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Interview
dimanche 01 octobre 2017 14:15

Oscar and the Wolf en interview : "J'ai réalisé que je n'aimais pas être connu"

Sensation électro-pop venue de Belgique, Oscar and the Wolf se confie en interview sur Pure Charts sur le succès de son premier album, sa vision de la célébrité, la pression pour son deuxième album "Infinity" et sa pochette inspirée par Rihanna. Rencontre !
Crédits photo : DR
Il est aux alentours de 12h, un dimanche de juillet, dans les backstages du festival Lollapalooza à Paris. J'ai rendez-vous pour interviewer Oscar and the Wolf, après l'avoir découvert sur scène un an plus tôt. Alors que j'attends au milieu des tentes des artistes, je l'aperçois au loin, fumant une cigarette affalé sur une chaise longue. Alors que l'interviewer doit se dérouler dans 15 minutes, il me fait signe. "On peut la faire maintenant, il n'y a pas de souci" me lance-t-il. Fatigué après une soirée éprouvante la veille, et alors qu'il doit enchaîner deux concerts aujourd'hui, Max Colombie, son vrai nom, se confie, sans filtre, sans retenue, comme s'il n'y avait aucun enjeu. Loin des discours lisses habituels, il s'exprime notamment sur la gestion difficile de la notoriété. Une rencontre marquante avec un artiste torturé, extrêmement doué et terriblement attachant.

Propos recueillis par Julien Gonçalves.

A quel moment tu as su que tu voulais devenir une popstar ?
J'étais plus jeune. C'était plus un rêve d'enfant. Quand j'ai grandi, vers 18 ans, ce rêve a changé, j'ai finalement voulu devenir peintre et ensuite taxi. C'est très différent, je sais ! Mais j'ai continué à faire de la musque, et soudainement, on m'a découvert.

A la surprise générale, ton premier album "Entity" a cartonné, surtout en Belgique. Comment tu expliques ce succès ?
Je ne sais pas... Peut-être que ça a à voir avec le fait d'avoir été là au bon endroit, au bon moment. En Belgique, il n'y a pas beaucoup de chanteurs qui sont extravertis, qui sont connectés avec le monde de la mode...

« La notoriété est très difficile à gérer pour moi »
Tu t'attendais à ce que ça marche ?
Non, je ne m'y attendais pas du tout. J'étais en Angleterre quand l'album a commencé a exploser. Je ne réalisais pas mais quand on est rentré, on nous a programmés sur des gros shows et ça n'a fait que s'intensifier. C'était en 2014, donc ça fait déjà quand même trois ans qu'on promeut cet album ! (Il soupire en souriant)

Comment tu as géré l'arrivée soudaine de la notoriété ?
Pour moi, ça a été très difficile. J'ai réalisé que je n'aimais pas être quelqu'un de connu. Je me disais : "Putain, je vais faire comme Sia et masquer mon visage". Ce n'est vraiment pas facile, et même encore aujourd'hui, j'ai des moments où il m'est très difficile d'apparaître en public.

C'est parce que tu es timide ou parce que tu as peur des gens, de leurs réactions ?
Parfois, c'est de la timidité. Parfois je ne sors pas de chez moi parce que j'ai peur que les gens me demandent de prendre des photos. Je n'aime plus ça. A Bruxelles ça va car il y a la partie française qui ne me connait pas trop, donc c'est plutôt cool. Mais ailleurs en Belgique, c'est... (Il mime une explosion) Ce n'est pas cool.

« Prendre des photos avec les fans, ce n'est pas mon travail »
Mais ça fait partie du job...
Oui, je sais... Mais quand on me demande des photos, en fait, ce n'est pas mon travail. Les gens veulent des photos simplement pour rendre jaloux leurs amis. Je n'ai jamais compris... Je n'ai jamais fait ça, moi. Je peux être fan de la musique de quelqu'un mais je ne veux pas son image. Les artistes ont plus à offrir que leur visage sur une photo.

Qu'est-ce qui a changé dans ta vie depuis le succès à part ça ?
Tout a changé. Il y a cette partie d'être reconnu, il y a le stress aussi de devoir toujours prouver, de faire mieux à chaque festival... Il y en a toujours qui sont prêts à t'abattre en plein vol. Et puis, il y a l'argent aussi, la célébrité... Parfois, tout ça c'est trop à gérer. Mais je ne veux pas me plaindre, je suis heureux de faire ce métier. Mais il y a toujours un côté négatif à chaque chose.

C'est facile de rester quelqu'un de "normal" ?
Je ne sais pas si le mot "normal" existe. Mais rester sain, c'est parfois un peu difficile. Parfois, je veux juste sortir avec mes amis, et les gens sont là avec leurs téléphones. C'est chiant...

Découvrez "Runaway", le clip d'Oscar and the Wolf :



J'ai eu la chance de te voir en live au Sziget Festival l'an dernier et je ne dis pas ça car tu es en face de moi mais c'est sans doute l'un des meilleurs concerts de ma vie.
Wow, merci beaucoup !

En te voyant sur scène, je me suis dit : "Ça, c'est la définition de la liberté !"
J'adore le fait que tu utilises le mot "liberté" car je veux vraiment que les gens se sentent libres justement quand ils viennent me voir en concert. Je veux qu'ils soient libres d'être qui ils veulent, de danser comme ils le souhaitent, et ne pas se préoccuper de ce que les gens autour vont penser d'eux. C'est important qu'ils soient à l'aise. C'est ce que je fais moi. Je peux être dans ma bulle mais je suis quand même connecté à la foule. J'espère que ça marche... Mais visiblement oui, vu ce que tu me dis ! En tout cas, c'est une mission que j'ai tout le temps envie d'accomplir.

