelle Chollet poursuit son fabuleux destin avec son spectacle "L'EmPiafée". Le public la plébiscite et le succès ne se dément pas. Celle que le grand public a découvert au milieu des années 90 avec la Compagnie Roger Louret, multiplie les expériences entre scène, télé, radio et chanson. Elle évoque également ses projets entre son prochain spectacle, le théâtre et ses envies de cinéma. Rencontre avec une artiste dotée d'un humour imparable et d'une énergie détonante.
Bonjour Christelle, tu as une formation de comédienne. Comment passe-t-on du Conservatoire National de Toulouse à "L'EmPiafée" ? (Nikolas Lenoir, journaliste)
Christelle Chollet : Déjà on se fait virer. (rires) Après, on fait un peu de music-hall, de la revue, du théâtre contemporain, du classique et on fait ainsi pas mal de choses différentes. On secoue, on attend que Rémy Caccia, auteur et metteur en scène arrive, nous écrive un spectacle car on a eu l’idée de proposer quelque chose de drôle autour de Piaf. Il me fallait des transitions entre les chansons et Rémy a trouvé "SOS Chanteuse". Nous avons fait une date dans une galerie d’art à Paris chez un copain comédien et c’était parti. Cela fait cinq ans que ça dure.

Et comment Rémy Caccia est passé de "Bob et Rémy" à "L'EmPiafée" ?
« Nous nous sommes rencontrés grâce à la télé. »
Nous avons des parcours assez similaires dans la multitude de nos expériences. Ce n’est d’ailleurs pas prétentieux de le dire, c’est simplement que nous avons fait des choses très différentes. Rémy a toujours été auteur, a fait de la radio, de la mise en scène, de la télé, des caméras cachées… Il s’est aussi consacré à "Bob et Rémy". Nous nous sommes rencontrés grâce à la télé d’ailleurs et comme tu as pu le voir dans le spectacle, tous nos univers se retrouvent sur scène.



En parlant de music-hall et de télé, tu as fait partie pendant les années 90 de la bande des Années Tubes, de la troupe des Années Twist… menées par Roger Louret. Qu’en retiens-tu ?
J’ai fait cela pendant cinq ans et c’est en effet une belle partie de ma vie.

D’autres ont aussi mené un joli parcours et je pense notamment à Hervé Domingue, Barbara Scaff…
Ça me fait plaisir que tu parles d’Hervé car c’est mon grand copain. D’ailleurs, la boucle est bouclée en quelque sorte avec "Scoubidou". Rémy Caccia met en scène ce spectacle, destiné notamment aux enfants et qui sera prochainement à l’Olympia et en tournée. Tu vois comment est Hervé, il est super beau et en fait, il est un Fred parfait. Rémy a demandé à plusieurs artistes dont Liane Foly et Jennifer Ayache de Superbus d’écrire des chansons pour ce spectacle. Il m’a aussi sollicité mais bon, j’étais un peu pistonnée comme je suis sa meuf. (rires) J’ai écrit deux chansons dont une pour Hervé. Il mène à la fois sa carrière solo mais il mélange les genres aussi. J'aime le fait de ne pas s'enfermer dans quelque chose et de se nourrir de toutes ces expériences.

Dans le spectacle, tu interprètes la chanson "Les trois cloches" d’Édith Piaf, laquelle a été reprise par Tina Arena. Et cela me rappelle qu’en lisant ta bio, j’ai appris que ta fille se prénomme Tina alors une question se pose : plutôt Tina Arena ou Tina Turner ?
Plutôt Tina Turner. (rires) Mais attends, elle chante super bien Tina Arena. (rires) En fait, on a eu beaucoup de mal à choisir. Rémy voulait l’appeler Salomé et moi, j’étais plutôt partie sur des vieux prénoms tels que Rose, Rosalie, Violette… Un seul prénom nous plaisait à tous les deux, c’était Tina. D’ailleurs, elle est restée deux jours sans prénom. En plus, j’adore Tina Turner, c’est vrai.



