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Interview
samedi 22 septembre 2018 13:11

Vincent Niclo en interview : "Le tango ce n'est pas kitsch, c'est hyper branché"

Vincent Niclo sort son nouvel album "Tango". A cette occasion, le tenor se confie à Pure Charts sur son image de chanteur romantique, la notoriété, ses ambitions internationales, ses multiples projets et ses doutes.
Crédits photo : Delloye
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Pourquoi avoir eu envie d'enregistrer un album sur le thème du "Tango" ?
C'est la vie qui a voulu ça. Tout petit, ma grand-mère écoutait beaucoup de musique latine, du tango. J'ai un peu baigné là-dedans. J'ai toujours été attiré par l'espagnol pour chanter car on peut y mettre des sonorités différentes et de la sensualité. Quand j'ai fait "Danse avec les stars", là j'ai eu le déclic. Quand je suis arrivé, on m'a dit que je n'étais pas un grand danseur mais que j'avais l'attitude pour le tango et le paso doble. Ça faisait beaucoup de choses... Et puis, les artistes que j'apprécie comme Julio Iglesias ou Placido Domingo ont consacré un album au tango. Il n'y a pas un artiste français qui n'a pas fait un tango. De Léo Ferré à Barbara ou Renaud. Même Hoshi, son tube c'est un tango ! Sans parler de Gotan Project. Le tango a toujours été là. On se tourne autour depuis pas mal de temps, donc c'était le moment ! (Rires)

« Quand j'ai fait "Danse avec les stars", là j'ai eu le déclic »
Depuis le début, vous saviez que vous feriez un jour un album tango ?
J'étais sûr que je ferais un album avec des consonances latines. Le tango, c'était une évidence. Ce que j'aime dans ce projet c'est que la musique est aussi forte que l'univers visuel. Il y a une imagerie autour du tango qui est très forte. J'avais vu les champions du monde du tango qui avaient dansé devant moi. Wow ! Pour moi, c'est la sensualité, la rivalité, la dualité, la nostalgie aussi, et en même temps l'amour, la passion. Il y a tellement de choses à raconter. Pour les télés, je fais un medley de trois titres et je danse le tango au départ avec une danseuse, et après on est plusieurs.

C'est différent de l'incarner en chantant et en dansant, j'imagine...
Oui ! Danser et chanter, c'est vraiment pas facile. Là, je m'en rends compte.

« On m'a assez reproché d'être un chanteur à voix »
Et au moins, avec vous, il n'y a pas de playback !
Ah non ! Après, ça peut m'arriver, parfois on n'a pas le choix sur certains plateaux de télévision. Mais dès que je peux chanter en live, je le fais. Je suis un chanteur à voix. On me l'a assez reproché, mais ma voix c'est quand même...

Votre singularité ?
J'espère !

Vous chantez souvent en espagnol sur ce disque. C'est une langue que vous parlez couramment ?
Je ne le parle pas couramment. A l'école, j'ai appris l'anglais et l'allemand. Mais j'ai appris l'espagnol en chantant, par Internet aussi et en voyageant. Je me débrouille bien maintenant.

Vous avez été épaulé par une coach pour l'espagnol sur cet album.
Oui, j'avais envie d'être compris par le plus grand nombre. Mais il y a plusieurs accents, comme chez nous. Donc j'ai pris celui de Madrid, qui est a priori le plus répandu. Laura a fait la voix sur "Libertango" et c'est elle qui m'a coaché. Je voulais être au plus proche de la vérité.

Le tango ça peut être quelque chose d'un peu kitsch. Comment on ne tombe pas là-dedans ?
Oui alors... Pour moi, le tango ce n'est pas kitsch. Moi j'aime bien aller chercher des choses d'avant et de leur donner un son d'aujourd'hui. Parfois, j'y arrive, parfois non. Je ne dirais pas que c'est kitsch, c'est hyper branché le tango. Après oui, j'ai préféré prendre les codes du tango et les dépoussiérer du tango traditionnel. Mais c'est quand même intemporel, ça traverse les années. C'est pour ça que tous les artistes ont déjà fait un tango. Et quand j'ai voulu m'entourer d'auteurs et de compositeurs, tout le monde était emballé par l'idée de cet album. Il y avait une passion autour de ça.

Regardez le clip "Mi Amor (Libertango)" de Vincent Niclo :



L'album est produit par le duo électro Skydancers d'ailleurs. Ils incarnent ce désir de modernité ?
Oui, ils devaient faire un seul titre, au final, ils ont fait tout l'album. Je cherchais un réalisateur qui amènerait un son actuel. J'adore l'électro. Sur tous mes albums, il y a de l'électro, derrière.

