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Interview
samedi 03 avril 2021 12:32

Eddy de Pretto en interview : "Tout le monde s'est déjà senti freak dans sa vie"

Eddy de Pretto signe le retour événement du moment avec son deuxième album "A tous les bâtards". Le chanteur se confie au micro de Pure Charts sur ce nouveau disque plus solaire, plus pop et plus autobiographique. Interview !
Crédits photo : Marie Schuller
Propos recueillis par Théau Berthelot.

Comment as-tu vécu le succès de "Cure" ?
Ecoute, ça va ! J'étais très content que les gens l'écoutent, que ça fasse écho à plusieurs personnes. J'étais hyper content, surtout que ça a été hyper rapide, hyper vif. Tout d'un coup, il y a eu une vague. Ça a été assez fulgurant mais assez cool !

« Le succès de "Cure" a été hyper rapide »
Ce succès a-t-il été une pression pour ce 2ème album ?
Au début un peu, bien sûr... Je dirais au début et à la fin du travail. Au début, parce je n'avais rien et il fallait que j'aie des choses en moi à la hauteur pour ce deuxième album, du coup je me mettais la pression. Et puis à la fin parce que je le fais découvrir aux gens et j'ai envie de savoir, à la sortie, comment ça va prendre et comment il va être reçu.

Tu as ressenti cette fameuse étape délicate du "deuxième album" ?
Je pense que pour tout album il y a une étape à franchir. Personnellement, je sais que je ne sortirais jamais rien tant que je ne suis pas assez sûr de moi ou que j'ai suffisamment les bonnes choses. Donc chaque album est une étape et je pense que le troisième sera tout autant une étape que le deuxième.

Ecoutez "Désolé Caroline" :


« Il fallait aller chercher une autre histoire »
Comment l'album "A tous les bâtards" est né ?
Il a commencé en septembre 2020, juste à la fin de la tournée de "Cure" et je l'ai terminé en janvier 2021. C'est un temps assez long mais après on a fait en tout 60 titres, donc il a fallu faire un choix.

C'est dur de ne pas se répéter ?
Totalement ! Il fallait aller chercher une autre histoire, une autre expérience, d'autres choses... C'est toujours un sujet que de tenter de trouver différents thèmes inédits, sur lesquels je mets un regard différent. Pour moi, c'est là où réside la complexité d'un artiste, c'est dans le fait de ne pas raconter les mêmes choses qui ont pourtant été faites mille fois.

La pochette de l'album est assez déroutante, pourquoi ce choix ?
J'ai trouvé ce fan art sur Instagram. Je me trouvais représenté de manière assez chelou et assez étrange et je me suis dit que c'était parfait pour toute l'histoire de l'album, qui tourne autour des freaks, de la bizarrerie et de l'étrangeté que je mets en avant et que je défends. Je trouvais que le meilleur moyen de se représenter, c'était par la vision d'une autre personne, d'un fan.

« J'avais les notions d'inclusivité qui étaient très ancrées en moi »
Le fait de prendre un fan art, c'est une façon de se rapprocher des fans ?
Bien sûr ! Je trouve ça assez cool et en même temps c'est assez direct. J'ai vu ça, je l'ai pris immédiatement. En quelque sorte, je rends aux fans l'amour qu'ils m'ont donné en publiant la façon dont ils me représentent et la manière dont ils me voient. L'échange est assez direct et ça me plaît de pouvoir communiquer de cette façon avec mes fans.

Tu décris cet album comme plus lumineux, c'était voulu dès le départ ?
Ouais, je savais que je voulais quelque chose de plus solaire, de plus tourné vers l'autre, de plus fédérateur, de plus collectif aussi. J'avais les notions d'inclusivité qui étaient très ancrées en moi en cette période, et qui le sont toujours aujourd'hui, et j'avais envie de creuser dans un ensemble qui puisse être plus chaleureux, plus lumineux.

C'est plutôt dans les mélodies pop que l'album est lumineux alors que les textes restent assez sombre, pourquoi ce décalage ?
Ouais, bon ça après, on ne se refait pas. (Sourire) J'ai toujours autant de mélancolie en moi. Et je pense que j'en aurais toujours.

