Mot de passe oublié ? Cliquez-ici

Accueil > Actualité > Interview > KT Tunstall en interview
Interview
mercredi 27 octobre 2010 00:00
4

KT Tunstall en interview

Après trois ans d'absence, KT Tunstall dévoile cette semaine son nouvel album "Tiger Suit". En marge de l'industrie musicale, l'artiste souhaite conserver son indépendance qu'elle considère comme une garantie de l'authenticité de son œuvre. Originales, ses compositions allient pop et folk pour un résultat toujours aussi surprenant, d'autant que l'électronique s'y mêle désormais. Faute professionnelle ou non, nous n'avons pas su résister au charme de KT Tunstall à qui il n'a fallu que le temps d'une interview pour nous convaincre de l'intérêt de sa démarche artistique...
Entre ton deuxième album "Drastic Fantastic" et "Tiger Suit", il s’est écoulé presque trois ans alors que l’enregistrement entre tes précédents disques était moins espacé. Quelles raisons l’expliquent ? (Jonathan Hamard, rédacteur)
KT Tunstall : C’est vrai qu’entre les deux premiers albums, j’ai mis beaucoup moins de temps. Quand j’ai eu fini de tourner pour "Drastic Fantastic", il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie. Je crois surtout qu’au fil de mes disques, il y a une évolution artistique qui se produit, comme une progression. Et pour cela, il faut que je me sente prête pour écrire de nouvelles chansons. J’avais besoin de partir pour découvrir de nouvelles choses. J’ai voyagé plusieurs mois en Amérique, en Inde et en Nouvelle Zélande. J’ai vraiment souhaité passer à autre choses. C’est à partir de là que j’ai redécouvert ma passion pour la dance-music. J’ai décidé de l’expérimenter sur de nouvelles machines et j’ai alors changé toute mon équipe. Toutes ces choses là prennent du temps.

Du fait, tu n’as pas travaillé sur "Tiger Suit" comme sur tes précédents albums. Tu as souhaité l’enregistrer à Berlin je crois ; pourquoi là-bas ?
Effectivement, nous sommes allés dans un studio où des artistes célèbres ont enregistré quelques unes de leurs pièces comme David Bowie et U2. Je souhaitais vraiment travailler dans ce studio où j’y ai ressenti une vraie énergie. J’ai pris mes meilleurs morceaux pour me rendre dans cette ville artistique extraordinaire où la musique électronique est très répandue. Je crois que Berlin a eu une très bonne influence sur ce disque.

On entend toutefois encore beaucoup de sonorités acoustiques dans les compositions de ce disque, et, en même temps, la musique électronique est très présente. C’est une alliance qui n’est pas commune.
Je suis une très grande fan de l’artiste Beck. Il sait varier et assimiler des sonorités différentes sur un même titre sans que ça paraisse décousu. Et, même si je ne produis pas la même chose que lui, on va dire que je suis très admirative de ce qu’il peut produire et j’ai souhaité moi aussi expérimenter de nouvelles choses. C’était vraiment très important pour moi de composer quelque chose de différent et de partir à la recherche de nouveaux sons pour mes nouvelles chansons.

Du coup, "Tiger Suit" est peut-être moins homogène que tes précédentes compositions. On y retrouve plusieurs styles musicaux.
Je pense qu’on retrouve en fait quelque chose comme ça sur "Eye To Telescope" (NDLR : son premier album). Il y a sur cet album des titres comme "Black Horse And The Cherry Tree" qui se distinguent. Je désirais essayer des choses totalement différentes. Pour "Tiger Suit", c’est un peu pareil, on a essayé des choses en allant vers d’autres horizons. On essayait et le résultat a séduit mon entourage. On essayait autre chose et ça plaisait aussi. Donc, on a tout enregistré ainsi. C’était un vrai désire que de retrouver toutes ces sonorités sur cet opus.

