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Interview
dimanche 02 avril 2017 14:00

Nelly Furtado en interview : "J'ai eu envie d'arrêter la musique après chaque album"

Nelly Furtado est de retour avec "The Ride", son sixième album sur lequel elle raconte son passage à vide et sa renaissance. La chanteuse se confie à Pure Charts dans une interview sans fard.
Crédits photo : Joachim Johnson
Il est 20h cette semaine quand Nelly Furtado m'appelle sur mon portable pour cette interview que j'attends avec impatience. Il faut dire que la popstar a eu mille vies musicales, de la folk au folklore en passant par des tubes signés Timbaland, des chansons en espagnol et un dernier album pop plus risqué qui s'est transformé en échec industriel. Alors qu'elle revient avec "The Ride", un disque brillant, la chanteuse me raconte avec recul et beaucoup de bonne humeur cette période trouble, comment elle a su rebondir et trouver sa voie dans tous les domaines. Un bel échange qui reflète bien sa renaissance.

Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Tu reviens après quatre ans d'absence. C'est long dans cette industrie. Pourquoi tu avais besoin de cette pause ?
J'ai voulu poursuivre certaines passions, des trucs que j'avais toujours eu envie d'essayer. Je pris des cours d'écriture théâtrale à l'université, des cours de poterie, de couture. J'ai même bossé dans la boutique de vinyles de mes amis. J'avais mon propre label aussi avec lequel j'ai pu produire et écrire pour d'autres artistes. J'ai élevé ma fille aussi ! J'ai voulu profiter de ce break pour faire le point et réfléchir à ce que je voulais faire ensuite. Et je voulais vraiment enregistrer avec John Congleton, qui est un producteur qui fait de la musique alternative. Je me disais que ça pourrait être vraiment cool et différent pourtant.

« J'ai mis plus de moi dans mes chansons »
Tu avais aussi besoin de te reconstruire artistiquement après que ton album "The Spirit Indestructible" n'a pas eu le succès espéré ?
Oui, je ne sais pas. Peut-être. J'avais surtout besoin de m'intéresser à d'autres choses, de mettre un peu plus de moi dans les textes de mes chansons. Et de revenir à quelque chose de plus simple dans l'écriture, au lieu de se focaliser sur les beats. J'ai pris ma guitare, je me suis mise au piano et j'ai écrit des chansons comme ça, très simplement. 70% des chansons sont nées à la guitare.

Je l'adore cet album "The Spirit Indestructible", qui est sans doute l'un de tes meilleurs disques. Comment tu analyses le fait qu'il n'ait pas marché ?
Franchement, je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. (Rires) J'ai voulu faire un album très pop avec Rodney Jerkins. Je suis très fière de cet album, je trouve qu'il sonne vraiment bien. Après, ça dépend de tellement de choses : du moment où il sort, dans quel contexte, de ce qui sort à ce moment-là, de comment tu te sens aussi...

Peut-être qu'il était avant-gardiste, qu'il est sorti trop tôt...
Oh oui, ça c'est sûr ! J'ai l'habitude d'avoir toujours un peu d'avance. Ce qui n'est pas toujours évident ! (Rires)

« L'industrie de la musique peut être tellement dingue »
Tu as pensé à tout arrêter ?
J'ai eu envie d'arrêter la musique après chaque sortie d'album ! (Rires) Ça demande tellement d'investissement et d'énergie entre les voyages, la promotion... Moi, tu sais, je suis un peu bohémienne, j'aime les choses simples dans la vie. Quand j'ai commencé, j'ai voulu vivre une vie la plus normale possible. Mais l'industrie de la musique peut être tellement dingue ! Tu n'as pas beaucoup de temps pour toi-même. C'est pour ça qu'il faut vraiment faire les choses qui te plaisent. J'adore être en studio. De toute façon, je pense que je continuerai toujours à enregistrer quoi qu'il arrive...