« Je ne m'assume pas assez en auteur-compositeur »
Vous avez écrit l'adaptation de "Libertango" et "Que mas"...
Comme quoi, je touche un peu en espagnol ! (Rires)

Ce n'est pas une facette qu'on connait de vous...
Moi non plus, je ne la connais pas ! Je ne m'assume pas assez en auteur-compositeur. J'avais un peu composé ou écrit sur les précédents. C'est compliqué de s'affirmer quand on est entouré du gratin des auteurs et des compositeurs. Se mesurer à eux... Petit à petit, je mets des petites touches. Quand on a fait écouter l'album, je n'ai pas dit que c'était moi. Je ne voulais pas qu'il y ait de préjugés. Et finalement "Que mas" est ressorti dans le top 5... J'étais content. Comme ça, s'ils avaient dit "Bof, ce titre", au moins ils ne savaient pas de qui ils parlaient. Et on l'aurait enlevé. Ça m'a rassuré, c'est encourageant.

« J'aimerais faire un album un peu à la Era »
Ça vous a donné envie d'écrire un peu plus à l'avenir ?
Ah oui, oui. Il faudrait que j'ai le temps. Je n'en ai pas beaucoup. J'aimerais avoir un an pour écrire un an. J'aimerais faire un album entier. A un moment, il y aura cet espace, mais pas tout de suite. Trouver le bon sujet... J'ai une idée déjà. J'aimerais faire un album un peu à la Era. Un peu mystique. J'ai déjà travaillé sur quelques trucs comme ça. Mettre en avant ma voix lyrique et avec de l'électro...

Il y aussi Lionel Florence et Pascal Obispo qui signent "Monsieur Gardel". Comment c'est venu ?
On avait travaillé ensemble sur le précédent album, on est resté très amis. En discutant de mon nouvel album, Pascal m'a dit que ça l'éclaterait de me faire un tango. Welcome !

Il y avait une alchimie entre vos deux univers sur le précédent album, non ?
On a pris un risque. Quand il m'a écrit "Ce que je suis", je me suis dit : "Wow, il sait écrire pour ma voix !". En se croisant, il m'a proposé de faire cet album ensemble. Ça ne refuse pas. Je ne suis pas fou ! (Rires)

« L'étiquette du chanteur romantique, j'assume »
C'est difficile d'écrire pour votre voix ?
Oui, je pense. Pour Pascal, la seule condition c'était de me faire "déchanter". Il me disait que c'était un peu comme avait fait Goldman pour Céline Dion. J'ai pris un risque car le public m'aime aussi pour ma voix. Il m'a dit : "Laisse-moi faire, abandonne toi". Ça tombe bien, j'aime bien être dirigé. C'est l'album où j'ai eu le plus peur. C'était l'extrême de ce que je peux faire. Je ne regrette pas. Mais "Tango", c'est un risque aussi. Est-ce que ça va faire peur à certains ? Est-ce que ce n'est pas un peu réducteur ? Je ne sais pas.

Slimane et Patrick Fiori sont réunis aux crédits de "Demain". Sur le papier, on ne pense pas "tango" avec eux !
Oui, c'est vrai ! C'est une rencontre. J'avais chanté avec Patrick Fiori l'été dernier, on a sympathisé. Je ne vais pas démarcher, sauf les Skydancers. Je lui ai dit que je faisais un album sur le tango et ça a été pareil que pour Pascal Obispo. Patrick Fiori m'a fait une musique et il m'a demandé si je pensais à quelqu'un pour le texte. J'avais aussi chanté avec Slimane et j'aime beaucoup ce qu'il écrit. Il l'a appelé et il a dit oui tout de suite.

Regardez le clip de "El Fuego del Amor" par Vincent Niclo :



Cet album va confirmer votre image de chanteur romantique. C'est une étiquette qui ne vous dérange pas ?
J'assume ! (Rires) Je ne suis pas trop pour les étiquettes, mais on est en France. C'est vrai que j'ai souvent chanté l'amour, mais ce sont les chansons qu'on m'a proposé. L'amour, l'amour, l'amour. J'assume ça. Romantique, je ne sais pas si c'est la vérité. En même temps, l'amour, c'est un sujet très large, on peut passer par tous les états. Après, les étiquettes ça fait partie de la France. Un de mes mentors c'est Julio Iglesias. C'est la classe absolue, avec ce côté un peu naughty. J'aime bien ! Quelque part, ça fait un peu Julio cet album... Il avait fait un album "Tango", il y a 20 ans. C'est un repère Julio pour moi.

En lisant les textes de cet album, très romantiques, je me suis dit qu'ils ne vous permettaient pas de vous dévoiler.
Oui...

