Au palmarès des chanteuses françaises qui goûtèrent le plus tôt à la scène, Liane Foly doit pointer juste derrière Patricia Kaas (9 ans), puisqu'elle débuta à l'âge de douze ans au sein du petit orchestre familial. Fan du Cinématographe, salle obscure de Perrache, la Lyonnaise garde plein les yeux des étoiles d'Hollywood, des suspenses d'Alfred Hitchcock, des rêves de Marcel Carné. Inscrite dans un cours de danse classique, elle ajoute Mozart, Beethoven et Tchaïkovski à son cursus, qu'elle peaufine durant son adolescence en chantant dans les boîtes de nuit et les piano-bars. A 22 ans, elle est déjà bien branchée jazz, soul, blues et assimilés, lorsqu'elle rencontre en 1984 le musicien André Manoukian, qui va devenir son compagnon-pygmalion. Avec l'auteur Philippe Viennet, il lui tricote illico un répertoire glamour qui séduit Fabrice Nataf, le patron de Virgin France, où un premier album sort en 1987. Intitulé The man I love, en hommage à la chanteuse américaine Sarah Vaughan, il comporte un premier tube : Ça va, ça vient. Surfant sur ce courant, voix instrumentale aidant, Liane Foly va assurer diverses premières parties (Claude Nougaro, Paolo Conte, Julia Migenes...), rafler une Victoire de la Musique (1991), s'illustrer en duo (Charles Aznavour, Michel Petrucciani...), participer à Sol en Si et aux concerts des Enfoirés, bref obtenir un succès croissant jusqu'en 1996. Là, elle se sépare d'André Manoukian, change quasiment de visage (via un nouveau nez) et vise le marché américain avec des couleurs plus rhythm'n'blues et funky. Le public ne suivant pas, elle reviendra en 1999 avec Acoustique (où elle reprend Daho, Balavoine, Nicoletta et rend hommage à Barbara), et remontera vraiment la pente en 2000 avec Entre nous, album où figurent des auteurs nommés Gérard Presgurvic, Maxime Le Forestier et Patrick Fiori.