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Avant qu'on dise - notoriété aidant - que Philippe est le père de Vincent, on rappelait pertinemment que ce dernier avait pour géniteur l'écrivain heureux de La première gorgée de bière, petit bouquin vendu à plus d'un million d'exemplaires. Après tout, l'étudiant en lettres Vincent Delerm n'a mis un premier pied sur scène qu'en 1998 dans sa bonne ville de Rouen. Enfant de profs de lettres itou, nourri au lait bio de la chanson française (Jean-Michel Caradec, Yves Duteil, Philippe Chatel, Les Frères Jacques, Barbara, Gilbert Lafaille...), il étudie dit-on le piano par admiration pour Michel Berger et William Sheller, et débarque à Paris en 2000. Auparavant, il a fréquenté une troupe théâtrale et s'est passionné pour le cinéma, François Truffaut (et Fanny Ardant !) en particulier. On n'est donc pas surpris à l'écoute de son premier album d'y voir fourmiller toutes ces références. D'ailleurs, les références, Vincent Delerm adore ; avec sa voix un rien curieuse qui parle-chante au long de récits truffés de clins d'oeil (nom d'artistes, de villes, de marques, de détails "conso" très actuels) en direction d'un public qui se reconnaît, il a fait un tabac, largement promu par France Inter. L'engouement, il est vrai avait été partagé par quelques catalyseurs dignes de foi, nommés Daniel Pennac (l'écrivain), François Morel (le comédien de la troupe des Deschiens, de Jérôme Deschamps), Thomas Fersen et Vincent Frèrebeau, ce dernier directeur du label Tôt ou Tard, où désormais Vincent Delerm a rejoint Thomas Fersen, Mathieu Boogaerts, Têtes Raides, Dick Annegarn et les autres.