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Interview
dimanche 31 mai 2015 11:20

Marina Kaye en interview : "Je ne veux pas devenir une fille à frasques"

Un an après avoir démarré sa carrière avec le single "Homeless", aujourd'hui numéro un des ventes, Marina Kaye nous invite à pousser les portes de son univers sombre et torturé, qu'elle porte divinement par une voix puissante et gorgée d'émotions. Elle se dévoile à travers l'album "Fearless", qui ne ressemble à aucun autre disque d'une fille de son âge.
Crédits photo : Yann Orhan
Propos recueillis par Jonathan Hamard.

"Fearless" est un disque relativement sombre pour une adolescente de 17 ans. Ne serait-il pas le reflet d'une jeunesse tourmentée ?
Je suis quelqu'un qui travaille ses sentiments, ses écrits et son vécu de manière assez sombre en général. Parce que j'ai vécu des choses assez marquantes psychologiquement. Donc j'avais besoin de me libérer de tout ça, de ces poids. C'était important pour moi de ne pas y aller avec une langue de bois. C'est pour ça que mon album s'appelle "Fearless" d'ailleurs. Je voulais vraiment y aller en disant les choses clairement et en n'ayant pas peur de livrer avec ma voix et mes textes ce que j'avais pu ressentir pendant ces 17 ans qui ont été assez compliqués.

Tu considères que tu es plus mûre que les autres filles de ton âge ?
Oui, je pense. Ça doit venir de mon vécu. J'ai toujours évolué avec des adultes. Je ne suis jamais trop restée avec les autres enfants. Et quand je me faisais des amis de mon âge, ils étaient aussi matures que moi. J'ai cultivé ma maturité. C'est l'un des traits prédominants de mon caractère. Ce sont beaucoup de circonstances qui ont fait ce que je suis devenue.

Ce n'est pas frustrant de se dire que les personnes qui écoutent ta musique ne sont pas nécessairement des jeunes filles de ton âge ?
Non, ce n'est vraiment pas frustrant. Honnêtement. Parce que dans cet album, dont la pochette est assez noire et les chansons assez sombres, je vois que "Homeless" plaît à des personnes de tous les âges. Je vois des petits de cinq ans qui aiment et d'autres personnes, beaucoup plus âgées, d'une soixantaine d'années même parfois, qui aiment aussi. C'est quelque chose que j'essaie de travailler, notamment en termes de production. Ce que je veux dire, c'est que dans ma musique il y a une maturité dans les textes et ma voix, mais que les prods sont très jeunes. On les a rajeunies pour que tout le monde y trouve son compte. Le titre "Iron Heart" par exemple, qui a un trait assez positif, peu parler à des jeunes de mon âge.

« J'ai envie d'atteindre le plus de pays possible »
L'anglais est une langue que tu pratiques depuis toujours ?
J'ai toujours chanté dans cette langue. J'écris en anglais aussi. Donc c'est vraiment très naturel pour moi de m'exprimer comme ça. Et j'ai envie de pouvoir exporter mon projet.

C'est audacieux dans une époque ou même certains artistes internationaux enregistrent des duos avec des artistes français pour pouvoir passer à la radio, en raison des quotas de musique francophone imposés.
Mais ça a marché... Finalement, mon single "Homeless" passe en radio. C'est la puissance du titre qui a fait son histoire. Je pense que même s'il y a des quotas à respecter, il y a un moment où quand on a un truc particulier, il faut y aller. Je me suis dit : « Tant pis pour les quotas, je vais lancer le projet. Je vais commencer par la France ». C'est savoir prendre des risques ! De toute façon, le projet dans son ensemble est une prise de risques, pour tout ceux qui se sont investis dedans. Ce n'est pas quelque chose qu'on voit tous les jours. En fait, mon histoire, c'est quelque chose qu'on n'a jamais vu. A part Céline Dion ! Mais elle n'était pas Française. En général, les Français qui veulent faire quelque chose qui sonne international vont faire un couplet en français et un refrain en anglais. Mais moi, j'ai vraiment choisi de prendre des risques.
« J'ai vraiment choisi de prendre des risques »

Quelles sont tes ambitions internationales ?
Je suis très travailleuse et ambitieuse. J'ai bossé à l'international sur cet album, avec des anglophones et des francophones. Pour moi, la France aussi c'est l'international. (Sourire) La terre entière est internationale ! J'ai envie d'atteindre le plus de pays possible.

Ton label t'a laissé un an pour imposer ton premier single. Es-tu consciente que c'est une chance alors que la tendance est plutôt au lancement massif de titres en radio pour répondre aux attentes d'un public versatile ?
J'en suis excessivement reconnaissante envers mon label ! On est parti sur ce single en mai 2014. On avait du mal à le rentrer en radio parce que c'était un titre en anglais. Mais on s'est dit : « On s'en fou. On lâche pas. On sait que c'est le bon ». Et parfois moi-même j'ai fléchi... Mais eux ont su me convaincre que c'était le bon. Je leur dis simplement merci d'avoir pris des risques avec moi et de ne pas avoir switché sur un deuxième single. "Homeless" a juste eu ce qu'il méritait.