« Je n'aime pas provoquer dans mes textes »
Et justement cette façon d'être toi-même, libre, sur scène, quelque part c'est comme un message politique ?
(Il réfléchit) C'est une question intéressante. Je réfléchissais à l'idée de devenir plus activiste ou de m'engager pour la liberté. Mais c'est un chemin qui peut être dangereux car je ne suis pas très calé en politique. C'est compliqué car quand ça touche aux essences de l'humanité... Car je ne crois pas à l'humanité comme une espèce. Je suis plus pour sauver les animaux.

Tes textes sur ton nouvel album "Infinity" parlent beaucoup de sexe. C'est une façon de provoquer ?
Je n'aime pas provoquer dans mes textes. Et puis, ce n'est pas vraiment provocant. Ok c'est sexuel mais ce n'est pas porno. J'aime trouver une noirceur dans l'amour, dans le sexe... Si je voulais provoquer, je raconterai d'autres choses, crois-moi ! (Rires)

Vu que ton premier album a connu un beau succès, tu as ressenti une pression particulière pour le deuxième ?
Au début oui, je n'étais pas très à l'aise avec l'idée d'écrire le prochain album. Je me disais que les gens voudraient écouter un "Entity" bis. Mais après je me suis dit : "Si tu veux écouter "Entity", écoute-le ! Il existe déjà". Donc j'ai arrêté de me bloquer en réfléchissant sur ce qu'on attendait de moi.

Regardez le clip de "Breathing" d'Oscar and the Wolf :



Quelles sont les différences principales entre les deux albums ?
Pour moi, le nouvel album sonne plus professionnel, plus mature. Tu peux entendre que j'ai grandi de trois ans, c'est un album très dynamique. Toutes les chansons sont différentes les unes des autres, que ce soit "So Real" ou "Breathing"... C'est plus énergique, plus dansant. Parfois plus bizarre aussi ! (Rires)

« J'adore les chansons de Rihanna »
Oui c'est vrai qu'on a l'impression sur cet album que tu n'as pas trop essayé de te calquer sur les schémas faciles pour passer en radio...
Parfois, oui, mais je l'avais en tête quand même. Je suis un très fan des hymnes, des bonnes chansons pop. Comme "Diamonds". Pas mal de chansons de Rihanna d'ailleurs ! Même "This Is What You Came For". C'est vraiment une super chanson ! Je l'adore. Je n'ai pas peur d'aller sur ce terrain-là. J'aime expérimenter et essayer de faire une super chanson pop selon les "codes". Les codes de répétitions notamment. J'adore ça.

Et pourquoi tu pleures sur la pochette de l'album ?
J'ai vu une photo de Rihanna qui pleurait pendant un de ses concerts. Ses yeux brillaient. Et j'ai eu envie de recréer cette image. Je voulais aussi que je sois comme un super-héros, une chose surnaturelle avec une touche d'humanité. Le fait de pleurer c'est le côté humain, mais je ressemble à une créature surnaturelle. C'est l'humain qui recherche l'infini... Mais ce n'est possible que si tu deviens surnaturel.

« Le bonheur n'est pas une émotion intéressante »
Tu chantes souvent l'amour triste. On peut écrire de bonnes chansons en étant heureux ?
Non ! (Sourire) Pour moi, le bonheur n'est pas une émotion intéressante. Les chansons sont plus lumineuses mais ce ne sera jamais joyeux. Toujours triste. Il y a toujours de la tristesse quelque part. Sur l'album précédent, ça sonnait sombre avec un peu de lumière, et là c'est le contraire.

Bruxelles comme Paris ont été le théâtre d'attaques terroristes. Tu ne t'es pas senti d'écrire là-dessus ?
Non... Le terrorisme ou la guerre, je n'écrirai jamais dessus. Tout ce qui se passe, je le vis émotionnellement, bien sûr. Mais je ne mettrai pas de ces sentiments dans ma musique.

Tu chantes "Don't you wanna stay here? But I'm ready for infinity" sur "Runaway". Tu crois en l'amour infini ?
Je ne sais pas... (Il réfléchit) Vraiment, je ne sais pas. J'aimerais... Je crois au désir de l'amour éternel. Les pingouins ont cette notion d'amour infini. Nous, la religion, le christianisme, l'église, tout ça, ils ont toujours attendu des gens qu'ils restent ensemble pour toujours, sinon c'est honteux. Du coup, c'est en nous, quelque part. Mais parfois, les gens n'ont pas envie de rester ensemble jusqu'à la fin de leur vie ! C'est triste pour moi car j'aimerais croire que c'est possible de vivre avec quelqu'un pour toujours, le mariage... Mais en tant qu'humains, ce n'est pas possible. J'ai un ami qui est psychiatre. Il me disait que biologiquement, on n'est pas fait pour rester avec la même personne toute sa vie. Par exemple, les hommes peuvent avoir plus d'enfants que les femmes. Ce qui est logique. C'est triste car j'aimerais que ce soit le cas !

Tu penses déjà au prochain album ?
Non. J'en ai marre, j'arrête ! (Rires) Plus sérieusement, ça fait déjà un an que je travaille sur cet album, je suis content de l'écriture soit terminée, que tout ça soit fini, que l'album soit prêt. Là, je me dis qu'avec les festivals, la promo, la sortie de l'album, je vais me tirer une balle ! (Rires)

Julien GONCALVES
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