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Cinéma
mercredi 23 août 2017 11:00

"120 battements par minute" : l'histoire de "Smalltown Boy", le tube de Bronski Beat

Grand prix du dernier Festival de Cannes, "120 battements par minute" de Robin Campillo débarque aujourd'hui au cinéma pour retracer le combat de l'association Act Up-Paris en pleine épidémie du sida. Un drame bouleversant bercé par une BO vintage et "Smalltown Boy", le tube emblématique de Bronski Beat.
Crédits photo : Affiche du film
De Bronski Beat, il ne reste guère plus que Jimmy Somerville dans l'imaginaire collectif. Avec sa voix agile de haute-contre, capable de tutoyer des hauteurs insoupçonnées, le chanteur écossais est devenu une icône de la vague synthpop et new-wave des années 80 et a traversé les générations. Mais qui se souvient encore de Steve Bronski et de Larry Steinbachek, le bourru jovial et le freluquet à lunettes qui posaient fièrement à ses côtés sur les clichés de l'époque ? A peine a-t-on parlé de la disparition de ce dernier, mort en janvier dernier des suites d'un cancer à l'âge de 56 ans. Bronski Beat a pourtant marqué une révolution culturelle et inédite jusqu'alors, car les trois jeunes hommes qui le composaient étaient tous trois homosexuels, et le revendiquaient avec fierté.

La révolution rose


Formé à Londres en 1983, entre les murs de l'appartement de Brixton qu'ils occupaient en colocation, Bronski Beat s'est construit en réaction à l'image lisse et inoffensive des chanteurs gays de l'époque. Boy George entretenait encore un flou sur sa sexualité, George Michael, alors au sommet des charts avec Wham!, luttait avec lui-même et Elton John se mariait avec une femme, Renate Blauel, pour couvrir une identité gênante pour sa carrière. Difficile pour la jeunesse homosexuelle de se retrouver dans l'extravagance d'un Freddie Mercury. Dans ce paysage, avec son visage rond et son look ordinaire, sans alter ego ni maquillage sur scène, Jimmy Somerville a sans le savoir peut-être banalisé cette sexualité qui était encore taboue. Tout en portant une forte revendication politique dès la sortie de son premier single, "Smalltown Boy".

Crédits photo : Bronski Beat à ses débuts / Bestimage
Si ce morceau revient aujourd'hui sur le devant de l'actualité, c'est parce qu'il berce et transperce "120 battements par minute", le nouveau film événement de Robin Campillo récompensé du Grand prix au dernier Festival de Cannes. Une fresque bouillonnante, étincelante et militante sur le combat de l'association Act-Up pour secouer les pouvoirs politiques et alerter le public sur les ravages du sida dans les années 90. L'oeuvre est à la fois belle et violente, comme la vie, comme la mort, comme la réalité crue de cette maladie qui hante encore une communauté qui y est toujours exposée de plein fouet. Mais alors qu'on suit la naissance de l'histoire d'amour entre Sean (Nahuel Pérez Biscayart) et Nathan (Arnaud Valois), les protagonistes évacuent et exorcisent la douleur de leur destin funeste sur le dancefloor, au son d'une version du tube emblématique de Bronski Beat remixée par Arnaud Rebotini, le compositeur du film.



"The love that you need will never be found at home"


Le symbole est fort. Sorti en 1984, "Smalltown Boy" raconte l'histoire d'un jeune garçon victime d'homophobie et de solitude, incompris par sa famille, qui finit par quitter le berceau de son enfance pour vivre son existence ailleurs. Acceptation, rejet et adolescence : un sujet universel mais passé à travers le prisme de l'homosexualité, qui fera du titre un imposant succès en Europe puisqu'il se classera premier des charts belges et néerlandais, 3ème au Royaume-Uni et 8ème en France. Dans une interview accordée à Brain Magazine en 2015, Jimmy Somerville se souvient de son impact : « A l'époque, certaines personnes au sein même de la communauté gay ne l'aimaient pas : certains ne souhaitaient pas qu’une voix s'élève et parlent d'eux, de la réalité d'être gay. Ça n'avait pas été fait jusqu'alors, donc l'accueil a d'une certaine manière été violent de tous côtés. Nous étions trois jeunes hommes gays et on l'affirmait dans cette chanson, et ça n'a pas plu à tout le monde - mais pour nous, c'était une démarche absolument naturelle. Aujourd'hui, ce n'est plus ma chanson à moi : elle appartient au public ».

"Smalltown Boy" sera le premier single extrait du premier album de Bronski Beat, "The Age of Consent" (1984). Sur sa pochette ? Un triangle rose intégré dans un visuel géométrique, hommage subtil aux homosexuels déportés puis gazés dans les camps de concentration. Trois ans plus tard, le triangle rose devient le symbole d'Act Up à New York - dont fera partie Jimmy Somerville - qui inspire la création de Act Up-Paris en 1989. La boucle est bouclée.

Souvenez-vous de "Smalltown Boy" :
Yohann RUELLE

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