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Dossier spécial
dimanche 18 octobre 2020 16:57

IDLES, Shame, Slaves... Ces groupes britanniques qui dépoussièrent le rock

Depuis quelques années, le Royaume-Uni est devenu le premier exportateur mondial de groupes remettant le rock au goût du jour. A l'occasion de la sortie du nouvel album d'IDLES, focus sur cinq groupes phares de ce qu'on appelle communément le "post-punk".
Crédits photo : DR / Richard Dumas

IDLES




C'est probablement l'un des plus célèbres représentants du genre. Formé en 2009 autour de son leader Joe Talbot, IDLES a pourtant attendu 2017 avant de dévoiler son premier album "Brutalism". L'année suivante, la bande originaire de Bristol explose avec "Joy as an Act of Resistance", qui leur vaut les honneurs de la presse et du public. Rythmée, énervée et percutante, la musique d'IDLES ne s'embarrasse pas de quelques superlatifs et se joue à 100 à l'heure, comme si la vie des musiciens en dépendaient. Sorti il y a quelques semaines, le nouvel album "Ultra Mono" montre que le groupe n'a rien perdu de sa verve. Bien au contraire : dès l'introduction sur "War", IDLES nous en met plein la vue et les oreilles, n'oubliant pas de s'engager notamment sur l'anti-sexiste "Ne touche pas moi" avec Jehnny Beth de Savages ou "Grounds". « "Ultra Mono", pour moi, ça symbolise le pouvoir de l'instant, c'est l'acceptation momentanée de soi pour vivre le moment présent (...) De nos trois albums, c'est celui qui représente le plus fidèlement ce qu'est Idles. Nous avions envie qu'il sonne comme un grand disque de rock moderne, et pas un truc passéiste et étriqué » explique Joe Talbot au magazine Plugged. Avec "Ultra Mono", IDLES créé la musique du présent et du futur, comparable à une décharge électrique à chaque note. Jamais une pochette (une peinture d'un enfant cogné par un ballon rose) n'aura tant représenté ce qu'on ressent à l'écoute du disque !

Shame




Un son strident, un riff de guitare crescendo, une batterie explosive, une voix venue d'outre-tombe... Voilà comment Shame s'introduit au monde en janvier 2018 avec "Dust on Trial", piste d'ouverture de son premier album, le somptueux "Songs of Praise". Shame, ce sont des refrains acérés et des textes plutôt pessimistes, mais sur une musique sautillante, parée pour cartonner sur scène. Shame est d'ailleurs, et surtout, un groupe de live. Portée par l'énergie folle de son chanteur Charlie Steen, qui finit torse nu au bout de quelques chansons, la bande délivre à chaque fois un shot de fureur et de brutalité. « Quand j'étais à l'école, j'étais rondouillard et je n'avais pas de copines. Quand tu vis une vie où tu entends beaucoup de critiques, tu peux monter sur scène, et plus rien ne peux te briser (...) Enlever mon t-shirt, à la base, c'était pour me prouver quelque chose à moi-même. C'était dur au début, mais plus maintenant. C'est rafraîchissant de pouvoir faire quelque chose sur scène que tu n'aurais jamais fait nulle part ailleurs » explique le chanteur pour Sound of Violence. On attend avec une impatience folle le deuxième album de Shame, qui devrait voir le jour courant 2021.

Fontaines DC




En deux ans, Fontaines DC est passé de petite découverte à phénomène immanquable du rock britannique. Formé à Dublin en 2017, le quintet emmené par le chanteur Grian Chatten se fait très rapidement remarquer sur la scène post-punk notamment avec les singles "Liberty Belle" et "Boys In The Better Land". Le premier album "Dogrel" lui vaut un accueil quasi dithyrambique en avril 2019, mais on lui préfèrera largement le deuxième disque "A Hero's Death", sorti cet été. Embrassant les questionnements de la jeunesse britannique, Fontaines DC déchaîne les foules tout en faisant réfléchir et en étant souvent décrit comme une version punk moderne des Beach Boys. Tout un programme ! « Généralement, chez les groupes dont le premier disque a été remarqué, il y a cette peur de la malédiction du deuxième album. Jouer sur cette idée de la mort du héros, c'était un moyen de tourner le truc en dérision et peut-être un peu aussi de conjurer le sort (...) Nous n'avions pas envie de faire un "Dogrel 2" » raconte le guitariste Conor Curley pour le magazine Plugged. Un pari plus que réussi pour le quintet irlandais qui viendra défendre ses couleurs le 1er avril prochain lors d'un concert à l'Olympia (Paris).

Slaves




De cette sélection, Slaves pourrait apparaître comme le plus populaire. Le duo guitare-batterie, formé par Isaac Holman et Laurie Vincent, a publié son premier album "Are You Satisfied?" courant 2015. Ne vous fiez pas à sa pochette rose bonbon et à ses deux chiens : Slaves délivre sa rage et une critique au vitriol de la société britannique sur des chansons parées pour les pogos, comme "The Hunter" ou "Cheer Up London". Après un deuxième album plus faiblard ("Take Control"), le tandem a rechargé les batteries à l'été 2018 avec "Acts of Fear and Love". On peut citer "Magnolia", s'ouvrant sur une statistique des plus inattendues et à l'humour so british : « 65% des maisons anglaises ont au moins un mur couleur magnolia ». Jouissant d'une bonne presse et d'une jolie réputation outre-Manche lui permettant de remplir des salles de 10.000 places, Slaves s'est d'ores et déjà distingué dans de nombreux festivals français, dont Rock en Seine.

Fat White Family




C'est en 2011 que la joyeuse bande de la "grosse famille blanche" se forme. Multiple, à la fois par le nombre de membres (7 actuellement) que par ses influences (allant du punk au rock psyché), le groupe a à son actif trois album sortis entre 2013 et 2019 : "Champagne Holocaust", "Songs for Our Mothers", "Serfs Up!". Trois disques énergiques et percutants qui ont permis de mettre Fat White Family au coeur de l'échiquier rock mondial. « Les gens attendent de l'artiste qu'il soit cool et sympa, et ça, c'est au-dessus de nos forces. Nous ne sommes pas là pour les réconforter face à la culture de la peur ambiante, juste pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls, que nous aussi on remonte nos manches pour affronter le réel » assure à Rolling Stone le groupe qui, sur l'album "Serfs Up", n'hésite pas à évoquer l'actuelle société britannique : « La montée du populisme n'a plus rien a voir avec la classe ouvrière qui se soulève partout dans le monde. Comme s'il y avait une erreur de révolution. Certains vont jusqu'à réclamer moins de pouvoir. C'est un échec, et c'est tellement ironique… ». Un côté engagé, toujours accompagné d'une pointe d'humour (noir) comme les clips de "Taste Good With Money" (où un barbecue familial finit en bain de sang) ou "Feet" (hommage au sulfureux film "Querelle) le prouvent.
Théau BERTHELOT

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