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Interview
dimanche 11 août 2019 12:48

Freya Ridings en interview : "C'est difficile de rester soi-même dans ce milieu"

Véritable révélation au Royaume-Uni depuis le tube "Lost Without You", Freya Ridings publie son premier album sobrement intitulé "Ridings". Comparée à Adèle, elle se confie en interview pour Pure Charts sur son enfance difficile, ce disque, le milieu compliqué de la musique et la pression du succès.
Crédits photo : DR
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Quel est ton premier souvenir lié à la musique ?
Probablement quand javais 4 ans. Mes parents m'ont emmenée voir James Taylor au Royal Albert Hall à Londres, c'était la première fois que j'assistais à un concert. J'étais impressionnée de voir à quel point sa voix était incroyable et par la grandeur de la salle aussi ! J'étais au balcon, je tapais des pieds, j'admirais tout ça.

« Je souffrais beaucoup de dyslexie à l'école »
Tu savais à ce moment-là que tu voulais devenir chanteuse ?
Oh non ! J'ai dû en prendre conscience vers l'âge de neuf ans. En fait, je souffrais beaucoup de dyslexie à l'école. Je voulais vraiment faire de la musique mais tous mes professeurs ont jeté l'éponge parce que je n'y arrivais pas. Donc j'ai commencé à écrire mes premières chansons en jouant au piano, juste à l'oreille. J'ai un peu tout fait en même temps, au lieu de faire l'un d'abord et l'autre après.

Et comment as-tu découvert la pouvoir de ta voix ?
C'est adorable, merci ! C'était à neuf ans aussi, dans la cours de récré. J'ai commencé à faire "la la la" en discutant avec une autre fille et elle a été surprise, elle m'a demandé de répéter. Du coup, elle a dit à tout le monde que je savais chanter, j'avais tellement honte. (Rires) Je ne voulais pas qu'elle le dise, j'étais vraiment très timide. Mais ça a changé ma vie parce que je crois qu'après ça, en rentrant de l'école, je me suis dit que je savais sans doute chanter, que c'était possible.

Regardez le clip "Lost Without You" de Freya Ridings :



Ça fait quoi de savoir qu'on a une voix qui transmet des émotions, qui peut faire pleurer les gens ? C'est comme un super pouvoir ?
(Sourire) Je le prends très humblement. Car je sais que la musique qui me fait pleurer est rare et j'ai une connexion particulière avec ça. Que les gens ouvrent leur coeur en écoutant ma musique, et je sais à quel point on se sent vulnérable dans ces cas-là, ça me rend vraiment reconnaissante. Quand j'étais petite, je n'avais pas d'amis, la musique était mon havre de paix. Maintenant de pouvoir être connectée de cette manière avec tant de personnes, moi qui me sentais si seule dans mon enfance, seule au piano tous les midi pendant la pause déjeuner... C'est vraiment incroyable quand j'y pense de partager ça. Que des centaines de personnes chantent mes chansons à pleins poumons pendant mes concerts, c'est assez surréaliste.

« Jouer des chansons tristes, ça ne m'a pas rendue très cool »
Ecrire des chansons a été pour toi un moyen d'exprimer ce que tu n'arrivais pas à dire à voix haute à l'époque ?
Exactement. A 9 ans, je me souviens qu'une fille ne m'avait pas dit des trucs très sympas à l'école alors j'ai écris une chanson sur ça. J'imaginais que je trouvais le courage de me tenir face à elle, de lui tenir tête ! (Rires) C'était la première fois je crois que je me retrouvais dans une situation difficile. Après, ce sont souvent mes peines de coeur et la solitude qui ont inspiré mes chansons. J'en avais un peu honte au début. Pendant longtemps, jouer des chansons tristes, ça ne m'a pas rendue très cool ! (Rires)

Tu as écrit toutes les chansons de ce premier album. C'était très important pour toi de chanter tes propres mots ?
Oui ! C'est une question très intéressante. C'est vrai qu'on s'en étonne toujours, mais dans le bon sens, que j'aie l'opportunité de chanter mes propres chansons quand tant d'autres nouvelles artistes féminines n'en ont pas la chance. Pour moi, ça a toujours été un point très important. J'écris depuis tellement longtemps. C'est effrayant mais j'avais envie de délivrer ce message aux gens. Cet album parle de surmonter ce genre de solitude et de brûler tout ça. C'est comme revenir de l'enfer. En tout cas, c'est ce qu'il s'est passé pour moi.

