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Interview
jeudi 10 novembre 2011 21:00
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Inna Modja en interview

Cette semaine, Inna Modja a dévoilé son second et nouvel album, "Love Revolution". Un disque contenant son tube estival "French Cancan", mais aussi son follow-up "La fille du Lido". Elle sera de retour en concert à Paris, le 28 mars 2012 à La Cigale. Nous l'avons rencontrée.
Crédits photo : Facebook officiel d'Inna Modja
« Je ne suis pas Beyoncé ou Lady GaGa, si je suis piratée, je meurs »
Bonjour INNA ! On s'était quittés toi et moi sur ta reprise de De'ree, "Life", qui à mon sens n'apportait pas grand chose de neuf. Tu te souviens ? (Thierry Cadet)
Inna Modja : Oui je m'en souviens (rires) ! Mais elle est quand même différente de l'original, je n'en démords pas, parce qu'on a changé la structure, ce n'est pas la même que celle de Des're. Je ne suis pas dans un esprit conventionnel. J'avais juste envie de faire une reprise, même si elle ne figurait pas dans le premier album, sauf dans la réédition digitale. En plus, le mec qui a fait cette chanson avec Des'ree était tellement content, j'en ai eu d'excellents retours.

Avec le recul, comment analyses-tu le succès de "French Cancan" (Top 4 en 2011) ?
Écoute, je ne me rends pas compte. Je suis super contente, mais je ne le vois pas comme une réussite professionnelle, je le prends comme de l'amour. Quelque chose que les gens me donnent. Parce qu'ils pourraient le télécharger illégalement, se dire « ok c'est cool, à la radio », mais le fait d'aller sur les plateformes de téléchargement, c'est un acte d'amour pour moi. Je ne suis pas Beyoncé ou Lady Gaga, si je suis piratée, je meurs. Sur YouTube, avant le clip, la chanson avec juste quelques photos, était montée à plus de 500 000 vues en quelques jours ! C'est fou ! Je n'y reviens encore pas, je me dit « wahou qu'est-ce qui se passe ? » Un jour je me suis levé spécialement pour me mettre devant W9, parce que je n'avais jamais vu le clip à la télé. J'étais posée devant mon poste, et il est passé quand je suis allée à la salle de bain (rires) !

« J'ai mis mes couilles sur la table »
Ta vie a dû changer en seulement quelques mois, non ?
Mais je passe vite à ma vie quotidienne, à un truc plus vrai. Mais c'est vrai que je ne m'y attendais pas. Qui s'y attendait d'ailleurs ? Pour moi c'était même me mettre en danger que de faire "French Cancan". Le mélange français/anglais ne passe pas toujours bien... J'ai mis, excuse-moi du terme, mes couilles sur la table (sourire)... je suis allée chercher encore plus loin ce que j'aime, ce que j'ai envie de faire. C'est quelque chose de plus couillu, mais ça reste moi. Je suis co-compositeur et j'écris, c'est donc une bonne partie de mon essence. Un mot sur ma maison de disques aussi, qui est incroyable. Ils avaient "French Cancan", et concernant les autres titres de l'album, ils les ont écouté il y a seulement trois mois... ils m'ont fait entièrement confiance.

"French Cancan" est-il du vécu ?
Oui, mais c'est un petit bout de plusieurs garçons (rires) ! Pour moi c'était important parce que j'ai toujours eu cette image du français beau, chic, qui s'habille bien, qui mange bien, et avec ce truc-là je me suis dit voilà vous m'avez accueilli, et ça c'est tout l'amour que j'ai pour vous. Je voulais passer par ça. Souvent j'entends « c'est mimi ». Et je dis « non, c'est pas mimi, je réfléchis ». Je me suis creusé la tête à justement pas le rendre cucul. J'ai voulu du sens. Quand tu écoutes "French Cancan", c'est bricolé, c'est pas lisse, j'aime bricoler les chansons.

Il y a un esprit très Kelly Joyce, "Vivre la vie" (Top 16 en 2001)...
Ah oui ! J'adore ça ! C'était une métisse rousse. J'adore cette fille ! Qu'est-ce qu'elle est devenue (ndlr : Kelly Joyce a publié trois albums en Italie) ?

