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Interview
lundi 29 août 2011 18:00
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Milow en interview

On l’avait aimé en 2009 pour sa reprise du titre "Ayo Technology" et son single "You Don’t Know". Deux ans après, Milow n’a pas changé, mais a fait évoluer sa musique pour livrer au public un son neuf intitulé "North & South". C’est avec un plaisir partagé que le chanteur belge revient pour nous sur ses débuts, et sur les inspirations de son nouveau disque, déjà porté par le single "You & Me (In My Pocket)".
Crédits photo : ABACA
On le sait peu en France, mais tu es un artiste belge. On a coutume de penser que les artistes traversant les Ardennes chantent en français et non en anglais, et qu'ils sont privilégiés par le public de l'Hexagone, au détriment d’artistes anglophones. Te sens-tu favorisé par ta nationalité ? (Jonathan Hamard)
Milow : C’est difficile à dire. Je pense qu’il y a une distinction à faire entre des artistes comme Stromae, Selah Sue, ou Axelle Red, que l'on connait bien en France. Je pense qu’une artiste comme Axelle Red a commencé à chanter aussi en français pour ne pas d’emblée exclure un pays de ses perspectives. Elle chante également en néerlandais et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles elle peut se permettre de mener sur deux fronts différents une même carrière. Idem pour Stromae qui chante en français. Je tiens quand même à dire que ce n’est pas parce qu’on est belge que l’on sera systématiquement diffusé sur les radios françaises. Ce qui compte avant tout, ce sont nos chansons. Il faut qu’elles soient fortes. Pour en revenir à ta question, je crois que ce qui est nouveau, et c’est le cas de Selah Sue, c’est que des artistes belges marchent bien en France alors qu’ils chantent en anglais. Je trouve ça super. Si tu veux construire une carrière européenne, tu dois pouvoir être joué en France, au Royaume Uni et l’Allemagne, quel que soit la langue dans laquelle tu chantes. Ce sont les trois pays les plus importants.

« On a fait les choses à l’envers en France. »
On dit que c’est toi qui as découvert Selah Sue en 2007…
Fin 2007, oui. Elle jouait dans la même ville que moi où j’avais été invité pour interpréter deux titres. Lorsque je l’ai entendue chanter, j’ai tout de suite eu envie de lui proposer de jouer en première partie de ma tournée en 2008. Elle n’avait jamais joué devant un public nombreux avant cette expérience. Presque du jour au lendemain, elle s’est trouvée à jouer devant plus de mille personnes. On ne s’est pas limité à cette collaboration puisqu’on a joué une quarantaine de fois tous les deux depuis, mais entre nous. Je ne veux pas me jeter de fleurs car si ce n’était pas moi qui l’avait invitée, ça aurait été quelqu’un d’autre. Son talent est tel qu’elle aurait de toute façon fini par percer.

Tu pourrais travailler avec Selah Sue pour écrire un duo sur l’un de ses albums ou l’un des tiens ?
Oui, un jour peut-être… On a déjà chanté ensemble en concert pendant nos tournées respectives. On n’a jamais eu le temps de se poser pour composer.

Ce n’est qu’en 2009 que tu es devenu célèbre en France. Ta carrière avait déjà commencé depuis un petit bout de temps de l’autre côté des Ardennes. On ne connait pas vraiment ton parcours ici.
Il est vrai que mon parcours est assez atypique. Pour ma part, je le trouve même assez bizarre. J’ai sorti mon premier album en 2006 sur mon propre label. Il s’intitule "The Bigger Picture". Il n’est pas paru en France. Un an plus tard, mon quatrième single "You Don’t Know" passait partout sur les radios dans une nouvelle version. C’était un vrai carton en Belgique pendant toute l’année 2007. C’est là que ma carrière a véritablement commencé. A ce moment-là, je n’avais pas encore reçu d’offres de labels autre qu’en Belgique. Je ne pouvais donc pas publier mes titres en France. En 2008, j’ai sorti mon deuxième disque qui a bien marché en Belgique. J’ai été n°1 dans le pays. Six mois plus tard, on sort en single la reprise de "Ayo Technology". Le single marche très bien dans mon pays, au point que des labels étrangers me proposent des contrats fin 2008. L’année suivante, ma reprise est diffusée en France. On sort alors une édition spéciale de mon deuxième album avec trois titres de mon premier disque, et qu’on intitule simplement "Milow". Je débarque avec "Ayo Technology" et ensuite on propose le single "You Don’t Know". On a fait les choses à l’envers en France en réalité.

