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Interview
dimanche 09 mars 2014 13:00

Gaël Faure en interview : "Je ne veux pas me vendre à tout prix"

Repéré dans "Nouvelle Star" il y a huit ans, Gaël Faure a préféré l'ombre à la lumière pour laisser à ses chansons le temps de gagner en maturité. Il revient cette année avec l'album "De silences en bascules", qui invite à l'évasion à travers l'amour et le voyage. Défendu par les titres "On dirait l'Islande" et "Tu me suivras", ce disque pourrait faire sensation sur scène, à l'occasion des prochains concerts que le chanteur prévoit d'assurer. En attendant de le découvrir au Café de la Danse le 11 mars, Gaël Faure nous invite à plonger dans l'ambiance folk de son nouveau disque !
Crédits photo : DR.
Propos recueillis par Jonathan Hamard.

Ton album devait sortir l'an dernier. Pourquoi avoir décidé de le reporter ?
Ce sont des questions de politique interne, propres à la maison de disques. Stratégiquement parlant, c'était peut-être mieux que ça sorte maintenant. Je trouve que ce n'est pas une mauvaise période. Parce que ce n'est pas vraiment les beaux jours encore, et ce n'est pas juste après les fêtes non plus. Il y a peut-être un peu plus de place à ce moment-là aussi. Et puis, ça permet de laisser assez de temps au public pour se familiariser avec les chansons avant de participer aux festivals cet été. En réalité, l'album est prêt depuis un an.

« Les quotas en radio, je trouve que c'est un peu décevant »
Tu te sens malgré tout toujours en phase avec cet album, malgré le décalage ?
Naturellement, je dois avouer qu'il y a quand même un petit décalage. Mais, là où c'est intéressant, c'est que ça me permet de pouvoir commencer à travailler sur le prochain album. Je peux bosser sur d'autres chansons, d'autres idées... Quand j'ai signé avec Jive/Epic, la condition sine qua non était de pouvoir sortir deux disques. Ça m'a aussi permis de faire quelques dates avant même que l'album soit disponible, de sorte qu'on soit aujourd'hui plus apte à défendre les chansons.

Ces premières représentations ont-elle influencé la réalisation de ton album ? As-tu retravaillé sur certains morceaux après coup ?
C'est sûr que la scène est un moyen de tester les chansons. Là, pour le coup, ce qui est intéressant sur scène, c'est qu'on fait vivre les chansons différemment. L'album, il est ce qu'il est. C'est cristallisé. C'est figé. C'est un moment. On aura beau dire ce qu'on veut, un album reste un moment. Quand on décide de faire une partie de guitare à un endroit, on sait qu'après elle ne bougera plus. Là, sur scène, la grande chance, c'est qu'on peut souvent changer. On essaie quand même de rester toujours un peu sur le même raille, sinon le public peut s'y perdre aussi (sourire)... Je suis toujours tenté de faire des choses différentes.

Tu parles de politique interne au sein de ton label. Je dirais plutôt qu'il est très difficile aujourd'hui de faire émerger du sang neuf dans le paysage musical français. Les artistes en développement sont très souvent boudés par les radios. Comment analyses-tu cette tendance ?
Qu'on soit dans un label indépendant ou dans un gros label comme Jive/Epic, je crois que la conjoncture fait que c'est hyper compliqué. Pour pouvoir passer en radio, on l'a vu dans l'actualité récemment, il faut imposer des quotas. C'est un peu décevant je trouve. Je ne parle pas nécessairement de moi. Mais c'est vrai que c'est dur ! Sony croit beaucoup en ce projet. Ils essaient de rassembler toutes les bonnes choses pour que l'album ne sorte pas mort-né. Je les comprends là-dessus. Je préfère aussi qu'il se passe quelque chose à la sortie. Mais je n'ai pas du tout envie de me vendre non plus à tout prix. J'ai juste envie que ça sorte. Après, succès ou pas... Je ne suis pas vraiment décisionnaire (sourire).

Il faut quand même que tu puisses vivre de ton métier.
« Je n'ai plus trop rien à dire sur "Nouvelle Star" »
Bien sûr ! Et heureusement, en dehors de ces ventes d'albums, parce que ce n'est plus vraiment ce qui nous tient debout aujourd'hui, il y a les concerts. Il a toutes ces choses qu'on peut faire de manière annexe. Le souhait est évidemment d'en vendre d'une belle manière. Très honnêtement, je ne veux pas forcement un énorme succès. Ce n'est pas prétentieux de dire ça. Si ça devait arriver, j'aimerais bien pouvoir le construire de manière ascendante. Je n'ai pas envie de me faire peur non plus.