Visionnez le clip d'Inna Modja, "French Cancan" :


« Si j'avais voulu faire de l'argent, je serais restée mannequin »
Quel regard portes-tu sur ton premier album "Everyday Is A New World" (Top 56 en 2009) ?
C'est une présentation. Je suis super contente du premier, c'était le premier, tu ne sais pas comment ça va être accueilli et je l'ai donc fait comme je le sentais, comme j'en avais envie. Le retour des gens a été magnifique. C'est important parce que quand tu arrives, la première impression des gens est souvent la bonne ou en tout cas celle qu'ils garderont de toi. Je suis arrivée sans filet. J'aurais pu arrivée et repartir aussi vite, ça ne s'est pas passé comme ça, tant mieux (sourire). J'ai eu beaucoup de chance.

Ce premier opus était-il sorti à l'international ?
Le disque est sorti au Japon et ça a plutôt bien marché, même si je suis loin d'y être une star (rires) ! J'ai été surprise parce que je ne m'y attendais pas du tout. J'ai même récemment reçu le message d'un fan japonais qui me disait « merci pour ton album, je l'écoute tous les jours, et tu sais ce n'est pas facile pour nous ici au Japon, avec ce qu'on vit... » Ça m'a beaucoup touché, parce que ce n'est tellement pas le même monde, ils sont tellement loin, que le fait qu'il prenne le temps de me dire « j'écoute ton disque et ça me fait du bien », c'est un vrai cadeau pour moi. Même si c'est juste une personne, dans une situation compliquée, c'est déjà ça. C'est le plus important pour moi.

« Quand c'est faux, les gens le sentent »
Quelle est pour toi la différence fondamentale entre le premier et le second album ?
Dans ce second album, j'ai gardé la franchise et la simplicité. Pour moi être artiste, c'est livrer ce qu'on a à l'intérieur. Et quand c'est faux, les gens le sentent, se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre, ça ne m'intéresse pas. Avec ce disque je ne voulais en aucun cas une copie du premier parce que ça n'a aucun intérêt. Je voulais juste que ça reste moi. Ce disque n'est pas du remplissage, je ne suis pas conventionnelle, et je voulais vraiment que chaque chanson ait du cachet. Si j'avais voulu faire de l'argent, je serais restée mannequin. C'était très très dur la chronique sur Pure Charts en cette semaine de sortie d'album, même si je sais que ce n'est pas toi qui l'a écrite.

Visionnez le clip d'Inna Modja, "Mister H" (2009) :


Tu as été mannequin ?
Oui, pendant huit ans, mais complètement par hasard. Durant mes études. Je ne fais pas 1m80, je ne me trouvais pas non plus un type particulier ou autres, je ne suis jamais allée sonner dans une agence, mais on m'a proposé et c'était une manière de me faire des sous, plutôt que d'aller au MacDo.

« J'ai un background familial et amical assez présent »
Est-ce un milieu difficile ? On dit que les filles y sont maltraitées ou droguées...
Pas plus que dans la musique (sourire). Et comme partout. Il y a des gens au lycée ou à la Fac qui se droguent seuls. J'ai un background familial et amical assez présent, un équilibre qui m'a permis de ne pas me laisser avoir. Je suis flippé de ces trucs là, regarde tous ces destins brisées, Amy Winehouse par exemple... je me dit mon Dieu si je tombe là-dedans, je ne vais jamais m'en sortir. Tu sais que j'en ai pleuré pour Amy Winehouse... c'est horrible, autant que pour Michael Jackson. Ce ne sont pas des morts naturelles, cette fille est morte de chagrin, elle s'est suicidée petit à petit. Elle écrivait très bien, c'était très poétique. On a vu cette fille se battre pour s'en sortir. C'est angoissant, tout le monde se demandait quand elle allait mourir. Mais c'est tellement dur émotionnellement, physiquement... Enfin, pour moi le mannequinat n'était pas épanouissant. Être mannequin, ça m'a juste permis de rencontrer des gens, d'avoir un œil plus aiguisé sur la mode qui n'est pas que superficielle. Les créateurs font de l'art.