« C'est démesurément difficile de rester soi-même dans ce milieu »
On dit souvent que les artistes doivent faire beaucoup de compromis sur leur premier album...
Je dois dire que je suis assez chanceuse car je n'ai pas vraiment eu à en faire. On m'avait toujours répété que ce serait le cas. C'est pour ça que je voulais signer sur un label indépendant et pas en major car je connaissais cette réalité-là. Je savais qu'en indépendant, on me laisserait créer la musique que j'avais en tête. Et je suis heureuse car ce fut le cas. Ils m'encourageaient à garder mon nom, me disaient que je devrais écrire mes propres chansons... Je suis vraiment reconnaissante de ça et fière de cet album.

Tu disais dans une précédente interview qu'on t'a souvent demandé en effet de changer ton nom, de changer ta couleur de cheveux. Ce que tu as refusé. C'est difficile de rester soi-même dans cette industrie ?
C'est démesurément difficile ! Dans ce milieu, c'est très courant alors il faut s'accrocher à qui on est vraiment car, pendant des années, les gens vont vous dire de changer. J'ai eu la chance que ma famille et mes amis ont été d'un soutien incroyable dans cette bataille pour rester celle que je suis. Heureusement, j'ai enfin rencontré quelqu'un dans un label indé qui m'a dit que je pouvais être comme ça. Mais il a fallu attendre, ça n'a pas été simple du tout.

Découvrez "You Mean The World To Me" de Freya Ridings :



Que signifie ce premier album pour toi ?
J'en rêve depuis que je suis enfant donc je l'ai beaucoup fantasmé ce premier album. Si on m'avait dit quand j'avais 16 ans que ça arriverait vraiment, j'aurais explosé de joie ! (Rires) Je suis heureuse d'en être arrivée là et que "Lost Without You" en soit l'élément déclencheur. Ça m'a donné l'opportunité de créer un lien avec les gens. Je peux le ressentir ça, cette connexion. J'ai fait mon possible pour que les versions des chansons sur l'album soient les meilleures possibles, j'avais très envie que le public découvre aussi les autres titres, en plus des singles. J'ai encore un peu de mal à y croire, c'est assez fou.

« Ce qui va arriver ensuite ? Je ne sais pas »
Tu as travaillé sur ce premier album avec de grands producteurs comme Greg Kurstin. Comment c'est possible ?
Je crois que tout a changé quand "Lost Without You" a explosé. C'est quelqu'un de très humble. J'ai grandi avec tellement de chansons qu'il a créées, donc c'était assez surréaliste d'être en face de lui et de discuter. On parlait mais au fond de moi, j'étais là : "Oh mon Dieu !". (Rires) J'aime tellement de titres qu'il a fait ! C'est album a été rendu possible grâce à tout ça, ces rencontres. Je suis fière et heureuse d'avoir pu travailler avec toutes ces personnes formidables.

Travailler avec ces hitmakers, lire dans la presse que tu es "l'artiste à suivre" ou "une future star", ça met la pression ?
Je ne l'avais pas avant que tu me dises ça ! (Rires) Je crois que tout ça c'est beaucoup d'anticipation... Je suis heureuse d'en être là où j'en suis. Le fait de sortir un album, c'est fou pour moi ! Je suis consciente que tout le monde n'a pas cette chance. Je n'ai pas envie de me projeter trop, de forcer les choses. Ce qui va arriver ensuite ? Je ne sais pas. D'abord, je suis heureuse si les gens aiment l'album, s'ils viennent assister à mes concerts. Ce que je veux vraiment c'est que les gens se connectent avec l'album.