Regardez le teaser pour l'album "The Ride" :



J'ai l'impression que t'es trouvée artistiquement avec ce nouvel album quand on entend des titres comme "Flatine", "Sticks and Stones", "Pipe Dreams". C'est le cas ?
Oui, c'est vrai, mais ce n'est pas que musical. J'ai pris confiance en ce qui concerne ma créativité. Récemment, j'ai en quelque sorte fait une performance dans une galerie d'art à New York. Ça m'a demandé une énorme confiance en moi. C'était vraiment cool. J'explore et je teste plein de choses en ce moment qui me permettent de m'exprimer artistiquement. Et l'album c'est un élément au milieu de tout ça. Tout part de la confiance que tu as en toi. Tu vois ce que je veux dire ? La confiance, c'est de se dire : "Je n'ai pas à être géniale tout le temps, je dois juste à être moi-même et ça suffit". Je pense que c'est juste le début.

« Beaucoup de liberté coule dans mes veines »
Tu penses que c'est comme une nouvelle carrière qui commence ?
Oui, quelque part il y a de ça. Je travaille en indépendant, alors le ciel est la seule limite. Je peux faire ce que je veux, collaborer ou faire de la scène avec qui je veux. Qui sait ? Et si je montais un groupe ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup de liberté qui coule dans mes veines en ce moment.

On sent que tu es très épanouie et ça se ressent aussi à l'écoute de cet album. Etais-tu aussi heureuse artistiquement quand l'album "Loose" est sorti par exemple ?
(Elle réfléchit)

Ce que je veux dire c'est que quand je vois les anciens clips comme "Maneater" ou "Promiscuous Girl", je vois du maquillage, des mouvements sexy... C'était toi ça ?
(Elle éclate de rire) C'est une question très intéressante, vraiment. En fait, si tu poses la question à mes amis, ils vont te dire que oui. Car, de temps en temps, quand on est entre nous et qu'on met un peu de musique, je leur apprends comment bien secouer leurs fesses ! (Elle éclate de rire) Donc je mentirais si je disais que cette facette-là, plus fun, ne fait pas partie de ma personnalité. Bien sûr que je suis comme ça ! Mais d'un autre côté, j'ai aussi ce côté plus sage, qu'on ressent sur le nouvel album. Mais je crois que "The Ride" reflète aussi tout ce qui compose ma personnalité, plutôt qu'un gros changement d'un coup.

Et...
Tu vois, je t'ai dit un grand secret sur moi ! (Elle éclate de rire) Tu as déjà ton titre : "J'apprends à mes amis à secouer leurs fesses !".

Merci beaucoup pour ça, mais promis je ne le mettrai pas en titre !
(Rires) Tu peux !

« Mon bonheur personnel est ma priorité »
On sent bien que le succès international, les ventes, ce n'est plus ta priorité aujourd'hui...
Non, c'est mon bonheur personnel qui est vraiment ma priorité. Je suis maman. J'ai besoin d'avoir des valeurs dans ce que je fais. J'ai de vraies valeurs dans la vie, qui sont très importantes. J'ai réalisé que la vie est très courte et qu'il ne faut pas mettre toute son énergie dans son travail. C'est à la mode mais j'ai tendance à faire l'inverse maintenant. Bien sûr, je fais des trucs que j'adore, mais je ne mets plus toute mon énergie dans mon boulot car la vie personnelle peut en souffrir. Il faut trouver un bon équilibre.

Ecoutez "Carnival Games" de Nelly Furtado :



Tu expérimentes de nouveaux sons sur "The Ride". Ça a été difficile de trouver la bonne formule ?
Ah ah ! Non car j'avais un très bon pilote en la personne de John Congleton. Je crois que c'est l'un des meilleurs producteurs du monde. Il est phénoménalement talentueux. Ça a vraiment matché entre nous, ça a donné un bon cocktail. Il faisait des trucs alternatifs et moi je suis arrivée avec ma pop. On a mélangé le tout et ça donner ce résultat. La magie a opéré, et j'en ai eu la chair de poule !