« Je ne suis ni Billy Holiday, ni Nina Simone, ni Donna Summer. J'aurais l'impression d'être une petite fille qui rentre dans la robe de sa mère »
L'équipe du second album est-elle la même que sur le premier ?
Non, nous ne sommes que deux (sourire). Le réalisateur de cet album Alexandre Azaria, je l'ai rencontré sur la réal du single "Life". Et ça s'est tellement bien passé, que je lui ai demandé s'il voulait qu'on travaille ensemble. Tous les deux on écoutait des vieux trucs, je passais chez lui papoter et boire le thé, et un jour on a commencé. Comme il est multi-instrumentiste, il a fait pas mal de choses, évidemment pas les cordes et les cuivres, mais il les a écrites. C'était un challenge pour moi de faire juste ça à deux. Avec Loïc le Dévéhat sur le premier album, il y avait aussi quelque chose de très fusionnel, et là c'est encore le cas avec Alex, mais c'est une évolution. Je n'avais pas envie de faire de la soul comme on l'entend, ou comme on l'attend. Je ne suis ni Billy Holiday, ni Nina Simone, ni Donna Summer. J'adore ces deux nanas mais je ne vais jamais leur ressembler, ce n'est pas possible, et ce n'est pas mon but. J'aurais l'impression d'être une petite fille qui rentre dans la robe de sa mère. J'avais juste envie de prendre un peu de chez elles, et de l'emmener dans mon univers.

Et que sont devenues les chansons "Out Of My Life" et "Bad Girl" ?
Mais comment sais-tu ça (étonnée) ? Ce sont deux grandes frustrations. Je n'ai pas pu les mettre dans l'album parce que la personne avec qui je les avais composées, ne me l'a pas permis.

Visionnez le nouveau clip d'Inna Modja, "La fille du Lido" :


« Je m'appelais FBI MC... »
Quelles sont tes influences ?
J'écoute beaucoup de divas, j'adore ça. Otis Redding, Ray Charles, mais aussi le rap des années 90. Avec mon frère, j'avais onze ans, on s'était monté un mini-groupe. Je m'appelais FBI MC... En fait on était fan de Run DMC, et on s'est trouvé ça comme ça, mais sans aucune imagination (rires)... Actuellement j'aime bien Brigitte, Sehah Sue, Adele, Amy Winehouse par exemple. Ce sont des petits bouts de femme qui ont un truc.

Pour finir, des nouvelles de Christophe Maé qui est un peu ton parrain puisqu'il t'a permis de faire ses premières parties ?
Oui, on se voit de temps en temps. C'est vraiment quelqu'un d'extraordinaire, humainement c'est un mec en or, il a le cœur sur la main. Et puis sur scène c'est un showman ! J'aimerais bien avoir toute son énergie (rires) ! Mais je vais me battre, je vais aller dans mes retranchements pour y arriver. Ce n'est pas évident la scène, tu es plus à nue que lorsque tu défiles en maillot de bain (sourire). Avec la scène, j'ai dû me botter les fesses, et dépasser une certaines timidité. Au Café de la Danse cette semaine, quelle soirée c'était ! Je remercie le public du fond du cœur, et je leur donne rendez-vous le 28 mars à La Cigale ! Grâce à ce second album, on fait des concerts plus longs, d'une heure et demi ou deux heures. J'aime bien les festivals aussi, parce que les gens ne sont pas venus pour toi, il y a une foule énorme, et toi tu dois aller au charbon, montrer ce que tu as dans le ventre, et allé les chercher. Ça n'a pas de prix, ça te forme. Et j'ai encore tellement de choses à apprendre, ce n'est que mon deuxième disque (sourire).

Es-tu proche de tes fans via les réseaux sociaux ?
Oui. Enfin, quand j'ai le temps malheureusement... Mais j'y tiens, les gens me donnent beaucoup d'amour avec tous leurs gentils messages (sourire). C'est un soutien, c'est comme tiens, ça c'est ma pierre.
la Redaction
Pour en savoir plus, visitez innamodja.com et sur sa page Facebook.
Écoutez et/ou téléchargez le nouvel album d'Inna Modja, "Love Revolution".
Réservez vos places de concert pour aller applaudir Inna Modja.
Visionnez le clip d'Inna Modja, "Life" (2010) :

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Invité
le 10/11/2011, 21:34
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C'est vrai qu'Inna est une personne si proche de son public , et gentille. Je suis toujours surpris de son accessibilité, compte tenu de son grand talent on pourrait croire qu'elle va se la péter, mais non. Love Revolution est un bijoux, je ne connaissais pas le 1er album mais je l'ai acheté après avoir découvert le 2ème. Il y a une évolution effectivement et un talent pur qui s'épanoui de plus en plus. Bravo pour cette réussite
Invité
le 11/11/2011, 15:56
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Très beau 2nd album , je l'ai acheté cette semaine et quel bonheur de l'écouter ! Continue à nous faire réver Inna Modja . Vive la Modja Revolution
Invité
le 13/11/2011, 13:00
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ce serait bien que pour son 3eme album elle fasse une collaboration avec son "parrain" Salif Keita ou un ou une artiste d'origine malienne

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