Jean-Roger Caussimon, compagnon de Léo Ferré, disait de lui qu'il écrivait avec l'accent. Francis Cabrel, natif d'Agen, futur conseiller municipal d'Astaffort, dont il deviendra parrain des fameuses "Rencontres" (stages d'écriture, pépinières de nouveaux talents), reste effectivement un chanteur enraciné, même si de plus en plus ses textes touchent à l'universel. Fasciné par sa découverte de Bob Dylan, il commence à composer dès 16 ans ; passionné par la guitare, il reprend alors Neil Young, Leonard Cohen et évidemment Bob Dylan. Comme beaucoup de chanteurs, c'est par des morceaux sentimentaux qu'il se fera connaître, de Petite Marie en 1977, à Je l'aime à mourir ou L'encre de tes yeux, quelques années plus tard. D'albums en albums (jusqu'à Samedi soir sur la terre et Hors Saison), qu'il va prendre de plus en plus le temps d'écrire, il ouvre son inspiration au monde, dénonce avec force le racisme (Saïd et Mohamed), les atteintes à la dignité humaine, sans tomber dans un didactisme pesant et s'impose comme un des tous premiers chanteurs de notre pays, aux côtés de ses amis Alain Souchon et Jean-Jacques Goldman. Il retrouve d'ailleurs le premier dans le soutien à Sol en Si (Solidarité Enfants Sida) avec Michel Jonasz, Catherine Lara, Maxime Le Forestier, Maurane et Zazie ; il retrouve le second et beaucoup d'autres encore dans les Enfoirés, pour aider les Restos du Coeur initiés par Coluche. Outre ces différentes collaborations, Francis Cabrel a enregistré un superbe duo en espagnol avec la grande chanteuse argentine Mercedes Sosa : Vengo a ofrecer mi corazon.