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Chronique d'album
dimanche 07 juin 2015 12:00

Muse : "Drones", critique de l'album titre par titre

Trois ans après "The 2sd Law", Muse publie demain son septième album "Drones". Amorçant un retour aux sources très rock'n'roll, le groupe britannique parvient-il à taper dans le mille ? Réponse, titre par titre.
Crédits photo : Danny Clinch

1. Dead Inside


"Drones" est construit comme un conte apocalyptique, qui retrace l'aliénation d'un soldat puis les étapes de son affranchissement pour retrouver sa liberté. En tant que morceau d'ouverture, "Dead Inside" nous présente ce personnage troublé, « mort de l'intérieur » après avoir appris à « tuer sans remord ». Fragile et vidé de toute étincelle d'espoir, il sombre dans les abysses et renonce à l'amour. Pour illustrer cette déchéance, Muse se fend d'une piste à la construction progressive, sans véritable refrain, dont la structure rappelle "Madness". Ce qui est en fait son principal défaut, puisqu'une impression de déjà vu persiste tout au long de son écoute. Mélodieux et épique, le final tient néanmoins toutes ses promesses. 3,5/5

Regardez le clip "Dead Inside" de Muse :



2. [Drill Sergeant]


Premier interlude de l'album, "Drill Sergeant" met en scène un instructeur militaire en pleine démonstration de pouvoir sur sa recrue (le héros). Une manière, pas forcément subtile, de faire glisser l'album vers les thèmes du contrôle et de l'autoritarisme en introduisant le prochain morceau, "Psycho".

3. Psycho


Premier extrait à avoir été dévoilé en amont, "Psycho" a créé la surprise par son énergie bouillonnante. Exit les digressions dubstep de"The 2sd Law". Hymne des stades immédiat, c'est le premier morceau à illustrer l'envie du groupe de retrouver l'énergie de ses débuts et de se recentrer autour du triangle guitare-basse-batterie. Et ça déménage furieusement. Pas une seule seconde de répit dans ce déluge de riffs aiguisés et de basse pétaradante ! Déchainé dans la peau d'un tortionnaire, Matt ne fait pas dans la dentelle : « Your ass belongs to me now ». Une véritable déclaration d'intention ! Passé la première écoute, ébouriffante, on finit néanmoins par regretter un manque de créativité. Le job est fait, mais cela suffit-il ? 3,5/5

4. Mercy


Là encore, on a l'impression que le groupe britannique navigue en terrain connu. Mix aseptisé de "Glorious et de "Starlight", "Mercy" aligne des éléments familiers sans jamais offrir ce supplément d'âme qui en ferait un titre de caractère. Envolées au piano, rythme huilée, refrain fédérateur... C'est radiophonique à souhait mais, disons-le, pas follement passionnant. La chanson a au moins le mérite de donner le change avant l'arrivée de l'infectieux "Reapers"... 3/5

5. Reapers


Six minutes de pure rock'n'roll : voilà le cadeau offert par ce morceau dense et éreintant, dont l'instrumental pourrait aisément faire corps avec la maestria visuelle du dernier "Mad Max". Brut et primaire, "Reapers" fait pleurer les sirènes et ruisseler les perles de sueur avec une infinie générosité. Tout, absolument tout dans ce titre saisit le chaos, la démence et la peur qu'inspirent les ombres des drones qui s'approchent et menacent de tout raser dans le texte. La guitare de Matthew brûle de mille feux, s'apaise pour mieux nous électriser le temps d'une odyssée dont on ne décroche pas du début à la fin. Headshot et rugissement de plaisir. 5/5

Écoutez "Reapers" de Muse :



6. The Handler


Sombre agonie ! On retrouve sur "The Handler" cette guitare plaintive traversant de part et d'autre les précédents albums de Muse. Mais plutôt que de l'amplifier à coups de synthétiseurs, les trois acolytes la laisse mener la danse, avec une noirceur surprenante. Épicentre de "Drones", la chanson laisse le protagoniste brisé, perdu entre la soumission et le désir de s'affranchir. « Leave me alone, I must disassociate from you » implore-t-il, la rage au ventre. Un sentiment de confusion qui vibre à travers chaque corde, et laisse finalement place à une détermination insoupçonnée. En musique, ça se traduit par un déferlement de guitares et un falsetto de Matthew à se damner. 4,5/5

7. [JFK]