Redécouvrez le clip "Ayo Technology" :


« C’était indispensable que je trouve un label qui veuille me distribuer. »
Qu’est-ce qu’on ressent quand on voit les labels étrangers envoyer plein de mails pour proposer des offres te permettant de lancer une carrière européenne ?
Je vais bien sûr te répondre que j’étais content. C’est fantastique. J’avais mon propre label depuis des années. Donc je n’ai pas signé un véritable contrat traditionnel. Je souhaitais rester aux commandes de ma carrière. J’ai vingt-neuf ans aujourd’hui, mais j’en avais vingt-sept quand les labels m’ont approché. Je travaillais sur mes chansons depuis dix ans et j’ai toujours tout fait pour garder le contrôle. En Belgique, je faisais tout par moi-même. C’était un petit pays, tandis que la France, c’est une autre affaire. J’étais conscient que je ne pouvais pas conduire les disques dans les magasins avec ma propre voiture. C’était indispensable que je trouve un label qui veuille me distribuer. Mais le choix n’a pas été facile à faire car beaucoup me proposaient seulement de publier ma reprise de "Ayo Technology". Sauf que pour moi, c’était un ensemble. Je n’envisageais pas ma reprise sans mes autres chansons.

C’était tout ou rien !
Exactement. L’album a eu le succès que tu sais et je suis content d’avoir pu lancer ma carrière internationale comme je l’entendais.

Et maintenant, tu publies ton troisième album "North & South", le deuxième pour nous.
D’ailleurs, la sortie ne s’étalera pas sur trois ans comme ce fut le cas pour le premier ! C’est plus compact maintenant. Et ça aussi c’est important.



Quand on a connu un succès comme celui dont tu as profité en 2009, travaille-t-on différemment sur un nouvel album ? Est-ce que tu as envisagé tes chansons de la même manière ?
J’ai vraiment ce sentiment que "North & South" est un nouveau départ. C’est un nouveau chapitre. Je jouais les mêmes morceaux depuis trois ans.
« A la maison devant une feuille blanche, je pense que la pression serait vite arrivée. »
Je voulais donc passer à autre chose. Je ne me suis pas mis la pression. Je n’ai pas pensé à ce que l’on pouvait attendre de moi. Je me suis simplement concentré sur l’écriture de mes chansons. Mais je suis naïf. J’ai l’impression que si les chansons me plaisent, elles vont plaire au public. Sur ce disque, j’ai travaillé totalement différemment. D’abord, les conditions de travail n’étaient pas du tout les mêmes. J’étais en tournée et je n’avais pas le temps de me poser dans un studio pendant plusieurs semaines pour enregistrer l’album d’une seule traite. J’ai écrit les chansons pendant la tournée, en backstage. Pour l’enregistrement, je le faisais entre deux concerts. Au début, je pensais prendre plus de temps. Je voulais attendre d’avoir terminé ma tournée pour prendre des vacances et me remettre à l’écriture seulement après. Au final, je suis content que ce ne se soit pas fait comme ça. Si je m’étais retrouvé à la maison devant une feuille blanche, je pense que la pression serait vite arrivée. Mes nouveaux titres ont été écrits pendant la ferveur des shows. Je sentais qu’il manquait des titres pour parfaire le spectacle.

« Les sensations, le voyage et les expériences sont indispensables pour la création. »
Ce nouvel album est donc né de ta rencontre avec ton public et de tes voyages partout en Europe.
Oui, le sentiment de mouvement parcourt vraiment cet album. Il y a beaucoup de références à moi, à ma vie, et à ma tournée passée. Quand tu veux créer des choses, les rencontres sont nécessaires. Les sensations, le voyage et les expériences sont indispensables pour la création. Aujourd’hui, je suis à Paris, demain à Stockholm. Je me rends compte que ce mouvement est important pour que je puisse trouver de nouvelles inspirations. Il y a tout le temps des petites choses qui défilent devant moi. Des petits riens qui me donnent envie de faire des grandes choses.

Tu t’es entouré d’une nouvelle équipe pour "North & South" ?
Ça aussi c’était quelque chose d’important pour moi : je ne voulais pas changer mon équipe. En revanche, c’est notre manière de travailler qui a évolué. J’ai remarqué que beaucoup d’artistes américains, quand leur album marche bien, enchaînent sur un nouveau disque pour reproduire quelque chose de semblable pour être sûr que ça marche. Je ne voulais pas de ça. Je voulais prendre mon temps et décider de l’heure à laquelle il serait terminé. Bien sûr, il y a quelques nouveaux musiciens qui ont travaillé sur "North & South". Mais l’essentiel de l’équipe est restée la même. On avait tellement bien réussi le premier disque que je savais qu’on pouvait faire aussi bien pour le suivant. On se connaissait bien. Mes musiciens savaient aussi ce que j’attendais d’eux. C’était donc une évidence de poursuivre ensemble.



