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Interview
samedi 25 mars 2017 12:34

James Blunt en interview : "Les hommes politiques essaient de nous diviser"

De passage à Paris pour la promotion de son nouvel album "The Afterlove", James Blunt a répondu aux questions de Pure Charts. Le chanteur évoque son nouveau style, la difficulté d'évoluer, l'amour, Ed Sheeran, la célébrité ou le streaming. Rencontre avec un artiste cool.
Crédits photo : DR
Locaux de Warner, un vendredi soir. James Blunt est l'un des rares artistes qu'il est toujours étonnant de rencontrer. Il est 19 heures quand, en jean, t-shirt et baskets, le chanteur, en toute simplicité, me tend sa main pour me saluer avec un large sourire... avant qu'un (très grand) stagiaire de la major nous interrompe quelques secondes pour lui demander une photo. Après quelques blagues, James Blunt m'invite à s'installer sur le canapé à ses côtés, un gobelet McDonalds rempli de Coca à la main. Hyper accessible malgré une longue journée marathon, l'artiste se confie avec humour et quelques "fuck" sur son nouvel album "The Afterlove". Interview !

Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Tu te souviens des premiers mots que tu as écrit pour l'album "The Afterlove" ? Ce moment où ça a fait "tilt" et que tu as su que quelque chose de nouveau démarrait...
Je ne me souviens pas de quelle chanson. Mais j'ai rapidement su que je voulais faire les choses différemment. J'en avais besoin. J'ai déjà fait quatre albums, moi, triste, avec ma guitare ! Je suis très fier de ça et ça m'a emmené à faire quelque chose de génial. Mais si vous voulez des chansons tristes, il y en a quatre albums !

« Je voulais faire quelque chose d'inattendu »
Mais il y avait déjà de plus en plus de chansons joyeuses sur tes albums...
Il y en avait évidemment, mais elles étaient toutes reliées les unes aux autres. Il y a eu une évolution, c'est vrai. Je me suis dit que j'en avais assez, j'ai rangé ça, je suis parti vivre en Australie pendant un moment, il s'est passé quelque chose d'assez fort dans ma famille (il est devenu papa, ndlr). Et j'ai recommencé à faire de la musique. J'ai eu la sensation qu'une nouvelle carrière commençait. C'était un nouveau commencement, j'ai adoré ça. J'ai travaillé avec de nouvelles personnes géniales avec qui j'avais toujours voulu bosser comme Ed Sheeran. J'ai retrouvé Ryan Tedder, car on avait déjà travaillé ensemble mais là l'approche a été différente. Je voulais faire quelque chose qui m'enthousiasmait, quelque chose d'inattendu.

Et ça a débuté comment alors ?
J'ai commencé à écrire mes chansons à la guitare, en acoustique, car c'est plus facile quand tu voyages. Tu peux faire ça tranquillement. J'avais plein de nouvelles idées, j'avais cette énergie et Ryan (Tedder, le leader de OneRepublic, ndlr) a été très bon avec tout ça. Pas comme les maisons de disques, à qui par exemple tu présentes deux idées de chansons : l'une ressemble à ce que j'ai fait avant ou quelque chose à la Damien Rice ou David Gray, l'autre ressemble à du Akon ! (Rires) Ils vont te dire : "Peux-tu enregistrer la version la moins risquée ?". Et ça tu vois, c'est... chiant ! (Rires) J'ai joué l'autre à Ryan et il m'a dit : "Prend un avion, maintenant ! Lâche tout, et on va faire ça car c'est celle que j'ai envie de faire aussi !". Il était hyper exalté par tout ça. Tu peux entendre cette spontanéité sur l'album.

« Je me suis libéré de certaines choses »
Pourquoi ce déclic est venu maintenant ?
Je me suis libéré de certaines choses. Je me suis souvent préoccupé de ce qu'allait penser le public, après le succès du premier album. C'était toujours dans un coin de ma tête. Je me suis dit : "Mais merde, il est temps d'avoir confiance en soi !". La confiance c'est difficile à avoir parfois quand on écrit des chansons car on sait que les gens vont avoir un avis dessus.

