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Dérapage
mercredi 06 juillet 2011 11 :16

Un rappeur condamné : il voulait "égorger" Marine Le Pen

Le rappeur Cortex s'est fait condamner à verser 1 000 euros de dommages et intérêts à Marine Le Pen pour l'avoir menacée et insultée dans une vidéo diffusée sur le Net au mois d'avril. Dans celle-ci, il imagine la femme politique dans des « tournantes » avant de proposer de l'« égorger ». Les rappeurs ont pour habitude de ne jamais mâcher leurs mots. Où se situent les limites ?
Crédits photo : ABACA
Le rappeur Cortex qui avait défrayé la chronique au mois d'avril avec sa vidéo insultant la radio Skyrock et Marine Le Pen, alors en campagne pour les élections régionales dans le Nord-Pas-De-Calais, a été jugé et condamné à 500 euros d'amende pour injures après avoir menacé et insulté celle qui était alors vice-présidente du Front National. Le tribunal correctionnel de Paris l'a également condamné à verser 1 000 euros de dommages et intérêts à Marine Le Pen, une sanction qui tient compte des propos tenus dans cette vidéo toujours en ligne sur YouTube.

Le rappeur, originaire de L’Essonne, crédite Marine Le Pen des problèmes des populations vivant dans les banlieues, la qualifiant de « raciste » qui ferait mieux de devenir « femme au foyer pour traire le lait des vaches et ramasser les œufs des poules ».
« Ces gens-là ne peuvent pas tout se permettre. »
Un discours surprenant, agrémenté comme on peut s'en douter d'insultes de toutes sortes. Quant à Marine Le Pen, elle s'est exprimée sur le sujet, se disant « imperméable à ce type d'intimidation qui, au contraire, renforce sa détermination à défendre les Français. Ces gens-là, poursuit-elle, ne peuvent pas tout se permettre. Les injures, bon ! Mais la menace de tournante, je trouve cela infâme. Au-delà de moi-même, je défends toutes les femmes françaises qui sont victimes d'actes infâmes et abjects ». Il faut dire que le rappeur n'y va pas de main morte et s'octroie surtout une publicité de taille, lui qui n'avait jusqu’alors jamais véritablement fait parler de lui pour sa musique. Comme justification, Cortex explique : « Elle fait de la provoc, je fais de la provoc, en même temps ça fait de la pub ». En réponse, l'avocat de Marine Le Pen, Maître Gilbert Collard, a déclaré : « Vous portez préjudice à l'image de ces jeunes des banlieues qui sont polis, qui travaillent et n'insultent pas les femmes ».

Une affaire qui n'est pas sans rappeler que les rappeurs se retrouvent régulièrement face à la justice pour certains de leurs propos et de leurs actes. On se souvient de l'agitation médiatique suscitée par les membres du groupe Sexion D'Assaut qui s'étaient dits homophobes et « fiers de l'être » (2010). Enfin, La Fouine avait lui aussi fait couler beaucoup d'encre au printemps dernier, suite à son passage sur la scène du Festival "Inc Rock" en Belgique (Incourt). Il n'avait pas supporté – et on le comprend – qu'une bouteille soit jetée à son encontre. Ce manque de respect s'est aussitôt traduit par un manque de délicatesse de la part de son entourage. En effet, le rappeur pensait avoir identifié le coupable et le pointait alors du doigt. C'est alors que le spectateur fut extrait de la foule pour être frappé. Une altercation d'autant plus grave que le supposé lanceur de bouteille a été attrapé par l'entourage de La Fouine plutôt que d'en référer au service de sécurité. Un geste grave qui va de pair avec les propos du chanteur qui s'est empressé de s'exprimer au sujet du sort qui allait être réservé au dit coupable en avançant qu'il allait « bien se faire niquer sa race ».

Depuis ses origines, le rap se revendique comme une musique subversive avec des textes le plus souvent contestataires et critiques envers la société et la politique. Jusqu'où l'opposition peut-elle rester légitime ?

Jonathan HAMARD

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