Ecoutez "Parfaitement" :



L'album est beaucoup plus chanté aussi. C'est une façon de répondre à ceux qui te décrivaient comme le pont entre le rap et la variété ?
Toute définition de projection extérieure, je n'ai pas l'impression d'avoir un jugement à faire dessus. Chacun me voit comme il le souhaite, chacun m'écoute comme il veut et prend ce qu'il veut, comme il le souhaite, et fait ce qui veut avec. Une fois que c'est jeté sur le papier, une fois que c'est mis sur les plateformes de streaming, je n'ai pas à dire si c'est bien ou mal la façon dont on me juge et si ça me plait ou pas.

« Il n'y a pas de feats car j'ai encore envie de me raconter »
L'album est encore plus autobiographique que "Cure". C'était important pour toi de te confier autant ?
Je pense que tout part de là. Dans l'écriture, on part de soi et de comment l'intime devient une histoire, une expérience, et comment on tourne autour de ça. J'aime raconter des images, des anecdotes, des moments passés, des ressentis ou des regards. Et pour moi, tout ça vient de l'extrême intime et j'ai voulu mettre tout ça dans cet album.

C'est la raison pour laquelle il n'y a toujours pas de duos ?
Il n'y a pas de feats car j'ai encore envie de me raconter, de dessiner davantage le personnage, et d'avancer encore plus. Si je fais un duo, je pense que ce sera quelque chose d'externe à un album.

« Je ne suis pas arrivé sous blister, marketé par une maison de disques »
Un premier single est toujours un choix qui veut dire beaucoup. Pourquoi avoir choisi "Bateaux-mouches" ?
Je trouvais que ça me racontait bien. J'aimais bien le côté que ça me ramène à une histoire passée qui m'a construite et qui prouve que je ne suis pas arrivé sous blister, en étant marketé par une maison de disques. Je me suis fait, je me suis construit et j'avais envie de revenir de la manière la plus humble possible.

L'album s'appelle "A tous les bâtards", tu mets en avant une ode des "freaks" et le refus d'une certaine normalité. On a déjà essayé de t'enfermer dans une case de la normalité ?
Toujours ! C'est pour ça que je la défends corps et âme. J'essaie de passer au-dessus et d'être plus libre vis à vis de ça. Toutes les sociétés t'indiquent et t'induisent à être de la meilleure façon possible, d'après leur regard. J'essaie d'expliquer, à mon sens, que la meilleure façon d'être, c'est à moi de le décider et de le choisir et non pas à une quelconque société ou à des diktats qui influent sur des valeurs qui ne me correspondent pas du tout.

Regardez le clip de "Bateaux-mouches" :


Tu te définis comme un freak ?
On me définit comme un freak. Mais moi, si on ne me l'avait pas montré du doigt et qu'on ne m'avait pas ramené au fait que j'étais étrange, bizarre et pas comme tout le monde, s'il n'y avait que des gens comme moi sur cette Terre, jamais je n'aurais été freak. Ce qui fait qu'on est étrange, c'est qu'on est à côté, qu'on n'est pas comme les autres. Tout le monde s'est déjà senti freak dans sa vie, une fois, à un moment donné.

« Le deuxième album répond au premier »
J'ai l'impression que ce refus de la normalité se voit de plus en plus dans la pop française, comme sur les derniers albums de Christine and the Queens ou La Femme. Les choses sont-elles en train de changer, selon toi ?
En tout cas, on entend de plus en plus de discours multiples et pluriels avec des gens très différents, de cultures différentes et énormément de choses qu'ils mettent en avant. Et finalement, c'est cette pluralité là qui fait que nos sociétés sont intéressantes et qu'on accepte les choses surtout. Il y a plus en plus de gens qui écoutent ces discours-là et tant mieux que les discours soient multiples. Et ça me réjouit énormément !

