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Interview
dimanche 14 février 2021 12:44

Arlo Parks en interview : "Pour faire cet album, je me suis replongée dans mon adolesence"

C'est la grande révélation de ce début d'année. Arlo Parks fait sensation avec son formidable premier album "Collapsed in Sunbeams", à mi-chemin entre pop, soul et R&B. Jointe par téléphone depuis Londres, la chanteuse de 20 ans se confie sur les messages de son premier album, le côté nostalgique de ses chansons ainsi que son rapport au succès. Interview !
Crédits photo : Alex Kurunis
Propos recueillis par Théau Berthelot.

Quel est ton premier souvenir lié à la musique ?
Je pense que c'est une chanson d'Otis Redding. J'ai souvenir que l'on écoutait ça dans la voiture avec mon père en allant faire des courses. C'est quelque chose qui m'a beaucoup touchée, je crois que c'est la première fois que je me sentais émotionnellement connectée à de la musique.

« Je voulais écrire un album qui parle de mon passé »
Ton premier album "Collapsed in Sunbeams" sort près de deux ans après ton premier EP, c'était nécessaire de prendre ton temps ?
Oui, absolument ! Je voulais prendre mon temps pour réfléchir aux messages que je voulais y inclure, à la musique que je voulais faire et pour créer un son qui soit vraiment personnel. Un son qui soit "moi". C'est important de prendre son temps pour venir au bout de ses idées et pour réfléchir aussi aux idées sonores que je voulais mettre.

Un premier album est important dans la carrière d'un artiste. Comment abordes-tu cette étape ?
Pour moi, tout est question d'y aller chanson par chanson, d'être patiente et de ne pas partir sur un coup de tête avec l'idée de ce qu'on veut faire. Je savais que je voulais écrire un album qui parle de mon passé d'une façon nostalgique. J'ai écrit l'album dans un appartement et chaque jour, je me réveillais en me demandant ce que j'allais écrire. C'est ce qui m'a permis de sentir libre et fidèle à moi-même.

Regardez le clip de "Hurt" par Arlo Parks" :


Tu regardes les critiques sur le disque ?
Je m'étais promis de ne pas le faire et finalement j'ai craqué (rires). C'est vraiment touchant et adorant de voir tant de personnes dire qu'ils ont adoré l'album. Je ne m'attendais pas à ce que les gens disent qu'ils aient trouvé cela vulnérable, c'est quelque chose de très important à mes yeux.

« C'est touchant que tant de personnes adorent l'album »
Tu sors ton album dans un contexte difficile pour l'industrie musicale. Comment ça se passe en ce moment en Angleterre ?
C'est très très difficile. Il n'y a pas de concerts, donc les connexions avec les fans sont quasi-inexistantes. De nombreux artistes, mais aussi les gens qui travaillent dans les festivals, luttent en ce moment pour survivre. 2020 a été une année très difficile en Angleterre, pour sûr !

Crains-tu les répercussions sur ce début de carrière ?
Pas vraiment car je sais qu'en ces temps difficiles, la musique est quelque chose de relaxant, de confortable. Et c'est notamment le cas pour moi. Je pense que les gens ont besoin d'écouter et de voir des choses artistiques, qu'ils se sentent compris dans ce qu'ils ressentent, donc je voulais apporter cela aux gens.

« Mon rêve devient enfin réalité »
L'étiquette de révélation 2021, c'est une pression pour toi ?
Evidemment qu'il y a un degré de pression, mais j'essaie de ne pas trop y penser. Tout comme j'essaie de ne pas réfléchir à ce que les gens vont ressentir en l'écoutant. La musique me semble vraie à mes oreilles, selon ma vision, et elle peut plaire aux gens qui l'écoutent. Mais honnêtement, j'essaie de ne pas trop y penser.

Le succès te fait peur ?
Pas du tout, je pense même que c'est excitant (sourire). Et enfin, mon rêve devient réalité, vu que je suis vraiment jeune. C'est vraiment une magnifique expérience.

Tu décris cet album comme une "série de vignettes et de portraits de ton adolescence". Les 12 chansons racontent-elles 12 histoires différentes ou une grande histoire ?
Je dirais qu'il s'agit de 12 histoires différentes, mais cet album parle de ma vie et des mes expériences, donc c'est en même temps une seule grande expérience, dans un sens. Je voulais que chaque chanson ait un univers particulier, son monde à lui.

Que voulais-tu raconter avec ce premier album ?
Je voulais explorer l'idée et le concept de vulnérabilité, qui traverse mon art, le fait de faire face à des choses difficiles dans la vie, et de s'ouvrir émotionnellement.

Regardez le clip de "Caroline" :


« En ces temps, la musique est relaxante »
L'album s'ouvre d'ailleurs sur un poème. Pourquoi avoir donné au disque ce côté poétique ?
La poésie a toujours été quelque chose de très important dans ma vie. Il y a quelque chose de très prenant dans le fait de parler directement sans chanter. Je voulais commencer le disque en m'adressant directement à celui qui l'écoute pour lui faire comprendre dans quel voyage il s'embarque à mes côtés.

Pour toi, que signifie le titre "Collapsed in Sunbeams" ?
C'est un titre qui est tiré d'une phrase du livre "On Beauty" de Zadie Smith. Pour moi, c'était comme une figure de style dans le sens d'être complètement submergée par ses émotions, qu'elles soient positives ou négatives d'ailleurs. Cela me rappelle aussi un été que j'ai passé à Londres et pas mal d'histoires que je raconte au fil de l'album.

