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Contraste. Cette voix apparemment minimale posée sur des disques plutôt conceptuels, "Le sac des filles" (2002) et "Le Fil" (2005) révèle en scène une interprète pleine d'humour au potentiel vocal tout autre, une grande et belle fille spontanée, explosive même, qui devrait sans problème trouver sa place entre les "anciennes" façon Zazie-Jane Birkin  ou Brigitte Fontaine et les nouvelles genre Keren Ann-Carla Bruni. A un peu plus de 26 ans, cette parisienne qui a décroché une licence de Lettres et fréquenté les bancs de Sciences Po, s'est nourrie de musique cantique (Rhin Hildegard von Bingen), de soul des années 70, de unk 80 (Michael Jackson période "Bad") du folk un peu antérieur, voire des refrains populaires des années 30-40. Ajoutons qu'elle a fait de la danse dès l'âge de 6-7 ans, pendant dix ans, et que ça se voit. Ensuite, on la découvrira en choriste de Jean-Louis Murat dans Nulle Part Ailleurs sur Canal +, comme chanteuse dans le film "Les morsures de l'aube" (2000) d'Antoine de Caunes, en concert au Duc des Lombards (fameux club de jazz parisien), et sur le label Source qui avait généré le retour triomphal d'Henri Salvador. Le réalisateur, Jacques Ehrhart est d'ailleurs le même, et des titres comme "Paris", "Le sac des fille"s et "1, 2, 3", ont pris un joli envol. Son nouvel album, "Le Fil", cousin lointain du Medulla de Björk, flirte encore dangereusement avec une forme d'expérimentation vocale que l'on ne trouve guère aujourd'hui dans la chanson francophone. Le succès est pourtant au rendez-vous.