Finalement, le message de l'album c'est de faire de sa différence une force ?
Tout à fait ! C'est LE message de l'album. Il y a une phrase qui en fait un extrait assez vif dans "Qqn" : "Mes défauts sont devenus attrayants, j'ai aimé même parfois les grossir". Pour moi, c'est exactement ça. Cela évoque que tout ce qui est dit comme des défauts et des faiblesses, peut être retourné et réapproprié comme une réelle force, une lutte et une revendication pour aller mieux.

Il y a quelques références au premier album ("Fête de trop", "Beaulieu", "Jimmy"). Il y avait une volonté de faire le lien entre deux albums ?
Ouais, bien sûr ! J'aime bien toujours voir une oeuvre au global et j'ai toujours envie que mes oeuvres, mes musiques, se répondent. Le premier album répond au deuxième, le deuxième répond au premier et je pense que je vais continuer à le faire sur la suite de mes écrits.

Ecoutez "Freaks" :



Dans "A quoi bon", tu chantes être "déjà passé à ça de la chute". Il y a eu une remise en question à la conception de l'album ?
Il n'y a que des remises en question. Ma vie est une éternelle remise en question, et heureusement d'ailleurs. Sur tous les sujets, je me remets en question, sinon je ne serais pas en train de faire ce que je suis en train de faire. Mes albums, ce n'est que du doute et du questionnement : comment être mieux, comment retourner tous les sujets pour creuser et voir où je peux aller, comment je peux y aller... Il n'y a que de la remise en question dans mon travail !

D'où est venu le besoin d'évoquer ta tante sur "Rose Tati" ?
C'était ma freak de l'époque. C'était ma tante d'à côté, celle qui était libre, celle qui m'a permis de croire que je pouvais être la personne que je voulais être. On était très proches. Quand on allait la voir, j'étais très content parce qu'il n'y avait pas de pression, pas de code et elle disait, à propos de moi, "Laissez-le tranquille, il sait très bien ce qu'il veut".

« J'essaie de toujours tout balancer sur mes morceaux »
Le titre se termine d'ailleurs sur une note vocale d'elle...
J'avais envie de la personnifier au maximum, de par mes influences musicales, et je trouvais ça cool de mettre un message d'elle sur un album.

Il y a des thématiques plus sociales sur l'album comme sur "Val de larmes". Ça te tenait à coeur d'en parler ?
Ça me touche parce que ça fait partie de moi également. Ce sont des expériences qui me sont arrivées et qui m'arrivent toujours, le fait de voir toujours les mêmes personnes se faire contrôler. C'est quelque chose auquel j'ai voulu participer et j'ai envie de témoigner que ça ne doit plus se passer comme ça.

Ecoutez "Nu" :


« Le futur me dira si j'ai encore des choses à dire »
La dernière chanson "Tout vivre" est très forte. On sent que tu as tout mis dans ce titre. Pourquoi avoir voulu "tout balancer", comme tu le chantes ?
J'essaie de toujours tout balancer sur mes morceaux. Là, j'avais envie d'exprimer le fond de mon intimité, mes questionnements, la course effrénée dans cette industrie musicale qui nous demande de plus en plus de sortir des choses rapidement... J'avais envie d'expliquer pourquoi j'allais prendre tout ça à contrepied, pourquoi dans cette société où tout urge, j'avais besoin de prendre mon temps pour ne pas dire n'importe quoi. Peut-être que ça me vaudra le pire mais en tout cas je ne regretterais jamais ce que j'ai écrit.

Justement, ta maison de disques t'a poussé à sortir cet album le plus rapidement possible ?
Jamais ! C'est même moi qui mettais plus la pression pour que ça sorte ! (Sourire)

Tu termines l'album en disant que tu ne sais même pas si tu vas en faire un troisième...
Il me faut des choses à dire, des choses à raconter. Sinon je préfère me taire. Le futur me dira si j'ai encore des choses à dire.

Sur ta première tournée, tu étais seul en scène avec un batteur. Comment va se dérouler la prochaine ?
Il y aura plus de musiciens, vu que l'album est plus chaleureux, musical et solaire. J'avais envie d'apporter plus de lumière, de chaleur sur scène, du coup il y aura plus de vrais humains. On verra comment les Zénith se portent et après, on verra pour la suite !
Théau BERTHELOT
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