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Quand les labels français se décident à sortir chez nous les albums d'artistes britanniques, ils optent souvent pour un mélange de titres issus de plusieurs de leurs albums. Les fans qui ont déjà les albums précédents grincent des dents mais le produit final est généralement bourré de tubes. Malheureusement, le label français du groupe The Wanted a préféré sortir "Battleground", deuxième album du boys band britannique, tel quel.
Et le problème est que "Battleground" est l'exemple typique d'un album qui contient assez de titres à sortir en singles mais qui remplit le reste du tracklisting avec des titres pas honteux mais pas franchement transcendants. Les tubes sont clairement au rendez-vous : ce n'est pas pour rien que "Glad You Came" est un succès mondial, et même si la mélodie est la production sont un peu faciles, le résultat est d'une efficacité redoutable. Son prédécesseur au Royaume-Uni, "Gold Forever", l'est tout autant et reprend les sonorités dance que les garçons ont été les premiers à tenter il y a deux ans quand ils ont atterri sur la scène pop britannique.
Les gros synthés sont quasiment omniprésents, comme sur le troisième single "Lightning" mais quand Tom, Siva, Jay, Max et Nathan changent de style, ils peuvent aussi convaincre. C'est le cas notamment sur la ballade épique "Warzone" qui donne presque la chair de poule et dont la production est simplement parfaite, y compris lorsqu'elle se transforme en hymne dance pour le dernier refrain. Malheureusement, le reste de l'album est assez banal, même quand Xenomania - pourtant l'équipe de production la plus innovante qui soit - leur offre "I'll Be Your Strength". La "Rocket" de Dianne Warren s'avère sympathique mais oubliable et le plus rock "Last to Know" est loin de reproduire l'exploit de "Lose My Mind" sur leur premier opus.
Mais le vrai problème de cet album globalement bien produit et plutôt bien ficelé, ce sont les paroles. Comment Steve Mac et Wayne Hector, pourtant compositeurs et producteurs émérites, ont-ils pu écrire "I know that it's a little bit frightening, we might as well be playing with lightning" dans "Lightning" ? Et qui a laissé Tom et Nathan signer les paroles de "The Weekend" (« I'll make you sweat like you worked out »). Et que dire encore de « Just please don't tell the principal, in detention getting physical » dans "Invincible" ? Bref, on touche parfois le fond. Heureusement que les mélodies - et surtout une production sans faille - sont là pour compenser.