Et ta maison de disques en premier lieu...
Oui... En fait, j'ai eu envie de dire les choses cette fois, comme je parle dans la vie de tous les jours. Je ne suis pas particulièrement quelqu'un de très sérieux quand on parle avec moi. Ça s'entend sur "Love Me Better", le premier single, c'est très direct. Dès le début, je dis que les gens m'ont traité de "con", alors qu'ils ont dit bien pire à mon sujet ! (Rires) Certains m'ont dit que c'était moche de dire ça dans une chanson d'ailleurs. Oui, ça l'est, mais c'est honnête. Je fais aussi un clin à "You're Beautiful" dans le texte de ce titre. J'ai l'impression que cet album reflète mieux qui je suis, qu'il est plus honnête.

Regardez le clip "Love Me Better" de James Blunt :



Est-ce que ces changements, et notamment cette modernité dans les sons, viennent du fait que tu as passé le cap de la quarantaine ?
Non. Ce chiffre ne veut rien dire pour moi. Tu sais, je traîne à Ibiza, je vais en boîte... (Rires) L'âge pour moi...

« "Les hommes politiques essaient de nous diviser" »
Oui mais l'âge peut être un problème dans cette industrie. Peut-être plus quand on est une femme d'ailleurs...
Cette question d'âge ne m'atteint pas. Je voulais juste faire quelque chose de frais.

Ça été difficile de se renouveler, de travailler différemment ?
Non, pas vraiment. J'ai tout de suite réalisé que c'était un vrai plaisir, c'était hyper stimulant et la qualité des chansons était très forte. Je me suis éclaté alors on en a fait plein, peut-être une centaine en deux ans. Quand je dis qu'on en a fait autant, on me demande si c'est parce que j'avais peur de quelque chose. Mais en fait, c'était tout le contraire, c'était génial et je voulais juste faire le meilleur album de ma carrière.

Dans "Someone Singing Along", tu chantes "And even when I'm dead and gone, I'm hoping someone's singing along". Tu veux laisser une trace avec ta musique ?
Non, pas vraiment. Je m'en fous, je serai mort ! (Rires) C'était juste que j'espérais que les gens chantent ensemble sur cette chanson. En ce moment, les hommes politiques essaient de nous diviser, ils pointent nos différences et ils essaient de nous dire de qui on doit avoir peur car celui-là est noir, blanc, gay, hétéro, musulman, juif...

« J'ai pris du recul sur les critiques »
C'est ta façon de parler de politique...
Oui... Dans la chanson, je dis qu'on serait plus fort si on voyait les choses qu'on a commun plutôt que de voir ce qu'on a de différent. Moi quand je fais un concert, les gens viennent de partout, je ne connais pas la religion ou l'orientation sexuelle de chacun, et je m'en fous. On est au même endroit et on chante la même chanson. On est tous humains et on a tous des émotions. On devrait chanter ensemble au lieu d'avoir peur les uns des autres...

Tu parlais des critiques tout à l'heure. Ça a pu t'affecter ?
Non pas du tout, jamais.

Même quand le premier album est sorti, ça n'a jamais eu d'impact ?
C'est vrai que de le voir ça peut être dur au début. Mais c'est quand même bizarre la façon dont on reçoit tout ça. Il peut y avoir des centaines de messages positifs, le cerveau ne va retenir que l'unique message qui est négatif. Qu'est-ce qu'on est bête quand on fait ça ! J'ai appris à prendre du recul là-dessus, j'ai eu un peu de bon de sens. (Sourire) "Ok, untel n'aime pas ma musique mais je viens de jouer devant 20.000 personnes". On ne me parle jamais de ces gens-là qui aiment ce que je fais alors que j'ai vendu 20 millions d'albums ! En fait, quand tu fais de la musique, c'est comme quand tu es dans l'armée, si tu sors la tête, tu peux t'attendre à recevoir quelque chose... Et puis, il ne faut pas le prendre personnellement. Chaque artiste fait une musique différente et tant mieux. Si on aimait tous la même chose, le monde serait tellement chiant.