En voyant ton spectacle, j’ai le sentiment que l’on assiste avec deux autres artistes aussi talentueux que sont Véronic Dicaire et Michael Gregorio à un renouveau de l’imitation, à quelque chose de plus original, de moins cloisonné. Qu’en penses-tu ?
« On ne travestit jamais le fond. »
Je ne me considère pas comme eux car à part Mireille Mathieu et Caliméro, je ne sais pas imiter. Pour Édith Piaf, j’accentue certains intonations et je roule les r. Mon spectacle est une bouffonnerie autour des chansons de Piaf pour faire rigoler. J’ai repris les chansons pour faire des choses que j’aime bien et comme on ne change pas le texte, on ne travestit jamais le fond.

Découvrez une bande-annonce du spectacle "L'EmPiafée" :


La forme est justement assez loin de l’image de Piaf et tu joues avec humour sur un registre sexy. Comment est née cette idée ?
Regarde comment je suis gaulée et tu auras la réponse. (rires) En fait, tout est au service du rire. Je fais tous mes costumes et pour le short, je voulais quelque chose dans lequel j’étais bien et dans lequel je n’avais pas de problèmes pour bouger sur scène. J’étais comme en survêt donc bien à l’aise puis j’ai ajouté les bottes… Elle roule du cul, elle se baisse… et d’un côté, je suis un peu comme ça dans la vie, toujours à chercher des trucs dans le fond de mon sac… Je ne fais pas attention en fait. Comme tu as pu le voir, ce n’est jamais vulgaire, c’est fun et ça fait rigoler les filles comme les garçons.

Je sais bien que ce n’est pas le but, ni ta prétention mais à certains moments du spectacle, on peut penser que tu reflètes l’image des trentenaires d’aujourd’hui, plutôt décomplexées, affranchies…
« Elle n’a plus rien mais elle continue d’avancer, c’est une guerrière. »
En fait, je parle d’une nana bien dans ses baskets, ou plutôt bien dans ses bottes. (rires) Je crois que les trentenaires, nous avons quelque chose qui se ressemble. Et on ne peut faire rire qu’avec les choses que l’on connaît et comme je suis trentenaire, j’ai certainement vécu des choses similaires à celles de millions de filles de ma génération. Après, je n’ai en effet pas la prétention de les représenter, j’ai juste la prétention d’incarner une nana, une guerrière de la vie, son mec est parti… Comme le dit la chanson de Piaf, les mots d’amour ne sont que des mots d’amour ; dans six mois, tu en trouveras un autre et ce n’est finalement pas si grave. C’est ce qu’elle fait sur scène, elle arrive sur un spectacle sur Piaf, ça la saoule et elle prend tout en main. En plus, il ne lui arrive que des galères : elle a perdu son scooter, son mec, son boulot… Elle n’a plus rien mais elle continue d’avancer, c’est une guerrière. C’est plus ça que je revendique.



Sur scène, tu parles souvent de sa meilleure amie Marilou sur scène. As-tu une Marilou dans tes propres amies ?
Je n’ai pas de vraie Marilou mais j’ai de vraies copines avec lesquelles je ne fais non pas des soirées filles mais des soirées sushis et vin blanc. (rires) D’ailleurs, parmi elles, il y a quand même des Marilou en puissance. On a pris ce prénom comme il est dans la chanson. D’ailleurs, pour revenir à ce que l’on disait tout à l’heure, Tina a failli s’appeler Marilou. Mon mec voulait mais moi non car il y en a beaucoup désormais.

Dans le spectacle et cette question du mélange des genres, on retrouve pas mal de stand up dans "L'EmPiafée". Est-ce un registre dans lequel tu as également voulu identifier le spectacle ?
C’est en effet cela qui fait aussi l’originalité du spectacle. Il y a de la musique, du théâtre, du stand up, de la revue… En même temps, je me permets des choses du cabaret… C’est tout ce qui me fait kiffer en fait.