Tu dis que tu ne veux pas forcément te vendre pour faire parler de toi. C'est à dire que tu refuses tous contrats publicitaires ?
Ça dépend lesquels ! Très sincèrement, faudrait quand même être un peu bête pour ne pas reconnaître que c'est une belle manière de se faire connaître. D'autant plus que la musique passe peut-être beaucoup plus sur Internet que sur les radios. Si ça reste quelque chose de cohérent avec mon projet, et que j'y trouve un intérêt, pas forcément financier mais artistique, la question se posera deux fois plus.

Compte tenu du temps qui nous sépare de ta participation à "Nouvelle Star", on ne peut pas vraiment parler de tremplin pour toi...
Non, effectivement. Si tu me posais la question à l'heure actuelle, je ne pourrais pas te répondre oui. J'ai beaucoup travaillé depuis. Ça fait huit ans. Je n'ai plus trop rien à dire sur "Nouvelle Star". C'est quelque chose que j'ai fait il y a tellement longtemps... Je me dis que la signature, que ce soit avec Sony ou ailleurs, ça n'aurait pas été grâce à cette émission là. Je suis d'accord, ça a mis le pied à l'étrier. Évidemment ! Mais, après, c'est quand même tous les choix et le travail que tu fais pendant ces huit années qui comptent dans le résultat. A savoir quelque chose dont toi tu es fier.

Tu comptes huit années, mais il me semble que tu as sorti un premier album entre temps, en 2008...
Pour moi, "De silences en bascules", c'est mon premier album. Dans la mesure où tout a été pensé pour que ça le soit réellement. J'ai pris du temps le faire. J'ai choisi des paroliers pour faire de belles chansons. Ce premier album dont tu parles, c'était plus un premier essai, mes premières compositions... Heureusement, ça n'a pas donné grand chose (rire) ! Sur "De silences en bascules", il y a quelque chose d'autre. Il y a surtout de l'âme. Parce qu'il y a de la scène qui a été faite entre temps. Parce qu'il y a tout un discours autour. Et puis, les thèmes abordés sont beaucoup plus profonds.
« Mon inspiration vient de choses très simples et très pures »

Et puis il y a aussi eu un changement d'image.
Je ne dirais pas un changement. Je parlerais plus volontiers d'évolution. L'image que tu as pu voir il y a huit ans, ce n'était pas la mienne en fait. Ce n'est pas un décalage. C'est comme si tu revoyais un garçon de dix ans huit ans après. Il aurait de la barbe. Il ne dégagerait pas du tout la même chose.

Crédits photo : DR.
"De silences en bascules", c'est une invitation au voyage. C'est ton Ardèche natale qui t'as inspiré ces envies de grands espaces ?
J'aime voyager. J'aime bien avoir la vue sur quelques chose. Ça m'inspire des choses que je ne peux pas forcément expliquer. Mais je m'y sens bien. Je veux qu'on le ressente. C'est ça qui est intéressant pour moi. Je ne veux pas non plus tomber dans le cliché de l'homme qui voyage tout le temps... C'est simplement moi. J'ai passé les dix-huit premières années de ma vie en Ardèche. Je crois que ça se traduit de manière logique aujourd'hui dans ma musique. J'ai écrit quelques chansons là-bas, et d'autres ici, à Paris, dans une petite chambre où j'habitais. J'ai écrit dans différents lieux. Même à Bruxelles !

Tu ne vis plus là-bas ?
Je n'y vis malheureusement plus, mais j'y retourne quand même assez souvent. Je ne peux plus. Ce serait trop d'aller-retours. Puis je crois que je ne serais pas assez au courant de tout ce qui se passe dans le domaine de la musique. J'aime aller voir des concerts, mais, en Ardèche, c'est un peu compliqué (sourire). Mon inspiration vient de choses très simples et très pures. C'est pour ça que j'estime que "De silences en bascules" est mon premier album.