« Le plus important pour moi est de pouvoir sortir mon album en France et d’apporter un bon moment à ceux qui l’écouteront. »
En France, on ne te connaît malheureusement que pour tes deux chansons "Suddenly I See" and "Black Horse And The Cherry Tree". Penses-tu que tu arriveras à séduire un public plus large avec ce nouvel opus ?
J’aimerais beaucoup, évidemment. J’ai eu beaucoup d’expériences positives en France qui ont contribué à la richesse de ce que je suis aujourd’hui. J’aimerais jouer en France dans de nouvelles salles comme l’Olympia par exemple. Mais le plus important pour moi est de pouvoir sortir mon album en France et d’apporter un bon moment à ceux qui l’écouteront. Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir jouer ma musique et partager avec le public. Et puis, au fil des années, j’ai créé une relation particulière avec ceux qui me suivent. A chaque fois que je suis venue, le public a répondu à mon appel. J’aime toujours venir en France et retrouver mes fans que je remercie beaucoup d’être toujours présent car les échanges que nous avons dépassent les frontières du langage.

Visionnez le clip du premier extrait de "Tiger Suit", "Sitll A Weirdo" :


Tu as produit quelques concerts en France dont un au Casino de Paris en 2008. As-tu l’intention de venir prochainement chez nous pour de nouvelles performances sur scène ?
Nous sommes là en France aujourd’hui, mais pas pour un concert. On aimerait revenir pour chanter sur scène mais pour l’instant, ce n’est pas du tout programmé. Mais je ne suis pas contre !

D’ailleurs, le folk écossais que tu associes sur pas mal de tes compositions séduit un certain public français. C’est un style musical particulier qui reste peut-être encore trop méconnu en France. Comment le définirais-tu ? Qu’est ce qui t’attires dans cette musique ?
Je pense que c’est une musique sincère. Il n’y a pas de show mais juste une personne qui exprime ce qu’elle a dans le cœur. Il n’y a pas de danseurs mais juste un artiste dépouillé de tout ornement. C’est quelque chose de singulier. C’est à ce moment, je pense, que l’émotion est la plus intense et que l’échange avec le public peut se faire. Aussi, c’est un langage qui peut être comprit dans beaucoup de pays. La musique folk peut être jouée dans n’importe quel pays, mais elle est avant tout le langage de l’Ecosse comme la musique africaine caractérise ses contrées. Dans chaque pays, elle est jouée différemment, avec des instruments différents mais traduit les mêmes expressions. C’est comme cela que je perçois la musique folk.

Il n’y a pas que ta musique qui te distingue mais également ta volonté de garder ton indépendance. Pendant longtemps, tu ne souhaitais pas être produite par un label mais tu t’es ravisée. Pourquoi ce revirement ?
« J’étais effrayée par les Majors »
Merci de me poser cette question à laquelle je n’avais pas encore eu la chance de pouvoir répondre. Peu de gens ont recherché cette information. C’est vrai qu’il y a plusieurs années, j’étais indépendante. Je pense que j’étais suspicieuse. D’abord, il va falloir que tu t’approches ou que mon équipe se bouche les oreilles (NDLR : l’équipe accompagnant KT Tunstall se trouvait dans la même pièce à ce moment précis). J’étais effrayée par les Majors, j’avais peur qu’ils m’enlèvent mon œuvre ou qu’ils ne me laissent pas composer ma musique comme je le veux. Ca avait un côté romantique : j’avais vingt ans, une petite équipe et on tournait. Mais je me suis quand même décidé à être publiée pour toucher un public plus large. Mais là encore, je ne me sentais pas dans mon univers. J’avais peur de m’enfermer dans une cage. Quand mon premier disque est sorti et qu’on a vu que ça marchait bien, mon équipe se félicitait de pouvoir déboucher le champagne. Et là, j’ai été réellement effrayée car ça ne correspondait pas à ma manière d’envisager le métier.

Et ton opinion a-t-elle changée aujourd’hui ?
Je crois que je ne changerai jamais réellement. Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir travailler comme j’en ai envie. C’est sûr que le temps que je passe avec mon label n’est pas celui qui me passionne le plus, mais je sais que toutes les discussions qui peuvent se faire autour de mes projets apportent toujours quelque chose de positif. Dans la production, il y a ceux du staff qui ont leur rôle et nous avons de très bonnes relations. C’est également important malgré mon point de vue.