Il y a une chanson sur l'album qui s'appelle "Phoenix". C'est comme ça que tu te vois aujourd'hui ?
Sur certains aspects de ma vie oui. J'ai rencontré des personnes très fortes tout au long de ma vie. Surtout quand je suis partie au Kenya, à la rencontre de ces femmes magnifiques et formidables. Cette chanson elle parle de tout le monde. Comme moi, tout le monde a déjà été blessé, été un peu perdu, on s'est tous déjà senti seuls. Ça parle de ce moment où tu touches le fond de la piscine et que tu remontes à la surface pour prendre un peu d'air. C'est vrai qu'un phoenix c'est quand tu te réinventes, que tu te consumes et que tu renais de tes cendres. Le feu peut brûler ton âme mais il peut aussi la rendre plus mature. Plus tu expérimentes des choses, que tu rencontres des difficultés, plus ça devient intéressant et ça fait de belles histoires aussi. C'est comme dans un très bon livre, il y a des hauts et des bas.

« J'avais besoin de posséder ma voix »
C'était comment de travailler en indépendant ?
Tellement cool ! Je suis chanceuse car j'ai fait l'album alors que j'étais encore en contrat avec mon label, donc j'avais un bon budget pour le faire. A la fin, je l'ai repris à mon label pour le posséder vraiment. Mais j'étais presque à la fin de mon contrat de toute façon... J'avais vraiment besoin de posséder ma voix. Elle est à moi, et j'ai le droit d'en faire ce que je veux. De chanter dans une performance artistique, de faire un truc acoustique avec Blood Orange si j'en ai envie. Je me sentais hyper libre, j'étais comme une gosse dans un magasin de bonbons ! Mais j'ai aimé aussi être soutenue tout ce temps par un label car ils m'ont aidé à faire rayonner ma musique à l'international. J'adore avoir des partenaires mais là c'était cool de faire ce projet particulièrement en indépendant.

Pourquoi l'avoir appelé "The Ride" cet album ?
Je crois que la vie c'est les hauts, les bas et ce qu'il y a entre les deux. Parfois tu as besoin de descendre du train pour apprécier tout ce qu'il y a autour. Si tu restes tout le temps dedans, tu ne prends jamais le temps d'appuyer sur pause, de ralentir un peu. Et c'est important. Et puis tu as ton propre chemin, mais d'autre peuvent te prendre en route et t'emmener avec eux. J'ai exploré les illusions de la vie, la fausse réalité. Je l'ai appelé "The Ride" car c'est un album technicolor, qui reflète tout ça.

« Retravailler avec Timbaland ? Pourquoi pas ! »
Tu as prévu de venir en concert en France bientôt ?
Pour le moment, je n'ai pas de date prévue en France (un concert au Trianon a été annoncé depuis, ndlr). Mais j'adorerais ! La dernière fois, je crois que c'était en 2012. J'adore venir en France. Je suis venue d'ailleurs en vacances à Paris récemment, et j'ai justement une chanson qui s'appelle "Paris Sun". En fait, pendant une compétition en Suisse, j'ai rencontré le patineur Florent Amodio et je dois t'avouer que j'ai un peu écrit cette chanson à propos de lui ! (Rires) Et puis j'ai vu le film "A bout de souffle" de Jean-Luc Godard que j'ai adoré. J'ai craqué sur la coupe de Jean Seberg alors je me suis coupé les cheveux comme elle et j'ai écrit "Paris Sun" qui est aussi un peu inspiré du film !

Est-ce que tu pourrais bosser à nouveau avec Timbaland sur un prochain album ?
C'est une bonne question. Je ne suis pas sûre... Je l'adore tellement. C'est vraiment quelqu'un d'important dans la musique. Mais en fait, tu sais quoi ? Tout est possible dans la vie ! Mon coeur est ouvert.

Julien GONCALVES
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