Robbie Williams est l'exemple vivant qu'il y a une vie après les boys bands. D'autant que, plus rebelle et sexy que ses camarades, il n'a jamais vraiment semblé à sa place parmi les placides et lourdement formatés Take That. Son ex-collègue Gary Barlow ne connaîtra d'ailleurs pas le même succès. Néanmoins, quand il décide de se lancer dans une carrière solo en 1995, tout n'est pas gagné pour le jeune homme, qui souffre d'un déficit de crédibilité, qu'il essaie de compenser en apparaissant dès que possible aux côtés des membres d'Oasis. Si aucune collaboration n'en résulte, Robbie ressortira grandi de l'expérience qui fit de lui un habitué des soirées arrosées et des colonnes people. Son premier single (une reprise de George Michael, "Freedom 90", sortie fin 1996) peine à trouver son public, mais le deuxième, "Old Before I Die", marque un virage vers la brit-pop traditionnelle et redore le blason du chanteur. Véritable bourreau de travail, Robbie enchaîne les albums et les hits, chante avec Kylie Minogue et Nicole Kidman, se la joue écorché vif ("Rock DJ", 2000) ou crooner façon Sinatra ou Dean Martin ("Sing When You're Winning", 2001). "Escapology" (2003) se vend à des millions d'exemplaires en Europe, mais peine à pénétrer le marché américain quelque peu saturé. La star étant quelque peu rancunière, son album "Live At Knebworth" ne devait pas y être distribué, et "Intensive Care" (2005) devrait suivre le même chemin.