« Je veux simplement être reconnue pour ma musique et pas être vue partout. »
Ce qui me permet aussi de te définir par ailleurs comme une artiste assez discrète.
J’en suis consciente. Je ne fais pas la une des journaux et c’est un choix. Je ne souhaite pas être comme tous ces gens qui veulent absolument qu’on parle d’eux, qui feraient n’importe quoi pour être repérés par un paparazzi. C’est un choix. Mais beaucoup de ces pauvres gens sont des imposteurs. Je veux simplement être reconnue pour ma musique et pas être vue partout. Je ne suis pas plus intéressante que quelqu’un d’autre et je ne vois pas pourquoi on me verrait davantage. Par ailleurs, mes relations avec mes amis se passent très bien. Je me sens très bien comme ça et je ne souhaite pas d’intrusion dans ma vie privée.

Et ce goût du secret, tu souhaites le garder aussi pour tes futurs projets ?
Non, je suis trop excitée ! Te rappelles-tu de l’acteur Mick Moran qui avait joué dans un film de Guy Ritchie ? Et bien, il a produit un film indépendant qui est sorti en Angleterre et dont j’ai composé la Bande Originale. Le titre du film, c'est "The Kid" et la chanson, c'est "Boy". Ceci dit, c’est un film très intéressant.

Et c’est un projet terminé ?
La chanson est déjà écrite mais elle ne sera disponible en France que lorsque le film paraîtra ici.

Enfin, j’aimerais terminer sur cette phrase que tu as prononcée au tout début de ta carrière en parlant de tes textes, et savoir si non pas tu la considères comme objective aujourd’hui, mais si elle est une démonstration de l’évolution artistique que tu as suivie. Je te cite : « C'était juste des idioties à l'eau de rose dégoulinantes d'amour, un vomi complet d'amour pour petit chien. Mais moi, je croyais que c'était génial ».
Je parlais de mes chansons que j’écrivais quand j’avais entre 15 et 16 ans. J’avais tout juste mon piano et moi devant. Je pense que beaucoup de gens enregistrent des chansons quand ils sont jeunes et qu'ils ne prennent pas le temps de développer leur sens artistique. Avant "Eye To Telescope", j’ai beaucoup écrit. Et même si ce n’était pas bon, c’est en quelque sorte un entrainement et un temps qui m’a permis de m’ouvrir à de nouvelles choses pour produire une œuvre plus mûre.
la Redaction
Pour en savoir plus, visitez kttunstall.com, ou son MySpace officiel.
Ecoutez le coup de coeur de la rédaction, "Uummannaq Song" :

Ajoutez un commentaire
EyesOpen
le 29/10/2010, 15:23
Citer
J'aime beaucoup cette artiste, j'adore still a weirdo!
Invité
le 30/10/2010, 01:15
Citer
Son album est vraiment fabuleux. Même si j'étais septique au début, il m'a définitvement conquis (alors que ces deux précédents opus étaient déjà superbes)!
A ne surtout pas rater!
ElseAngels
le 03/11/2010, 10:05
Citer
Un album original; frais qui renouvelle son style sans le fausser. un bon opus qui est dans la continuité des deux autres au niveau de la qualité.
Invité
le 01/03/2012, 16:55
Citer
j'ai mis du temps à acquérir cet album je ne sais pas pourquoi d'ailleurs mais maintenant que je l'ai écouté je peux affirmer qu'il est très bon, coup de coeur pour ummmanaaaq song !

Ajoutez un commentaire

Vous aimez

... les spectacles du moment !

A ne pas rater

Nos dossiers incontournables !

  • Que devient... Ricky Martin ? Que devient... Ricky Martin ?
  • Ces artistes qui se mettent à nu pour leur disque Ces artistes qui se mettent à nu pour leur disque

Jeux concours

Jouez et gagnez des lots !

Charts in France

Copyright © 2002-2014 Webedia - Tous droits réservés

  • A propos de Pure Charts
  • Publicité
  • Envoyer une info à la rédaction
  • Courrier des lecteurs
  • Nous contacter
  • SACEM
  • SNEP