Regardez le clip "Homeless" de MARINA Kaye :



Est-ce qu'on peut même dire que ça fait quatre ans que tu travailles sur ce projet, depuis ta victoire dans l'émission "La France a un incroyable talent" ?
En réalité, ça fait deux ans et demi. Quand je suis arrivée chez Capitol, mon projet était déjà terminé. Je n'ai pas bossé avec le label pour le construire, mais simplement pour le développer. Pendant un an, après "Incroyable talent", jusqu'à ce que mon producteur vienne à moi, je ne faisais plus de musique et je pensais que c'était terminé.
« Je suis quelqu'un qui se respecte »

Comment se sont orchestrées ces deux années ?
J'ai le sentiment que tout s'est fait de manière assez naturelle. On écrivait, on voyageait, on rigolait beaucoup aussi. On a rencontré des personnes incroyables. Ça a été très ludique quand j'y pense.

Ne penses-tu pas que la célébrité peut devenir dangereuse pour une fille de ton âge ?
Je ne pense pas, parce que je suis quelqu'un qui se respecte. Je suis quelqu'un de pudique aussi. Je n'étale pas ma vie. Je n'étale pas mes soucis. Je n'étale pas mon corps. (Rire) Chacun a son style de projet ! Moi, je ne critique vraiment personne. Mais je pense qu'une fois qu'on partage sa vie dans les journaux et qu'on raconte les moindres détails de son intimité, on prend le risque d'être jugé et qu'on oublie notre art. Pour moi, le plus important est que les gens se concentrent sur ma musique et me respectent. J'ai envie qu'il y ait un respect mutuel, et je n'ai pas envie de devenir une fille à frasques, celle dont on parle dans les Voici et compagnie parce qu'elle avait un sein à l'air ou qu'elle a couché avec n'importe qui. Il y a différents styles de carrière. La mienne je veux qu'elle soit propre.
« Une carrière, c'est comme une recette de cuisine. Rien n'est jamais fait de la même façon »

Tu restes effectivement très secrète au sujet de ta vie privée. Où en es-tu dans tes études ?
J'ai arrêté les cours à 16 ans. Je voyageais énormément. J'ai passé un an et demi en Angleterre et j'ai commencé à travailler sur mon disque à 15 ans. C'était l'école à domicile à cette époque ! Et je recevais des piles énormes alors que je n'avais pas beaucoup de temps, pas d'autres élèves pour me motiver ni de professeurs pour m'aider. C'est là que j'ai senti le dilemme arriver et que j'ai fini par choisir la musique.

Louane a le même âge que toi et a aussi arrêté ses études alors qu'elle pensait passer le baccalauréat cette année. Tu penses que les études sont incompatibles avec une carrière dans la chanson ?
Ça dépend vraiment du plan de carrière. Dans tous les domaines, une carrière c'est comme une recette de cuisine. Rien n'est jamais fait de la même façon ! Le destin de chacun est différent. Je sais qu'il y a des personnes qui arrivent à tenir le cap. Je pense par exemple à Emma Watson, qui a repris des études de lettres et qui les a brillamment réussies. Elle est arrivée à aménager son temps pour faire de ses études une priorité. Pour moi, la priorité c'est la musique. C'est un choix.

Crédits photo : Yann Orhan
Comment accueilles-tu cette soudaine notoriété ? Qu'en pense ton entourage ?
Pour l'instant, ça va. Les gens commencent à percuter que c'est moi qui chante "Homeless". C'est plus ce titre que moi qui est connu. Je ne suis pas quelqu'un qui étale son succès. Je n'ai aucune idée de comment ça va devenir par la suite.

« Quand on choisit le cinéma, on ne choisit pas la musique »
Outre la musique, le cinéma pourrait-il t'intéresser ?
Je n'ai pas spécialement d'ambition de ce côté-là. J'ai l'impression que le milieu du cinéma est plus dingue encore et qu'il y a plus de pression. C'est soit l'un soit l'autre. La musique comme le cinéma sont des activités très prenantes. Quand on choisit le cinéma, on ne choisit pas la musique. Et vice versa. C'est soit l'un soit l'autre.

Sia a écrit un titre de ton album. Pour faire la promotion de son dernier disque, elle a décidé de cacher son visage et de ne pas faire de scène. Est-ce que tu comprends cette démarche, alors que tu viens d'annoncer une tournée ?
Je le comprends entièrement. Je ne suis pas dans sa vie. Je ne sais pas pourquoi elle a pris cette décision. Je me pose quand même la question comme tout le monde parce qu'on a déjà tous vu sa tête. (Sourire) Mais sinon, à part ça, je comprends que ça va avec son nouveau produit, avec sa nouvelle façon de chanter... C'est tout un univers. Moi, personnellement, j'avais envie de savoir si j'étais capable de supporter ça, de tenir une heure et demi sur scène. Sia avait déjà fait des tournées auparavant. Là, c'est un autre défi pour moi.

Tu as multiplié les interviews ces dernières semaines, et je voulais savoir à quelle question tu aurais aimé répondre mais qu'on ne t'a pas posée ?
(Sourire) C'est très compliqué ! Peut-être "Pourquoi je fais de la musique ?". C'est bête mais c'est une manière de poser la question. Les gens me demandent ce qui me plait dans la musique mais personne ne me demande vraiment pourquoi ? Ma réponse aurait été : « Parce que ça m'a sauvée de beaucoup de personnes et de moi-même ».
Jonathan HAMARD
Toute l'actu de Marina Kaye sur son site internet et sa page Facebook.
Ecoutez et/ou téléchargez le premier album de Marina Kaye sur Pure Charts.
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