« J’ai voulu retrouver la simplicité et la pureté de mes débuts avec un son plus mûre. »
De fait, tu n’avais pas peur de reproduire le même album ?
Si, bien sûr. C’était une de mes grandes peurs. Mon premier disque est représentatif de mon manque d’expérience. J’étais jeune, naïf. Il est en quelque sorte une facette de moi à l’état brut, avant que je ne connaisse la scène et les ficelles du métier. C’était folk et plus intimiste. Le deuxième album est plus rock, et véritablement fait pour la scène. Pour le troisième album, j’ai voulu retrouver la simplicité et la pureté de mes débuts mais avec un son plus mûre. J’ai mis un accent groove que l’on n’avait pas sur le premier. La guitare acoustique et la basse soutiennent bien ma voix. Comme on l’a dit, il est beaucoup influencé par les concerts.

On ressent sur chacun des titres une volonté de les différencier, en allant pour toi à la recherche de nouveaux sons.
"North & South", c’est une combinaison de sons et d’instrumentations que j’ai l’habitude de travailler et de nouveautés vers lesquelles je ne m’étais encore jamais penché, comme l’électro. C’est de cette manière que je m’assurais de ne pas reproduire la même chose, et c’est aussi pour cela que ce disque s’intitule "North & South". Pour chaque chanson, j’ai testé quelque chose de différent pour accompagner les sons de ma guitare acoustique. Par exemple, pour "You & Me (In My Pocket)", j’ai fait appel à un guitariste africain pour donner à ce titre des subtilités que je n’aurais pas su apporter par moi-même. Quelqu’un qui n’aime pas Milow dira que mes titres sont tous les mêmes. Mais si tu écoutes bien mes nouveaux morceaux, tu te rends compte qu’ils sont tous très différents en réalité.

Visionnez le clip "You And Me (In My Pocket)" de Milow :


Au niveau de ta voix également…
Tout à fait. Je ne cherche plus à montrer quoi que ce soit. Les titres sont plus calmes et je ne déroule pas la palette de toutes capacités vocales sur chaque titre. Je ne cherche pas à aller du plus grave au plus aigu. Je suis moins inquiet sur la réception que peut avoir ma musique, j’ai trouvé un public désormais.

« Quelqu’un qui n’aime pas Milow dira que mes titres sont tous les mêmes. »
On se pose beaucoup de questions, même une fois qu’on a réussi à convaincre le public.
Bien sûr. Je me suis posé beaucoup de questions pour cet album. Immédiatement après avoir terminé un album, tu penses au suivant. Il y a des idées qui naissent dans ta tête qui vont être à maturation pendant un certain temps avant que tu puisses écrire de nouveaux morceaux. Tu penses à ce que tu voudrais refaire et surtout à ce que tu ne veux plus faire.

Et là, par exemple, tu sais ce que tu ne veux plus faire ?
Oui, c’est juste une façon pour moi de ne pas stagner. Je veux évoluer et ne pas rester au même point. En pensant à la suite, j’ai cette sensation d’avancer. Je peux toujours écrire de meilleurs titres, être meilleur chanteur, ou meilleur sur scène. C’est important de trouver la balance entre travailler avec des éléments familiers et, en même temps, de quitter les terres connues. Dans mon cas, l’écriture est primordiale.

Ce que j’ai perçu à l’écoute de "North & South", c’est surtout un nouveau dynamisme que l’on n’avait pas auparavant aussi bien dans le tempo que dans l’écriture de la musique comme des textes.
Merci de l’avoir remarqué, car c’est exactement ce que j’ai voulu faire. J’ai donné quelques interviews déjà, et la plupart des journalistes me disaient : « C’est vraiment tranquille, c’est plus lent ». Donc, on est d’accord. Tu me rassures. Mais ce dynamisme dont tu parles, je pense qu’il sera véritablement visible sur scène.

Tes titres favoris ?
Les tiens ?

J’aime bien "You & Me" et aussi "Little In The Middle".
Tu les retrouveras sur scène.

Des appréhensions ? Des attentes pour la France ?
Non, aucune. Je n’ai que des espoirs. J’ai toujours appris que la musique n’est pas une science exacte. Ca marche ou pas. On ne peut pas savoir. C’est à moi de démontrer la qualité de cet album. Si moi je crois en cet album, et c’est le cas, je vais tenter de convaincre sur scène. On est déjà disque d’or en Belgique, en Suisse. Mais c’est le début. Il me reste tout à faire. Je serai bientôt en France pour une grande tournée.
la Redaction
Pour en savoir plus, visitez milow.com et sa page Facebook.
Réservez vos places de concert pour Milow.
Découvrez le nouveau clip de Milow, "Little In The Middle" :

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Invité
le 30/08/2011, 18:09
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Milow on t'attend en France et surtout à Nantes !

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