Tu évoques des thèmes assez durs comme l'homophobie, la solitude ou la dépression, mais il y a un vrai optimisme qui se dégage de cet album... Cette note d'espoir est essentielle ?
Oui, absolument ! Je pense que dans mon travail, j'essaie toujours d'être la plus honnête possible, surtout quand les choses peuvent être très dures. J'ai toujours voulu être optimiste pour notre avenir et j'essaie toujours de l'être au quotidien.

Faire de la musique, ça permet de guérir des maux ?
Bien sûr ! J'ai toujours parlé du fait de faire de la musique dans des temps difficiles. La musique peut nous aider dans cette période compliquée, et je pense que, personnellement, ce sera toujours le cas.

Regardez le clip de "Hope" :


Dans "Hope", tu chantes : "You're not alone, We all have scars, I know it's hard". Est-ce le message que tu veux faire passer aux auditeurs surtout en cette période difficile ?
Dans tout l'album, il y a un côté très mélancolique, mais il y a aussi beaucoup de joie, beaucoup d'espoir pour le futur. Je veux que les gens aient la possibilité de chanter cette chanson tous ensemble, lors d'un concert, et qu'ils regardent autour d'eux pour se rendre compte qu'ils font partie d'une grande communauté.

« J'essaie d'être la plus honnête dans mon travail »
Peut-on aussi aussi voir dans ces paroles un lien avec l'actualité ?
Dans un sens oui ! Les gens sont bloqués chez eux, des fois certains sont loin de leurs proches et de leurs bien-aimés. C'est quelque chose de très isolant. Mais je voulais rappeler aux gens que, dans un sens, ils peuvent être entourés par la musique. Cela peut leur permettre de se lier à quelque chose et de se sentir moins seuls en ce moment.

A l'écoute du disque, j'ai ressenti aussi un côté très nostalgique...
Oui, je pense que c'était voulu ! En faisant l'album, j'ai une nouvelle fois regardé des films qui m'ont marquée quand j'étais enfant comme "Fantastic Mr. Fox" ou "Princesse Mononoké", le film des studios Ghibli. J'ai aussi réécouté beaucoup d'albums qui ont été très importants pour moi. Je pense que cela a beaucoup influé les chansons et la raison pour laquelle je parle pas mal de choses passées sur mon disque.

C'est d'autant plus étonnant vu que tu n'as que 20 ans !
C'est pas faux (rires). Pour faire cet album, je me suis replongée dans mon adolescence, je l'ai écrit quand j'avais 19 ans, juste avant de passer le cap de la vingtaine. J'ai repensé à ces années-là et à quel point elles m'ont totalement changé. Je pense que la nostalgie peut arriver à n'importe quel âge (sourire).

Regardez le clip de "Eugene" :


« Chacun peut y voir sa propre histoire »
Au fil de l'album, on sent que tu as envie de parler des choses du quotidien, mais aussi des histoires plus inattendues et "insolites" comme dans "Caroline". Qu'est-ce qui te plait dans ces petites histoires ?
C'est quelque chose qui m'aide beaucoup. Quand j'écoute certaines chansons d'artistes que j'adore, je pense par exemple à celles de Phoebe Bridgers ou les albums d'Eliott Smith, elles parlent de choses vraiment spécifiques, qui se sont passées à un moment précis. La chose la plus belle, c'est ce que chacun peut y avoir sa propre histoire là-dedans. J'ai toujours aimé ces petits moments de la vie quotidienne, comme de voir un couple qui s'engueule ou d'avoir une discussion avec un ou une amie. Il y a quelque chose de très humain, finalement, dans ces choses-là.

Dans les textes, tu cites Thom Yorke, Sylvia Plath, Robert Smith ou encore la série "Twin Peaks". Ce sont des sources d'inspiration pour toi ?
Quand j'ai fait cet album, j'ai beaucoup réécouté d'anciens disques. En particulier ceux de Radiohead. Je me dis aussi que quand tu mentionnes ces noms, ça donne encore plus d'énergie à tes chansons. Par exemple, quand tu écoutes Radiohead, tu penses tout de suite au côté mélancolique et aliénant de leur musique. Quand je mets ces noms dans mes chansons, j'ai l'impression que ça leur apporte ce côté-là également.

Parlons du visuel de l'album. La pochette de l'album a un côté très pictural. De quoi est-elle inspirée ?
Elle est inspirée par un portrait de Jean-Michel Basquiat qu'il a fait dans son studio. Je voulais rapporter tous ces métaux que j'avais chez moi comme ces cristaux et je voulais être dans cette position, assise avec une pêche dans la main. Pour moi, c'est un symbole et un sentiment de maturité. Je voulais qu'en voyant cette pochette, les gens puissent pénétrer dans mon univers. J'ai toujours été inspirée par la topographie et notamment d'un photographe comme Wolfgang Tillmans qui travaille avec beaucoup de fruits ou d'artefacts.

Sur une photo incluse dans l'album, on peut lire "Making peace with our own distortions" (Faire la paix avec ses propres distorsions) : peut-on y voir là l'un des messages principaux de l'album ?
Dans cette colère, il y a l'idée de faire la paix avec la part de toi-même avec laquelle tu n'es absolument pas confortable. En faisant ça, cela nous permet d'aller vraiment de l'avant.

Au vu de l'étrange année 2020 qu'on vient de passer, que peut-on te souhaiter pour 2021 ?
J'espère vraiment que j'aurais l'occasion de pouvoir faire des concerts. Ce qui me manque surtout, c'est de voyager et de faire des collaborations avec des gens que j'adore. Et je veux aussi finir mon recueil de poésie, jouer, réaliser aussi... Mais je pense qu'en ce moment, c'est plutôt au jour le jour !
Théau BERTHELOT

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