Bien que leur premier disque ait paru en été 1972 (grâce à Gilles Servat), Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau ont choisi de fêter leur 30 ans de groupe commun en mars 2001 au Zénith de Paris, et d'en graver le souvenir sur un double album. En réalité, leur rencontre et leur pseudonyme dataient d'un spectacle du 27 décembre 1970. C'est dire, alors qu'ils ont enregistré une quinzaine d'autres albums et vendu quelque trois millions d'exemplaires, qu'il s'agit à la fois d'une carrière extraordinaire, et d'un certain déficit de reconnaissance (notamment médiatique) par rapport à d'autres parcours beaucoup plus superficiels. Si leur folk celtique et acoustique d'origine s'est électrifié et s'est nourri de sonorités médiévales et baroques, si - comme dans beaucoup d'autres groupes - différents musiciens sont passés à un moment ou à un autre, si les thèmes abordés ont fait de plus en plus écho aux grandes préoccupations du moment, cela a débouché chaque année sur une centaine de concerts spectaculaires et festifs en diable, touchant et incitant à danser des milliers de personnes toutes générations confondues. Et évidemment, outre leurs propres albums (jusqu'au dernier de 2003, Marines), les Tri Yann ont eu à coeur de participer à des CD comme Excalibur d'Alan Simon en 1999 (avec Dan Ar Braz, Angelo Branduardi, Roger Hodgson - ex Supertramp -, Gabriel Yacoub, Denez Prigent, Fairport Convention...) ou à de grandes manifestations, telle BretagneS à Bercy, la même année, aux côtés de Dan Ar Braz et l'Héritage des Celtes, Alan Stivell, Armens et Gilles Servat.