Quand tu écrivais et composais les chansons de l'album, tu sentais que certaines avaient un énorme potentiel ?
C'est étrange car j'étais simplement assise devant mon piano, et j'étais... triste ! (Rires) Et soudain, on joue à Glastonbury, je fais une tournée européenne puis une américaine. C'est complètement dingue ! Tu ne peux pas savoir que tes chansons vont avoir cette vie. Surtout celle que tu fais toute seule. Quand j'y repense, c'est vrai que je n'en avais aucune idée. Je le voulais vraiment mais je ne pouvais pas savoir que ça allait se produire.

Regardez le clip "Castles" de Freya Ridings :



J'ai écouté l'album qui est très réussi. On te connait surtout pour des ballades au piano comme "You Mean the World To Me" mais sur le disque il y a des chansons rythmées, très puissantes, comme "Castles", "Love Is Fire" ou "Holy Water". C'était important de montrer d'autres aspects de ton univers ?
Oui. Je crois que si j'avais fait cet album il y a quelques années en arrière, il n'y aurait pas eu ce genre de chansons. Il faut du temps pour apprendre à connaître certaines parties de soi, il y a des moments dans la vie où tu as l'impression de revenir de loin, d'être comme un phoenix, et c'est ce dont l'album parle. On ne s'y attendait peut-être pas mais j'avais besoin de ces chansons où tu reviens du côté obscur. Quand tu brises cette solitude ou te remets de tes peines de coeur, que tu apprends qui tu es, ce feu qui est en toi. J'espère que le public pourra se reconnaître dans ces titres, spécialement les jeunes filles.

« Adele, c'est une déesse »
Tu me disais que tu enfance n'avait pas été tendre à l'école. Tu vois ta carrière comme une revanche ?
Ah ! (Rires) Non, je ne vois pas ça comme une revanche. Je ne fais pas du tout ce métier avec ce côté un peu méchant, dans le ressentiment. Je ne pense pas à ces gens... Mais c'est sûr que ça apaise des choses. J'ai vécu des moments difficiles durant ces années, je me sentais terriblement seule, je ne savais pas où j'allais. Ma mère m'a toujours conseillé de ne pas restée coincée dans la revanche car ce n'est pas comme ça que tu peux avancer et être bien dans des baskets.

On te compare beaucoup à Adele. Tu comprends ?
Oh ! (Rires) Non mais pas du tout ! Je pense que c'est juste car on est rousse toutes les deux ! (Rires) C'est une vraiment une reine pour moi, je peux même dire que c'est une déesse. En grandissant, elle a été une véritable inspiration pour moi. Mais ces comparaisons, je les trouve complètement insensées ! Je prends ça avec beaucoup de recul et d'humilité. Je pense que c'est parce qu'on est rousse, que nous sommes des femmes et qu'on chante des chansons tristes.

Tu as 25 ans, tes chansons cartonnent, ton premier album est sorti, tu as une tournée de prévue. Tu as peur du succès ?
Parfois oui mais je pense que dans n'importe quel art, tu fais face à ce genre de pression. C'est forcément un peu effrayant mais pour moi, c'est important d'avoir ma famille à mes côtés, de pouvoir rentrer chez moi après une tournée ou après une grosse période de promotion. Passer du temps avec ma famille, ça me permet de rester connectée à la réalité, d'avoir les pieds sur Terre. Dans cette industrie, c'est très fluctuant, c'est comme un grand huit. Ça peut monter très haut. Je crois que pour être prêt à affronter certaines vagues, c'est bien de vivre au jour le jour. Là, tout se passe bien, j'en ai conscience. Je tiens un journal d'ailleurs dans lequel j'écris le soir, ça me permet de rester ancrée dans la réalité.

Ce n'est que le début pour toi, mais que rêves-tu d'accomplir ?
Oh ! Je ne sais pas... Je pense que j'ai déjà passé des étapes dont je rêvais depuis longtemps, et même plus que ce que j'espérais. Mais je crois que si je fais encore ce métier à 65 ans, j'aurais atteint mon but.
Julien GONCALVES

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