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Interview
dimanche 03 novembre 2013 14:36

Elephanz en interview : "Les télé-crochets, ça peut faire des ravages"

Ils sont deux, ils sont frères et forment le groupe Elephanz. Leur premier album "Time for a Change" est sorti cette semaine. A cette occasion, Jonathan et Maxime ont répondu aux questions de Pure Charts sur leur bataille pour en arriver là, la mode des reprises, les télé-crochets, l'utilisation de leur single dans une publicité ou encore la politisation de leur musique.
Crédits photo : DR Matthieu Dortomb
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Qui êtes-vous, Elephanz ?
Jonathan Verleysen : On a créé le groupe dans le courant de l'année 2008, c'est un groupe créé entre frangins. On tourne depuis quatre ans. On a mis un petit peu de temps avant de monter sur scène, à vrai dire, on ne pensait pas le faire.
Maxime Verleysen : On n'en avait pas envie.
Jonathan Verleysen : On avait juste beaucoup de plaisir à écrire et à composer, Max et moi, et on n'avait pas du tout pensé à tout ce qui en découlait. L'envie est venue un peu plus tard de constituer un vrai groupe de musique.

Comment est venue l'idée de vous poser tous les deux et de faire des chansons ?
Jonathan Verleysen : Moi j'écrivais déjà, je chantais tout seul, en français. Je pense qu'inconsciemment j'ai dû donner à Maxime l'envie d'écrire de son côté. Il m'a fait lire ce qu'il écrivait, ça m'a beaucoup enthousiasmé et ça m'a donné envie de composer avec lui.

« Entre frères, on laisse notre égo de côté »
Et alors, c'est comment de travailler en famille ?
Maxime Verleysen : Ça se fait tout à fait naturellement. Et je dirais même que l'idée ne me serait pas venue de travailler avec quelqu'un d'autre. Constatant à quel point c'était efficace et évident, j'ai arrêté ce que je faisais de mon côté pour ce groupe.
Jonathan Verleysen : Les avantages c'est que, à la différence de beaucoup de gens dans la musique qui ont beaucoup d'égo, quand on travaille lui et moi, on les laisse complètement de côté. Il va m'amener un bout de mélodie et je vais être très à l'aise de lui dire que j'adore ou que je n'aime pas du tout. Et inversement. Sans que ça crée des esclandres ou des vacheries. On a tellement envie de faire des bonnes chansons que ça prime.

Pourquoi avoir choisi ce nom Elephanz ?
Jonathan Verleysen : On n'y a pas accordé plus de 5-10 minutes. On était tellement pressé, il fallait qu'on remplisse la case pour publier nos titres. On avait vu le film "Elephant" de Gus Van Sant quelques jours avant. On l'a écrit, on l'a répété, on trouvait ça joli.
Maxime Verleysen : On a enlevé le T, on a mis un Z pour se l'approprier. Ça nous a encore plus plu.

Donc ce nom n'a aucune signification particulière ?
Maxime Verleysen : Ça ne doit pas avoir aucun sens.
Jonathan Verleysen : C'est compliqué un nom car il y a plein de groupes qui ont essayé de faire les malins, à commencer par celui qu'on aime le plus, les Beatles. Ils ont trouvé ça très futé cette contraction de "beat" et l'animal, le scarabée, "beatles", mais j'avais lu que très vite ils en avaient eu assez de ce nom et qu'ils le trouvaient vraiment stupides. Aujourd'hui, on n'y pense pas parce que c'est une évidence que les Beatles s'appellent les Beatles. On est resté très simples, ça sonnait bien et basta !

Donc aucune chance que vous vous lassiez de ce nom alors...
Maxime Verleysen : (Rires)
Jonathan Verleysen : Non, non, je pense pas.

« On n'a pas envie qu'on nous politise »
Votre album "Time for a Change" est sorti. Tout le monde titre "Le changement c'est maintenant". Vous n'en avez pas marre ?
Maxime Verleysen : (Rires) On a écrit ce titre avant tous les événements. C'était un clin d’œil sympa, mais qu'on en ait marre ou pas, on ne va pas commencer à changer les paroles de nos chansons sous prétexte qu'il puisse y avoir des interprétations... Nous, le changement c'était dans notre tête, on voulait faire la révolution, partir en voyage, prendre du recul.

Vous avez peur d'être récupérés politiquement ou d'être associés à un parti politique plus qu'un autre, tout simplement ?
Jonathan Verleysen : Je n'ai pas forcément envie qu'on nous politise. Mais je pense que le temps venu... Ça se fait de demander l'autorisation donc on verra... (Rires)

Découvrez le clip "Time for a Change" d'Elephanz :



Vous chantez en anglais, alors que vous venez de Nantes. Pourquoi vous ne chantez pas en français ?
Jonathan Verleysen : Le travail avec Maxime, c'était comme des vacances. Je chantais en français tout seul avant, mais c'était toujours très lourd de signification, lourd de sens. C'était un procédé d'écriture qui était beaucoup moins fun. On s'est rendu compte que les chansons qu'on était en train de faire... L'anglais s'est imposé parce que c'était plus marrant. Le français ne souffre pas de mauvaises paroles.