A partir d'ici, le combat entre les forces du bien et du mal reprend. En guise d'introduction de "Defector" ? Un extrait symbolique d'un discours de John Fitzgerald Kennedy datant de 1961. En pleine Guerre Froide, l'ancien président américain y évoque des « entités qui tentent de nous contrôler » - comprenez par là le communisme. Des paroles alarmistes qui s'imbriquent parfaitement fans l'histoire de "Drones". « Ce dialogue, c'est un moyen de recentrer l'auditeur sur le sens et le message des morceaux. On a un concept fort et il ne faut pas laisser trop de place à l'interprétation, et surtout aux mauvaises interprétations » nous confie le bassiste Chris dans une interview à paraître demain sur Pure Charts.

8. Defector


Alors qu'on s'oriente vers un pan de l'album plus pop et lumineux, Muse dégoupille un autre morceau de bravoure. Brandi comme un doigt d'honneur à l'envahisseur (« Yeah, I'm free »), "Defector" s'appuie sur un refrain puissant porté par la voix pleine de rage de Matthew - assez habilement mise en valeur ici. L'opera rock de Queen n'est pas loin ! Et que dire de ce solo de guitare, galvanisé par une envolée de synthés ? Le rendu est tout simplement vertigineux. On frémit d'avance à la perspective de découvrir toute sa dimension sur scène. 5/5

Écoutez "JFK + Defector" de Muse :



9. Revolt


Après ce combo brûlant, le trio retombe dans les travers de nous offrir une piste pop au refrain tristement facile. Transpercé d'espoir, "Revolt" parle de révolution mais le fait d'une manière bien moins réussie qu' "Uprising" en son temps. A peu près tout ce que les fans perdus en cours de route ont fui. La seule vraie déception de "Drones". 2/5

10. Aftermath


Place à une ballade symphonique comme le groupe se plaît à nous en proposer depuis la sublime "Unintended". On le sait, Matthew Bellamy est un touche-à-tout qui excelle aussi dans la composition de musique classique (le triptyque "Exogenesis"). "Aftermath" se pose comme un beau mélange opéra-rock et un moment d'accalmie salvateur. Débutant sur des notes de blues et un violon discret, le morceau prend progressivement de l'ampleur, bercé par les mots d'amour du chanteur. Le message présenté (les hommes ont besoin des uns et des autres) peut paraître naïf, mais le groupe touche la corde sensible. L'opposé doux et délicat de "Dead Inside", donc. 3,5/5

11. The Globalist


Avant de conclure son épopée, Muse présente une pièce en trois actes qui relate la gloire et la chute d'un dictateur. De l'aveu même de Matthew Bellamy, il s'agit d'une suite à "Citizen Erased" (2001, "Origin of Symmetry"), morceau qui a toujours eu un écho particulier dans le coeur des fans. A part dans le fil narratif de l'album, "The Globalist" débute par un vibrant hommage à Ennio Morricone. Comme sur les airs cultes du compositeur italien ("Il était une fois dans l'Ouest", "Pour une poignée de dollars"), sont conviés sifflements, cordes, slide de guitare, bruits du vent et de la pluie, grincement de chaises et tirs de revolver en écho, dans une ambiance de western. L'orage gronde alors et le compte à rebours nous fait basculer vers un interlude volcanique de heavy metal. Au piano, la fin du morceau offre un contre-pied empreint de poésie. Le changement de rythme, abrupt, témoigne - s'il était encore besoin de le prouver - de cette capacité extraordinaire que possède le groupe à créer des mélodies innovantes. On a du mal à considérer "The Globalist" comme une simple chanson mais que dire ? C'est splendide. 4/5

12. Drones


L'album-concept s'achève sur un chant ecclésiastique en canon et a capella, qui laisse libre court à toutes les interprétations. Le héros est-il mort ? Devenu fou ? A-t-il trouvé la rédemption ? Voilà une façon bien mystérieuse (et hasardeuse ?) de conclure notre histoire.

Prônant un retour aux son brut de ses débuts, Muse propose un "Drones" à la croisée des chemins entre la foudre d'AC/DC et l'extravagance de Queen. Le concept du complot totalitaire, pas follement original, instaure un terrain de jeu cadré au trio, qui laisse libre court à toutes ses envies. Cohérent, l'album piétine parfois mais offre son lot de moments d'anthologie. Amen !
Yohann RUELLE
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