Découvrez "Bartender", le nouveau clip de James Blunt :



C'est difficile de prendre ce recul-là ?
Non car j'ai beaucoup de chance. J'adore chanter devant des milliers de spectateurs. Et si je me concentrais sur le négatif, ce serait tellement irrespectueux pour ceux qui aiment ma musique et qui viennent me voir. Celui qui critique sur Internet, il n'a fait aucun effort particulier. Après tout, il ne s'est pas déplacé, il n'a pas payé un voyage en train, une chambre d'hôtel et une place de concert, il n'a pas attendu dans la queue sous la pluie... Il ne fait qu'exprimer une opinion qu'il devrait garder pour lui, car souvent il n'a rien écouté du tout. C'est tellement facile.

« "La célébrité change les gens autour de vous" »
Dans "Don't Give Me Those Eyes", tu chantes "I want to believe in, in a thing called love". Rassure-moi, tu crois en l'amour ?!
Bien sûr que j'y crois ! J'espère bien, putain, j'ai écrit des tonnes de chansons à ce sujet (Rires) La recherche de l'amour a souvent été l'un des mes sujets de conversation favori. J'ai appelé l'album "The Afterlove" car j'ai chanté les différentes facettes de l'amour, et il y a une phrase qui me revient souvent. Elle vient du groupe KLF, un groupe écossais qui a déjà brûlé un million de livres une fois, alors que ça aurait pu servir ! (Rires) La phrase c'est « After the love is gone », extrait de leur titre "Chill Out". J'aime beaucoup cette phrase. Ça peut évoquer tellement de choses dans nos vies, l'amour que tu as trouvé, que tu as perdu, l'amour qui est mort...

Toi qui es vu comme un grand romantique, quelle est ta définition de l'amour ?
Je ne sais pas. Ça dépend à qui je me réfère. Je crois peut-être que c'est quand tu tiens à quelqu'un, parfois plus que tu ne tiens à toi-même...

Revenons à l'album. Comme tu le disais, c'est la première fois que tu travailles avec Ed Sheeran. Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ?
De plus ? Je ne peux pas dire que l'expérience avec Ed a été quelque chose de plus important qu'avec d'autres. Certains artistes ne sont peut-être pas connus mais ils n'en n'ont pas moins de valeur pour autant, même si c'est peut-être moins intéressant pour vos lecteurs. Par exemple, j'ai bossé avec MoZella. Elle est incroyable ! Elle a écrit "Wrecking Ball" pour Miley Cyrus, et la chanson parle d'une expérience à elle... Ensemble, on a écrit "Don't Give Me Those Eyes"...

C'est ma chanson préférée de l'album...
Honnêtement, c'est ma préférée aussi. On a écrit l'idée principale de la chanson en 20 minutes. On était en studio, au piano, et elle est passée. Elle s'est assise et je lui ai dit : "Voilà la chanson que j'aimerais chanter". Je ne la connaissais pas vraiment en plus mais elle a trouvé les mots justes, je l'écoutais et j'étais bluffé. Souvent, il faut quand même développer une certaine relation avec quelqu'un pour qu'il puisse avoir des mots aussi forts.



« J'aimerais être énorme partout ! »
Pour rebondir sur Ed Sheeran, et je le vois toi quand on échange, il y a quelque chose de très simple, une certaine accessibilité. C'est facile d'être normal dans ce métier ?
Oui bien sûr ! J'ai lu une interview d'Ed récemment qui parlait de ça, et c'est vrai que c'est l'un des artistes les plus populaires du moment. C'est étrange car la célébrité ne vous change pas mais elle change les gens autour. Dans la rue, si je me ballade tranquillement, ce sont les gens qui vont crier après moi ! (Rires) Vous restez la même personne mais ça devient bizarre autour de vous. Ce sont vraiment vos amis et votre famille qui vous permettent de garder la tête froide. Si j'étais devenu quelqu'un d'autre, ils m'auraient traité d'idiot et ça ne ce serait pas passé comme ça. (Rires)

