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« J'ai pas les mots ». Voilà comment Shy'm résume sa réaction aux émeutes et contestations qui embrasent les Etats-Unis depuis le meurtre de George Floyd, un homme noir de 46 ans tué par un policier blanc à Minneapolis lors d'une interpellation violente. Liée à la Martinique par son père, la chanteuse et comédienne de la série "Profilage" exprime sa colère de constater que la question du racisme et de la valeur des vies des personnes racisées est encore débattue dans notre société actuelle. « C'est si étrange, douloureux et même avilissant de voir ce "Black lives matter" scandé partout. Comme si cela devait être rappelé. En 2020, c'est encore plus absurde » estime l'interprète de "Femme de couleur", qui revendique fièrement ses origines depuis les prémices de sa carrière. Dans cette publication partagée à ses 800.000 abonnés sur Instagram, Shy'm dit ne pas comprendre le message derrière ce slogan : « "La vie des noirs compte". Réveillez-moi... C'est la cruauté, l'ignorance ou la "déshumanité" des cerveaux malades qu'il faudrait à tout prix pointer, soigner ou enfermer. Qu'éducation avant que justice soit faite ».
"Il faut éradiquer ce cancer à la source"
Alors que de nombreuses personnalités du monde de la musique comme Beyoncé, Rihanna ou Lady Gaga réclament justice pour George Floyd et les autres victimes des brutalités policières sur fond de discrimination, Shy'm souhaite « éradiquer ce cancer à la source » : « Ça ne devrait pas être un combat pour la justice mais un combat contre tout ce qui permet en 2020 d'éprouver ce sentiment (...) Je n'ai pas les mots autant que je n'ai pas la solution. Aujourd'hui, j'ai juste mal au bide de nous voir contraints de rappeler au monde que nos vies comptent. Toutes ces atrocités et luttes passées pour ça aujourd'hui... ». Aux yeux de l'artiste, qui utilise sa voix pour prendre part à ce combat, chacun devrait se sentir concerné par le fléau du racisme. « Si on pouvait nous voir nous mobiliser tous les jours pour toutes ces vies qui, de ce fait, "comptent". Noirs, blancs, arabes (...) gays, lesbiennes, trans, bi... » fait-elle le voeu, en citant George Floyd mais aussi Adama Traoré, homme de 24 ans mort en juillet 2016 lors de son arrestation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise, dans le Val d'Oise. « Evidemment qu'on "MATTER". J'ai vraiment pas les mots » conclut-elle, le coeur lourd.