Je dois t'avouer que je me suis un peu perdu entre les onze titres de ton disque. On ne sait pas toujours à qui tu t'adresses, s'il y a vraiment une part autobiographique ou non dans tes chansons...
Je dirais qu'il y en a 50%. C'est ce que je trouve intéressant. C'est la personne qui écoute qui doit imaginer à qui je pense, ou tout simplement réaliser à qui chaque morceau lui fait penser. Je trouve ça intéressant que chacun puisse s'approprier ces titres, même si ce n'est pas forcément voulu d'ailleurs.

« "Surprise", c'est un coup de poignard dans le dos sympathique »
Mais, globalement, tu parles essentiellement d'amour.
C'est vrai. Mais parce que l'amour c'est ma vie aussi. Je pense quand même que certaines chansons peuvent être prises vraiment différemment. On peut croire que je parle d'un ami, de quelqu'un de très proche, une copine, un copain... La manière la plus simple de la comprendre, c'est celle-ci...

Tu n'as pas écrit cet album seul. On trouve aux crédits plusieurs artistes dont certains sont connus. Comment les connexions se sont-elles faites ?
Au fil de toutes ces années ! Encore une fois, je rejoins ce que j'ai déjà dit sur la construction de cet album et le temps que ça a pris. Je voulais que cet album me ressemble. J'ai donc voulu m'entourer d'auteurs qui comprenaient bien qui j'étais. Ça s'est fait avec le hasard. Fabien Boeuf, qui a écrit six textes sur l'album, c'est un ami de longue date mais qui n'est pas assez connu dans le milieu. Pas assez à mon goût en tout cas. Mais, justement, c'est très bien... Qu'il reste caché (sourire) ! Je suis allé chez lui, dans sa maison des Landes. Je lui ai dit ce que je voulais défendre et par quels axes je voulais que ça passe. On a bien bossé ensemble. Tous ces auteurs-là, ils ont été choisis pour de vraies raisons. On ne me les a pas imposés. C'est moi qui ai amené les thèmes des chansons. Pour Tété, j'ai dû lui expliquer ce que je faisais et d'où je venais.

Et puis Jean-Louis Piérot à la réalisation. Qu'a-t-il apporté ?
Je dois dire que j'étais entre de bonnes mains. C'est mon directeur artistique qui me l'a conseillé. Je le connaissais de nom, évidemment. On m'en a proposé plusieurs. Moi, j'ai fait un choix. Toujours au feeling ! Au fil des discussions. Je lui ai surtout dit ce que je ne voulais pas. Il m'a beaucoup écouté parler. C'est quelqu'un qui n'a pas un énorme égo. C'est très agréable de travailler avec lui.

Il y a un titre de cet album qui a retenu mon attention. Et ce n'est sans doute pas un hasard parce qu'il s'appelle "Surprise". Il est en total décalage avec le reste de l'album.
C'était le but ! "Surprise", c'est un titre un peu ovni. Il ne ressemble pas au reste de l'album. On a longuement hésité à l'intégrer. On l'a fait avec Barcella. Moi, j'avais cette composition un peu happy. Je m'imaginais avoir quelqu'un en face de moi et lui dire : « J'ai envie de te tuer ». Mais le dire avec le sourire. De manière un peu affreuse. Barcella a vraiment compris ce qu'il fallait. On s'est retrouvé à une station de ski. Je lui ai présenté le morceau et l'axe que je voulais. Au final, ça donne l'histoire d'un couple lambda, avec ce mec qui se fait tromper par sa copine. La femme croit qu'il n'est pas du tout au courant. Il arrive le soir de la Saint-Valentin et, au fil de la discussion, il lui tend des pièges pour la coincer. C'est un petit coup de poignard dans le dos assez sympathique (sourire). C'est assez particulier comme écriture.

« Je vais partir en Espagne pour quelques dates »
C'est un potentiel single ?
Franchement, je ne pense pas. Peut-être trop en décalage. Ce serait peut-être même un peu dommage. On a dix titres qui se ressemblent vraiment et celui-là qui dénote. Mais on n'est pas décisionnaire de ce qui plait aux radios. C'est un truc auquel je ne pense peut-être pas assez quand j'écris mes chansons d'ailleurs. Le potentiel radio !

Tu parles d'évasion. Maintenant que ton album est sorti, où as-tu envie de partir ?
En voyage ! Sur les routes, pour aller faire des concerts. J'ai envie d'aller rencontrer les gens chez eux. Je vais partir un peu en Espagne pour quelques dates je crois. L'idée du voyage, au delà de la langue, on peut la faire ressentir. C'est mon défi avec cet album.
Jonathan HAMARD
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