Ça te surprend toujours cette notoriété, dans la rue par exemple ?
Non mais c'est vrai que c'est bizarre quand même qu'on mette autant les chanteurs et les acteurs sur un piédestal, comme si on en savait plus que les autres. Mais c'est faux ! On ne sauve pas des vies comme les docteurs ou les infirmières, on n'apprend rien d'essentiel aux gens comme les profs. Parfois, on peut l'oublier, mais j'ai de la chance, je sais où est ma place. Et puis, même si j'aimerais que ce soit différent, parfois mes chansons cartonnent, parfois elles font un flop. Dans certains pays je suis très célèbre, dans d'autres pas du tout. J'aimerais être énorme partout ! Mais c'est un bon rappel à l'ordre aussi, ça aide.

« The Weeknd, j'adore ce qu'il fait ! »
Il y a trois quand je t'interviewais pour l'album "Moon Landing", tu me disais que ta maman n'aimait pas la pochette de l'album. Ça va, elle aime celle du nouveau ?
(Il éclate de rire) Je ne lui pas demandé ! Mais à l'origine, il y avait une première version de la pochette de l'album, et elle la détestait ! A ce moment-là, je n'ai pas pris son avis en compte. Finalement, personne ne l'a aimée, ni la maison de disques, ni d'autres personnes autour de moi, donc ok ma mère avait raison ! (Rires) Je vais lui demander, tiens. Mais parfois, c'est bien aussi de ne pas lui demander son avis, car elle a la critique très dure !

Dans cette même interview à l'époque, tu me disais détester les titres qui passaient à la radio. Aujourd'hui, il y a un peu d'électro dans tes chansons. Tu as changé d'avis ?
Non, j'ai toujours aimé ça, je vis à Ibiza. Je vis carrément dans des discothèques. J'ai les clés ! (Rires) J'ai déjà fait pas mal d'électro mais je n'en ai jamais vraiment enregistré. Il y a des super chansons en ce moment. Comme The Weeknd, j'adore ce qu'il fait. Je suis passé par plusieurs phases depuis que je vis à Ibiza, depuis 13 ans je crois. J'adore la musique dance des années 90 par exemple. Après, c'est devenu vraiment ennuyeux. Rien n'est vraiment resté, c'était très répétitif. A chaque période, la musique a ses hauts et ses bas.

Et si un DJ faisait un remix d'une des tes chansons et que ça devenait un hit planétaire, ça te dérangerait ?
Ecoute, si ça devait arriver, ça ne me dérangerait pas du tout. Pourvu que ça arrive même !

Tu penses quoi du streaming et de la nouvelle façon de consommer la musique ?
J'adore l'univers digital. Je ne suis pas très streaming car je voyage beaucoup et quand tu n'as pas de connexion, tu ne peux pas écouter de nouveaux sons. C'est vraiment chiant d'ailleurs. J'achète tout sur iTunes. J'entends une chansons à la radio, je vais sur Shazam et voilà.

Du coup, tu penses que le CD est mort ?
Je crois que pour certains ça ne le sera jamais. Après, moi, je voyage pas mal et ce n'est pas pratique d'emmener ses disques partout. Ma collection d'albums est dans mon téléphone. Et j'adore ça !

Mais tu peux tout perdre !
C'est pas grave, tout est sauvegardé sur mon ordinateur ! (Sourire)

Tu penses déjà au prochain album ?
Ah non, pas du tout. Tu peux envoyer cette réponse à ma maison de disques ! (Rires)

Dans le titre "California", tu chantes "I'm the luckiest man in the whole world". C'est quand la dernière fois que tu t'es dit que tu étais très chanceux ?
Je me le dis plusieurs fois par semaine. Je sais que j'ai de la chance. J'ai quand même un métier super cool ! Bien sûr, les choses peuvent changer mais je touche du bois.

Julien GONCALVES
Toute l'actualité de James Blunt sur son site internet officiel et sa page Facebook.
Écoutez et/ou téléchargez l'album "The Afterlove" de James Blunt.
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