Oui mais pourtant, sur l'album, il y a un titre en français "Je n'ai jamais" et il est très bon. Donc ça marche...
Jonathan Verleysen : C'est une mélodie composée par Maxime, les paroles je les avais dans un coin. Ce titre était un petit peu différent, ces paroles-là nous plaisaient, il était plus fort comme ça. Ce n'est pas du tout sûr qu'il y ait une autre chanson en français dans un deuxième album. Là, c'était une bonne surprise. Aujourd'hui, je crois que c'est la chanson préférée de Maxime. Moi, elle me touche beaucoup.

Pour passer plus facilement en radio, le français aide. Si jamais on vous demande d'adapter un de vos titres en français ou de faire une version mixte, vous seriez partants ?
Jonathan Verleysen : C'est toujours pareil, si on l'assume et si on en est content, pourquoi pas. Volontairement, on a mis en avant des titres en anglais. Cette chanson, ce n'est pas un cheval de bataille.
Maxime Verleysen : C'est comme un bonus.

« Mainstream, c'est un gros mot en France »
On dit souvent que votre musique est à la fois mainstream et indé. C'était volontaire ?
Maxime Verleysen : Ah donc ça veut dire que c'est tout, en fait. (Rires)
Jonathan Verleysen : Je ne sais pas, on a fait des chansons. Est-ce que si on vend 50 millions d'albums on est mainstream, alors que si on en vend 300, on est indé ?
Maxime Verleysen : J'aimerais bien qu'on dise qu'il est indé. Mainstream, c'est un gros mot en France, derrière il y a "commercial" et il y a toujours un reproche de faire de la musique commerciale. On est complètement décomplexé à ce niveau-là. Peut-être juste que le format pop, avec la structure couplet et refrain, c'est lui qui est mainstream. Si c'est le cas, alors on fait du mainstream... Tant pis ! (Sourire)

L'accueil critique de l'album est très bon. Vous vous attendiez à ça ?
Jonathan Verleysen : Non. Le truc c'est qu'on travaille des heures sur des chansons qui ont l'air faciles. Je ne savais pas si les critiques allaient comprendre cette démarche. Je suis extrêmement content de l'accueil de l'album. Je trouve que c'est un bel album alors je suis content de partager ça.

« Avicii, c'est assez vite de mauvais goût »
Vous avez des objectifs dans votre tête concernant un potentiel top 10 de votre album en première semaine ou un chiffre de ventes à atteindre sur le long terme ?
Jonathan Verleysen : Ça me rappelle les interviews des Beatles à l'époque. (Rires) J'ai envie qu'on danse sur moi, dans d'autres pays... Je ne me suis jamais dit "J'ai envie d'être numéro un ou numéro dix". Je crois qu'il y a beaucoup de mystère concernant les tops 10 en ce moment. Des choses que je ne comprends pas moi-même.

Comme ?
Jonathan Verleysen : Il y a des chansons qui marchent très très fort et que je ne comprends pas.
Maxime Verleysen : "Wake Me Up!" de Avicii. C'est clair que ça n'a jamais été fait, mais si ça n'a jamais été fait, c'est qu'il y a une raison. On n'a pas le droit ! Ça part d'un truc limite folk... C'est le mélange des genres qui est assez vite de mauvais goût. A la deuxième écoute, on n'en peut plus quoi.
Jonathan Verleysen : Je ne sais pas si on peut citer des trucs parce que le succès, ce n'est jamais par hasard. Il faut trouver l'équilibre entre les choses qu'on nous matraque et les choses qui sont effectivement "aimables".



L'album a mis plusieurs années avant de sortir. Ça a été une bataille ?
Jonathan Verleysen : Ça a été plein de rendez-vous manqués. Ça a été un peu une bataille, oui. Il a mis cinq ans car il y a des chansons qu'on a écrites il y a quatre ans. Un premier album c'est toujours une compilation, quelque part. On a pris du retard lié au fait de créer notre propre label, les rencontres...

Vous avez frappé à la porte de beaucoup de maisons de disques ?
Jonathan Verleysen : On a laissé les choses se faire. On avait un manager qui s'en occupait et on avait les retours. On a eu la chance de signer avec Warner Chappell en 2010, ça nous a rendu plus solides. Puis avec Auguri, pour la scène, en 2011. On devait le sortir sous notre propre label pour être responsable à 100%, pour avoir le contrôle. Et finalement Naïve s'est positionné alors qu'on allait le sortir. Le problème avec les maisons de disques, c'est qu'on a dû refuser des propositions parce qu'elles voulaient attendre un an de plus pour le sortir. Pour nous, c'était le moment de le faire tout de suite.