Il y a aussi une chose qui détonne sur scène : ton énergie. D’où vient-elle ?
« Quand je rentre le soir, je suis crevée, il ne m’entend plus, je dors. »
De ma grand-mère et de ma mère. C’est vraiment de famille. Ma fille est pire d’ailleurs. On se prépare de mauvaises heures. (rires) Sinon, je carbure aux bananes et au chocolat noir à 86%. Je crois d’ailleurs que Rémy a aussi écrit le spectacle pour me calmer un peu dans la vie. Quand je rentre le soir, je suis crevée, il ne m’entend plus, je dors. (rires)



Quand on regarde le public qui vient te voir, il est très large. Quel regard portes-tu sur ce constat ?
C’est ma fierté. Il y a tous les âges et cela me fait très plaisir. Je veux faire du populaire, je trouve ce mot très joli et je n’ai aucun problème avec cela. Sur le DVD qui est donc la captation du spectacle au Casino de Paris, on voit un panorama du public qui danse sur "Les trois cloches". Il y a une fillette sur les épaules de son père, des jeunes, des vieux, des gamins, une mamie qui ne peut pas se lever mais qui lève sa canne. Je suis très heureuse de mener un spectacle qui plaît à toutes les générations.

Tu fais du spectacle populaire mais qui est de qualité et je trouve sincèrement que tu as trouvé un bel équilibre.
C’est toi qui le dis. Cela me fait très plaisir que l’on pense cela de ce spectacle.

Le succès de "L'EmPiafée" s’est surtout fait sur le bouche-à-oreille au départ. Comment l’as-tu géré ?
« Tu peux passer deux cents fois à la télé, si le spectacle n’est pas bon, les gens ne vont pas venir. »
En effet, ce n’était que cela au début du spectacle. Les relais presse, web et télé se sont faits sur le tard, il y a deux ans environ alors que le spectacle tourne depuis quatre ans. C’est la vie d’un spectacle et c’est super. La base est que le public vienne. Tu peux passer deux cents fois à la télé, si le spectacle n’est pas bon, les gens ne vont pas venir, ne vont pas en parler entre eux et vont préférer rester devant leur télé.

Tu es en tournée avec ce spectacle, tu fais de la télé, de la radio… Dans quel domaine es-tu la plus à l’aise ?
Sur scène. Quand je fais de la télé et que je fais des sketchs, j’ai toujours ce rapport au public. J’ai très envie de faire du cinéma. D’ailleurs, on travaille sur une adaptation à l’écran de "SOS Chanteuse". Cependant, mon aquarium reste la scène.

Travailles-tu sur un prochain spectacle ?
« Le prochain spectacle sera très différent. »
Oui. En fait, j’ai plusieurs propositions mais je vais aussi prendre du recul pour pouvoir assumer un autre spectacle. Ce sera dans la même veine, avec des chansons mais ce sera quand même très différent. Il ne faut pas faire un second pour faire un second. J’ai envie de théâtre aussi et on m’a ainsi proposé une pièce de Feydeau que je vais très certainement accepter. Il y aura après la suite de "L'EmPiafée".



Qui s’appellera "L’EnTurnerisée"…
(rires) Non, ce ne sera pas sur une artiste.

Dans une interview que l’on avait faite pour son spectacle, Michael Gregorio disait qu’il fait aussi de la musique à côté, avec son propre répertoire… Est-ce que tu es dans la même optique et si oui, envisages-tu un album par exemple ?
Je ne sais pas. J’aime écrire pour les spectacles comme je l’ai fait pour "Scoubidou". Depuis ma fille, j’ai peut-être envie d’écrire une chanson qui s’appellerait "Dada" car elle dit toujours ce mot. J’ai sorti une chanson mais je n’ai pas l’envie de faire un album. Cela reste de la scène après donc finalement, pourquoi pas en fait.

Quel message aimerais-tu adresser au public ?
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous. En fait, non, ma plus belle histoire d’amour, c’est mon mec et ma fille. (rires) Comme je le dis à la fin du spectacle, merci pour votre fidélité.



Crédits photos : Gérard Beckers et Éric Massaud
la Redaction
Pour en savoir plus et retrouver ses prochaines dates, visitez christellechollet.com.
Retrouvez également Christelle Chollet en rejoignant sa page Facebook officielle
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