« Je ne suis pas un produit marketing »
C'est un problème pour vous ?
Non. Je fais partie des artistes qui aiment laisser entendre que ce qu'ils racontent, ce n'est pas obligatoirement votre vie. Un peu comme un acteur. Où est la vérité ? Ça ne s'intéresse pas de le dire. J'aime bien laisser ce flou. C'est volontaire. En ce qui concerne ma vie privée, je n'ai pas envie de la mettre en avant. Pour moi, ce n'est pas intéressant. En plus, ça fait trop le coureur ! (Rires) Mais pour l'instant, je ne me suis pas calmé. Et puis, je me suis livré sur l'album de Pascal et sur "Ce que je suis". Parfois, on tombe amoureux d'une chanson alors que ce n'est pas sa vie.

D'ailleurs, quand on regarde votre carrière, on voit qu'il y a des reprises avec les choeurs de l'armée rouge, du Luis Mariano, la comédie musicale "La Belle et la Bête", deux albums de variété, là un disque autour du tango. Quelle est la vraie facette de Vincent Niclo ?
C'est un mélange de tout ça. Mon chemin artistique, c'est d'apprendre le maximum de choses et j'ai un côté kamikaze donc je me mets en danger. J'aime explorer, comme avec Michel Legrand, Pascal Obispo... Avec "Opéra Rouge", tout le monde nous voyait déjà morts avant d'exister. Pour l'opérette, n'en parlons pas. L'essentiel c'est d'être sincère. Je ne suis pas un produit marketing, comme on a pu le dire au début.

« Ce serait faux de dire que je n'ai pas des ambitions internationales »
C'est-à-dire ?
Au début, sur "Opéra Rouge", on a cru que ce n'était pas moi qui chantais. Les gens disaient que ce n'était pas possible que cette voix sorte de ce corps. Je n'avais pas vraiment le look du ténor. Je reviens de très loin. Le dénominateur commun de tout ça, c'est la passion. Dans ma tête, j'ai quatre projets. Je ne cherche pas à être différent à chaque fois. C'est mon envie. Ce n'est pas du tout marketé. Je suis en quête d'inspiration artistique. J'aimerais faire un album avec un big bang, avec des choeurs différents, un album de duos... Et surtout j'aimerais faire un album où je revisiterais les grands tubes de chaque artiste, en version pop-opéra. J'aime charcuter les chansons. C'est un risque, mais il faut avoir l'envie.

Est-ce que l'envie avec cet album "Tango", c'est aussi de séduire un public international ?
Oui, bien sûr. Ce serait faux de dire que je n'ai pas des ambitions internationales. Il y a plein de choses qui sont en train de s'ouvrir à l'international. En sortant mon album "Romantique" au Royaume-Uni, je suis devenu animateur sur la BBC. Grâce à YouTube, il y a des stars internationales qui viennent me chercher. Céline Dion m'a beaucoup aidée aussi. Ça a été la première à me faire confiance. Là, je vais partir en Allemagne pour une émission télé avec Sarah Brightman. Je vais aller au Kremlin pour chanter au jubilé des choeurs de l'Armée rouge. Je n'ai pas de frontières. Ma musique n'en a pas, pourquoi j'en aurais ?

« C'est peut être le dernier album que je fais »
Comment vous vivez la notoriété ?
Je parle pour moi... Soit je n'intéresse pas du tout les gens... Mais ceux qui se manifestent sont toujours bienveillants. C'est toujours débordant. C'est touchant. Il n'y a pas de moyen. C'est soit on m'adore, soit on m'aime pas. Mais je suis comme ça, donc ça me va !

Dans les remerciements de l'album, vous remerciez le public et vous vous dites "émerveillé" de pouvoir encore sortir un album.
C'est une de mes forces, de ne pas oublier d'où je viens et que ça n'a pas toujours été aussi facile. La musique ça peut être magique mais ça peut être tranchant aussi. Je n'oublie pas que c'est peut être le dernier album que je fais. Je garde la tête sur les épaules. Je sais qui je suis, d'où je viens. Je suis un boulimique de ce qui m'arrive. C'est pour ça que je fais beaucoup de choses. Mais j'ai tellement peur que ça s'arrête. Au moins, j'aurais fait tout ça.

Et si ça s'arrête, vous ferez quoi ?
Bonne question. Je ne sais pas. Je n'y ai pas réfléchi. Quand j'étais petit, je voulais chanter. Si je n'en avais pas ce métier sous cette forme, j'aurais chanté dans un restaurant, dans la rue, dans le métro. Chanter, ce n'est pas être célèbre. Chanter c'est une vocation. C'est mon moteur. Je ne vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre.

Julien GONCALVES
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