L'album mélange des titres récents et assez anciens. Votre style a forcément évolué avec le temps. Comment vous avez fait pour arriver à ce qu'ils forment un disque cohérent ?
Maxime Verleysen : On les a pimpés ! D'anciens titres ont subi un petit lifting qui les ont rendus dans la veine des nouveaux.
Jonathan Verleysen : C'est aussi dû au fait que les premières chansons ont été faites dans des conditions assez précaires. Quand on a enregistré l'album, on nous a mis à disposition des machines incroyables, des studios formidables, avec des réalisateurs aussi, qui nous ont emmenés là où on voulait aller.

« On a dit non à plusieurs publicités »
Votre titre "Time for a Change" a été choisi pour illustrer la nouvelle publicité Volvo. Comment ça s'est fait ?
Jonathan Verleysen : Il y a quelqu'un chez Warner Chapell qui propose des chansons. On a regardé la pub, on l'a trouvée bien parce qu'il y a une voiture qui roule et il y a notre chanson. On ne parle pas de GPS ou de fermeture centralisée des portes. Notre clip c'est aussi une voiture qui roule ! "Time for a Change" ça parle d'un mouvement. On a déjà dit non à d'autres publicités pour des produits moins fun. Mais là c'est vraiment dans l'esprit.

Pour vous lancer, vous n'avez pas eu envie d'enregistrer une reprise ?
Jonathan Verleysen : C'est vrai que ça se fait beaucoup sur YouTube. Mais non. Sur mon premier album, j'avais voulu faire une reprise des Pixies et ça avait été très compliqué de demander les droits. Là, ça ne nous a pas traversé l'esprit parce que j'ai peur que ça vieillisse mal les reprises. On en fait parfois sur scène, parce que c'est marrant et qu'on a le droit de se tromper.

Les reprises, c'est un vrai effet de mode entre Hélène Ségara et Joe Dassin, "Forever Gentlemen"... Est-ce que ce n'est pas frustrant de voir ce genre de projets se multiplier quand vous mettez quatre ou cinq ans à sortir votre album ?
Jonathan Verleysen : Ce n'est pas frustrant. Ce n'est pas du tout le même combat.
Maxime Verleysen : Et puis ce n'est pas nouveau qu'il y ait des choses surprenantes ou carrément aberrantes qui marchent. Ça ne nous fait pas d'ombre.
Jonathan Verleysen : On n'est pas particulièrement fan de Joe Dassin ou d'Hélène Ségara, mais je ne pense pas que ça nous enlève quoique ce soit.

« Les télé-crochets, ça fait des ravages »
Et vu que ça a été une bataille pour sortir ce disque, pourquoi ne pas avoir tenté des télé-crochets comme "Nouvelle Star" pour vous aider à vous lancer ?
Jonathan Verleysen : On nous a proposé plusieurs fois de faire des trucs comme ça. Mais ça ne nous a jamais plu. C'est drôle parce que j'ai souvent fait ce rêve d'être en casting pour des télé-crochets et qu'on ne me prenne pas. Et je pense qu'on ne me prendrait pas. Je n'ai pas la voix... Je suis un chanteur de pop.

Oui mais il y a des candidats comme Julien Doré ou Soan qui ont tiré leur épingle du jeu, avec un univers qui n'est pas ultra formaté...
Jonathan Verleysen : Tu sais, ce n'est pas notre culture nantaise. Je connais beaucoup de gens de "Nouvelle Star" aujourd'hui, des ex-candidats, du coup, j'ai un regard plus touchant. Mais encore maintenant, je n'irais pas là-bas. Souvent ils y vont trop jeunes, et ça fait des ravages. Et puis, on est trop timides.

Avant de nous quitter, vous pouvez m'expliquer ce que signifie la pochette de l'album ?
Jonathan Verleysen : C'est notre graphiste qui nous a fait ça. On lui a parlé de nos chansons, du voyage, du passage à l'âge adulte... J'ai retrouvé du Hitchcock, du peintre Escher. C'est surréaliste..
Maxime Verleysen : Il y a du vertige. Ce qui me plait, c'est le côté où on a monté quelques étages, on se retourne pour voir tout ce qu'on a parcouru. On nous a dit souvent que cette couverture, pour les critiques ou les sceptiques qui pensent qu'on fait de la pop mainstream, ça rompait justement avec cette image de pop sucrée.

Si on résume, l'album est sorti, votre titre est dans une pub, vous faites beaucoup de promo, la critique est bonne, vous allez faire le Nouveau Casino de Paris en novembre. Ça ne donne pas un peu le vertige ?
Maxime Verleysen : C'est vrai qu'on a du pain sur la planche.
Jonathan Verleysen : Non, on a mis cinq ans. Au contraire, il est temps !
Julien GONCALVES
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